Louis Jules Trochu, né au Palais à Belle-Île-en-Mer (Morbihan) le et mort à Tours (Indre-et-Loire) le , est un général de division et homme d'État français sous le Second Empire.

Élève de Saint-Cyr et de l'École d'application du Corps royal d'état-major, gouverneur de Paris, il prend le pouvoir à la suite de la proclamation de la République en 1870 et met en place un gouvernement de la Défense nationale le . Il quitte le pouvoir le et met fin à son gouvernement après avoir tenté de poursuivre la guerre franco-allemande.

Carrière militaire

Louis Jules Trochu passe toute son enfance à Belle-Île-en-Mer dans la ferme familiale du domaine de Bruté que son père, Jean-Louis Trochu, en agronome avisé, avait développée avec succès. Il fait ses études au prestigieux collège Sainte-Barbe à Paris, puis intègre pour deux ans en 1835 l’école militaire de Saint-Cyr en région parisienne Historique de la 18e promotion (1835-37), promotion de la Comète . avant de passer deux autres années à l’école d’état-major. Officier, il sert en Algérie comme aide de camp du général Lamoricière, des maréchaux Bugeaud et de Saint Arnaud. Ancien brigadier et blessé grièvement à Sébastopol le (guerre de Crimée), il est divisionnaire à Magenta et Solférino (Campagne d'Italie (1859)). Il obtient le grade de général en 1866.

Inspecteur de l'Infanterie il décrit l'impréparation de l'Armée Française dans un livre, l'Armée Française en 1867., dans lequel il concluait :

Son ambition de . entraîne sa disgrâce, d'autant plus que, plutôt orléaniste, il n'a jamais été favorable au régime impérial. Pourtant la popularité qu’il en acquiert le fait nommer gouverneur de Paris le , pendant la guerre franco-prussienne de 1870.

Le successeur de l'Empire left|thumb|Maître et Valet ! L'homme de Sedan. L'homme de Paris. Caricature de Faustin Betbeder, datée de février 1871, raillant la double disgrâce de Napoléon III et de Louis Jules Trochu.|265x265px

Le , des manifestants parisiens, ayant appris la veille la capitulation de l'armée devant Sedan et la captivité de Napoléon III, envahissent l'Assemblée nationale et empêchent le Corps législatif de délibérer. La République est proclamée à l'Hôtel de ville. Le général Trochu devient président du gouvernement de la Défense nationale. Le , une manifestation populaire a lieu contre Trochu et son gouvernement. Il réussit à se maintenir et proclame : . Le gouvernement déclare vouloir consacrer toute l’énergie du pays à sa défense. Dans une proclamation à l’armée, il justifie la destitution de l’ancien pouvoir et affirme : Journal officiel de la République française, 6 septembre 1870, , , ., en ajoutant deux jours plus tard : Journal officiel de la République française, 8 septembre 1870, , , .. Cependant, l'historien Henri Guillemin avance qu'à Paris, où le général Trochu est gouverneur militaire, le gouvernement, préoccupé par le risque de révolte populaire, fait peu d'efforts pour défendre efficacement la capitale et cherche à traiter avec les Prussiens pour maintenir l'ordre social. Le , le général de la Motterouge, affecté au commandement supérieur des gardes nationales de la Seine, est promu gouverneur militaire de la , à Nantes ; il est remplacé par le général d'artillerie Tamisier, qui avait été cassé de son grade sous le Second Empire.

gauche|vignette|Portrait satirique du général Trochu.

