Jacques de Bourbon (en espagnol : Jaime de Borbón y Borbón-Parma), est né le , à La Tour-de-Peilz, près de Vevey, dans le canton de Vaud, en Suisse, et est décédé le à Paris (). Aîné des Capétiens, chef de la maison royale de FrancePatrick van Kerrebrouck, La maison de Bourbon (1256-1987), coll. Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France,éd. Patrick van Kerrebrouck, Villeneuve d'Ascq, 1987, p.308État présent de la Maison de Bourbon : pour servir de suite à l’Almanach royal de 1830 et à d’autre publications officielles de la Maison, Paris, Le Léopard d’Or, 1991, éd, p.41 et chef de la maison de Bourbon, qui porte les titres de courtoisie de duc d’Anjou et duc de Madrid, est le prétendant légitimiste au trône de France sous le nom de Jacques et le prétendant carliste au trône d'Espagne sous le nom de Jacques , de 1909 à 1931.

Issue de la branche espagnole de la maison de Bourbon, fixée en Espagne en 1701 avec , duc d'Anjou et roi d'Espagne, Jacques passe une enfance paisible en Suisse puis en France. Il suit rapidement une formation militaire, en Angleterre, puis en Autriche-Hongrie, ce qui le conduit, en 1896, à intégrer l’armée russe. Il participe à la guerre des Boxers ainsi qu’à la guerre russo-japonaise. En 1909, son père meurt, décidant Jacques, à quitter l’armée russe.

Devenu, après la mort de son père, chef de la Maison de Bourbon et aîné des Capétiens, Jacques assume les prétentions carliste et légitimiste dans une Europe prête à s’engouffrer dans la Première Guerre mondiale. Durant cette période, Jacques est mis aux arrêts en Autriche, et doit s’exiler en Suisse, après avoir travaillé auprès de la Croix-Rouge française.

Après la guerre, Jacques réside entre Paris et Frohsdorf, s’occupant tant bien que mal des causes carliste et légitimiste. En effet, c’est sous son « règne » que le parti légitimiste finit de péricliter, et que le parti carliste se scinde en divers groupes. Finalement, en 1931, Jacques se réconcilie avec son cousin l’ancien roi d’Espagne , lui conférant l’ordre du Saint-Esprit.

Lorsque Jacques s’éteint sans descendance la même année, sa succession échoue à son oncle paternel le prince Alphonse-Charles de Bourbon. Ce dernier sera le dernier descendant agnatique de la branche issue de l’infant Charles d’Espagne, comte de Molina.

Famille

Ascendance vignette|La famille du duc de Madrid en 1886. De gauche à droite apparaissent Jacques, Alice, Marguerite, Charles, Béatrice, Elvire et Blanche. Jacques est l’unique fils de Charles de Bourbon (1848-1909), duc de Madrid, prétendant légitimiste au trône de France sous le nom de « » ainsi que prétendant carliste au trône d'Espagne sous le nom de « », et de son épouse, la princesse franco-italienne Marguerite de Parme (1847-1893).

Par chacun de ses parents, il est un descendant du roi de France (1638-1715) et de son épouse la reine Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683), dont il descend à travers (1683-1746), roi d'Espagne, et (1710-1775), roi de France et de Navarre. Jacques de Bourbon compte également parmi ses autres ancêtres, le roi de France (1757-1836) qui est son arrière-arrière-grand-père.

Jacques a quatre sœurs, l’aînée, Blanche (1868-1949), épouse de l'archiduc Léopold-Salvator de Habsbourg-Toscane (1863-1931), ainsi que ses trois cadettes : Elvire (1871-1929), sans alliance, Béatrice (1874-1961), épouse du prince Fabrizio Massimo (1868-1944), et Alice (1876-1975), épouse en premières noces du prince Frédéric de Schönburg-Waldenburg (1872-1910), puis en secondes noces, de l’officier italien Lino del Prete (1877-1956).

