Castor est un genre de rongeurs semi-aquatiques et le seul genre actuel de la famille des Castoridae. Il compte deux espèces, le Castor d'Europe (Castor fiber), présent en Eurasie, et le Castor du Canada (Castor canadensis), naturellement présent en Amérique du Nord et récemment introduit en Amérique du Sud.

Les castors contemporains sont surtout connus pour les barrages, les digues et les huttes qu'ils construisent sur le cours des rivières. Ce sont les seules espèces à produire et entretenir des zones humides ; ils contribuent ainsi à la diversification des habitats. Ils ont été chassés depuis l'Antiquité, ce qui a conduit les deux espèces encore vivantes au bord de l'extinction. Les populations se reconstituent peu à peu grâce aux plans de conservation et elles ne sont plus considérées comme menacées au début du .

Il ne faut pas confondre les espèces de ce genre avec deux rongeurs d'aspect comparable appelés aussi « castor » dans le langage courant : le ragondin (Myocastor coypus) et le castor de montagne (Aplodontia rufa).

vignette|redresse=1.2|Le castor est un mammifère semi-aquatique.

Liste des espèces

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Selon , et : Castor canadensis Kuhl, 1820 ; Castor fiber Linnaeus, 1758.

Selon : Castor anderssoni (espèce éteinte) ; (espèce éteinte) ; Castor canadensis ; Castor fiber.

Différences et similitudes entre castors nord-américains et eurasiatiques

Différences entre l'espèce nord-américaine et l'espèce eurasiatique Il s'agit d'espèces génétiquement différentes sans possibilité d'hybridation.

Quelques différences interspécifiques ont été scientifiquement observées là où (à la suite d'introductions) les deux espèces cohabitent (en Finlande et Russie) : le castor nord-américain semble plus résistant que son cousin européen dans les zones très froides ; mais ailleurs, là où les deux espèces coexistent, le castor nord-américain ne supplante pas toujours l'eurasien notait Danilov en 1995 ; il est sexuellement plus précoce ; il produit des portées en moyenne plus nombreuses que son homologue eurasien. ; son activité de constructions est plus intense (barrages en moyenne plus nombreux et plus hauts et larges) ; de subtiles différences de préférence alimentaires semblent exister, éventuellement aussi liées au contexte édaphique (voir § « alimentation » plus bas).

Similitude entre l'espèce nord-américaine et l'espèce eurasiatique Il n'existe pas de différence nette et fiable de forme, taille, poids ou couleur.

En grande partie, leur comportement est similaire, mais quelques indices de différences engagent à une prudence minimale quand la littérature américaine est utilisée à propos du castor eurasien. Néanmoins, même si le castor américain est un aménageur plus entreprenant, les scientifiques s'accordent sur le fait que leurs effets environnementaux sont comparables, ce qui permet selon Macdonald et al. (1995) de transférer les résultats des études relatives à l'impact environnemental du castor nord-américain (nettement plus nombreuses en Amérique jusque dans les années 1990..) sur les biocénoses aux contextes européens quand les milieux sont comparables. Depuis que le castor européen réoccupe de nombreux cours d'eau en Europe, le nombre d'études relatives à cette espèce augmente, de même plusieurs études poussées ont accompagné certains projets de réintroduction (en Angleterre, Écosse notamment).

Description

Morphologie vignette|Castor du Canada, dans son habitat naturel, nageant au bord d'un lac au Québec. On peut observer l'usage de sa queue comme gouvernail. thumb|Les narines obturables du castor et ses vibrisses lui permettent de facilement se déplacer sous l'eau et de nuit.

Le castor est particulièrement adapté à la vie amphibie grâce à une fourrure épaisse et imperméable, de grandes pattes postérieures palmées et une queue large et aplatie de forme ovale, couverte d'écailles, qui lui sert de gouvernail lors de la nage.

Il n'existe pas de différences externes notables entre mâle et femelle.

