La centrale nucléaire de Dampierre est une centrale nucléaire française située sur la Loire dans la commune de Dampierre-en-Burly, le département du Loiret et la région Centre-Val de Loire, à en amont d'Orléans, d'Auxerre, à en aval de Nevers et en aval de Decize.
Les quatre réacteurs nucléaires de Dampierre font partie d'un programme engagé en 1974 qui comprenait 18 réacteurs identiques avec, en plus de ceux de Dampierre, quatre à la centrale nucléaire du Blayais (Gironde), six à la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) et quatre à la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme)..
Chaque année, elle produit environ 24 milliards de kWhDampierre, février 2011..
La centrale est équipée de quatre tours aéroréfrigérantes d'une hauteur de .
En 2017, environ travaillent à la centrale de Dampierre, dont 500 prestataires de services, 50 apprentis et 70 stagiaires..
En 2023, la centrale a produit 22 milliards de kWh.
Géographie La centrale est située sur le territoire de la commune de Dampierre-en-Burly, à proximité des lieux-dits Les Mallerets et Les Bois de Vaux, à une altitude d'environ . Les installations sont distantes de du bourg de Lion-en-Sullias, du bourg de Dampierre, du bourg d'Ouzouer-sur-Loire et du centre-ville de Gien.
La centrale est desservie principalement par la route départementale 953 qui longe le site, reliant Ouzouer-sur-Loire et Gien, et la route , parallèle à la mais plus éloignée et passant par Dampierre-en-Burly. L'autoroute A77 se trouve à environ à l'Est du site.. Aucune voie ferrée ne longe la Loire et ne dessert donc le site. L'antenne ferroviaire la plus proche est l'antenne de Nevoy, à .
Il existe cinq installations classées pour la protection de l'environnement classées A, c'est-à-dire soumises à autorisation, dans un rayon de autour du site. Il n'en existe aucune classée AS, c'est-à-dire à seuil haut de la « directive Seveso », dans un rayon de , 3/8..
Historique
Le chantier de construction des quatre réacteurs débute en 1974Dossier de presse EDF, La centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, mars 2011..
Le décret du autorise la création par EDF de quatre tranches de la centrale de Dampierre..
La construction de la 1ère tranche débute le 1er février 1975, son 1er raccordement au réseau a lieu le 23 mars 1980Dampierre 1, pris-stats.iaea.org, conulté le 3 septembre 2026.
Les arrêtés du ont autorisé et réglementé le rejet dans l'environnement d'effluents radioactifs liquides et gazeux par la centrale depuis sa mise en service... Ils ont été remplacés par les décisions délivrées par l'Autorité de sûreté nucléaire le ...
Après avoir dirigé la centrale de Nogent du au , Élian Bossard succède à Jean-Paul Combémorel au poste de directeur de la centrale de Dampierre le .. En 2014, Patrice Risch prend le relai puis en 2018, c'est Sébastien Miossec qui devient directeur de la centrale.. En 2021, Laurent Berthier devient le nouveau directeur de la centrale..
Caractéristiques techniques Réacteurs
La centrale est équipée de quatre tranches nucléaires, jumelées deux à deux et mises en service en 1980 et 1981. Chaque tranche comporte un réacteur nucléaire de type REP (palier CP1) de puissance thermique de , une installation de production d'énergie électrique de (brut) et des circuits auxiliaires nécessaires aux fonctionnements normal et accidentel. Chacune est refroidie par un circuit d'eau de recirculation comportant un aéroréfrigérant. L'eau de la Loire constitue la source froide.
