Justo José de Urquiza y García, né le à Talar de Arroyo Largo, aujourd'hui Arroyo UrquizaUrquiza, libertador y fundador. . Volumen 11 de Argentinos. Autor: Alberto J. Masramón. Editor: Plus Ultra, 1985, dans la province d'Entre Ríos et mort assassiné le à Concepción del Uruguay, est un militaire et homme politique argentin, chef du Parti fédéraliste et premier président de la Confédération argentine.

Depuis 1835, la tutelle réelle sur le pays se trouvait aux mains du gouvernement de la province de Buenos Aires, dirigé par le général Juan Manuel de Rosas, doté en outre du « pouvoir suprême » (suma del poder público), face auquel l’assemblée législative de Buenos Aires ne jouait tout au plus qu’un rôle modérateur, fort peu visible.

Il se forma dès lors un clan anti-rosiste qui donna lieu à la création de la Grande Armée, commandé par Urquiza, qui battit Rosas à la bataille de Caseros (le ). Le gouvernement rosiste fut renversé, et l'unité argentine fut atteinte, du moins théoriquement.

Après la chute de Rosas, Urquiza prit la tête de la Confédération. Il organisa le Congrès constituant de Santa Fe (1853), qui approuva une Constitution de caractère républicain, représentatif et fédéral atténué, élaboré selon le texte “Bases y puntos de partida para la organización política de la República Argentina” de Juan Bautista Alberdi. Urquiza fut proclamé président de la Confédération. Mais les divergences dans le camp des vainqueurs (entre unitaires et caudillos anti-rosistes) conduisirent la province de Buenos Aires à rejeter cette Constitution et à se séparer de la Confédération Argentine, qui établit dès lors sa capitale dans la ville de Paraná. En 1861, les armées de l'État de Buenos AiresGalasso, mirent celles de la Confédération en déroute à la bataille de Pavón et lancèrent une campagne pour soumettre les provinces.

Après la fin de la Confédération argentine, Urquiza fut gouverneur de la province d'Entre Ríos, jusqu'à son assassinat en .

Famille et début en politique Il naît le à Talar de Arroyo Largo dans la province d'Entre Ríos. Son père, Joseph Narciso de Urquiza y Álzaga, était un colon espagnol qui s'était marié avec María Cándida Ramón-García y Monzón, d'origine portugaise, hispanique et argentine.

Les deux parents se sont installés à Buenos Aires, dans l'actuelle province d'Entre Ríos, en se consacrant à l'activité rurale et au service public. Après la Révolution de Mai, en 1810, la famille émigre dans la partie orientale (Uruguay) pour rester fidèle à l'Espagne.

Ils sont revenus en 1812 et, cinq ans plus tard, Justo José a été envoyé au Colegio de San Carlos à Buenos Aires.

En 1819, Urquiza s’installa dans le village florissant d’Arroyo, et se consacre à des activités rurales et commerciales, pour lesquelles il a démontré une capacité énorme. Son frère aîné, Cipriano de Urquiza, a été secrétaire puis ministre du gouverneur, Francisco Ramírez, fondateur de l'éphémère République d'Entre Ríos (1820-1821).

En 1820, il a eu sa première fille extraconjugale; plus tard, il engendre plusieurs enfants illégitimes. Une loi adoptée sous sa présidence légitimera plusieurs d'entre eux.

Dans les années 1820, fort de sa fortune, il s'intéresse à la politique à une période particulièrement mouvementée de l'histoire d'Entre Ríos. Comme beaucoup de jeunes, il adhère au mouvement fédéraliste de José Gervasio Artigas.

En 1826, il fut élu par les habitants de Concepción del Uruguay pour les représenter en tant que député au Congrès provincial. Il a dirigé l'opposition à la constitution argentine de 1826, qui a été rejetée par sa province.

Carrière militaire gauche|vignette|Portrait d'Urquiza, jeune. À partir de 1828, Urquiza fut commandant militaire et civil de Concepción del Uruguay. Deux ans plus tard, il a soutenu l'invasion de son général unitaire Juan Lavalle dans sa province. Après l'échec de cette invasion, il en soutint une autre en 1831 qui, échoue également, le contraignant à se réfugier dans la province de Santa Fe, sous la protection du gouverneur Estanislao López.

