Willy Coppens, né le à Watermael-Boitsfort et mort le à Anvers, est un as de la Première Guerre mondiale et écrivain belge.

Dès son plus jeune âge, il se passionne pour le char à voile lors de séjours sur la côte belge. Cela l'amène à vouloir concevoir des avions et devenir pilote, ce à quoi ses parents s'opposent. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il est intégré au de grenadiers. Néanmoins, en 1915, il suit des cours de pilotage, à ses frais, en Angleterre. De retour en Belgique, il est envoyé à l'école militaire belge d'aviation d'Étampes et rejoint la comme pilote de reconnaissance. À sa demande, après un passage par la , il rejoint la , une escadrille de chasse, commandée par l'as Fernand Jacquet.

Il abat son premier avion ennemi le et enchaine rapidement avec deux , des ballons d'observation de l'artillerie allemande. Il se spécialise alors dans l'attaque dangereuse de ceux-ci et devient un « chasseur de ballons » dont la renommée franchit les frontières. Son avion bleu turquoise et ses nombreux succès amènent les Allemands à le surnommer « Diable bleu ». Le , lors d'une attaque, il est grièvement blessé à la jambe gauche, dont il est amputé. Il termine la guerre avec et est le premier as belge. En récompense de ses éminents services lors de la guerre, il est nommé par le roi Albert chevalier de Houthulst, du nom de la forêt au-dessus de laquelle il a combattu de nombreuses fois.

Son et son l'empêchent néanmoins de gravir les échelons militaires et il critique largement l'armée de l'air. Durant l'entre-deux-guerres, il occupe le poste d'attaché de l'armée de l'air belge en Angleterre et en France, ce qui ne l'empêche pas de continuer à voler. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il ne peut reprendre le combat et, en 1940, s'exile à Genève, d'où il aide et secourt, via la Croix-Rouge et les organisations internationales, les prisonniers belges en Allemagne. En parallèle de sa carrière militaire, il devient écrivain et propose principalement des mémoires historiques sur l'aviation et les pilotes.

De retour en Belgique, à La Panne, il devient très critique envers son pays et se brouille avec la justice et la magistrature. Il est néanmoins fait baron par le roi Baudouin en 1960. Il termine sa vie à Anvers et est vu tel .

Biographie

Jeunesse Willy Omer François Jean Coppens naît le à Watermael-Boitsfort. Il est le fils de l'artiste peintre orientaliste Omer Coppens et d'Hélène Gheude.. Il est le neveu de Berthe et Alphonse CabraLa Libre Belgique, Madame Cabra, première femme blanche qui traversa le continent africain, année, , 30 janvier 1947, lire en ligne.. alt=Photographie noir et blanc de quatre personnes à bord d'un char à voile sur une plage.|gauche|vignette|Char à voile à Middelkerke en 1923. Dès son plus jeune âge, il montre un vif intérêt pour la mécanique et les motocyclettes. Lors de séjours à La Panne, ville située le long de la côte belge, il se découvre une passion pour le vent, notamment à travers les cerfs-volants mais surtout à travers le char à voile. Il devient d'ailleurs l'un des pionniers de ce sport et, entre 1907 et 1913, fabrique chaque année un char, qu'il améliore avec des amis.

En 1909, il assiste à une conférence du capitaine Ferdinand Ferber, pionnier de l'aviation. Durant la même période, lors d'une sortie en char sur les plages de Westende, il est survolé par un avion et est directement attiré par l'engin volant. En 1910, lors de l'exposition universelle de Bruxelles, il assiste au décollage d'un avion piloté par Alfred Lanser. Le jeune Willy, avec ses amis, décide alors de concevoir des avions et planeurs et d'apprendre à piloter. Ses parents s'y opposent toutefois fortement.

En parallèle, Willy Coppens apprend l'anglais, très tôt, à travers divers voyages en Angleterre, dont un long séjour à Brighton, à l'âge de seize ans.