Les caractéristiques détaillées de chaque réacteur sont données ci-après : Nom du réacteurModèleN° INBPuissanceExploitantConstructeurDébut constructionPremière divergenceRaccordement au réseauMise en service commercial Nette (MWe) Brute (MWe) Thermique (MWth) Dampierre-1.CP1INB 84890 9372785 EDFFramatomeDampierre-2.CP1INB 84890 9372785 EDFFramatomeDampierre-3.CP1INB 85890 9372785 EDFFramatomeDampierre-4.CP1INB 85890 9372785 EDFFramatome
Combustible nucléaire Les assemblages de combustible nucléaire utilisés par les réacteurs de Dampierre comportent deux types d'éléments combustibles : du dioxyde d'uranium () et du Mox, à savoir de l'uranium mélangé avec du plutonium. La gestion dite « à parité Mox » a remplacé en 2009 la gestion par 3/4, c'est-à-dire qu'un quart de chaque combustible est remplacé chaque année (antérieurement le Mox était remplacé sur un cycle de trois ans et l' sur un cycle de quatre ans). La teneur en plutonium du Mox utilisé est désormais de 8,75 %. La répartition des assemblages est de 30 % d'assemblages Mox pour 70 % d'assemblages ., 6/8..
thumb|upright=1.5|Plan de la centrale (R1 : Réacteur 1, Aéro 1 : Tour aéroréfrigérante 1, SdM : Salle des machines, INB84/INB85 : délimitation de l'emprise des installations nucléaires de base et ).
Enceinte de confinement L'enceinte de confinement est constituée d'une enceinte externe en béton armé de d'épaisseur et d'une peau d'étanchéité interne en acier ancrée dans le béton de d'épaisseur. La hauteur intérieure dans l'axe est de et le diamètre intérieur est de . Le volume de l'enceinte est de ..
Des essais périodiques réalisés à l'occasion des visites décennales permettent de déterminer le taux de fuite de cette enceinte et donc d'évaluer son étanchéité globale ainsi que son bon comportement mécanique sous pression.
Alimentation électrique Le système d'alimentation électrique est conçu pour répondre aux besoins de l’exploitation normale de chaque tranche lorsqu’elle produit de l’électricité ou en période d’arrêt (auxiliaires de marche et auxiliaires permanents) mais aussi pour assurer l’alimentation des équipements assurant les fonctions de sûreté requises lors d’une situation incidentelle ou accidentelle sur l’installation (auxiliaires secourus)..
Les quatre tranches sont raccordées, en ce qui concerne l'énergie produite, au réseau électrique national par deux lignes de de deux km de long cheminant dans le même couloir. En situation normale chaque tranche est alimentée par la ligne d'évacuation de l'énergie produite, par prélèvement d'une partie de celle-ci. Si la centrale est à l'arrêt, c'est le réseau national qui alimente les équipements. En cas d'incident, la centrale est alimentée par une ligne de secours raccordée au réseau national. Chaque paire de tranches est en effet raccordée à deux transformateurs auxiliaires sur une même ligne de en provenance de La Tabarderie, 7/8..
En cas de perte des alimentations externes, deux générateurs de secours à moteur diesel (groupes électrogènes) démarrent automatiquement pour alimenter séparément les deux ensembles d'auxiliaires nécessaires au maintien des fonctions de sûreté. En cas de nouvelle défaillance, une source dite ultime (DUS) peut être connectée manuellement en quelques heures à la place d’un groupe de secours défaillant d’une quelconque des tranches du site. En cas de perte totale des secours, un ultime dispositif existe : l'énergie électrique est obtenue par un turboalternateur (LLS) alimenté en vapeur par les générateurs de vapeur de la centrale.
Circuits de refroidissement et alimentation en eau vignette|Sur ce schéma représentant une centrale nucléaire à eau pressurisée, le circuit primaire est à gauche, en violet. La réfrigération du circuit primaire est assurée par de l'eau prélevée en Loire, amenée sur site par un canal d'amenée de de longueur environ puis déminéralisée, circulant dans le circuit secondaire. Ce dernier est quant à lui réfrigéré grâce à un aéroréfrigérant où l'eau est refroidie par évaporation et convection. La centrale de Dampierre dispose ainsi de quatre aéroréfrigérants d'une hauteur de .. Deux stations de pompage sont situées à l'extrémité aval du canal d'amenée et permettent d'alimenter les quatre tranches. Il s'agit d'ouvrages enterrés sur une profondeur de comportant un bassin principal et deux salles de pompage, 8/8..