Fiançailles et descendance Il fut envisagé un mariage avec sa cousine la princesse Mathilde de Bavière, fille du roi Louis III. Cependant cette dernière épousa un prince de Saxe-CobourgLe couple était cependant et visiblement épris l'un de l'autre... Mais une union avec la princesse Louise d’Orléans, ou encore avec la princesse Patricia de Connaught et une nièce du Kaiser furent également envisagées. L’union qui fut probablement la plus sérieuse, fut envisagée en 1886 lorsque le pape avança l’idée d’unir Jacques avec l’infante Maria de las Mercedes, princesse des Asturies, dans l’espoir de pouvoir réconcilier les deux branches. La mère de Jacques, Marguerite de Parme donna son accord pour le projet, mais le prince Charles refusa catégoriquement. Le Courrier de l’Aude avance l’hypothèse que la reine-régente d’Espagne aurait pu sembler d’accord avec ce projet qui aurait mis fin à la guerre civile datant de 1833. Enfin, le prince Jacques fut « fiancé » en 1906 avec une archiduchesse d’Autriche, soit Marie-Henriette, soit Marguerite ou alors Maria Annonciade. Les journaux remarquèrent même qu’une réunion de famille avait lieu chez l’archiduchesse Marie-Thérèse, mère de Marie Annonciade. La quasi-totalité de ses tentatives d'unions furent empêchées par la reine-régente d'Espagne.

Le prince Jacques de Bourbon ne s'est jamais marié et n’a pas eu, semble t-il, de descendance. Cependant, en 1911, sa cuisinière l'accusa d'être le père de son enfant à naître. Jacques contesta la paternité, bien qu’ayant confirmé avoir eu des relations sexuelles avec sa cuisinière. Biographie Premières années

Une naissance en exil gauche|thumb|Jacques de Bourbon dans les bras de sa mère vers 1870. Jacques de Bourbon voit le jour le à La Tour-de-Peilz, près de Vevey, en Suisse, à une époque où l'Espagne est en proie à une crise révolutionnaire et où les descendants de l'infant Charles sont bannis du territoire national et déchus du titre d'infants par décret royal du 27 octobre 1834. De même, la France de connaît une très grande instabilité et les membres de la maison de Bourbon sont bannis du territoire national par la loi du . Dès sa naissance, la vie du prince est donc placée sous le signe de l'exil et tout semble indiquer qu'il en sera longtemps ainsi.

Né sous les noms de : Jaime Pío Juan Carlos Bienvenido Sansón Pelayo Hermenegildo Recaredo Álvaro Fernando Gonzalo Alfonso María de los Dolores Enrique Luis Roberto Francisco Ramiro José Joaquín Isidro Leandro Miguel Gabriel Rafael Pedro Benito Felipe de Borbón y Borbón-Parma (traduction française : Jacques Pie Jean Charles Bienvenu Samson Pélage Herménégilde Recarède Alvare Ferdinand Gonzalve Alphonse Marie des Douleurs Henri Louis Robert François Ramire Joseph Joachim Isidore Léandre Michel Gabriel Raphaël Pierre Benoît Philippe de Bourbon). Il est baptisé à La Tour-de-Peilz le , avec pour parrain son grand-oncle le comte de Chambord et pour marraine sa grand-mère paternelle la comtesse de Montizón.

Le , il est proclamé prince des Asturies par les carlistes, en tant que fils de « Charles VII, roi des Espagnes et des Indes », c’est-à-dire du duc de Madrid.

Guerre carliste de 1872-1876 Voyant s'éloigner la possibilité de la restauration bourbonienne, dans chacune de ses deux branches, le père de Jacques déclenche en 1872 la troisième guerre carliste, d'abord contre le roi Amédée, puis contre la Première République espagnole, proclamée en 1873 après l'abdication du roi, puis finalement contre Alphonse XII, fils d'Isabelle II, proclamé roi en 1874D’abord soutenue par la reine Isabelle II, la troisième guerre carliste se voit abandonnée par cette dernière après 1874..

