La cathédrale Saint-Lazare d'Autun est une cathédrale catholique située à Autun, dans le département français de Saône-et-Loire en région Bourgogne-Franche-Comté.

Au départ simple église de pèlerinage, achevée vers 1150, elle devient cocathédrale de la ville à la fin du avec la cathédrale primitive dédiée à Saint-Nazaire., avant de devenir l'unique cathédrale d'Autun à la démolition de cette dernière. Elle est le siège du diocèse d'Autun. Bien que conservant les reliques de saint Lazare d'Aix, elle est depuis le sous l'invocation et le patronage de « saint Lazare ressuscité par le Christ », patronage confirmé en 1801 par Pie VII dans la bulle Qui Christi Domini (« S. Lazari à Christo suscitati »)Bulle du pape..

Historique

Une première cathédrale a été construite à Autun à partir du , consacrée plus tardivement à saint Nazaire (il en reste une chapelle du ). L'église Saint-Lazare (dédiée au saint Lazare de l'Évangile) fut projetée par l'évêque d'Autun, , afin de conserver les reliques que l'on croyait être celle de ce saint, mais qui étaient en fait celles de saint Lazare d'Aix. Ces reliques étaient conservés jusqu'alors à Marseille.

Commencée vers 1120 par Étienne de Baugé, elle fut achevée vers 1150 (les reliques du saint y seront transférées en 1146 ou 1147), et le porche quelques années plus tard. Elle est bâtie sur le modèle de la prieurale de Paray-le-Monial. Elle possède, tout comme à Cluny et à Paray-le-Monial, une voûte en berceau brisé, construite peu de temps après sa consécration comme cathédrale, puisqu'on ajouta des arcs-boutants à cette époque. Une flèche fut construite en 1469 par le cardinal Rolin (le fils du chancelier Rolin), au-dessus de la croisée du transept, à la place d'un clocher roman détruit par la foudre. Elle mesure 44 m de hauteur et culmine à près de . En 1476, le cardinal Jean Rolin offre la cloche Marthe, le bourdon de la cathédrale, qui pèse et a un diamètre de Ce qui en fait la deuxième plus grosse cloche du diocèse d'Autun, après le bourdon de la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône. Source : ., qui sonne toujours aux côtés de trois autres cloches datant, quant à elles, de 1854..

En 1766, l'édifice eut à subir plusieurs dommages de la part des chanoines du chapitre de la cathédraleLe Guide vert, Bourgogne Morvan, 2000, édition du Voyage. L'art médiéval était peu apprécié à l'époque et les chanoines voulaient renouveler l'aspect de la cathédraleAnnales de la société Éduenne (1853–1857), Autun, 1858, . Citation () : Lettre du chapitre à l'évêque d'Autun, 25 janvier 1765 : « Monseigneur, le vif intérêt que vous avez paru prendre aux réparations que nous faisons au chœur de notre église ne nous permet pas de vous laisser ignorer celles que nous nous proposons de faire pour le sanctuaire ; plus nous l'examinons et plus nous nous apercevons qu'il ne peut subsister dans l'état où il est. Le goût de nouveauté que nous donnons à notre chœur ne peut convenir et s'allier avec un sanctuaire aussi antique et aussi mal entendu » . dans un style plus baroqueL'art roman, Marcel Durliat, 1989, édition Citadelles & Mazenod, .. Le portail latéral et son tympan furent détruits et les pierres réemployées pour la construction des maisons voisines. La fameuse Tentation d'Ève fut donc incluse dans un mur avant d'être redécouverte. Le jubé et le monumental Tombeau de saint Lazare qui se trouvait derrière l'espace du chœur ont été également démantelés (les statuaires restantes du tombeau sont exposées au musée Rolin).

