vignette|Laideronnette, impératrice des pagodes costume de Drésa pour Ma mère l'Oye, – Maurice Ravel 1912
Ma mère l'Oye est une œuvre de Maurice Ravel (1875-1937), d'après des contes de Charles Perrault (La Belle au bois dormantTexte du conte La Belle au bois dormant et Le Petit PoucetTexte du conte Le Petit Poucet extraits des Contes de ma mère l'Oye, 1697), de Madame Leprince de Beaumont (La Belle et la BêteTexte du conte La Belle et la Bête, 1757) et de Madame d'Aulnoy (Le Serpentin vertTexte du conte Le Serpentin vert, 1697). Il existe trois versions principales de cette suite : la première, à l'origine de l'œuvre, est écrite pour piano à quatre mains (entre 1908 et 1910), la deuxième, dans la tradition des orchestrations raveliennes, est une partition pour orchestre symphonique (1911), la dernière, plus étoffée, est une adaptation pour ballet, avec une chorégraphie de Jane Hugard (1912).
L'œuvre porte la référence M.60, dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Marcel Marnat.
La suite pour piano C'est à l'intention des enfants de ses amis Ida et Cipa Godebski (fils du sculpteur Cyprian Godebski et demi-frère de Misia Sert), Jean et Mimi, que Ravel écrivit cette suite pour piano à quatre mains. Ma mère l'Oye témoigne du goût du musicien, resté célibataire et sans descendance, pour une thématique « enfantine » que l'on retrouva également plus tard dans L'Enfant et les Sortilèges. La version pour piano était conçue pour être exécutée par de jeunes mains et sa création publique, le , fut l'œuvre de deux enfants âgés respectivement de six et dix ans. Elle fut publiée en 1910 avec le sous-titre Cinq pièces enfantinesVersion piano 4 mains : Éditions Durand D. & F. 7746
Structure thumb|300 px|Laideronnette, Impératrice des Pagodes.
La suite comporte cinq mouvements : Pavane de la Belle au bois dormant. Lent () à ; Petit Poucet. Très modéré () à , , , ; Laideronnette, Impératrice des Pagodes. Mouvement de marche ; () à ; Les Entretiens de la Belle et de la Bête. Mouvement de Valse très modéré () à ; Le Jardin féerique. Lent et grave () à .
Chez le même éditeur, une transcription pour piano solo fut réalisée la même année (1910) par Jacques CharlotVersion piano 2 mains, arrangement Jacques Charlot : Éditions Durand D. & F. 7930, ami de Ravel et dédicataire du premier mouvement de son Tombeau de Couperin.
L'œuvre symphonique Partir d'une composition pour piano à quatre mains pour créer une œuvre pour orchestre symphonique, Ravel l'avait déjà expérimenté quatre ans plus tôt pour sa Rapsodie espagnole et, tout naturellement, en 1911, il réalisa Ma mère l’Oye, cinq pièces enfantines, suite pour orchestreVersion symphonique : Éditions Durand D. & F. 8300, partition dédiée au concert symphonique, suivant exactement les formes et la succession de la version pour piano. La première audition connue eut lieu à Londres le sous la direction d'Henry Wood au festival des Prom's.
Contrairement à son Daphnis et Chloé de la même période employant des effectifs instrumentaux et vocaux impressionnants, Ravel utilise un orchestre symphonique réduit : les pupitres de bois et de cors sont par deux, il n'y a ni trompette, ni trombone, ni tuba ; cette "intimité" orchestrale, presque "chambriste", favorise les parties solistes et les mélanges de timbres subtils, elle confine à une atmosphère particulière et envoûtante de contes et d'enfance se retrouvant dans Le Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns ou Pierre et le Loup de Sergueï Prokofiev. Instrumentation de Ma Mère l'Oye Cordespremiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses, 1 harpeBois2 flûtes, l'une jouant aussi du piccolo,
2 hautbois, l'un jouant surtout du cor anglais,
2 clarinettes si bémol et en la,
2 bassons, l'un jouant du contrebasson.Cuivres2 cors chromatiques (précisé sur le conducteur) Percussions3 timbales, grosse caisse, cymbales, tam-tam, jeu de timbre, xylophone, triangle, célesta
Après l'adaptation pour le ballet, Ravel ajoute le Prélude et La Danse du rouet et Scène au début de la suite, modifie l'ordre des pièces et complète le tout avec des Interludes (voir ci-dessous pour le plan détaillé).
Le ballet À la demande du mécène Jacques Rouché pour son Théâtre des Arts, vint ensuite la transformation de cette œuvre en ballet : Ma mère l’Oye, ballet en un acte, cinq tableaux et une apothéose.. Ravel y ajoute un prélude, un tableau (Danse du rouet et scène) et quatre interludes ; il modifie également l'ordre des mouvements pour en parfaire la progression dramatique. Cette nouvelle adaptation, dont l'atmosphère fantastique se prête idéalement à la thématique de l'ensemble, compte parmi les meilleures réussites de Ravel dans le genre chorégraphique. Sa création, d'abord prévue le puis le , eut lieu le sous la direction d'orchestre de Gabriel Grovlez, avec une chorégraphie de Jane Hugard, des décors et costumes de Jacques Drésa, exécutés par Georges Mouveau. La veille, avait eu lieu la répétition générale.
Prélude (Très lent) Tableau I : Danse du rouet et Scène (Allegro) Interlude Tableau II : Pavane de la Belle au bois dormant (Lent - Allegro - Mouvement de Valse modéré) Interlude Tableau III : Les Entretiens de la Belle et de la Bête (Mouvement de Valse modéré) Interlude Tableau IV : Petit Poucet (Très modéré) Interlude (comprenant une fameuse cadence de Célesta) Tableau V : Laideronnette, Impératrice des Pagodes (Mouvement de marche - Allegro - Très modéré) Interlude Apothéose : Le Jardin féerique (Lent et grave)
Ravel n'a pas arrangé ces nouveaux mouvements orchestraux pour piano à 4 mains. Cela a été fait par Lucien Garban en 1919 (Prélude et Danse du rouet et scène). et en 1991 par Jacques Chailley pour les intermèdes..
En 2023, l'Opéra de Paris commande à Martin Chaix de chorégraphier Ma mère l'Oye pour l'école de danse de l'Opéra de Paris.
Discographie Pierre Monteux : Ravel, London Symphony Orchestra, dir. Pierre Monteux (1964, Philips SAL 3500 ) — avec Boléro et La Valse Musique française pour piano à 4 mains par Philippe Corre et Édouard Exerjean, piano (juin, juillet et septembre 1986, Le Chant du Monde LDC 278.849/50) — avec les Jeux d'enfants de Georges Bizet, Dolly de Gabriel Fauré, Un tas de petites choses d'André Caplet et des œuvres de Désiré-Émile Inghelbrecht, Déodat de Séverac, Darius Milhaud Gershwin & Ravel : Music for Piano Duo par Anthony Goldstone et Caroline Clemmow (2007, Divine Art DDA25055, 2018) — avec les Sites auriculaires, la Rhapsody in Blue''
Bibliographie Monographies
Écrits de Maurice Ravel
Articles, chapitres d'ouvrages
Notes et références
Liens externes
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