Gand (prononcé : ; , prononcé : ), est une ville belge néerlandophone, située en Région flamande au confluent de la Lys et de l'Escaut. Elle est le chef-lieu de la province de Flandre-Orientale et depuis 1559 le siège de l'évêché de Gand. Avec https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK, elle est la deuxième commune de Belgique, après Anvers. L'agglomération gantoise compte environ .
Capitale de l'ancien comté de Flandre, grande cité drapière et commerçante, puis ville natale de Charles Quint, elle connut à partir du , et plus encore du au , une période de floraison tant économique que culturelle. De cette époque rayonnante, Gand conserve un patrimoine architectural foisonnant qui agrémente son centre-ville.
De plus, elle est aujourd'hui animée par une vie culturelle importante (théâtre, opéra, musées), un festival annuel du spectacle populaire () attirant chaque année près de deux millions de visiteurs, un festival international du film, qui font de cette ville un centre touristique de tout premier plan.
Aujourd'hui, Gand est la ville étudiante la plus peuplée de Belgique avec une université, de nombreuses hautes écoles et établissements d'enseignement supérieur, elle est devenue un centre de pointe dans de nombreux domaines, dont les biotechnologiesGand : Le nouvel épicentre européen de biotechnologie verte.. Le port maritime de Gand, creusé à l'intérieur des terres, est le troisième port du pays par son tonnage, il a permis à la ville de diversifier son industrie, naguère encore fortement dominée par l'activité traditionnelle du textile.
Géographie Sections de commune vignette|225px|left|Sections I Gand (Gent) II Mariakerke III Tronchiennes (Drongen) IV Wondelgem V Mont-Saint-Amand (Sint-Amandsberg) VI Oostacker (Oostakker) VII Desteldonk VIII Mendonk IX Winkel-Sainte-Croix (Sint-Kruis-Winkel) X Ledeberg XI Gentbrugge XII Afsnee XIII Westrem-Saint-Denis (Sint-Denijs-Westrem) XIV Swynaerde (Zwijnaarde)
Communes limitrophes
Toponymie Du latin Candia ou Gandia, issu du mot gaulois signifiant « confluence de cours d'eau », qu'on trouve dans Condate (Rennes), Condevicnum (Nantes) et aujourd'hui dans les lieux nommés « Condé » (Condé-sur-Sarthe, etc.).
Langues La langue officielle et majoritaire est le néerlandais, sous sa forme officielle mais aussi dialectale (flamand oriental). La présence du français est attestée depuis le et il a longtemps servi comme lingua franca. On estime aujourd'hui qu'il y a de 5 à 9,6 % de francophones dans la commune de Gand, par rapport à un taux d'estimation de 6,4 % de francophones dans toute la région flamande.. En nombre absolu, cela signifierait entre du français dans la ville. Contrairement aux idées reçues, l'usage du français y est toujours en vigueurhttps://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02063605/document..
Histoire Antiquité vignette|redresse|gauche|Le beffroi de Gand avec son dragon au sommet, et la cathédrale Saint-Bavon au fond. vignette|Bataille de Roosebeke, 1382. Le nom « Gand » vient du gaulois condate (accentuation sur la première syllabe qui a apocopé la suite du mot), qui veut dire « confluent ». Déjà avant le , il y avait au confluent des rivières de la Lys et de l'Escaut plusieurs hameaux.
Moyen Âge Les Francs saliens s'installent en Flandre au en y apportant le bas francique, qui donnera plus tard le flamand. Gand fut l'un des derniers réduits du paganisme dans les royaumes francs : saint Amand, venu l'évangéliser, fut jeté dans l'Escaut. Vers 650, saint Amand y fonda deux abbayes : l'abbaye Saint-Pierre et l'abbaye Saint-Bavon. La cité de Gand prit naissance sous les Carolingiens autour de trois quartiers : ceux des deux abbayes et un marché. Vers 800, Louis le Pieux, un des fils de Charlemagne, choisit Éginhard, le biographe de Charlemagne, comme abbé des deux fondations religieuses.
Les Vikings ont occupé et détruit Gand et sa région en 851-852 et 879-883.
Au , édifie, à l'emplacement de l'actuel château des comtes de Flandre, un castrum en pierre dominant un troisième noyau urbain. Il en confie la garde à des châtelains héréditaires issus de Wenemar, avoué de l'abbaye Saint-Pierre de Gand vers 900.
Une ville drapière prospère au Moyen Âge Après leur départ à la fin du , le château des comtes de Flandre fut érigé. Le quartier autour de ce château devint vite un nouveau noyau de la ville grandissante. Du , Gand était la deuxième ville d'Europe (hors la péninsule Italienne) après Paris (avec ) par sa population (jusqu'à ), devant Londres, Cologne et Moscou. Il ne subsiste du tissu urbain d'alors que le beffroi et les tours de la cathédrale Saint-Bavon et Saint-Nicolas.