Le gouvernement ayant choisi de rester dans Paris encerclé par les troupes prussiennes et leurs alliés, une délégation est envoyée à Tours pour coordonner l'action en province sous les ordres d'Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, accompagné par Alexandre Glais-Bizoin et l'amiral Fourichon. Elle est rejointe le par Léon Gambetta, investi des ministères de la guerre et de l'intérieur, pour former de nouvelles armées : l'armée du Nord, l'armée de la Loire puis l'armée de l'Est. Le , le général Trochu, qui avait qualifié de la reddition sans combat de l'armée de Bazaine à Metz, doit reconnaître les faits sous la pression de la foule. L'exaspération envers l'inertie des gardes nationales après la chute du Bourget et l'envoi d'Adolphe Thiers à Versailles pour négocier avec Bismarck se soldent par le soulèvement du 31 octobre 1870, où Trochu ne parvient à sauver son gouvernement qu'en rassemblant les dernières brigades encore loyales, notamment avec l'aide de Jules Ferry. Le gouvernement parvient à s'assurer de son soutien à Paris par un plébiscite, le , et organise deux jours plus tard des élections municipales à Paris.

vignette|Composition du gouvernement de la Défense nationale.

À la suite de ces événements, Tamisier donne sa démission le et reprend le poste de chef d'escadron d’artillerie au de Paris. En province, où la victoire du général de Paladines à la tête de l'armée de la Loire avait ressuscité l'espoir, les mauvaises nouvelles s'accumulent, tandis que l’étau se resserre autour de Paris. La « Grande sortie » visant à briser l'encerclement allemand a lieu dans la nuit du . Dans la bataille de Champigny qui s'ensuit, les Français perdent trois fois plus d'hommes que l'ennemi (notamment faute d'un équipement adéquat contre le froid), mais l'impact psychologique sur les assiégés est plus grand encore car le siège n'a pas été levé. Une deuxième tentative, impliquant des troupes de la Garde Nationale, échoue le durant la deuxième bataille de Buzenval.

La destitution de Trochu, jugé responsable de cet échec, est demandée. Il démissionne de lui-même le après une fracassante déclaration dans laquelle il préconise en réalité la capitulation. Il est remplacé par Adolphe Thiers en tant que chef du pouvoir exécutif. Devant l'avance des armées allemandes, la délégation se replie sur Bordeaux.

Fin de vie vignette|Photographie du général Trochu.

Le , Trochu est mis en disponibilité à sa demande. Adolphe Thiers envoie Jules Favre lui annoncer qu'il va être fait maréchal de France, mais Trochu n'accepte pas. Il refuse la grand-croix de la Légion d'honneur et de poser sa candidature à l'Académie françaiseQuid des présidents de la République, 1987.. Il est élu député en février, mais, dès 1872, il quitte la scène politique. Il se retire dans la ferme familiale, le domaine de Bruté, à Belle-Ile, où un quai porte son nom.

Victor Hugo, qui s'était hasardé le avec Auguste Blanqui et Charles Delescluze dans un comité de Salut public dispersé par le général Trochu, marqua plus tard celui-ci d'une qualification cinglante : . Dans L'Année terrible, sous , poème XII, le poète écrit :

Toutefois, lorsque le , Louis Blanc demande une fois encore à Victor Hugo d’intervenir pour exercer une pression sur le général, il répond : ..

Pour sa défense, le général déclara le devant l'Assemblée réunie à Versailles, comme cela est rapporté par le Journal des débats du , que la résistance de Paris était une . Il affirma que Paris assiégé sans le secours d'une armée extérieure ne pouvait que céder devant l'ennemi et que les vrais responsables du désastre furent les membres du gouvernement qui firent croire au peuple le contraire de ce que, lui, général Trochu, avait répété. Aussi les accusations d’incompétence du commandement ou a fortiori celles de trahison n’étaient que . Le , il terminait son discours ainsi :

Distinctions

(12 aout 1861).

(Royaume-Uni) sans_cadre|50x50px Médaille de Crimée (Royaume-Uni)

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

. . .

Articles connexes

Troisième République Léon Gambetta

Liens externes

. Site internet du Musée Adrien Mentienne à Bry-sur-Marne - Animation sur la bataille de Champigny, avec quelques extraits audio de la chanson satirique Le Plan de Trochu.

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