Tout l'espace du chœur fut détruit, y compris la mosaïque du , remplacée par un pavé neuf. Le fameux tympan du Jugement Dernier de Gislebert, a été recouvert de plâtre, les chanoines d'alors le jugeant de mauvais goût. Cela lui valut d'être préservé du vandalisme de la période révolutionnaire qui prit pour cible les tympans et linteaux des églises de Saône-et-LoireLe Guide du routard, Bourgogne Franche-Comté, éd. 2001–2002.Henri Nicolas, Églises romanes du Brionnais, éd. La taillanderie, mai 2000.Site sur l'Art Roman en Bourgogne, Autun, cathédrale Saint-Lazare. Il a été redécouvert en 1837 et restauré. La tête du Christ, ayant été sectionnée au cours du premier plâtrage et conservée au musée Rolin à côté, n'a été remise en place qu'en 1948.

La cathédrale est classée sur la première liste des monuments historiques en 1840 par Prosper Mérimée..

En 2011, l'ancien mobilier du chœur, peu esthétique et assez hétéroclite, a été remplacé. L'artiste Goudji a ainsi réalisé, pour l'espace liturgique, un nouvel autel, un nouvel ambon et une nouvelle cathèdre, qui, dans leur modernité, s'intègrent parfaitement au chœur ancien de l'édifice.

La cathédrale et le quartier (ville haute ou Hauts-quartiers) ainsi que la ville moyenne, sont intégrés dans un secteur sauvegardé de depuis 1973. Ce secteur compte nombre de lieux remarquables.

Description vignette|gauche|Portail - vue d'ensemble. vignette|Plan de la cathédrale d'Autun. vignette|upright|Horloge astronomique située sur la façade Est de la cathédrale Saint-Lazare. Le portail

Le portail est l'élément le plus remarquable de la cathédrale. Il a été réalisé, au moins pour le Jugement dernier, par Gislebert, qui signe de son nom aux pieds du Christ (Gyslebertus hoc fecit)L'art roman, Marcel Durliat, 1989, édition Citadelles & Mazenod.

La scène centrale montre le Christ en gloire. Elle surmonte un linteau. Elle est entourée de deux arcades, l'externe comprenant de nombreux médaillons figuratifs, avec des représentations des signes zodiacaux et des travaux aux différents mois de l'année. Le tout repose sur des colonnes à chapiteaux historiés.

Tympan du Jugement dernier Le tympan a été restauré de juin à : les sculptures ont été rénovées à l'aide de micro-lasers et micro-sablage, avec des tampons aux solvants adaptés à la nature de la pierre. La teinte noirâtre d'une des voussures a disparu. Sept fragments des réserves du Musée Rolin ont retrouvé leur place, dont une mèche du Christ, dont la tête a été légèrement repositionnée. Cette opération a coûté dont pour un système anti-pigeons utilisé également à Fribourg et Berne. Le tympan restauré a été inauguré le en présence des autorités départementales et épiscopales.

vignette|centre|redresse=3|Le tympan restauré, en 2025. À gauche, les élus (à la droite du Christ), entrent au Paradis. Au centre, le Christ en mandorle. À droite, les damnés (à la gauche du Christ), sauvés par saint Michel.

La scène centrale représente le Jugement dernier, avec le Christ en mandorle immense et dominant la scène : à sa droite, saint Pierre (reconnaissable à sa clef) fait entrer les justes au Paradis ; au-dessus, une grande place est faite à la Vierge Marie intercédant ; à la gauche du Christ a lieu la pesée des âmes : incarnant le poids des péchés, des démons pèsent sur le plateau de la balance (en fait, une sorte de cabas tressé), mais ce poids est trop faible et le plateau, portant l'âme en position d'adoration, est malgré tout accueilli dans les mains de l'archange saint Michel.

On a donc une représentation optimiste du Jugement dernier, en cohérence avec l'époque prospère de sa réalisation.

Jugé barbare par les chanoines, le tympan fut plâtré en 1766, ce qui préserva l'ouvrage de possibles dégradations lors de la Révolution française.. Peu après le passage de Stendhal à Autun, d'autres chanoines le dégagèrent, sans la tête qui manquait au Christ. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale que le chanoine Denis Grivot la retrouva et la remit à sa place.

