vignette|200px|Étendard de la légion Condor.
La légion Condor est une force aérienne formée de volontaires à partir d'effectifs de l’Armée de l'air de l'Allemagne nazie, qui a combattu en Espagne aux côtés des nationalistes durant la guerre civile, entre et .
Elle est envoyée par Adolf Hitler afin d'aider les forces nationalistes de Franco qui se sont soulevées contre la espagnole, le à Melilla (une enclave espagnole en territoire marocain).
Les engagés sont ensuite relevés régulièrement : environ y servent, parmi lesquels de nombreux officiers qui deviennent connus quelques années plus tard, au cours de la Seconde Guerre mondiale, comme le maréchal de l'air Hugo Sperrle ou les pilotes Adolf Galland et Werner Mölders.
Histoire de l'aide militaire vignette|Adolf Hitler (1er rang, 1er à partir de la gauche) devant des soldats de la Légion Condor à Lustgarten. Assis à côté de lui, on trouve : Hermann Goering (2e à partir de la gauche), Wolfram von Richthofen (3e à partir de la gauche), Hugo Sperrle (5e à partir de la gauche). Au fond, on aperçoit le bâtiment de l'Altes Museum. Appelée (), l'aide militaire allemande au camp nationaliste espagnol a débuté par une demande d'assistance envoyée par le général Franco. Cette demande fut reçue par le Führer Adolf Hitler le , cinq jours après le début du soulèvement, le . Hitler appela immédiatement Hermann Göring, commandant en chef de la Luftwaffe, et le Generalfeldmarschall Werner von Blomberg pour concevoir un plan en vue de soutenir les nationalistes.
La HISMA/ROWAK L'entreprise Sociedad Hispano-Marroqui de Transportes (HISMA, dont le capital social était de ) fut constituée le à Tétouan, lors d'une réunion entre Fernando Carranza, Fernandez-Reguera et Johannes Eberhard Bernhardt et le consul d'Espagne, pour permettre à l'Espagne le paiement des aides allemandes. L'intention originale de la HISMA, était de permettre l'organisation et le transport de volontaires et du matériel allemand et d'organiser l'achat de fournitures supplémentaires en provenance du secteur privé en Allemagne. Le contrôle de la HISMA a ensuite été consolidé avec la création de la Rohstoff-Waren-Kompensation Handelsgesellschaft m.b.h. (ROWAK) trois mois plus tard. La SARL ROWAK concentrait son attention sur la gestion des échanges et la réalisation des paiements. Le système reposait sur la définition d'un taux de change fixe ( = ). Les prix des marchandises, eux, pouvaient varier entre le marché national et le marché international. C'est alors qu'intervenaient les . L'achat d'un bien à un fabricant ou à un commerçant allemand était compensé par la fourniture d'une marchandise par un fabricant ou commerçant espagnol. La HISMA finançait ses achats de marchandises grâce aux avances en liquide consenties par les importateurs espagnols. De plus, la HISMA assurait des livraisons de matériels de guerre. Quant à la ROWAK, elle finançait ses achats en Allemagne grâce au produit des ventes de marchandises espagnoles que les importateurs allemands payaient d'avance en Reichsmarks. Elle bénéficiait de surcroit de crédits versés par le gouvernement du Reich. La HISMA tirait ses bénéfices, d'une part, du pourcentage qu'elle percevait sur les exportations et importations entre particuliers (respectivement 2 % et 1 %), et, d'autre part, du pourcentage que lui versait la ROWAK sur les importations réalisées par les insurges (1 % sur le montant des factures). Tout au long de la guerre civile, ce système de compensation permit de réaliser un volume d'échanges de , pour ce qui est des importations espagnoles, auquel s'ajoutent au titre des exportations, avec un minimum de dépenses en devises pour les deux pays.
Grâce à l'intermédiaire de la HISMA et de la ROWAK, l'Allemagne nazie fut en mesure d'exercer une influence considérable sur les échanges économiques entre les zones sous contrôle franquiste et le Reich.
