vignette|Jeune femme porteuse de plusieurs piercings du visage (Monroe, Septum et Labret). vignette|Un barbell. Le piercing Ḥilmī ʻAzīz, A Dictionary of Archaeological and Artistic Terms, Maktabat Lubnān, Beyrouth, 1993., ou perçage, est une pratique consistant à percer une partie du corps pour y mettre un bijou. C'est un type de modification corporelle. Le mot est issu de l'anglais , qui signifie « percer ». L'équivalent exact en anglais est (« perçage corporel »).

On estime leur première apparition il y a 4000 ans au Moyen-OrientStarkman, 2015.

Les piercings sont une forme de modification corporelle que les êtres humains se font pour s’embellir et s’exprimer. Ils sont plus communs chez les femmes que les hommesWilliams et al., 373.

Ils peuvent être effectués dans tous les endroits du corps où le tissu le permet, comme les oreilles ou les parties génitales. Ils sont ancrés dans plusieurs cultures comme celle indienne, où la plupart des femmes ont la narine gauche percée, ce qui est associée à la fertilité et au système reproductif féminin.

À ce jour, les piercings sont mal vus dans certaines croyances. Pendant longtemps, tout comme les tatouages, ils furent une raison pour laquelle une personne ne pouvait pas être embauchée pour un emploi et maintenant, il est encore difficile de se défaire de leur mauvaise connotation puisqu’ils peuvent être sources de stigmatisations et préjudicesWilliams et al., 374.

Historique vignette|Homme portant des bijoux à l'oreille, découvert dans les ruines de Palenque.

La pratique de la perforation du corps pour y insérer un ornement est ancienne. Le plus vieux corps percé retrouvé est celui d'Ötzi, dont les lobes d'oreille semblent avoir porté un écarteur.

Déjà au Néolithique, en Afrique, notamment chez les Mursis et les Maasaï, des labrets en pierre étaient insérés au niveau de la lèvre inférieure ou au lobe des oreilles pour symboliser la beauté, la maturité ou le statut social.

En Égypte antique, des boucles d'oreille ou écarteurs d'oreille en or étaient portées par les hommes de haut niveau social. De plus, les membres de la famille royale se perçaient fréquemment le nombril et le nez ; c'est le cas de Toutânkhamon. Les soldats de la Rome antique se percent parfois les tétons pour montrer leur force et leur solidarité, tandis que les peuples aztèques et mayas utilisent des piercings temporaires à la lèvre, à la langue, et sur le pénis dans des rituels religieux.

Dans la Bible, le perçage du lobe de l'oreille est une marque d'esclavage avec asservissement à perpétuité ou d'affranchissement conditionné librement consenti. Ce perçage s'est maintenu en Syrie et dans les pays environnants comme signe de servitude, symbolisant l'obéissance stricte que le serviteur devait à son maître..

En Europe, au Moyen Âge, l'église catholique estime que les modifications corporelles sont blasphématoires et la pratique du piercing décline. Elle reprend à la Renaissance ; dans l'Angleterre victorienne, les piercings sont à la fois mal vus, surtout chez les femmes, et répandus pour des raisons esthétiques et comme marqueur social.

vignette|gauche|Piercings d'une femme Adivasis dans l'Odisha, en Inde.

En Inde, le piercing nasal est une coutume réservée traditionnellement aux castes supérieures et se développe à partir du . Ce piercing typique des cultures du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud, généralement à la narine gauche, est supposé soulager la souffrance des femmes lors de l’accouchement.

En Europe, la pratique du piercing gagne en ampleur en raison de la colonisation : des pratiques africaines et asiatiques font leur chemin dans la culture occidentale.

Au début du vingtième siècle, la production de masse permet de fabriquer des bijoux meilleur marché, surtout après la seconde guerre mondiale : les boucles d'oreilles deviennent très communes chez les femmes. Avec la deuxième vague féministe et les contre-cultures punk et hippie des années 1960 et 1970, les modifications corporelles prennent de l'ampleur. Dans les années 1970, la perforation d’autres parties du corps gagne en popularité dans la culture gay BDSM. En 1975, Jim Ward ouvre The Gauntlet, le premier magasin de piercing des États-Unis, à Los Angeles.

Des personnalités comme David Bowie et Madonna popularisent le percing dans les années 1980, et les studios de piercing professionnels s'installent à partir des années 1990.

Au début du vingt-et-unième siècle, des piercings plus variés gagnent en popularité, comme le septum, le sourcil et le nombril, et des modifications plus extrêmes comme les implants dermiques et les écarteurs s'ajoutent à celles plus traditionnelles.

Statistique Le piercing des lobes d'oreille est généralement exclu des statistiques sur les piercings, étant extrêmement commun.

La prévalence varie suivant les milieux et les pays. Elle est estimée à près de 10 % des adultes en Grande-Bretagne et serait plus commune chez la femme de moins de où elle atteindrait près de 50 % de la population (sans prendre en compte le simple perçage du lobe de l'oreille) Bone A, Ncube F, Nichols T, Noah ND, Body piercing in England: a survey of piercing at sites other than earlobe, BMJ, 2008;336:1426-1428.. Les chiffres sont proches de ceux retrouvés en Australie Makkai T, McAllister I, Prevalence of tattooing and body piercing in the Australian community, Commun Dis Intell, 2001;25:67-72. ou en Allemagne Stirn A, Hinz A, Brahler E, Prevalence of tattooing and body piercing in Germany and perception of health, mental disorders, and sensation seeking among tattooed and body-pierced individuals, J Psychosom Res, 2006;60:531-4.. Selon Harrison Interactive, 16 % des Américains, soit environ de personnes, arborent au moins un piercing. D’autre part, le , affirme qu’il y aurait aujourd’hui aux États-Unis 15 à 25 % des collégiens portant un piercing non traditionnel.