Le , Charles franchit la frontière espagnole depuis la France et pénètre en Navarre par la Venta de Laputsagarra. L'accueil que lui réservent ses partisans revêt l'allure de celui qu'on doit à un chef d'État, ce qui lui permet d’obtenir le titre de roi et d’être reconnu par le Nord du pays comme le souverain légitime sous le nom de Charles VII. Durant cette période, Jacques et sa sœur Blanche sont installés à Pau avec leur mère. Cette dernière se dévoue pour créer les services sanitaires de l'armée carlisteDaniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, .. C’est à cet effet que son époux créa en son honneur l’ordre de la Charité en 1874. L’ordre était destiné à récompenser tous les militaires ayant pris part à la troisième guerre carliste.

En France Après la défaite militaire de 1876, la famille s'installa à Passy. Durant cette période, Jacques fréquente la reine déchue Isabelle II d'Espagne, avec laquelle ses parents se sont liés d'amitié.

Jacques de Bourbon fait toutes ses études chez les Jésuites, d’abord à Paris, à l’école de l’Immaculée-Conception (au de la rue de Vaugirard) jusqu’en 1881. En effet, cette année là, le , le duc de Madrid et sa famille assistaient à la messe de la Saint-Henri, fête patronale de son oncle maternel le comte de Chambord (prétendant légitimiste au trône de France, dont la sœur Louise était la mère de la duchesse de Madrid). Le retentissement donné à cet événement — à l'occasion duquel Charles de Bourbon, alors prétendant carliste au trône d'Espagne, est acclamé par des saint-cyriens — vaut au prince d'être expulsé du territoire de la République, par arrêté d'Ernest Constans, ministre de l'Intérieur et des Cultes (et de son sous-secrétaire d'État, Armand Fallières, futur président de la République), .

Nouvel exil

Héritier en second du légitimisme Après cet évènement et face aux multiples liaisons de son époux, la duchesse de Madrid décide de s'installer avec ses filles à la Tenuta Reale, demeure héritée de son grand-père le duc Charles II de Parme. De son côté, le père de Jacques, Charles, part vivre au palais Loredan dell'Ambasciatore à Venise.

Le à Goritz, il assiste aux côtés de son grand-père, de son père et de son oncle aux obsèques d’Henri d’Artois, comte de Chambord, prétendant légitimiste au trône de France. Selon les légitimistes, ce décès faisait de Jacques de Bourbon un fils de France, en tant que fils du nouveau dauphin de France (son père le duc de Madrid), lui-même fils aîné du nouveau chef de la maison de Bourbon et aîné des Capétiens (Jean de Bourbon, comte de Montizon). Au cours des obsèques, un conflit éclate lorsque le comte de Paris se déclare son successeur. Les Bourbon-Parme ne le reconnaissent pas (de même que la comtesse de Chambord) et préfèrent se tourner vers le comte de Montizon, grand-père de Jacques et nouvel aîné des Capétiens légitimes.

Ce n'est cependant qu'une minorité des royalistes, qui, au regard des lois fondamentales et des principes de dévolution de la Couronne préfèrent suivre la branche bourbonienne d’Anjou, au détriment des Orléans. Puis à la mort de son grand-père, le , Jacques devient le nouveau dauphin de France pour les légitimistes.

Formation militaire gauche|vignette|Jacques de Bourbon vers 1885. Lorsqu'est votée la loi d'exil de 1886Mais également à cause du bannissement de son père en 1881., Jacques se retrouve dans l'incapacité de poursuivre ses études militaires en France. Il poursuit donc ses études au collège de Beaumont (situé en Angleterre), et enfin au collège de Stella Matutina de Feldkirch (en Autriche).

Carrière militaire et drame familiaux

Carrière militaire en Russie thumb|Jacques de Bourbon en uniforme de hussard.