Les deux entreprises augmentèrent de façon spectaculaire les importations de matières premières espagnoles. Pour garder le contrôle, le ministère économique du Reich interdit même toutes relations d'affaires entre l'Espagne republicaine et le secteur privé allemand, de novembre 1936 jusqu'à nouvel ordre. Toutes les transactions d'affaires furent canalisées par la ROWAK, qui voulait alors des relations uniquement avec la HISMA et les mêmes processus furent mis en œuvre dans les zones contrôlées par les franquistes. Des taux de commission entre 0,175 et 5 % furent imposés sur toutes ces transactions.
L'exploitation économique et le contrôle du Reich sur l'ensemble des richesses minérales espagnoles, telles que le minerai de fer, le tungstène, le sulfure de fer et le cinabre, étaient maintenant possibles et dans une perspective d'un nouvel empire.
Les motivations politiques de Hitler Au moment de la rébellion, le dictateur italien Benito Mussolini, avait accepté de fournir une aide militaire aux nationalistes, sous la forme d'envoi de troupes, le ( (CTV)). Hitler a immédiatement accepté aussi, et il était heureux de voir à la fois naître et continuer un conflit en Espagne, éventuellement en faveur du général Franco.
Les motivations d'Adolf Hitler étaient triples : Franco, en cas de succès, représenterait un troisième pouvoir autoritaire inamical sur les frontières de sa rivale, la France. Les tensions internes en France, entre la gauche et la droite, seraient exacerbées par la guerre civile espagnole et, par ce fait même, affaibliraient toute opposition organisée contre l'Allemagne nazie. Aider les Italiens en Espagne, tout en isolant les démocraties occidentales de la Grande-Bretagne et de la France en conflit avec l'Italie et attirer Mussolini vers l'Allemagne nazie.
Un communiqué en , de l'ambassadeur allemand à Rome, Ulrich von Hassell, illustre chaque point :
L'envoi de l'aide commence Au cours des semaines suivantes, plus de de troupes sont envoyés en Espagne. Le , Adolf Hitler envoie de chasse allemands et aussi de transport militaire Junkers Ju 52 depuis Berlin et Stuttgart, vers le Maroc espagnol alors aux mains des nationalistes de Franco. Les chasseurs vont plus rapidement au combat et les Allemands subissent leurs premières pertes quand les pilotes Helmut Schulze et Herbert Zech sont tués le . Au cours des deux semaines suivantes, ces avions transportent presque vers l'Espagne. C'est le premier lieutenant Rudolf von Moreau, arrivé par bateau le , qui commande l'escadrille de Junkers 52 qui avait amené en Espagne les troupes marocaines de Franco.
En , l’Oberstleutnant Walter Warlimont de l'état-major allemand arrive en tant que commandant régional et conseiller du Generalisimo Francisco Franco. En raison de l'afflux de l'aide et de volontaires, Warlimont préconise en , que toutes les troupes allemandes soient combinées au sein de la « Légion Condor ».
Cette légion était équipée à l'origine d'environ et comptait . Cette force initiale comprenait les éléments suivants : Un groupe de bombardement de trois escadrons de bombardier Ju 52 Un groupe de chasseur avec trois escadrons de chasseurs He 51 Un groupe de reconnaissance avec deux escadrons de He 45 et des avions de reconnaissance/bombardement He 70 Un escadron d'hydravions de He 59 et de He 60
La légion Condor, sous le commandement du général Hugo Sperrle, était une unité autonome et n'était responsable qu'envers Franco. Au plus fort de l'assistance militaire allemande, la force totale en Espagne fut de presque , même si ceux-ci étaient en rotation et un total de servirent dans la légion Condor.
Le général Hugo Sperrle exigea de l'Allemagne des appareils ayant de meilleures performances et finalement, il reçut des Heinkel He 111, des Junkers « Stuka » Ju 87A, des Messerschmitt Bf 109E-1 et six avions de reconnaissance Henschel Hs 126A-1.
