La région de Nord-du-Québec est la plus grande des régions administratives du Québec. À elle seule, la région représente 55 % de la superficie totale de la province, avec ses , dont de lacs et de rivières. La région est représentée à l'Assemblée nationale dans la circonscription d'Ungava.

Située dans le Grand Nord du Québec, seulement 0,5 % de la population québécoise y vit, soit environ . Les Autochtones (Cris et Inuits) forment ensemble 60 % de la population, tandis que les non-autochtones constituent 40 % des habitants.

Le territoire est régi par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1975 ainsi que par la Paix des Braves de 2002, qui prévoient une large autonomie politique et administrative pour les communautés autochtones et leur accordent des droits exclusifs de chasse et de pêche sur des territoires de , ainsi que des compensations financières. En contrepartie, le gouvernement du Québec obtient le droit de développer les ressources hydrauliques, minérales et forestières.

Le français est la langue des habitants non autochtones, mais est aussi de plus en plus utilisée comme troisième langue par les autochtones ; ces derniers ont pour langue d'usage le cri ou l'inuktitut (langue des Inuits). La lingua franca entre les différentes communautés reste de façon majoritaire l'anglais.

Histoire Préhistoire et premiers établissements

Le territoire du Nord-du-Québec fait partie de l’aire d’occupation humaine la plus ancienne du Québec, avec des peuples autochtones présents depuis au moins 10 000 ans après le retrait des glaciers. Les migrations vers le nord ont suivi la fonte des glaces, et les groupes de chasseurs-cueilleurs ont progressivement exploité les milieux boréaux et subarctiques pour la chasse, la pêche et la cueillette.

Au sud du Nord-du-Québec, ces populations sont représentées par des Innus et des Cris, qui se déplacent à l’intérieur des forêts boréales et le long des corridors fluviaux. Plus au nord, au-delà du 55ᵉ parallèle, des communautés Inuit occupent les zones arctiques, développant des modes de vie adaptés aux environnements polaires. Cette diversité témoigne d’une occupation humaine continue avant l’arrivée des Européens.

17e siècle

18e siècle

19e siècle

20e siècle

Le projet de la Baie-James

Le projet de la Baie-James est un projet d’envergure visant à construire une série d’aménagements hydroélectriques dans le Nord-du-Québec entre 1973 et 2012. Ces aménagements sont réalisés par la Société d’énergie de la Baie-James pour le compte d’Hydro-Québec. Ces travaux ont modifié durablement le cours de plusieurs rivières et de leurs bassins versants dans le nord de la province, dont la rivière Caniapiscau, la Grande rivière de la Baleine, les rivières Sakami, Opinaca, Eastmain et Rupert.

Le projet est divisé en trois phases : la première de 1973 à 1985, marquée par la construction de trois des plus grandes centrales du projet (LG-2, LG-3 et LG-4), ainsi que le détournement Caniapiscau et Eastmain-Opinaca-La Grande (EOL) ; la deuxième phase, de 1987 à 1996, comprend la construction de cinq centrales et le suréquipement de La Grande-2 ; enfin la troisième phase, qui se déroule de 2002 à 2012, voit s’ajouter trois centrales au complexe. Au total, ce sont neuf centrales mises en service atteignant 17 445 mégawatts (MW) en 2012. Leur réalisation a mobilisé dans l’ensemble près de 185 000 travailleurs.

La Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ)

Le , Robert Bourassa annonce le « projet du siècle » visant à construire un complexe hydroélectrique sur la rivière La Grande. Sa déclaration suscite un grand nombre de réactions, positives et négatives, mais elle aboutit tout de même à l’adoption du projet de loi 50 en . Hors, aucune des communautés autochtones vivant dans la région n’a été consultée dans ce projet. Après plusieurs tentatives d’entente infructueuses, l’Association des Indiens du Québec décide de déposer en une injonction en Cour supérieure du Québec pour arrêter le projet. Le , le juge Albert Malouf émet une injonction interlocutoire contre le gouvernement du Québec, faisant cesser les travaux. Sept jours plus tard, la Cour d’appel du Québec renverse le jugement, permettant la reprise des travaux, mais elle exige qu’une entente soit signée entre le Grand Conseil des Cris et le gouvernement québécois.

Après bien des négociations est signée le la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ). Les principaux signataires sont le Grand Conseil des Cris, les Inuit du Nunavik, les gouvernements provincial et fédéral, Hydro-Québec et la Société de développement de la Baie James. Cette convention a pour objectif de définir et d'encadrer les relations des populations autochtones du Nord-du-Québec et de la Baie-James avec le gouvernement québécois. En 1978, la Convention du Nord-Est québécois est signée, permettant aux Naskapis, du village Kawawachikamach, de se joindre à la CBJNQ.

Géographie

Sont repartis sur son territoire, en ordre d'importance : les forêts (53,9 %), les milieux humides (35,4 %), les eaux (10,4 %), les surfaces artificielles (0,4 %) et finalement les terres agricoles (0,03 %).

Situation vignette|Paysage du Nunavik.

Le Nord-du-Québec est de loin la plus grande région administrative de la province éponyme. Sa superficie s'étend sur , dont qui sont terrestres, soit 51,6 % du territoire québécois. À elle seule, elle peut ainsi inclure toutes les autres régions administratives du Québec; ou bien, à titre comparatif, environ une fois la France, deux fois l'Irak, ou trois fois la Nouvelle-Zélande. Bien que très vaste, elle est aussi de loin la région la moins peuplée et la moins développée.