Linteau Sous le tympan, le linteau représente les âmes au Jugement dernier. On y retrouve les éléments classiques de ce sujet : la résurrection des morts, dont certains se cachent déjà le visage, d'autres portant les emblèmes du pèlerin (coquille Saint-Jacques) ; la femme aux seins mordus par les serpents, représentant la Luxure ;

Zodiaque et travaux des mois Le tympan est bordé sur l'extérieur par une série d'une trentaine de médaillons circulaires, où alternent des scènes de saison et des signes astrologiques. De gauche à droite, et dans le sens des aiguilles d'une montre, on y reconnaît : Motif floral à six pétales ; Disque (représentant le Soleil?) d'où rayonnent alternativement huit épis et huit feuilles ; Le prévoyant portant un épi, l'imprévoyant pleurant dans ses vêtements ; Le sage (en habit de prêtre ?) et le fou (dénudé) ; Janvier : un paysan se coupe un morceau de pain en se chauffant au feu ; Verseau : un personnage vêtu d'une simple cape (aux bains?) verse de l'eau ; Février : un paysan assis sur une chaise se chauffe au coin du feu ; Poisson : deux poissons tête-bêche, capturés par une même ligne de pêche ; Mars : un paysan taille la vigne (ou un arbre fruitier?). ; Bélier : un bélier passant contourné ; Avril : un paysan nourrit une chèvre et un mouton (pour les mener aux champs?). ; Taureau : un taureau passant contourné ; Mai : un chevalier banneret se prépare à l'exercice : il mène son cheval, derrière lui on voit son bouclier et sa bannière accrochée à une lance ; Gémeaux : deux jeunes hommes nus tenant chacun une bannière ;

vignette|Personnage central entre Gémeaux et Cancer, contemplant l'année.

Solstice d'été : un personnage assis règne sur le cycle annuel. Ce personnage représenterait l'année, conformément à une enluminure dans un manuscrit roman, le Chronicon zweifaltense minus (folio 6v.). ; Cancer : une écrevisse énorme ; Juin : un personnage cueille et mange les fruits des arbres ; Lion : un lion passant ; Juillet : la récolte du foin, un homme aiguise sa faux. ; Vierge : un ange ; Août : le battage du blé, un homme tient un fléau sur des gerbes de blé liées.. Il est torse nu, les braies nouées pour éviter les piqures du bléAutun art et histoire, Vivre au . ; Balance : une femme vérifie l'équilibre d'une balance ; Septembre : un homme foule le raisin qu'il récolte de la main gauche. ; Scorpion : un « scorpion », figuré par une sorte de crapaud à huit pattes ; Octobre : un homme bat un chêne pour en faire tomber les glands pour nourrir ses cochons (droit de pasnage). ; Sagittaire : un centaure tire à l'arc ; Novembre : ramassage du bois mort pour l'hiver, un homme porte un fagot sur son dos ; Capricorne : figure mythologique à tête de bouc, ailes d'aigle, et queue de poisson ; Décembre : l'abattage des porcs. ; Motif floral à six pétales symétrique du premier.

Trumeau vignette|upright|Trumeau du portail central.

Le trumeau, bien postérieur, puisqu'il date du , représente saint Lazare et ses deux sœurs.

Intérieur Nef Les vaisseaux central et latéraux sont en voûte brisée, non contrebalancées à l'origine par des arcs-boutants, rendant l'ensemble assez instable. Ces derniers ont été rajoutés au .

Des chapiteaux historiés ornent les colonnes de la nef centrale. Bien que remarquables, ils sont assez peu visibles du fait de leur éloignement et de la relative pénombre.

Chœur Le chœur a été refait au en style gothique et les vitraux datent des .

Le retable Noli me tangere est le seul retable du de la cathédrale. Sainte Marie-Madeleine et le Christ se dressent de part et d'autre d'un arbre supportant les armoiries des commanditaires. Sur le phylactère partiellement brisé est retranscrite la phrase que prononce Jésus à l'intention de Marie-Madeleine : « Noli me tangere » (« Ne me touche pas »).

Vitraux