vignette|Un skateboard moderne de street. vignette|Un skateboard (cruiser) des années 1970 avec imprimé en fibre de verre. vignette|Un skateboard moderne de type longboard. Un skateboardDe l'américain , formé de , « patin », et , « planche », voir et . (), un Terme le plus courant chez les adolescents ., une planche à roulettes.. ou un rouli-roulant est un objet composé d'un plateau (planche) sous lequel sont fixés deux essieux (les ) maintenant chacun deux roues.. Un skateboard est utilisé comme moyen de déplacement ou pour réaliser des figures acrobatiques (), le plus souvent en environnement urbain, ou dans des espaces spécialement aménagés ().

Une personne utilise un skateboard en se maintenant debout en équilibre sur la planche et se propulse généralement par la poussée d'un pied sur le sol () ou bien par une technique d'appuis alternés des deux pieds sur les bords de la planche ().

Le skateboard est aussi la pratique de cet objet, généralement considérée comme un sport, une activité récréative, une forme artistique ou un moyen de transport. Les pratiquants sont appelés « skateurs », « » ou « planchistes »... Le verbe skater signifie « pratiquer le skateboard ».

Les premiers skateboards apparaissent aux États-Unis comme un jeu d'enfant, un surfer American aurait offert à son fils sa planche de surf avec des roulettes de bois, probablement dans les années 1950. Le skateboard est ensuite médiatisé en Californie à la fin des années 1950 par la communauté des surfeurs. La pratique encore marginale se popularise au milieu des années 1970, où il devient un phénomène de mode éphémère tant aux États-Unis qu'en Europe. À partir des années 1990, la pratique se confond avec la discipline du devenue dominante. Le skateboard devient également un phénomène culturel mondial, avec notamment une forte influence sur la mode vestimentaire des jeunes.

En plus du pratiqué typiquement dans les espaces publics urbains, il existe d'autres disciplines moins connues du grand public : la rampe (ou le ) pratiquée sur des modules artificiels aux pentes verticales, l'ancien sur le plat, la descente (), pratique de vitesse sur des routes en pentes, ou plus récemment le . Diverses compétitions de street et de rampe/bowl sont organisées depuis les années 1980, avec des skateurs professionnels, et ces deux disciplines sont au programme des Jeux olympiques depuis 2021.

En 2009, le marché annuel du skateboard était estimé à 4,8 milliards de dollars américains (3,5 milliards d'euros). avec des pratiquants actifs généralement estimés entre 11 et 18 millions (2008).. Les pratiquants seraient aux États-Unis 13 millions (2008), au Brésil presque 5 millions (2014) et plus de en France (2010)Enquête pratique physique et sportive 2010, CNDS / direction des sports, INSEP, MEOS, cité dans ..

Histoire

Les origines variées vignette|Patin à roulettes métalliques. Les origines des premières planches munies de quatre roulettes sont mal connues. Des jeux d'enfants constitués d'une « boite » ou « planche » équipée de quatre roulettes ont été bricolés par différentes personnes en différents lieux des États-Unis. Dans la première moitié du , d'autres engins à roulette étaient populaires parmi les enfants américains : les patins à roulettes, les trottinettes bricolées avec une caisse de fruit et un patin (années 1910) et les trottinettes manufacturées (années 1930). À partir de 1945, le , planche à quatre grosses roues munie d'un guidon amovible, est équipé d'un axe () permettant de diriger l'engin par appui sur les carres..

L'usage d'une planche munie de quatre roulettes est attesté chez des enfants afro-américains de Washington au début des années 1950. Mais les premiers skateboards pourraient aussi avoir été expérimentés dès les années 1930 ou 1940 par des surfeurs de La Jolla (Californie) ; des skates sont déjà produits en nombre et distribués auprès des surfeurs vers 1957. La pratique concerne seulement la descente de pentes () et les petites roues métalliques se bloquent à la moindre aspérité de la route, provoquant la chute.