Le Nord-du-Québec est divisé en deux sous-régions. D'abord, le Nunavik, comprenant toute la partie septentrionale située au-delà du nord. Caractérisé par un important isolement géographique, ce territoire partiellement arctique est majoritairement peuplé par les Inuits. Au sud du nord, l'Eeyou Istchee Baie-James est une terre de taïga où vivent les Cris de l'Est (Eeyou Istchee) et les allochtones québécois (Jamésie). Cette sous-région possède son propre gouvernement régional, scellant une alliance politique entre les deux groupes.

La région est bordée au sud-ouest par l'Abitibi-Témiscamingue et la Mauricie, et au sud-est par le Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord. À l'est se trouve le Nunatsiavut, un territoire autonome inuit situé au sein de la province de Terre-Neuve-et-Labrador. À l'ouest et au nord, la région est entourée par les grandes eaux du détroit et de la baie d'Hudson, qui ne font pas partie de ses eaux territoriales. Le territoire fédéral du Nunavut est donc son voisin immédiat, la frontière entre le Québec et le Nunavut faisant même des îles côtières du Nord-du-Québec une possession de ce territoire.

Topographie vignette|Le mont D'Iberville, le plus haut sommet du Québec.

La région est partagée entre des basses terres, comme celles de la baie d'Hudson, et des plateaux appartenant au bouclier canadien. On y retrouve cependant aussi quelques massifs, comme les monts de Puvirnituq, les monts Otish (à sa frontière avec le Saguenay–Lac-Saint-Jean) et les monts Torngat (à sa frontière avec le Labrador).

D'un point de vue cartographique, la péninsule d'Ungava se distingue nettement. Elle est bordée à l'est par la baie d'Ungava et à l'ouest par la baie d'Hudson, en partie par l'arc Nastapoka, une particularité géologique formant environ 160 degrés d'un arc presque parfait.

L'altitude minimale est de (océan Atlantique), tandis que l'altitude maximale est de au mont D'Iberville.

Hydrographie vignette|gauche|La chute Korluktok de la rivière Koroc. vignette|gauche|Cratère des Pingualuit. Le réseau hydrographique du Nord-du-Québec est majeur. Elle est parmi les plus grandes régions productrices d'hydroélectricité au monde.

Les rivières Caniapiscau, Rupert, George, aux Mélèzes, aux Feuilles, à la Baleine et la Grande Rivière de la Baleine ont toutes un bassin versant supérieur à 26 000 km. La Grande Rivière, métamorphosée en vaste complexe hydroélectrique à partir des années 1970, possède un bassin de près de 100 000 km qui alimente plusieurs centrales électriques, dont la plus grande du Québec : la Centrale Robert-Bourassa.

Ces aménagements de production d'hydroélectricité ont créé d'immenses « lacs », dont le réservoir de Caniapiscau, de loin la plus grande étendue dʼeau douce au Québec (). Il est suivi des réservoirs Robert-Bourassa et La Grande 3. Avant même la création de ces vastes réservoirs, le Nord-du-Québec comportait déjà le plus grand lac naturel de la province : le lac Mistassini. Ces gigantesques plans d'eau s'ajoutent aux milliers de lacs naturels de superficies diverses. On y retrouve aussi quelques lacs de cratère, comme le lac Wiyâshâkimî ou le célèbre cratère des Pingualuit.

Démographie Population

Données de base Institut de la statistique du Québec, nomenclature territoriale et les chiffres de population estimés au juillet 2018 telle que publiés au décret provincial pour 2019. . . : Superficie terrestre : (recensement de 2016) Densité de population : (recensement de 2016) Population : (recensement de 2016) Taux de natalité : (2016) Taux de mortalité : (2016)

Langues

Cette région nordique du Québec a la particularité d'être la région située la plus au nord de toute la francophonie et surtout la seule qui compte une communauté inuite parmi tous les territoires francophones du monde.

Au Nord-du-Québec, selon l'Institut de la statistique du Québec, la langue la plus parlée le plus souvent à la maison en 2016Institut de la statistique du Québec. Population selon la langue parlée le plus souvent à la maison, municipalités et TE du Nord-du-Québec et ensemble du Québec, 2011 sur une population de , est le français à , fortement dépassé pour l'ensemble des langues autochtones représentant au total les langues cries à , l'inuktitut à

Finalement vient l'anglais à .

Histoire de la région et progression du français

thumb|200px|left|Signalisation bilingue (en français et en cri), à la baie James La région n'a été ni peuplée par des colons français, ni par des colons britanniques, qui la jugeaient non propice à la colonisation, mais les contacts répétés des marchands britanniques avec les populations autochtones y ont répandu l'usage de la langue anglaise : c'est pourquoi la seconde langue des autochtones y a été longtemps exclusivement l'anglais. L'introduction de la langue française ne s'est faite qu'au milieu du avec l'arrivée de techniciens gouvernementaux québécois. Elle est maintenant la seconde langue choisie par plus de 50 % des autochtones.

En 1870, la région a été achetée par le nouveau Dominion du Canada. En 1898, le Parlement du Canada a fixé la frontière septentrionale du Québec au milieu de la rivière Eastmain, près du parallèle , agrandissant ainsi le territoire québécois ; en 1912, il lui transfère le district de l'Ungava, comprenant tout le territoire au nord de la rivière Eastmain : concrètement, par ces deux agrandissements successifs, le Québec a alors plus que doublé son territoire.

Mais les Québécois du Sud ont attendu les années 1960 avant d'investir cette région (d'où le nom Nouveau-Québec utilisé à l'époque, pour une partie de son territoire). La région a fortement contribué à l'esprit « pionnier » de nombreux Québécois venus s'installer dans cette région pour y travailler par exemple dans des projets hydroélectriques ambitieux comme celui de la baie James. La création de nouvelles villes comme celle de Radisson dans les années 1960 et 1970 en est l'illustration.