Avec plus d'un mètre de long pour un poids de plus de , c'est le plus grand rongeur d'Eurasie et d'Amérique du Nord et le deuxième plus gros rongeur au monde après le capybara qui pèse plus de et vit en Amérique du Sud. Castor eurasien : poids de ; longueur de .. Castor du Canada : poids de ; longueur de .. Le Castor canadien est morphologiquement proche de son cousin européen, mais possède huit chromosomes de moins, présente un pelage plus foncé et un os nasal crânien aux bords plus convexes. Il est réputé pour ses barrages de bois colmatés par de la terre qu'il construit dans les rivières où il vit.

Longévité

Castor d'Europe Les castors d'Europe peuvent vivre de dix à dix-sept ans mais vivent rarement plus de sept à huit ans dans la nature. En captivité, certaines sources suggèrent que les castors peuvent vivre jusqu'à et devraient atteindre l'âge de . Cependant, ces âges ne sont pas confirmés. Un record confirmé de longévité en captivité du Castor fiber était de . (Base de données AnAge, 2009 ; Ducroz, et al., 2005 ; Long, 2003 ; Nolet, 2000 ; Nowak, 1999).

Castor du Canada Dans des conditions favorables, les castors du Canada produiront leur première portée à deux ou trois ans. La durée de vie moyenne d'un castor dans la nature est de . Bien que sa taille le protège de la plupart des prédateurs, la durée de vie d'un castor peut être réduite par les prédateurs, le plus souvent les humains, les loups et les coyotes. Les parasites et les maladies jouent également un rôle dans la mortalité. (Whitaker et Hamilton, 1998 ; Frazier, 1996 ; Whitaker et Hamilton, 1998).

Thermorégulation Des groupes de castors vivent dans des environnements arides et chauds en Arizona et d'autres dans des environnements très froids en hiver.

Quand il fait chaud, le castor se rafraichit régulièrement dans l'eau ou y trempe sa queue qui semble jouer un rôle de thermorégulation.

Quand il fait froid, le castor dispose de sa fourrure et de réserves de graisse, mais aussi — selon MacArthur & Dick (1990) — il

Vision Ils ont une bonne vision nocturne et sont assistés dans leurs déplacements nocturnes ou dans la hutte ou le terrier d'un excellent odorat, d'une bonne ouïe et de moustaches et vibrisses situées sur les sourcils.

La vision des deux espèces existantes de castor a été étudiée. Les castors semblent peu s'intéresser aux couleurs lors des expériences faites avec eux, mais les discriminent., ce qui confirme qu'ils ne sont pas à classer parmi les animaux nocturnes, comme le laissent penser en effet leur activité estivale et leur adaptation aux milieux boréaux où, en été, le soleil de minuit éclaire presque 24h/24.

Denture

La denture du castor est typique des rongeurs. Il ne possède pas de canines et ses incisives particulièrement développées, à croissance continue et taillées en biseau, lui permettent efficacement de ronger le bois des arbres. La mâchoire et la denture du castor sont parfaitement adaptées à la fois à l'écorçage et à la coupe du bois. C'est unique dans le monde des mammifères.

Squelette vignette|centre|600px|Squelette du Castor.

Mode de vie thumb|right|Sa queue plate lui est très utile sous l'eau, dans les courants, ou lorsqu’il doit positionner les branches de son barrage. thumb|right|Le castor, dont les incisives sont aussi aiguisées qu'un bon ciseau à bois peut couper des arbres assez épais, mais il s'agit alors d'essences à bois tendre. thumb|right|Contrairement à une idée répandue, le castor n'a pas toujours besoin d'un milieu densément boisé ni d’une eau de très bonne qualité. Ici (en Lituanie) il a colonisé des fossés agricoles de drainage qu'il contribue à maintenir en eau en été. thumb|right|Barrage caractéristique de castor, ici dans le Lassen Volcanic National Park (Canada). Dans les milieux boisés alluviaux, le castor « ouvre » de petites clairières inondées, ce qui favorise une biodiversité plus importante. thumb|right|Hutte de castor près de Saguenay, au Québec. thumb|right|Le travail des castors, en aval des chutes du Niagara, tel qu'imaginé par l'européen (Herman Moll) qui en 1654 n'en avait sans doute jamais vu (Le castor ne transporte pas de pierres ou mottes de terre sur sa queue). thumb|right|Le castor introduit en Terre de feu pour sa fourrure et y est devenu invasif ; les arbres locaux (Nothofagus notamment), contrairement aux arbres de l'hémisphère nord ne recèpent pas (ou mal) quand ils sont coupés par le castor (ici près d'Ushuaïa en Argentine).. thumb|right|Bûche et copeaux non consommés serviront d'aliment à de nombreux invertébrés et champignons et formeront un humus propice à la repousse des arbres.

