Pérouse () est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom et capitale de la région Ombrie. La ville est notamment connue pour son université, qui est l'une des plus anciennes d'Europe.
Géographie Pérouse se situe sur une acropole collinaire d'une altitude moyenne de , autour de laquelle se développe le centre historique qui est en grande partie entouré par des murs étrusques et médiévaux. Le territoire communal descend tout autour du versant pour atteindre une altitude de au valle di Pian di Massiano et à proximité du fleuve Tibre qui en délimite au sud les confins avec le territoire de Torgiano.
Pérouse qui semble bâtie sur une seule colline en occupe en réalité deux : le colle del Sole et le colle Landone. La dépression maximale entre les deux collines s'étend du fosso di Santa Margherita à l'est, au fosso della Cupa, à l'ouest.
Au nord, les reliefs du mont Tezio et du mont Acuto le séparent de la commune d'Umbertide. Un bout de territoire atteint sur la partie occidentale les hauteurs qui entourent le lac Trasimène.
À l'est, les premiers contreforts collinaires de l'Apennin ombro-marchesan le mettent au contact des territoires des communes d'Assise et de Gubbio.
Histoire
Antiquité Pérouse apparaît pour la première fois dans l'histoire sous le nom de Perugia. C'est l'une des douze cités étrusques (dites dodécapole). Elle est mentionnée lors de la guerre de 310 ou 309 av. J.-C. entre les Étrusques et les Romains. Pérouse participe activement à la rébellion de 295 av. J.-C. et doit se résoudre, avec Vulsinii (Bolsena) et Arretium (Arezzo), à demander la paix l'année suivante.
Au cours des guerres puniques de 216 et 205 av. J.-C., Pérouse reste fidèle à la république romaine. On n'entend parler à nouveau de la cité qu'en 41-40 av. J.-C., lorsque Lucius Antonius vient s'y réfugier avant d'être vaincu par Octave à l'issue d'un long siège. On a retrouvé des balles de plomb jetées avec des frondes à l'intérieur de la cité et dans les environs (Corpus inscr. lat. xi. 1212). La ville est brûlée, nous dit-on, sauf les temples de Vulcain et de Junon. Les murs-terrasses étrusques, toutefois, ne sont guère endommagés. La ville est ouverte à l'occupation de tous sur un territoire d'un mille. Des inscriptions « Augusta sacr(um) Perusia restituta » permettent de supposer que la ville a été rapidement reconstruite. Elle ne devint toutefois une colonie que vers 251-253.
Moyen Âge Les géographes ne mentionnent guère son existence jusqu'en 548, lorsque Totila l'envahit après un siège. Dans la période lombarde, Pérouse est l'une des villes principales de la région de Tuscia, qui s'étend au nord de Rome. Au , elle devient une propriété des papes avec l'accord de Charlemagne et de Louis le Pieux. La cité continue toutefois pendant des siècles à mener une vie indépendante, guerroyant contre les cités et territoires voisins de Foligno, Assise, Spolète, Todi, Montepulciano...
Les papes ont parfois trouvé asile dans les murs de Pérouse. L'administration papale y a aussi organisé les conclaves qui ont élu en 1216, en 1285, en 1294 et en 1305. Cependant Pérouse fut parfois réticente à l'égard des papes, ainsi lors de la rébellion de Rienzo en 1347, la cité ombrienne envoya dix ambassadeurs au tribun romain et résista vigoureusement aux légats du pape venus la soumettre.
Au cours des , les rivalités entre les premières familles locales, les Baglioni et les Oddi, les Michelotti, transformèrent peu à peu la ville en champ de bataille (assassinat de Biordo Michelotti le ). Le 12 juillet 1416, Braccio da Montone, condottiere natif de la cité dont il avait été chassé avec sa famille dans sa jeunesse, s'empare de la ville qui lui est offerte par ses habitants lors de la bataille de Sant'Egidio, en écrasant les troupes de Carlo Malatesta avec l'aide de son fils Oddo et de Niccolo Piccinino. Rapidement, presque toute l'Ombrie sera sous sa domination et le restera jusqu'à sa mort en 1424. Comme dans de nombreuses villes de Toscane et d'Ombrie, Pérouse se couvrit alors de maisons-tours érigées par les personnalités les plus puissantes et les plus riches. Lorsque les Oddi quittèrent la ville, les Baglioni se déchirèrent entre eux.
