Villers-devant-Orval []. (en gaumais Viyé-dvant-Ôrvå) est un village de la Gaume, dans la province de Luxembourg, en Belgique. Administrativement il fait partie de la ville de Florenville située en Région wallonne. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Toponymie

Géographie

Le village est enclavé dans le territoire français, sauf du côté nord-est, et directement bordé par la frontière française au sud et à l’est. Les localités les plus proches sont les communes françaises de Margny à l’est, Herbeuval et Sapogne-sur-Marche au sud, Auflance à l’ouest.

Il est traversé en bordure sud par la rivière Marche, un affluent de la Chiers.

La route nationale 88 reliant Florenville et Athus (Aubange) passe à deux kilomètres au nord-est du centre du village. Démographie

Source: INS recensements population

Histoire

Liste des bourgmestres de 1830 à 1977

Ferdinand de Loën d'Enschedé, de 1874 à 1883, (Parti Catholique).

Patrimoine et culture

vignette |gauche|redresse|L’église Saint-Gengoul.

L’église Saint-Gengoul vignette|La porte d'entrée et la niche de dévotion sommant la porte d'entrée du Manoir ().

Le Manoir de Villers-devant-Orval Le Manoir de Villers-devant-Orval est le seul Monument historique classé du village ; il apparaît aujourd'hui sous la forme qu'il a prise à la fin du , agrandie de bâtiments de fermes, granges, porcherie et hangar, aux , et siècles.alt=|vignette | Le manoir de Villers-devant-Orval vu du côté est.

Une tour médiévale à vocation défensive Le bâtiment était à l'origine une tour militaire isolée, construite probablement aux - siècles sur cette portion du territoire du Duché de Luxembourg et du Comté de Chiny. Il fortifiait le seul passage à gué carrossable sur la Marche, sur le Sentier d'Orval, reliant l'Abbaye à la France. Cette rivière forme une frontière naturelle, comme son nom l'indique, entre l'Empire et le Royaume de France, sur plusieurs kilomètres.

La structure de la « tour » proprement dite est totalement hors d'équerre ; l'archaïsme constructif médiéval s'embarrassait peu des angles droits. Une seule porte, celle de la cave actuelle, percée sur la façade est, donnait accès à ce quadrilatère, percé sur toute sa hauteur de quelques fenêtres. Certaines fenêtres de cette époque sont conservées, telle celle du mur méridional, au premier étage.

Un système de planchers en coursives et d'escaliers permettait la circulation verticale et horizontale sur les quatre murs de la tour, donnait accès aux meurtrières ; certaines sont encore lisibles dans la maçonnerie. Le puits dans la cave, toujours présent, atteste la destination militaire et autarcique de cette tour, dont les murs, à la base, présentent une largeur de plus de .

Un manoir du L'édifice est probablement ruiné par les guerres entre Charles Quint et François , dans la première moitié du .

La taque de cheminée au premier étage frappée aux armes de Philippe II d'Espagne (Dominus mihi adjutor - le Seigneur me vient en aide) témoigne que, vers 1595, cette tour militaire fut transformée en maison d'habitation seigneuriale par les familles de Sapogne, de Villers Lombut, de Custine et de Mauléon, liées à l'Espagne. Une gravure du reprend cet armorial et est adjointe à l'Histoire du Luxembourg d'Emile Tandel.

Les voûtes du rez-de-chaussée sur cave et les cheminées dans les murs sud et nord sont alors construites pour rendre le bâtiment habitable ; deux étages de planchers sont aménagés, répartissant les pièces, au rez et au premier, en deux pièces conjointes do,tées de cheminées latérales, côté nord et côté sud. Le deuxième étage, sous une bâtière à quatre pans et faible pente, devait abriter un grenier.

Les façades méridionale et orientale sont percées de baies plus larges, avec feuillure et meneaux, aujourd'hui disparus (seules, les deux baies du rez-de-chaussée sud ont conservé leurs meneaux et sont toujours visibles, bien que murées par la construction de la grange). Une porte d'entrée surmontée d'une niche de dévotion mariale (?), flanquée de deux cartouches armoriaux, est également construite, donnant accès au rez-de-chaussée. D'un point de vue typologique, la maison forte de Margny, toute proche, est à mettre en parallèle avec le Manoir de Villers-devant-Orval, dans sa forme de la fin du .