Première Guerre mondiale Willy Coppens effectue son service militaire en 1912 au sein du du de grenadiers. Willy Coppens se présente initialement à l'École militaire mais il n'est pas admis, ayant échoué dans une branche, . Après son service, il entre dans la vie civile chez un agent de change. Au début de la Première Guerre mondiale, il n'y est encore que stagiaire et est rappelé dans l'armée belge. Il est alors affecté comme estafette, étant à l'aise sur une moto.

De la reconnaissance à la chasse En , il souhaite rejoindre la Compagnie des Aviateurs et contacte le lieutenant Pierre de Caters, contrôleur des élèves aviateurs. La demande est infructueuse et Willy Coppens est affecté aux automitrailleuses. Malade après la bataille de l'Yser, il rejoint Calais (où l'Aviation militaire a ses ateliers) en tant qu'attaché au bureau de l'État-major. Malheureusement pour lui, les avions sont rares. S'il assiste les pilotes, il n'a aucune chance de voler. Ayant entendu qu'il est possible d'y devenir rapidement pilote, il emprunte de l'argent et part en Angleterre, durant un congé sans solde, avec trente-neuf autres Belges, à l'école Ruffy-Baumann, située à Hendon. Selon lui, on fait tout et l'école n'est clairement pas à la hauteur. Il indique dans ses mémoires : . Il y obtient néanmoins le brevet 2140 du Royal Aero Club le . alt=Photographie noir et blanc d'un homme debout dans le cockpit d'un biplan au sol.|vignette|Willy Coppens dans un Farman MF.11 durant son apprentissage. De retour en Belgique, s'il est finalement envoyé à l'école militaire belge d'aviation d'Étampes, il doit attendre pour effectuer son premier vol solo. Durant son apprentissage, il obtient le record d'altitude de l'école, en montant à et redescendant en seulement douze minutes, en spirale. Son apprentissage à l'école lui semble long et fastidieux, et selon lui, il passe son temps à jouer aux échecs, lire et cirer ses chaussures. Willy Coppens ne garde pas un très bon souvenir de ses moniteurs à l'époque. Il obtient son brevet militaire le avec à son actif de vol en solo et comme élève ou passager.

Son service actif débute finalement à la fin 1916 par des vols de reconnaissance à Houthem dans la escadrille où il pilote des B.E.2c. Dès son arrivée dans l'escadrille, il part en mission et découvre le feu ennemi, étant , contrairement à son observateur, peu à l'aise dans cette situation. Il pilote alors des Royal Aircraft Factory B.E.2 mais les performances sont mauvaises. Ils sont remplacés, en par des R.E.8.

Le , il est transféré à la , toujours pour des vols de reconnaissance, où il pilote des Farman F.40. Il est promu le même jour sergent. Il y découvre le combat le , face à quatre monoplaces de chasse allemands au-dessus de la forêt de Houthulst, ce qui lui vaut, avec son observateur, le capitaine Declercq, sa première citation. À bord de leur Sopwith 1½ Strutter, ils évitent le drame et arrivent à s'enfuir. Willy Coppens se souvient alors d'un conseil de Charles Nungesser, as français, lui indiquant qu'un avion de chasse ne peut que tirer devant lui et qu'il est préférable, pour un avion de reconnaissance doté d'un observateur capable de tirer dans toutes les directions avec sa mitrailleuse mobile, de tourner en permanence pour se protéger. Pour avoir ramené l'avion endommagé l'équipage est félicité, Willy Coppens déclarant : . Pour sa citation, Willy Coppens fait inscrire sur le capot de son appareil le mot « Volontiers ». Son sens de l'humour est reconnu et il s'exprime librement. Il déclare ainsi, à propos du Sopwith 1½ Strutter, car le réservoir de carburant se trouve entre le pilote et l'observateur. alt=Photographie noir et blanc de quatre hommes, en uniforme, discutant.|gauche|vignette|De droite à gauche : Willy Coppens, André De Meulemeester et Fernand Jacquet. Ce premier combat ne décourage pas Willy Coppens ; il est transféré dans la chasse en et rejoint la commandée par l'as Fernand Jacquet. D'autres as, comme Jan Olieslagers ou André De Meulemeester, sont également ses coéquipiers. C'est durant la même période que l'escadrille des Cigognes est déployée dans le secteur, ce qui stimule Willy Coppens.