Le tiers de ces piercings concerne le nombril, le cinquième la narine. Chez l'homme, le téton arrive en première place. D'autres piercings répandus sont au sourcil, à la bouche et sur les parties génitales.

Selon une étude statistique réalisée en 2018 sur la population française., 12 % des plus de quinze ans ont au moins un piercing (hors lobe d'oreille), soit un peu moins d'une femme sur cinq et d'un homme sur dix. La majorité de ces personnes ont entre . Les piercings les plus populaires sont au niveau de l'oreille (hors simple perçage du lobe, 42 %), au nombril (24 %), à la langue (15 %) et au nez (11 %), avec une prévalence plus forte du nombril et du nez chez les femmes et de l'arcade sourcilière chez les hommes. La principale motivation des femmes est l'embellissement du corps, celle des hommes est l'affirmation de leur personnalité et l'augmentation de leur sex-appeal.

Significations Le piercing correspond à une volonté esthétique, une démarcation sociale. Ainsi, le piercing a pour but l'amélioration de son apparence, la volonté de se distinguer de l'ensemble de la population, de s'approprier son corps ou de s'associer à un groupe social particulier.

Le piercing est une amélioration esthétique. Le piercing est un rituel. Le piercing peut être un rituel d'initiation ou de pénitence. D'après un concept anthropologique datant de 1909 : selon les époques et les régions du monde le piercing peut être un rituel de passage à l'âge adulte. À Singapour, lors de la fête du Taipoussan chacun, pour implorer son pardon, porte une charge proportionnelle de piercings variés qu'il exhibe à la communauté lors d'une procession en ville. Aujourd'hui de nombreux sociologues assimilent le piercing chez les adolescents comme pouvant relever de ce concept de rituel de passage à l'âge adulte. Il correspond également à une tradition : en Inde notamment où il est traditionnel chez les femmes de se faire percer la narine gauche avant le mariage, sur un point précis de médecine Ayurveda. Ce point, selon la croyance, diminuerait la douleur lors de l'accouchement. Le piercing permet l'appartenance à un groupe social. Le piercing peut ainsi être une marque pour s'associer à un groupe particulier. Dans l'Égypte antique c'était l'appartenance à l'élite. De nos jours les punks, les gothiques, les metalleux, les teufeurs et d'autres groupes utilisent les piercings comme un de leurs moyens d'identification. Le piercing est un moyen de se différencier socialement. Il est utilisé par certains pour s'opposer à leurs parents ou à la société. C'est une manière de s'affirmer, de se construire et de s'exprimer, ou de jouer avec le sentiment de marginalisation. Le piercing est un moyen d'érotiser son corps, dans certains cas, il est associé à des pratiques sexuelles, notamment celui de la langue pour la fellation ou le cunnilingus, ou lié au masochisme,

Discrimination Les personnes portant des piercings peuvent être discriminées ou victimes de préjugés en raison d'opinions personnelles et religieuses divergentes ou de décalage par rapport aux attentes du monde professionnel, surtout dans des métiers imposant un dress code. Dans les secteurs de travail plus traditionnels, la présence de piercings visibles peut être source de discrimination à l'embauche.

Types Emplacements Bouche

Labret : situé en dessous de la lèvre inférieure, il peut être centré ou décalé. Il peut causer un déchaussement des dents. Labret vertical : situé dans la lèvre inférieure, il la traverse verticalement. Lowbret : situé en dessous de la lèvre inférieure, décalé. Il ressemble au labret, la différence étant que le lowbret est situé beaucoup plus bas vers le menton. Medusa : situé au-dessus de la lèvre supérieure, centré. Jestrum : situé dans la lèvre supérieure, à la manière du labret verticale il la traverse verticalement. Monroe : situé au-dessus de la lèvre supérieure, décalé du côté gauche du visage. Il est généralement plus loin de la lèvre que le labret ou le medusa. Madonna : situé au-dessus de la lèvre supérieure, décalé du côté droit du visage. Langue : situé dans la langue, et passe généralement de façon verticale, au centre de la langue. Il s'agit du seul piercing à être pratiqué sur un muscle. Smiley : situé au niveau du frein de la lèvre supérieure. Frowney ou anti smiley : situé au niveau du frein de la lèvre inférieure. Cheeks : situé sur la joue de manière généralement centré. La plupart du temps, ce piercing va par paire, un sur chaque joue. Sublingual : situé sous la langue, au niveau du frein lingual. Snake eyes : situé dans la langue, passe de façon horizontal à travers la pointe de la langue. Il s'agit d'un perçage de surface. Il s'agit d'un seul piercing et non de deux contrairement au venom.

On peut aussi voir plusieurs associations : Snakebites : association de deux labrets décalés, un de chaque côté sous la lèvre inférieure. Angelbites : association d'un Monroe et d'un Madonna. Spiderbites : association de deux labrets décalés du même côté sous la lèvre inférieure. Sharkbites : association de deux spiderbites, un de chaque côté. Caninebites : association du snakebites et de l'angelbites. Cyberbites : association du médusa et du labret centré. Dolphinbites : association de deux labrets décalés, similaires au snakebites mais plus proches, presque centrés. Dahliabites : association de deux piercings situés près des jointures des lèvres. Venom : association de deux piercings à la langue (un de chaque côté).

Oreille vignette|Piercings à l'oreille|alt=Piercing oreilles. Helix : situé dans la partie haute et cartilagineuse de l'oreille. Industriel : seul piercing fait de deux trous, avec une barre transversale qui traverse la partie supérieure de l'oreille. Les trous sont faits dans le cartilage. Rook : se situe dans les plis de l'oreille vers la racine de l'hélix et dans le prolongement de l'anthélix.