Le Manoir est complètement ruiné à la fin de la Guerre de Trente Ans (1618 - 1648). En raison de sa loyauté à l'Espagne et de sa situation frontalière sur un axe routier, il est sur le passage des armées françaises et impériales. Il perd alors son deuxième étage (grenier et toitures) et est laissé à l'abandon.

Au premier étage, à l'intérieur, un réseau de corbeaux en pierre, toujours visible, à environ du plafond actuel, atteste la présence d'une poutraison plus basse et d'une ancienne répartition sur trois niveaux (rez + 2). vignette|Le Manoir de Villers-devant-Orval : vue de la façade ouest, attestant de la fonction défensive du bâtiment.

Le Manoir sous possession de l'Abbaye d'Orval Sous l'abbatiat de Charles de Bentzeradt, 42è abbé d'Orval (1668 - 1707), le Manoir est repris par l'Abbaye d'Orval (comme la totalité du village, complètement ruiné). La taque abbatiale de 1679 est toujours présente dans la grande cheminée du rez-de-chaussée. Les relevés dendrochronologiques opérés dans les poutres maîtresse des plafonds et de la charpente donnent des dates d'abattage du chêne aux alentours de 1635 - 1650, ce qui corrobore la mise en œuvre de celui-ci quelques décennies plus tard.

Le Manoir devient alors une ferme abbatiale, organisant la culture sur le territoire de Villers.

Le corps de cheminée sud est alors intégré au logis : il se trouvait auparavant directement intégré au mur façade, comme la cheminée nord, qui l'est restée. Cette cheminée Renaissance du premier étage, toujours conservée, avec ses piédroits cannelés sommés de chapiteaux corinthiens, est sans doute une récupération de la cheminée existante de la fin du 16è, déplacée au centre de la pièce, en provenance du mur gouttereau sud. Le corps de cheminée nord du premier étage, a disparu ; celui du rez-de-chaussée a été maintenu et doté d’un four à pain au , ramené dans le corps de logis lors de l’élargissement de la rue de Margny au , comme le montrent les traces dans la maçonnerie extérieure).

D'autres fenêtres sont alors agrandies ou percées, notamment au rez-de-chaussée, et dotées de barreaux (disparus).

Les agrandissements et modifications des siècles suivants Au , sont construits les bâtiments de ferme proprement dits : un volume longitudinal sur le mur sud du Manoir, alignant une grange, un fenil et une étable, dont la partie centrale sera aménagée en écurie au . Ce volume remplace une étable construite au , annexée en appentis sur le mur sud, dotée d’une toiture à très faible pente, sous les fenêtres aujourd'hui murées.

Au , après le sac de l'abbaye en 1792, un petit volume de porcherie fait de pierres soigneusement assisées est construit, tandis qu’un abri en appentis est construit en retour d’équerre de l’autre côté de la cour de ferme. Ce dernier sera augmenté d'un volume de blocs de ciment au , et surmonté d'un toit en bâtière.

Après la Révolution française et durant toute la période française, la Manoir de Villers-devant-Orval fait office de Mairie : une hampe et un culot de drapeau sont visibles sur la façade principale, côté est. Au cours du , le Manoir devient la propriété des familles Dolizy et Guerlot.

Depuis le , l'aspect du Manoir n'a plus guère changé, hormis quelques transformations intérieures pour le confort et les habitudes domestiques. Le rez-de-chaussée rejoint la typologie classique des fermes à quatre pièces, distribuant sur un couloir central, lequel débouche sur une porte arrière qui est alors percée pour donner accès au jardin.

Le Manoir de Villers-devant-Orval est classé Monument historique par arrêté du . Depuis 1989, il a été restauré par les actuels propriétaires.

Centres d'intérêt Lavoir Saint-Gengoulf. Le Manoir seigneurial.

Culture

Enseignement

Économie Les trappistes de l'abbaye d'Orval y fabriquent le fromage d'Orval ainsi que la célèbre bière d'Orval, une bière ambrée. Depuis 2013, une seconde brasserie, la brasserie Gengoulf produit une bière artisanale.

Il y a également à Orval les traces d'une ancienne forge en ce pays de Gaume proche de l'Ardenne où se trouvaient autrefois des gisements de fer et du charbon de bois en abondance pour le transformer.

Vie associative

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Abbaye Notre-Dame d'Orval Bière d'Orval Fromage d'Orval

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