Epsilon Ursae Majoris (ε UMa), également nommée Alioth, est une étoile de la constellation de la Grande Ourse. Malgré sa désignation de Bayer « ε » (epsilon, de l'alphabet grec), il s'agit de la plus brillante de sa constellation, et à ce titre elle est l'une des sept étoiles de la constellation qui forment l’astérisme du Grand Chariot.
Nomenclature et histoire vignette|gauche|الدبّ الأكبر al-Dubb al-Akbar, « la Grande Ourse » dans une édition du traité de ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī XI s. Alioth est le nom de l'étoile à présent approuvé par l’Union astronomique internationale (UAI). On trouve à l’origine, dans les textes arabes, الجون al-Ğawn, notamment chez ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī (XI s.)Voir (ar/fr) Hans Karl Frederik Christian Schjellerup, Description des étoiles fixes composée au milieu du de notre ère par l'astronome persan Abd-al-Rahman Al-Sûfi. Traduction littérale de deux manuscrits arabes de la Bibliothèque royale de Copenhague et de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg…, Saint-Pétersbourg : Eggers et Cie, 1874, repr. Fuat Sezgin, Islamic mathematics and Astronomy, vol. XXVI, Frankfurt am Main : Institut für Geschichte der arabisch-islamischen Wissenschaft an der Johann Wolfgang Goethe-Universität, 1997, p. 58., appellation dont la signification reste obscure : « le Golfe » pour les uns, « le Cheval noir » ou alors « le Taureau » pour d’autres Paul Kunitzszch, Untersuchungen zur Sternnomenklatur der Araber, Wiesbaden : O. Harr0assowitz, 1961, p. 62.. On rencontre chez Gérard de Crémone (ca. 1175) la transcription curieuse aliozeGérard de Crémone, Almagestum Cl. Ptolemei Pheludiensis Alexandrini astronomorum principis…, Venise : ex. Officina Petri Liechtenstein, 1515, fol. 78r9v., qui va être interprétée par les philologues de la Renaissance comme étant l’arabe ألية Aliya(t), « [la] Queue [grasse de la Brebis] », Joseph Juste Scaliger (1579), ce qui donne le nom Aliath dans l’Uranometria de Johann Bayer (1603) Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 12r. . Ce nom va s’imposer sous la forme modifiée Alioth au , comme le note Richard Hinckley Allen (1899) Richard Hinckley Allen, Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, réed. st. Star Names, Their Lore an Meaning, New-York: Dover Publications, 1963, p. 437.Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, p. 439..
On trouve aussi le nom Risalioth, qui est l'arabe reconstruit راس الألية Ra’s al-aliya, « le Début de la Queue », introduit grâce aux explications de Joseph Juste Scaliger (1579) Joseph-Juste Scaliger, Marci Minilii Astronomicon..., op. cit., p. 473., et repris par Richard Hinckley Allen (1899) Richard Hinckley Allen, Star-names..., op. cit., p. 437.Roland Laffitte, Héritages arabes..., op. cit., p. 439..
Caractéristiques physiques Avec une magnitude apparente de 1,77, Alioth est la la plus brillante de la voûte céleste. D'après les mesures de parallaxe du satellite Hipparcos, elle est distante d'environ de la Terre. Elle se rapproche du Système solaire à une vitesse radiale de .
Il s'agit d'une géante ou sous-géante blanche de type spectral A1III-IVp, le « p » indiquant des particularités dans l'abondance de certains éléments chimiques dans son spectre, une caractéristique des variables de type α CVn (dont α Canum Venaticorum, ou Cor Caroli, est le prototype). Alioth, en représentante de ce type, semble combiner deux phénomènes qui interagissent : son champ magnétique intense sépare ses différents éléments métalliques et l'angle entre son axe de rotation et son champ magnétique (presque 90°) provoque diverses bandes d'éléments magnétiquement triés, qui sont perçues à différents moments depuis la Terre. Ces éléments — et la rotation de leurs bandes — induisent une fluctuation du spectre d'Alioth sur une période de .
Pour ce type d'étoiles variables, Alioth possède un champ magnétique relativement faible, 15 fois plus faible que celui de Cor Caroli, mais tout de même 100 fois plus élevé que celui de la Terre.
Environnement stellaire Du point de vue de la constellation de la Grande Ourse, Alioth est l'étoile de la queue de l'animal la plus proche de son corps. Il s'agit également d'un membre du courant d'étoiles de la Grande Ourse, un groupe d'étoiles large et diffus dont les membres semblent partager des vélocités communes.
La désignation de Bayer d'Alioth viole la règle usuelle qui veut que les premières lettres de l'alphabet grec soient assignées aux étoiles les plus brillantes de la constellation. De fait, les étoiles de la constellation de la Grande Ourse ont été indexées par Bayer d'ouest en est et pas par luminosité décroissante.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Liste d'étoiles de la Grande Ourse
Liens externes
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