Jeux est un ballet en un acte de Claude Debussy, chorégraphié par Vaslav Nijinski, décors et costumes de Léon Bakst.

Histoire Au moment où on lui propose d'écrire ce ballet, Claude Debussy est dans une situation précaire : des années de maladies l'ont endetté, on lui diagnostique un cancer en 1909, et sa seconde épouse Emma Bardac vient d'être déshéritée à cause du mariage. Pour assurer sa subsistance, le compositeur se fait chef d'orchestre, tâche qu'il exécute maladroitement, et se retrouve contraint d'accepter des commandes, parfois sans enthousiasme.

Vaslav Nijinski a déjà créé un ballet à partir de L'Après-midi d'un faune (1910), que Debussy a trouvé affreux, et qui a provoqué un scandale. Diaghilev propose au compositeur d'écrire la musique d'un nouveau ballet, qui s'affranchirait des contes et mythes pour s'ancrer dans la vie quotidienne en évoquant un match de tennis interrompu par un crash d'avion. Debussy trouve l'argument absurde, Diaghilev double ses honoraires jusqu'à et accepte de supprimer l'idée du crash.

Commandée au mois de , la musique est composée par Debussy pendant l'été de cette même année. La partition est achevée à la mi-septembre, une réduction pour piano étant remise à Nijinsky et à Diaghilev quelques jours plus tard (elle sera publiée par Durand en ). La partition d'orchestre sera publiée chez le même éditeur avec le sous-titre Poème dansé..

Créé par les Ballets russes le au Théâtre des Champs-Élysées de Paris, sous la direction de Pierre Monteux, le ballet a comme interprètes Nijinski, Tamara Karsavina et Ludmilla Schollar.

Nijinski, en même temps qu'il compose la chorégraphie du Sacre du printemps, prépare celle de Jeux, une œuvre difficile, qu'il rend confuse par le mélange de mouvements « modernes » (inspirés du tennis, du golf et des principes de Jaques-Dalcroze) et de danse académique (les filles dansent sur pointes, mais pieds parallèles).

Réception et postérité Jeux a été présenté à l'ouverture de la saison des Ballets russes au Théâtre du Châtelet le , deux semaines avant la célèbre première du Sacre du printemps, le , qui lui a largement volé la vedette..

Le ballet est accueilli froidement, et les reprises de 1920 et 1923 ne suscitent pas plus d'enthousiasme.

Argument L'argument écrit par Nijinski se veut une :

Réaction de Debussy Le matin de la première, Debussy, qui manifeste dans plusieurs lettres ses réticences ( (lettre à Robert Godet, ) fait paraître dans le Matin cet article, prenant ironiquement ses distances avec la chorégraphie de Nijinsky :

Orchestre

Dans son analyse comparée de Jeux de Debussy et du Sacre du printemps de Stravinsky, Jean Barraqué considère que dans l'orchestration, qui sont .

Analyse de la musique Après Khamma, c'est la seconde œuvre que Debussy écrit pour le ballet.

Jeux est construit comme une série de variations ou un rondo, basé sur des fragments mélodiques qui circulent au sein de la musique .

Autres versions 1920 () : chorégraphie de Jean Börlin et décors de Pierre Bonnard pour les Ballets suédois de Rolf de Maré

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Myriam Chimènes, Introduction à la nouvelle édition de "Jeux", Durand et Costallat, 1988. Claude Debussy, Correspondance, éditée par François Lesure et Denis Herlin, Gallimard, 2005. Claude Debussy, Monsieur Croche antidilettante, Gallimard, 1976. Richard Buckle, Diaghilev, traduction de Tony Mayer, Lattès, 1980. Edward Lockspeiser et Harry Halbreich, Debussy, Fayard, 1989. Jean-Michel Nectoux, « Debussy et Nijinsky », dans : Écrits sur Nijinsky, La Recherche en danse, Chiron, 1992. Selma Landen Odom, « Nijinsky à Hellerau », dans : Écrits sur Nijinsky, ibid.

Iconographie Photographies de Ludmilla Schollar, Vaslav Nijinsky et Tamara Karsavina en tenue de scène

Articles connexes Liste de ballets

Liens externes

Catégorie:Composition impressionniste Catégorie:Ballet Catégorie:Ballets russes Catégorie:Œuvre de Claude Debussy Catégorie:Œuvre musicale composée en 1912