Années 1960 : le sidewalk surfboard thumb|upright=0.6|Un « sidewalk surfboard », Nash Shark, années 1960. L'engin, dont la pratique a été médiatisée, a été popularisé en Californie à la fin des années 1950 par la communauté des surfeurs., avec des pionniers comme Mickey Muñoz et Phil Edwards. Cet engin est constitué d'une petite planche sur laquelle sont fixées des roulettes, dénommée (littéralement « surf roulant » en français). . Dérivant du surf, la pratique du skateboard reprend ainsi les valeurs des sports de glisse (marginalisation, rupture, fun, rébellion).

À cette époque, les planches sont en bois et lourdes, les trucks fixes, les roues en métal. Au début des années 1960 apparaissent les roues larges en céramique : plus accrocheuses et confortables sur le sol, elles facilitent aussi les virages et permettent les premières courbes. En 1969 apparait le premier tail relevé.

Les premiers skateboards industriels sont vendus sous la marque Humco. en 1956.. En 1960 est commercialisé le skateboard « Roller Derby ».

Très vite, le skateboard sera surnommé « » ou « », littéralement « planche à surfer les trottoirs », et deviendra de plus en plus populaire. Dans le film de Billy Wilder sorti en 1966 et tourné en 1965 The Fortune Cookie, une scène montre des enfants roulant sur des skateboards. En France, le magazine pour enfant Le Journal de Tintin tire un article sur le en , montrant des figures inspirées du surf, de la gymnastique et de l'athlétisme (saut en hauteur). Au Québec, toujours en 1966, Claude Jutra réalise Rouli-roulant, un court-métrage sur la passion de jeunes montréalais pour ce sport et la loi qui en interdit la pratique dans les rues.

La première compétition est organisée en 1963 en Californie. Le premier magazine, , est publié brièvement en 1964 et 1965. En 1963, les premiers skates font leur apparition en Europe et en France notamment, où la première compétition se tient en 1965. Arnaud de Rosnay s'illustre à l'occasion des éditions du championnat de France 1965, 1966 et 1967..

Toutefois, la pratique reste marginale et peine à se développer. Le skate est jugé difficile et peu amusant pour le grand public, ce qui explique le manque d'engouement comparé au surf. À la fin des années 1960, concurrencée par d'autres modes, l'activité disparait rapidement et il devient même difficile d'acheter un skateboardDogtown & Z-Boys, 2001, documentaire..

Années 1970 : le skate grand public vignette|Bill Mooney dans une piscine, années 1970. Au début des années 1970, les marques Bennett et Tracker inventent les orientables, permettant des trajectoires en courbe.

En 1973, une innovation change la donne : les Californiens Frank Nasworthy et Bob Bahn mettent au point la roue en polyuréthane (une matière plastique) ; le skateboard moderne est né. Le succès est immédiat et le phénomène devient mondial dès 1974 avec la vente de plusieurs millions de planches : de skates vendus en 1975 aux États-Unis.. Le polyuréthane atténue en effet les vibrations provoquées par les aspérités du sol et accroît l'adhérence, ce qui améliore la maniabilité de la planche et favorise l'invention de nouvelles figures et du freestyle..

Le dérapage en descente est popularisée par Cliff Coleman au milieu des années 1970, avec la technique d'appui d'un gant sur le sol (), permettant de contrôler et freiner la planche à grande vitesse. Cette technique et ses dérivés permettent de skater dans de nouveaux environnements : pentes variées, routes à virages serrés et même routes à trafic. Critiquée au début de la décennie, la pratique de la descente de routes montagneuses () est peu à peu médiatisée et diverses petites courses illégales sont organisées en Californie..

Durant l'été 1975 à Los Angeles, des figures marquantes sont réalisées dans des piscines vidées () et des fosses de drainage (), alors que sévit une sécheresse.. La légende mentionne notamment l'épopée d'un groupe de surfeurs, les , dont font partie Tony Alva (premiers aerials), Jay Adams et Stacy Peralta. Cette pratique spectaculaire est à l'origine des disciplines de rampe et , mais aussi d'une nouvelle manière de skater « fluide et au ras du sol » ainsi que d'une image antisystème et élitiste..