L'année suivante, il accompagne le général Pascual Echagüe dans la campagne militaire qui le mènera au gouvernorat de Entre Ríos. Sous sa gouvernance, Entre Ríos connut une période de paix renforcée par l'influence pacificatrice du gouverneur de Buenos Aires, Juan Manuel de Rosas. À partir de 1835 , ce dernier a statué en tant que dictateur élu, la mise en place de la Confédération argentine.

Urquiza fut ensuite nommé commandant de toute la côte du fleuve Uruguay, avec le grade de colonel. Au cours de cette décennie, il est devenu l'un des propriétaires fonciers et des marchands les plus riches du pays et a développé un puissant réseau de mécénat économique, qui lui servira plus tard de soutien politique.

Si la Bande orientale s’était transformée entre-temps en République orientale de l’Uruguay, État indépendant, cette indépendance ne lui permettait pas d’isoler ses affaires complètement des conflits intérieurs de l’Argentine.

Le général Juan Antonio Lavalleja, héros des Trente-trois Orientaux, avait été supplanté par le général Fructuoso Rivera, qui avait accédé à la présidence en . Voyant le gouvernement miné par le dérèglement et la corruption, Lavalleja tenta de le renverser, mais ses quatre tentatives successives échouèrent totalement.

En 1835, le général Manuel Oribe, partisan de Lavalleja, mais qui s’était montré légaliste en faveur de Rivera, fut élu président. Oribe s’efforça d’exercer le pouvoir de manière ordonnée, mais se heurta aux groupes corrompus installés par les ministres de son prédécesseur. Face à la protection que Rivera continuait de leur donner, Oribe supprima la charge de commandant de campagne qui avait été attribuée à Rivera vers la fin de son mandat.

En , après qu’Oribe eut rétabli la fonction de commandant de campagne et placé à ce poste son propre frère Ignacio Oribe, Rivera déclencha la révolution. Il réussit pendant un temps à dominer une partie du pays, mais fut battu le par Ignacio Oribe et Lavalleja lors de la bataille de Carpintería, et dut s’exiler au Brésil. C’est durant cette bataille que les insignes traditionnels ― blancs pour les partisans d’Oribe, et rouges (colorado) pour les gens de Rivera ― furent utilisés pour la première fois.

L’année suivante, Rivera revint, avec l’appui de caudillos du Rio Grande do Sul, et après avoir rallié plusieurs officiers argentins unitaires, exilés comme lui dans ce pays. Parmi eux figurait le général Lavalle, qui dirigea l’armée lors de la bataille décisive de Palmar, le .

Opposition à Rosas

L'alliance anti-rosiste dans le Littoral vignette|Juan Manuel de Rosas, dirigeant suprême de la Province de Buenos Aires.|alt= Pedro Ferré avait mis sur pied une troisième armée correntine contre Rosas, et l’avait placée sous le commandement du général Paz. Après s’être débarrassé de Lavalle, en , Echagüe envahit Corrientes. Après quelques affrontements mineurs, le chef envahisseur se retira sur sa province, car Lavalle était sur le point d’occuper Santa Fe. Paz eut donc quelques mois supplémentaires pour réorganiser son armée. Il obtint que quelques officiers de carrière, venus de Montevideo, consentissent à s’enrôler. Ferré conclut avec Rivera un nouveau traité, le seul traité à avoir conduit celui-ci à envahir effectivement l’Argentine.

Rosas envoya à Oribe tous les hommes disponibles ; mais, avant même l’arrivée de cette aide attendue, Echagüe envahit Corrientes en . Paz se retira vers le río Corriente, laissant l’avant-garde aux mains du général Ángel Núñez et de Joaquín Madariaga. Peu après arrivèrent à Corrientes les survivants correntins des campagnes de Lavalle, porteurs de la nouvelle de la défaite définitive de Lavalle à Famaillá. Vers la même époque arriva également à Corrientes un émissaire de Juan Pablo López, gouverneur de Santa Fe, chargé d’entamer des pourparlers en vue d’une alliance de sa province avec Corrientes.