Temps modernes Le mariage d'Astorre Baglioni, en 1500, dégénéra en massacre. Le jeune Raphaël, qui apprenait alors la peinture à Pérouse, a immortalisé dans La Déposition la figure du beau Grifonetto Baglioni, mort au cours de ces journées. Les papes commencèrent à craindre ces princes si instables et menaçants. En 1520, attira à Rome Gian Paolo Baglioni et le fit décapiter. Vingt ans plus tard, profitant d'une rébellion des Pérugins contre une taxe sur le sel imposée par le pape, envoya son armée à Pérouse pour soumettre définitivement la ville.
Il détruisit toutes les tours qui couronnaient la ville et construisit une énorme citadelle, la Rocca Paolina, par-dessus les résidences des Baglioni. Les anciennes rues du quartier Baglioni devinrent des galeries souterraines que l'on peut encore visiter aujourd'hui. Cette citadelle, dressée au sommet de la ville, servait moins à protéger Pérouse de ses assaillants qu'à empêcher toute rébellion des habitants contre le pouvoir pontifical. Elle cristallisera pendant des siècles l'humiliation des Pérugins.
Époque contemporaine En 1797, l'armée de Bonaparte occupa Pérouse et y ramassa les principales œuvres d'art, dont des tableaux du Pérugin qu'on trouve aujourd'hui dans des musées français. La ville fut aussi touchée par des tremblements de terre en 1832, 1838 et 1854. L'armée autrichienne prit la ville en mai 1849. L'événement le plus important fut toutefois l’Insurrection de Pérouse (en italien, Stregi di Perugia). En 1859, la population se rebelle devant l’autorité pontificale pour s'unir au Risorgimento : le pape Pie IX envoie alors des régiments de la garde suisse qui attaquent les Pérugins révoltés et organisent un pillage et un massacre du peuple. La « libération » de la ville survint en 1860, lorsque la ville échappa définitivement au pouvoir papal pour rejoindre le Piémont avec le reste de l'Ombrie. L'une des premières décisions des dirigeants de la ville fut alors de détruire la Rocca Paolina.
Pérouse fut le quartier général de la révolution fasciste en octobre 1922. Les membres du quadrumvirat, ou Comité révolutionnaire militaire, Bianchi, Balbo, Vecchi et Bono dirigèrent l'action insurrectionnelle d'après le plan arrêté par Mussolini dans ses moindres détails depuis Pérouse.
Culture thumb|Le Corso Vannucci est l'artère principale de la ville de Pérouse. Malgré ses richesses artistiques et l'intérêt de son vaste centre médiéval, Pérouse est une ville moins touristique que Florence ou Sienne. En revanche, c'est une ville étudiante importante. Elle accueille en particulier de nombreux étudiants étrangers dans son Università per stranieri di Perugia. Elle n'a aucune végétalisation dans le centre historique ce qui en fait un lieu si chaud l'été (37 degrés) que personne n'a envie d'y aller en simple touriste.
Monuments Églises thumb|Cathédrale San Lorenzo. thumb|Église San Angelo. Cathédrale, duomo di San Lorenzo () Basilique Saint-Pierre (fin du ) Basilique San Domenico (commencée en 1394) Église San Angelo () Oratorio di San Bernardino (façade sculptée par Agostino di Duccio) Église Sant'Agostino Église Santa Agata de Pérouse Église San Ercolano de Pérouse Église San Francesco al Prato Église Santa Maria de Monteluce Église San Filippo Neri Église Santa Giuliana de Pérouse Église Santa Maria Nuova de Pérouse Église San Matteo in Campo Orto Église Santi Stefano et Valentino Commanderie de Pérouse
Palais thumb|Le Palazzo dei Priori, vu depuis la place du 4 novembre.