C'est dans cette qu'il commence à voler en avec un avion Hanriot HD 1. Il le fait en partie peindre en bleu turquoise, ce qui devient son signe caractéristique.

S'il combat énormément, il n'a aucune victoire, la seule mitrailleuse de l'avion s'enrayant facilement. C'est durant cette période peu chanceuse qu'il survole Bruxelles à hauteur des toits, ce qui le rend célèbre aux yeux de la population. Le , il décolle de l'aérodrome des Moëres (Dunkerque) vers Bruxelles. Il reçoit l'interdiction de s'éloigner des lignes, mais son faible niveau en navigation l'entraine jusqu’à Bruges d'où il suit la voie ferrée vers Gand, Alost puis Bruxelles. Il traverse de long en large la capitale et va même rendre visite à ses parents qu'il salue d'un battement d'ailes en rasant les immeubles.

Les victoires s'enchainent alt=Photographie noir et blanc d'un ballon d'observation qui décolle.|vignette|Un en 1917. Toujours en , il passe à la . Il abat son premier avion ennemi le et enchaine rapidement avec deux , des ballons de repérage de l'artillerie allemande. Il devient alors un spécialiste dans la chasse de ces ballons. S'y attaquer est dangereux, leur destruction étant d'ailleurs comptabilisée comme victoire aérienne. Ils opèrent entre 600 et d'altitude, un officier d'artillerie étant placé dans une nacelle pour guider les frappes ennemies. Bien qu'immobiles, ils sont défendus par des armes de lutte antiaérienne avec des calibres de 7 et . Ils se trouvent généralement loin derrière la ligne de front, à plus de et, pour peu qu'un aviateur soit annoncé, les ballons sont descendus à quelques centaines de mètres, rendant toute attaque extrêmement périlleuse. Il arrive, durant le conflit, que les observateurs ne sautent pas en parachute, ce qui ne manque pas de choquer Willy Coppens lors d'une attaque. Il déclare : .

Après sa cinquième victoire, Willy Coppens installe sur sa mitrailleuse Vickers des balles incendiaires de à la place du classique pour gagner en efficacité contre ces cibles. Avant l'arrivée de cette nouvelle mitrailleuse, il teste, avec Albert Ball, un as britannique, les fusées Le Prieur, ancêtres des roquettes. Celles-ci sont montées sur les mâts de voilure des biplans.

Willy Coppens a également testé quelques cartouches incendiaires récupérées par ses supérieurs. Particulièrement efficaces, ces munitions incendiaires permettent à Willy Coppens de remporter des victoires. Il reçoit des mains du général Plumer la Croix militaire pour avoir détruit trois ballons le en moins de cinq minutes. S'il est récompensé par l'armée britannique, il est réprimandé par l'armée belge pour avoir survolé Ploegsteert, une partie du front qui lui était interdite.alt=Photographie noir et blanc d'un homme à bord d'un cockpit.|gauche|vignette|Willy Coppens à bord de son Nieuport 11. On remarque la cocotte, insigne du pilote belge. Au-delà des défenses anti-aériennes, les câbles d'amarre des ballons sont également dangereux pour les pilotes. Lors d'une attaque, Willy Coppens rompt un de ces câbles. Le ballon s'envole, entrainant l'avion avec lui, mais le pilote belge réagit à temps en coupant son moteur pour éviter que l'hélice ne s'emmêle dans le câble. Finalement, l'avion glisse le long de l'enveloppe et Willy Coppens pique vers le sol pour redémarrer son moteur. Ses coéquipiers Jan Olieslagers et André De Meulemeester ne le croient pas, mais les câbles laissent des marques sur les pales de l'hélice et des morceaux de tissu sont retrouvés sur son aile et son train d'atterrissage.alt=Schéma d'un avion, vue de côté. L'avion est peint en bleu avec le drapeau belge sur l'empennage et un chardon stylisé blanc sur le flanc.|vignette|Représentation 3D du Hanriot HD 1 de Willy Coppens : le diable bleu avec le chardon pour emblème de l'escadrille.