Michel Blanc, né le à Courbevoie (Seine) et mort le à , est un acteur, réalisateur, scénariste et dialoguiste français.

Révélé comme acteur comique durant les années 1970, avec la troupe du Splendid, il passe à un registre plus dramatique durant les décennies suivantes en écrivant et en réalisant trois longs-métrages salués par la critique : Marche à l'ombre (1984, nommé au César du meilleur premier film en 1985), Grosse Fatigue (nommé au César du meilleur scénario original ou adaptation en 1995) et Mauvaise Passe (1999). En 1986, il reçoit le prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour la comédie noire Tenue de soirée de Bertrand Blier.

Après plusieurs jeux d'acteur remarqués dans le registre dramatique, notamment Monsieur Hire (1989) et Les Témoins (2008), il reçoit en 2012 le César du meilleur acteur dans un second rôle pour L'Exercice de l'État. Parallèlement, il écrit et réalise un diptyque porté par une distribution chorale : Embrassez qui vous voudrez (nommé au César du meilleur scénario original ou adaptation 2003) et Voyez comme on danse (2018).

Durant sa carrière, il est nommé quatre fois au César du meilleur acteur, deux fois pour des drames et deux fois pour des comédies dramatiques.

Biographie Enfance et débuts Michel Jean François Blanc est issu d'un milieu modeste, fils unique de Marcel, d'abord déménageur qui termine sa carrière comme cadre de logistique, dit , et de Jeanine Blanc (dactylographe puis comptable chez Lacoste)., il est choyé par ses parents depuis qu'on lui a détecté un souffle au cœur à la naissance, au point de devenir hypocondriaque..

Il passe son enfance dans la banlieue ouvrière de Puteaux dans un pavillon de deux pièces-cuisine construit par son arrière grand-père, qui n’a pas de formation de maçon, avec un ami bricoleur. Mal conçu et accusant des faiblesses de construction, le logement est humide, sans aucune aération, et la cuisine fait également office de salle d'eau. Il y a néanmoins un petit jardin avec un cerisier qui donne de grosses cerises. Sa vie se passe dans les cuisines de ses parents et de ses grands-parents où il va quotidiennement déjeuner. Il y est heureux jusqu'à l'expropriation, le pavillon ayant fait place à un pilier d'une rocade à l'époque des grands chantiers de la ville avec la construction de gratte-ciel et du Cnit. De ces chantiers subsiste la boutique d'horlogerie de son grand-père, au milieu d'HLM des années 1920. Les Blanc déménagent à Colombes, commune proche, mais leur nouveau logement est situé rue Salvador-Allende, dont la vue donne sur le cimetière, ce qui désespère le jeune Michel.

Sa mère tombe malade et on lui diagnostique un cancer, qui provoque chez elle des quintes de toux régulières qui inquiètent son fils pendant longtemps sur le risque de récidive.

Élève au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine, Michel Blanc fait la connaissance, en quatrième, de Gérard Jugnot. et ils deviennent amis.

Ses futurs partenaires de comédie, Christian Clavier, Thierry Lhermitte. les rejoignent, ainsi que Marie-Anne Chazel inscrite dans un lycée voisin ; Josiane Balasko entre dans la bande en 1977 en remplacement de Valérie Mairesse et Bruno Moynot est le dernier à intégrer la troupe..

Michel Blanc est amateur de musique classique depuis l'enfance quand il écoute à la radio les génériques des programmes qui suivent les informations, tels que Beethoven, Bach ou Ravel, mais surtout depuis que sa tante maternelle a acheté un tourne-disques avec des disques de musique classique. Il pratique le piano depuis le lycée grâce à Marie-Claude Equoy, un professeur qui lui donne des cours.

Pour ses débuts au théâtre, il se porte volontaire pour participer à la pièce Les Précieuses ridicules de Molière que donne le professeur de français et participe à l'atelier de Jean-Pierre Fontaine, où il joue des pièces de Molière et Jean Giraudoux en interprétant des personnages plus âgés que lui. Il s'intéresse aussi à la pellicule car Gérard Jugnot s'est inscrit au ciné-club du lycée. Avec le groupe, il participe également à des pièces, qu'ils montent mais où ils ne jouent pas toujours ensemble. Les filières de formation varient également entre eux.