Les innovations techniques et une production industrielle permettent une large diffusion du skateboard en Amérique du Nord et en Europe. Apparaissant comme un nouveau loisir à la mode et grand public, le skateboard rencontre un vif succès auprès des jeunes, avec une culture axée sur le fun (amusement) et un engouement pour les pratiques de saut, freestyle, slalom et descente. Les premiers skateparks voient le jour, tandis qu'une presse spécialisée émerge. En 1978, les pratiquants sont estimés à aux États-Unis, en France..

En France, la discipline est reconnue comme sport en par le ministère des Sports et rejoint la fédération de surf. Des skateparks sont créés en France entre 1977 et 1979.

Années 1980 : le skate underground et trash vignette|Planche des années 1980. vignette|gauche|Pratique de freestyle par Rodney Mullen, 1988. vignette|Pratique du street (slide sur un rail), Allemagne 1988. Effet de mode éphémère et sport jugé dangereux, la pratique, l'industrie et la presse du skateboard s'effondre au début des années 1980. Aux États-Unis et en Europe, les skateparks publics sont abandonnés puis fermés.

Le skate devient alors un loisir . Les planches et la pratique évoluent vers un public restreint de passionnés, un esprit du (« malsain ») et le rapprochement avec d'autres cultures urbaines revendicatrices (graffiti, musiques). Cette nouvelle culture est diffusée par le magazine (créé en 1981) avec sa devise « ». Le shape typique des planches devient large, avec un court et arrondi, un large et surélevé, à l'exemple des productions de Powell Peralta et d'autres petites entreprises fondées par des skateurs.

L'apparition d'une technique de saut sans tremplin ni pied au sol, le , révolutionne la pratique tant en rampe que dans la rue. Avec le sur le plat (1981), Natas Kaupas (inventeur du ) et Mark Gonzales innovent dans l'utilisation du mobilier et des espaces urbains. C'est la naissance de la discipline du et son utilisation des mains courantes, des rails, etc. Puis à la fin des années 1980, le franchissement des : des sauts d'espaces, de marches. Apparaissent Rodney Mullen (popularisateur du ), Mike Carroll.

En 1985, le film Retour vers le futur participe à populariser cette nouvelle culture skate. Urbaine, celle-ci est liée à des attributs vestimentaires (pantalons amples, baskets basses en toile, t-shirts graphiques) et musicaux.

Parallèlement, la pratique sur rampes a de plus en plus de succès au début de la décennie, et répand de nouvelles manières de skater. De petites rampes en contreplaqué sont bricolées par des particuliers. Le est médiatisé par des compétitions et des skateurs de rampe se font connaitre, comme Tony Hawk, Steve Caballero, Colin McKay. Mais à la fin des années 1980, la pratique perd nettement en popularité au détriment du ..

Années 1990 : le succès du street vignette|Tony Hawk, 2012.

Concurrencé par de nouveaux sports à la mode, comme le roller agressif, le skate subit une brève crise au début des années 1990. Après quelques années discrètes, le succès du revient et la pratique ne cessera dorénavant de progresser à travers le monde. Le skateboard, et plus exactement la discipline sportive du , devient un phénomène culturel mondial.

Entre 1992 et 1995, le skate met l'accent sur la technique, abandonnant quelque peu le côté esthétique. Cette époque verra l'émergence de centaines de nouveaux : des , se créent et s'améliorent, Salman Agah "invente" le (le fait de pratiquer avec la jambe opposée à celle d'appel, à l'envers en quelque sorte).

Rodney Mullen est principalement, avec Natas Kaupas, celui qui est à l'origine du skate moderne et qui a inventé une vingtaine de figures dont le et le .