Les mœurs aquatiques du castor, sa queue écailleuse (près des trois quarts du cuir de la queue sont recouverts d'« écailles » cornées sombres.) et ses pattes postérieures palmées ont longtemps fait penser que sa partie postérieure était apparentée aux poissons. En 1737, Georges Buffon disait alors que le castor est

Principalement actif la nuit, le castor est réputé pour avoir une mauvaise vue, mais un bon odorat et l'ouïe fine.

Il n'existe pas en français de terme spécifique pour les cris du castor, qui crie, soupire, et peut émettre également des plaintes, des gémissements ou des murmures.

Alimentation Le castor est exclusivement herbivore. Les castors nord-américains et eurasiens mangent le même type de plantes., avec une proportion comparable d'essences ligneuses, mais là où ils coexistent dans certains territoires d'Europe du nord et de Russie, quelques spécialistes ont noté de subtiles différences : Danilov remarque que le castor nord-américain apprécierait plus l'aulne (Alnus incana L. en Amérique du Nord)., et plus au sud il substitue plus volontiers le bouleau aux salicacées que ne le ferait son cousin européen..

Le castor est cæcotrophe (comme la marmotte), c’est-à-dire qu'il digère deux fois ses aliments en ravalant ses crottes molles.

Selon les saisons, il se nourrit d'écorces tendres (en hiver, essentiellement à partir de branches qu'il a accumulées dans une réserve sous l'eau) puis (à partir de la fin du printemps) de pousses, de fruits, d'herbe, de feuilles… Il peut aussi consommer des lentilles d'eau et des plantes aquatiques immergées ou leurs rhizomes (rhizomes de nénuphars par exemple).. vignette|Arbre coupé par un castor sur un terrain de golf de la région de Montréal. Il abat les arbres (parfois jusqu'à de diamètre environ) pour accéder aux feuilles en utilisant ses incisives très tranchantes. Ses incisives poussent en permanence et il les aiguise en frottant celles du haut contre celles du bas, comme tous les rongeurs.

Habitat et activité constructrice Le castor est une espèce ingénieure, le seul mammifère (avec l'Homme) qui aménage et construise à ce point son habitat..

Les barrages et les huttes sont construits avec du bois mort ou récemment coupé par lui, de différents diamètres. Pour cela le castor abat principalement les arbres à bois tendre tels le bouleau, le saule, le peuplier (le tremble notamment) mais il coupe parfois aussi des bois plus durs comme le chêne ou le frêne ou plus rarement des résineux. et . Les interstices entre les morceaux de bois sont colmatés avec de la terre qu'il tasse avec ses mains (et non pas avec la queue qu'il n'utilise pas comme une truelle comme on l'a longtemps cru ou raconté).

Selon Aeschbacher and Pilleri (1983) qui ont étudié l'activité constructrice de castors canadiens en captivité, ces derniers travaillent habituellement solitairement, sauf en cas d'incident ou accident majeur risquant de mettre en péril le barrage par exemple, ou le toit de la hutte ; dans ce cas les castors travaillent en famille, et un comportement plus collectif de construction continue alors à être observé jusqu'à ce que la réparation soit complète..