Le Palazzo del Capitano del Popolo Le Palazzo dei Priori ou Palazzo Comunale (hôtel de ville) qui contient la Galerie nationale de l'Ombrie au Le Palazzo Donini se situe sur le Corso Vannucci au via Fortebraccio Le Palais Sorbello, situé au 9 piazza Piccinino, et qui abrite la fondation Uguccione Ranieri di Sorbello.
Places La Piazza Matteotti La Piazza IV Novembre et la Fontana Maggiore, une fontaine médiévale construite sur les dessins de Fra Bevignate et comportant trois vasques (deux en marbre et la supérieure en bronze), à et , trois nymphes porteuses d'eau, de Nicola et Giovanni Pisano, La Piazza Michelotti, l'endroit le plus élevé de Pérouse (panorama sur la plaine, les montagnes et Assise)
Cimetières Le cimetière monumental de Pérouse
Vestiges étrusques, romains et médiévaux vignette|Arc étrusque.
Porta Augusta, une porte étrusque et romaine Remparts étrusques Puits étrusque Hypogée des Volumni (hypogée de la famille Volumnus), une tombe étrusque à l'extérieur de la ville Nécropole antique Remparts médiévaux Vestiges de la Rocca Paolina et de la Porta Marzia étrusque Ville souterraine (ancien quartier des Baglioni) Torre degli Sciri Aqueduc médiéval
Musées et autres La Galleria Nazionale, Galerie nationale de l'Ombrie (œuvres du Pérugin et de l'école ombrienne, le polyptyque Saint-Antoine de Piero della Francesca -1470) Le Musée national d'Archéologie de l'Ombrie et sa collection importante de tombeaux et de vestiges étrusques Le Palais Sorbello Le Palais de la Province et de la Préfecture Le Théâtre Morlacchi L'Université de Pérouse datant de 1307 Le Museo Palazzo della Penna Le café historique Sandri
Équipements sportifs Le Stade Renato-Curi, dans lequel se disputent les matches du Pérouse Calcio. Le Stade Santa Giuliana, dans lequel se disputaient les matches du Pérouse Calcio (entre 1937 et 1975).
Personnalités liées à la ville
Innocent III (1160-1216), pape Aldo Capitini (1899-1968), philosophe Bartolus de Saxoferrato (1313-1357), jurisconsulte Cesare Crispolti (1563-1608), historien Biordo dei Michelotti (1352-1398), condottiere Braccio da Montone (1368-1424), condottière Matteo da Perugia (actif entre 1390 et 1416), compositeur Le Pérugin (1448-1523) (Pietro Vannucci), peintre (né à Città della Pieve, il doit son surnom à la ville de Pérouse où il mourut) Bernardino di Betto, dit Pinturicchio (1454-1513), peintre Galeazzo Alessi (1512-1572), architecte Ignazio Danti (1536-1586), mathématicien Orazio Antinori (1811-1882), explorateur et zoologiste Ferruccio Lamborghini (1916-1993), industriel Leonardo Servadio (1925-2012), fondateur de la marque de prêt-à-porter de survêtement Ellesse Gabriele Mirabassi (° 1967), clarinettiste de jazz Fabrizio Ravanelli (° 1968), footballeur italien Giovanni Mirabassi (° 1970), pianiste de jazz Filippo Timi (° 1974), acteur
Festivités Umbria Jazz au mois de juillet (invité principal - en 2003 : James Brown - en 2005 : Elton John) EuroChocolate
Économie Pérouse est aussi un haut lieu du chocolat en Italie (usine Nestlé dite Perugina).
Administration
Consulats étrangers La ville de Pérouse est le siège des consulats suivants :
Consulat de France - Consul honoraire Gabriele Galatioto ; Consulat de l'Équateur - Consul honoraire Mauro Cavallucci ; Consulat du Pérou - Consul honoraire Damiano Marinelli ; Consulat du Luxembourg - Consul honoraire Tiberio Ansidei di Catrano ; Consulat de Croatie - Consul honoraire Leonardo Cenci ; Consulat d'Espagne - Consul honoraire Jacopo Aldighero Caucci von Saucken ; Consulat du Brésil - Consul honoraire Manoel Ricardo Alvarez Calheiros ; Consulat de Bulgarie - Consul honoraire Antonio Cascianelli.
Hameaux