Après le lycée, et une fois son baccalauréat obtenu, il s'inscrit à la faculté de lettres à Nanterre avec le projet de devenir enseignant et il y obtient un DEUG mais abandonne cette voie. Pendant ses études universitaires, il aime lire les œuvres de Gustave Flaubert. Pratiquant toujours le piano de manière assidue., il continue à s'intéresser au théâtre en faisant un bref passage de trois mois auprès de Jean-Laurent Cochet sur les conseils de Béatrice Agenin mais il ne s'y sent pas à sa place. Il tente alors d'entrer à l'école nationale supérieure des arts et techniques du théâtre mais échoue. Il retrouve ses camarades dans les cours que donne Tsilla Chelton, dans son appartement situé près de la fontaine Saint-Michel, au quartier latin à Paris où il effectue cette formation classique d'art dramatique, pendant trois ans. Les lycéens rencontrent l'actrice lorsqu'elle vient donner un cours dans leur établissement, et engendrant au passage une vocation plus marquée pour toute la bande. Michel Blanc joue notamment des pièces de Shakespeare. Le succès au piano n'étant pas au rendez-vous, l'aventure de la troupe du Splendid débute pour lui jouant avec succès des sketches de café-théâtre et des pièces qu'ils écrivent eux-mêmes, comme Bunny's BarMichel Blanc, sa dernière interview romande, 24 Heures, septembre 2023.Mort de Michel Blanc : l’inoubliable bande des “Bronzés” s’est formée sur les bancs d’un lycée chic de Neuilly, Actu.fr, 4 oct. 2024.Tsilla Chelton : professeur de théâtre de la troupe du Splendid, Institut national de l'audiovisuel, 12.05.1980..

Drames et comédies populaires (années 1970) Durant les années 1970, Michel Blanc enchaîne en parallèle du théâtre les petits rôles au cinéma. En 1975, suggéré au réalisateur Claude Miller par Patrick Bouchitey lequel joue l'un des personnages principaux avec Patrick Dewaere, il est engagé pour un second rôle significatif dans la comédie dramatique La Meilleure Façon de marcher.. La même année dans Que la fête commence..., le réalisateur Bertrand Tavernier l'engage dans une comédie dramatique historique, où il retrouve, comme lui dans d'autres petits rôles, ses amis Christian Clavier, Thierry Lhermitte et Gérard Jugnot. En 1976, dans Je t'aime moi non plus réalisé par Serge Gainsbourg avec Jane Birkin, il interprète à nouveau un rôle secondaire pour un film plutôt dramatique et avant-gardiste. En 1977, on le retrouve à nouveau pour un rôle secondaire dans le thriller dramatique Le Locataire signé par Roman Polanski, où on aperçoit aussi Josiane Balasko et Gérard Jugnot. La même année, il tient encore un rôle secondaire dans la comédie Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine, réalisée par Coluche et Marc Monnet.

Il multiplie les apparitions et, en 1978, il est enfin mis en vedette aux côtés de ses amis de la troupe du Splendid, en incarnant le personnage culte de Jean-Claude Dusse dans la comédie Les Bronzés, réalisée par Patrice Leconte et adaptée de la pièce Amours, coquillages et crustacés créée en commun par l'équipe du café-théâtre. Pour créer ce type de personnage de Jean-Claude Dusse et n'ayant pas encore trouvé l'inspiration pour faire rire au café-théâtre contrairement à son ami Gérard Jugnot pour qui cela est venu très rapidement, il a eu une révélation en découvrant pour la première fois le névrosé un peu fragile qu'interprète Woody Allen dans un de ses films, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander. Il se reconnaît dans ce personnage et en conclut qu'il peut lui aussi tirer quelque chose de positif de ses traits de caractère. En matière d'humour, Michel Blanc et Gérard Jugnot se sont aussi inspirés dès le lycée du duo que forment Michel Serrault et Jean Poiret, sans pour autant chercher à les imiter en jouant leurs sketchs. Le style de Jean Poiret, qui fait preuve de beaucoup d'esprit, attire particulièrement MichelMichel Blanc, En Aparté, En aparté, octobre 2023Mort de Michel Blanc : quand l'acteur évoquait sa rencontre avec Gérard Jugnot et ses débuts difficiles, CNews, 04/10/2024Michel Blanc : La naissance de Jean-Claude Dusse, Hep Taxi !, 08/12/2019. Il retrouve ses amis pour d'autres succès cinématographiques parmi lesquels on note Les Bronzés font du ski (1979), toujours sous la direction de Patrice Leconte ou encore, (voix uniquement) Le père Noël est une ordure (1982), de Jean-Marie Poiré.