Le coût de l'implication
Le nombre total d'avions affecté à la légion Condor est estimé à 610 (d'après les archives du Sonderstab W).
Parmi les autres matériels utilisés, on relève : canons de ; canons de mm ; du fameux canon de ; de tous types (motocyclettes, automobiles, utilitaires légers, moyens ou lourds, tracteurs, autobus) ; de combat Panzer I (toutes versions confondues) ; d'artillerie de différents calibres. Certaines sources établissent une distinction entre le matériel fourni par la Luftwaffe et celui provenant de l'armée de terre (Heer), et ajoutent à l'inventaire des véhicules cité ci-dessus et un nombre indéterminé d'autres véhicules.
Sur les qui ont servi dans la légion Condor lors de la guerre civile espagnole, 131 moururent au combat et 168 autres lors d'accidents aériens ou terrestres, ou encore de maladies contractées pendant leur séjour, soit un total officiel de . Les victimes furent : d'équipage de chasse de DCA
Quant aux blessés, leur nombre s'élève à 139 au combat et à 449 à la suite d'autres causes. Le chiffre des pertes ne paraît pas exagéré, lorsqu'on songe à l'intense activité exercée par la légion Condor, et peut s'expliquer par le haut degré de préparation du personnel, qui étaient soit des militaires professionnels, soit des membres de l'une ou l'autre organisation para-militaire du Reich allemand. Un grand nombre, soit plus de 50 %, sont décédés dans des accidents, notamment d'accidents de la route et/ou de maladie. Les premiers morts en opérations furent deux aviateurs, les Unteroffiziere (sergents) Helmut Schulze et Herbert Zech, lors du crash de leur Junkers Ju 52, du groupe de bombardement K/88, le , à Jerez de la Frontera Raul Arias Ramos et Lucas Molina Franco, Atlas Ilustrado de la légion Condor, Susaeta Ediciones, S.A., Madrid, ..
La légion Condor perd au combat et dans des accidents, en vol, au décollage ou à l'atterrissage. En comparaison, le nombre d'appareils républicains abattus par la légion Condor s'élève — selon Raymond L. Proctor, ancien officier de l’US Air Force — à 386 (soit 59 par les pièces anti-aériennes du F/88 et 313 par le Groupe de chasse).
Avantages militaires obtenus Formation Les de l'armée allemande hésitèrent à s'impliquer dans le conflit et résistèrent à l'appel lancé par le gouvernement italien pour un double transfert de troupes terrestres pour combattre en Espagne. Cependant, l'accord fut donné pour la participation de la Luftwaffe à cette guerre civile, qui constituait un terrain d'entraînement idéal pour les troupes qui seront employées plus tard au cours de la Seconde Guerre mondiale. Ce point de vue est appuyé par le témoignage d'Hermann Göring, ministre de l'aviation du Reich, lors du Procès de Nuremberg. Lorsqu'on l'interrogea sur la décision de recourir à la Luftwaffe, il témoigna ainsi :
Lorsque la guerre civile éclata en Espagne, Franco a adressé un appel à l'aide à l'Allemagne et a demandé son appui, en particulier aérien. Il ne faut pas oublier que les troupes de Franco étaient stationnées en Afrique du Nord et qu'il ne pouvait pas faire traverser ses troupes, car la flotte était entre les mains des communistes ou, comme ils s'appelaient eux-mêmes à l'époque, le « gouvernement révolutionnaire légitime en Espagne ». Le facteur prioritaire fut de transporter ses troupes vers l'Espagne. Le Führer y a réfléchi. Je lui conseillais d'apporter son soutien (à Franco) en toutes circonstances, tout d'abord, afin de prévenir la propagation du communisme dans cette région et, d'autre part, par cette opportunité, pour tester ma jeune Luftwaffe.