L’armée d’Echagüe comprenait 5000 vétérans, et plusieurs chefs fort capables tels que Servando Gómez et Juan Bautista Thorne, même si le plus compétent de ses généraux, Justo José de Urquiza, ne se trouvait pas alors parmi eux. Le , Echagüe attaqua de front la position défensive de Paz ; la retraite feinte de la cavalerie de celui-ci attira les cavaliers d’Entre Ríos dans un piège parfait, où ils furent totalement défaits, subissant 1356 pertes, morts et blessés, et laissant 800 prisonniers ; c’est de très peu qu’Echagüe lui-même eut la vie sauveCastello, Antonio E., Caaguazú, la gloria efímera, revue Todo es Historia, 107..

Tandis que dans la province d’Entre Ríos le général Urquiza succédait à Echagüe en tant que gouverneur, le général Paz envahit ladite province début . Dans le même temps, Rivera de son côté envahissait également le territoire d’Entre Ríos au départ de l’Uruguay. Rivera était, nominalement, le commandant en chef de l’armée unie ; mais Paz, qui ne se fiait pas à lui, prit les devants et s’empara de la ville de Paraná le . Urquiza se réfugia dans les îles du delta du Paraná, et gagna Buenos Aires pour une courte période.

Les envahisseurs élurent gouverneur Pedro Pablo Seguí, qui mit en place une législature qui lui fût dévouée. Peu après arriva également dans la ville de Paraná Pedro Ferré, désireux de toucher de fortes indemnisations aux dépens de la province vaincue. Paz cependant s’érigea en défenseur des droits des Entrerrianos, ce pourquoi la législature le désigna gouverneur.

En réaction, Ferré s’en retourna le dans sa province, en ramenant avec lui toute son armée. Il ne restait plus à Paz, en fait de troupes, que les prisonniers entrerrianos de Caaguazú et les miliciens de Paraná. Rivera de son côté s’appliqua à faire main basse sur tout le bétail qu’il rencontrait sur son chemin de retour vers l’Uruguay.

La Grande Armée Tous les gouvernements provinciaux promirent leur aide contre « l’unitaire sauvage et fou Urquiza », et nommèrent Rosas Chef suprême de la Nation. Cependant nul ne se mobilisa pour le défendre.

Avec les années, Rosas s’était mué en un bureaucrate, certes efficace, mais dont la capacité de réaction s’en était ressentie ― il se contenta d’attendre.

Fin mai fut signé un traité d’alliance entre Entre Ríos, Corrientes, le gouvernement de Montevideo et l’empire du Brésil, à l’effet d’expulser Oribe de l’Uruguay et de convoquer des élections libres partout dans ce pays. Si, comme on pouvait s’y attendre, Rosas déclarait la guerre à une des parties, ils s’uniraient pour l’attaquer. Comme première étape de son plan, Urquiza envahit l’Uruguay avec 6000 hommes de troupe. Le général Eugenio Garzón d’abord, puis les armées blancos orientales vinrent se joindre à lui. En même temps, des troupes brésiliennes entraient par le nord du pays. En réponse, Rosas déclara la guerre au Brésil.

Quasiment seul désormais, Oribe se vit obligé de conclure un pacte avec Urquiza le , par lequel le siège de Montevideo fut déclaré levé, et présenta sa démission. Le général Garzón fut nommé président, mais, décédant peu après, n’exerça pas la fonction. Juan Francisco Giró prit sa place.

L’empire du Brésil contraignit le nouveau gouvernement uruguayen à accepter d’autres traités, aux termes desquels l’Uruguay cédait une large frange de territoire dans le nord du pays. En outre, le droit fut accordé au Brésil d’intervenir dans les affaires intérieures de son voisin sans aucun contrôle externe.

Urquiza força les troupes de Rosas à s’incorporer dans ses propres troupes, sous le commandement d’officiers unitaires et depuis lors désigna son armée par Grande Armée (en esp. Ejército Grande).

Fin , le Brésil, l’Uruguay et les provinces d’Entre Ríos et de Corrientes déclarèrent la guerre à Rosas.

Bataille de Caseros

alt=|gauche|vignette|301x301px|Bataille de Caseros, 3 février 1852.