L'acteur est cantonné par la suite à des seconds rôles d'hypocondriaques râleurs ou de dragueurs maladroits. Avec le réalisateur Patrice Leconte, il tient le haut de l'affiche de plusieurs comédies à succès : Viens chez moi, j'habite chez une copine (1981), avec Bernard Giraudeau ; Ma femme s'appelle reviens (1982), aux côtés d'Anémone, Circulez y a rien à voir ! (1983) avec Jane Birkin et Jacques Villeret. Il retrouve toute la bande du Splendid pour la satire Papy fait de la résistance (1983), réalisée par Jean-Marie Poiré.

Années 1980 Michel Blanc devient réalisateur avec la comédie Marche à l'ombre en 1984. De bons dialogues et le dispositif du duo contrasté assurent au film le plus grand succès de l'année au cinéma avec 6,1 millions de spectateurs.. Le réalisateur quitte la troupe du Splendid..

L'acteur interprète un bisexuel dans la comédie noire Tenue de soirée (1986), écrite et réalisée par Bertrand Blier ; il donne la réplique à Gérard Depardieu et à Miou-Miou. Il partage l'affiche de la comédie Une nuit à l'Assemblée nationale, de Jean-Pierre Mocky, avec Jean Poiret et Jacqueline Maillan. Il change de registre en tenant le rôle-titre, sombre et ambigu, du drame Monsieur Hire (1989), d'après Georges Simenon. La même année, il joue dans la comédie Chambre à part, en compagnie des chanteurs Jacques Dutronc et Lio. Il incarne un communiste épurateur dans la satire historique Uranus (1990), de Claude Berri, avec Gérard Depardieu et Jean-Pierre Marielle.

Diversification (années 1990) vignette|redresse|Michel Blanc avec Philippe Noiret, Carole Bouquet et Josiane Balasko pour la présentation de Grosse Fatigue au festival de Cannes 1994. Durant les années 1990, Michel Blanc se fait plus rare, préférant se consacrer au théâtre. Ainsi, il apparaît au cinéma quand Bertrand Blier le dirige une seconde fois pour Merci la vie (1991), où il seconde le tandem Anouk Grinberg / Charlotte Gainsbourg. Il joue dans le drame fantastique Prospero's Books (1991), de Peter Greenaway ; tient un second rôle dans le drame Toxic Affair (1993), porté par Isabelle Adjani.

Surtout, il surprend une nouvelle fois avec sa deuxième réalisation, la comédie Grosse Fatigue (1994) dans laquelle il se fait « voler » sa vie par son sosie. Il y a pour partenaire Carole Bouquet. Toujours intéressé par des projets étrangers, il partage l'affiche de la comédie Le Monstre (1994) avec Roberto Benigni, également réalisateur. Il participe aussi à la comédie chorale Prêt-à-porter, de Robert Altman, sortie la même année.

En 1995, Patrice Leconte, le réalisateur fétiche du Splendid, lui offre un second rôle, celui d'un producteur véreux dans Les Grands Ducs.. Le tournage de cette comédie portée par le trio Jean-Pierre Marielle / Philippe Noiret / Jean Rochefort se passe mal. et, pour couronner le tout, le film est un échec commercial.

En 1999, Michel Blanc réalise Mauvaise Passe, un film de mœurs sombre, où il ne joue pas, porté par Daniel Auteuil, entouré d'une distribution internationale, qui traduit son humeur du moment.

Consécration dans un registre dramatique (années 2000)