Les volumes prélevés en Loire ne doivent pas excéder de m par an et de m par jour. Par ailleurs le débit maximal instantané doit être inférieur à . Toutefois, conformément aux préconisations du SDAGE Loire-Bretagne adopté par le comité de bassin le , en période critique, c'est-à-dire lorsque la Loire atteint le débit d'étiage de crise au point nodal de Gien, toute mesure de soutien d'étiage ayant été épuisée, le préfet coordonnateur de bassin peut demander que le prélèvement moyen journalier réalisé soit limité au minimum requis pour le maintien de la sûreté des installations, soit avec un débit de au maximum, art. EDF-DAM-13..
Sécurité industrielle Réexamens de sûreté et visites décennales Tous les dix ans, chaque centrale nucléaire fait l’objet d’un réexamen de sûreté. Il donne lieu à des interventions à l’occasion des arrêts des réacteurs pour visite décennale 7.. Pour la centrale de Dampierre ces visites décennales se sont produites aux dates suivantes :
Nom du réacteur visite décennale décennale décennale visite décennaleDampierre-115 février au 5 septembre 199016 novembre au 23 mai 20016 mai au 13 août 201119 juin 2021 au 5 février 2022Dampierre-215 juillet au 22 novembre 199124 août 2002 au 8 janvier 200328 janvier 2012 au 18 mai 2012.27 avril 2022 au 31 décembre 2022Dampierre-311 avril au 11 août 19923 mai au 19 août 2003août 2013 à décembre 201323 septembre 2023 au 03 mars 2024Dampierre-411 mars au 23 juin 199327 mars au 30 juin 200419 avril au 13 octobre 2014.13 juillet 2024 au 21 décembre 2024
Organisation thumb|300px|Production d'électricité de la centrale de Dampierre par an.En 2017, la centrale a consacré plus de à la formation des équipes et organisé huit exercices de gestion d’un événement.
La centrale a investi 156 millions d’euros pour les investissements pour la sûreté et la rénovation des installations dont d’euros engagés auprès des entreprises locales et régionales. La centrale de Dampierre-en-Burly dispose d’une équipe chargée de la sûreté comptant quatre cents personnes et de douze ingénieurs qui s’assurent au quotidien que l’ensemble des règles de sûreté encadrant l’exploitation de la centrale nucléaire sont respectées. Organisés en astreinte, ils peuvent être sollicités, en dehors des heures ouvrables, sur 24.
Le respect de l’environnement est toujours placé au cœur des préoccupations des équipes de la centrale : vingt mille analyses environnementales ont été effectuées en 2017.
En 2017, l’Autorité de sûreté nucléaire a réalisé 23 inspections..
Incidents 1992 : filtre d'iode du système de ventilation de la salle de contrôle indisponible (niveau 2)
1994 : contamination lors d'un arrêt de tranche
1996 : fuite sur un tuyau du circuit primaire (niveau 2)
2000 : fermeture trop rapide de vannes de sécurité (niveau 2) Les 26 et , l'Autorité de sureté nucléaire a inspecté la centrale de Dampierre, puis annoncé une fermeture prématurée, durant la phase de mise à l'arrêt du réacteur, des vannes d'un système de sauvegarde (le système d'injection de sécurité) à cinq reprises sur le site de Dampierre depuis avant que l'erreur ne soit détectée..
En , André-Claude Lacoste, alors directeur de la direction de la sûreté des installations nucléaires au ministère de l'Industrie, réunit les huit cents salariés du site et leur donne six mois pour redresser la situation. Il finit son discours en affirmant : André-Claude Lacoste, Le sage de l'atome, sur usinenouvelle.com, 22 mars 2012.
2001 : erreur de rechargement (niveau 2) Le , alors que le réacteur était arrêté, un opérateur s'est trompé dans l'ordre de rechargement des assemblages de combustible nucléaire, dont 30 % étaient en combustible MOXLa centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly ne nécessite plus de surveillance particulière, lemonde.fr, 11 janvier 2002. L'opération de rechargement a été arrêtée et le cœur du réacteur a été intégralement déchargé. Cet incident a été reclassé en par l'ASN du au de l'échelle INES. INA, « Dampierre : incident à la centrale nucléaire », 3 octobre 2001..
2007 : défaillance électrique sur le réacteur (niveau 1)