Les deux rivières (Lys et Escaut) inondaient la plaine environnante. Les meersen (« prairies humides » : le mot néerlandais est apparenté à l'anglais marsh, mais n'a pas exactement le même sens, car le meers néerlandais n'est pas en permanence submergé) étaient idéales pour l'élevage d'ovins, dont la laine formait la matière première de l'industrie drapière.
Cette industrie drapière (drap de laine), originaire de Ypres et Bruges, donna naissance à Gand à la plus vieille zone industrielle d'Europe. Cette zone d'échange était à ce point active qu'on importait la laine même d'Angleterre : c'est l'une des raisons pour lesquelles les îles Britanniques entretinrent toujours d'étroits liens avec les FlandresJean Favier, La Guerre de Cent ans, , Gallimard..
L'intégration aux États bourguignons Au , les Flandres devinrent l'apanage du duché de Bourgogne, et les échanges avec l'Angleterre se dégradèrent notablement au cours de la guerre de Cent Ans. C'est à Gand en , un mois après la conclusion d'une alliance militaire avec les villes flamandes, que le roi d'Angleterre prit le titre de « roi d'Angleterre et de France » dans sa lutte contre ..
En 1379, une première révolte eut lieu contre , qui ne put l'écraser qu'avec l'aide du roi de France , à la bataille de Roosebeke en 1382.
L'augmentation des impôts, jointe à la baisse des exportations, entraîna une seconde révolte qui s'acheva en 1453 par la bataille de Gavere, où les milices gantoises furent défaites par Philippe le Bon. Le centre de gravité économique des Pays-Bas se déplaça alors des Flandres (Bruges, Gand) au Brabant (Anvers, Bruxelles), même si Gand continua à jouer un rôle important.
Temps modernes vignette|Première révolte de Gand. vignette|gauche|La ville de Gand dans l’Union d'Utrecht. En 1500, Jeanne de Castille y donna naissance à Charles Quint, futur empereur romain germanique et roi d'Espagne. Quoique natif de Gand, celui-ci prit des mesures brutales pour réprimer la révolte de Gand de 1539, exigeant que les notables de la ville défilent pieds nus avec une corde autour du cou : depuis cette époque, les Gantois sont surnommés Stroppendragers (les « garrotés »). La congrégation de Saint-Bavon fut dissoute, son monastère rasé et remplacé par une caserne ducale. Seuls quelques édifices de l'ancienne abbaye échappèrent à la démolition. L'empereur était cependant fier de cette métropole : il se faisait fort de « mettre Paris dans son Gant ».
La fin du se traduisirent par des bouleversements liés à la guerre de Quatre-Vingts Ans. Face à la menace des troupes espagnoles, des états généraux des Dix-Sept Provinces se tiennent à Gand en 1576. Il en résulte un acte de pacification qui affirme l'autonomie nationale contre les ministres et les troupes espagnolesCatherine Denys et Isabelle Paresys, Les anciens Pays-Bas à l'époque moderne (1404-1815), 2007.. Don Juan d'Autriche est obligé d'accepter la pacification de Gand. Cependant, la minorité calviniste, organisée en un parti d'une grande efficacité, s'empare du pouvoir par la force. En 1577, les calvinistes s'appuient sur le programme du prince d'Orange qui promet la restauration des libertés communales. Les vieilles magistratures municipales retrouvèrent leurs prérogatives, les chartes confisquées réapparurent et les métiers siégèrent derechef à la CollaceYves-Marie Bercé, Révoltes et révolutions en Europe, , 1980.. Gand est pour un temps une république calviniste.
Mais bientôt les Espagnols, conduits par Alexandre Farnèse, reprirent la ville, la convertissant définitivement au catholicisme. Les conflits de la guerre de Quatre-Vingts Ans mirent un terme au rayonnement international de Gand.
La ville est prise en 1678 par Vauban, .. En 1714, elle est intégrée aux Pays-Bas autrichiens, sous la domination des Habsbourg d'Autriche. Aux , l'industrie textile se remet à prospérer.
Dans le contexte de la guerre d'indépendance américaine, le port de Gand profite du statut neutre de ses navires. En particulier, des armateurs viennent y pratiquer la traite négrière transatlantique, comme Frédéric de Romberg.
Époque contemporaine En 1789, Gand est prise aux troupes de l'empereur d'Autriche par les révolutionnaires des États-Belgiques-Unis, au cours d'un épisode connu sous le nom des « quatre journées de Gand ».
Période française
À la suite de la Révolution française de 1789, la Première République se lance dans les guerres de la Révolution française et tente une première annexion des Pays-Bas méridionaux. Gand est rattachée dès le . Si les autrichiens parviennent à reprendre leurs terres, ce n'est que pour mieux voir revenir les Français lors d'une seconde annexion dès 1794, cette fois moins éphémère. Ils y créent les « départements réunis », dont le département de l'Escaut, duquel Gand devient le chef-lieu.
En 1800, en pleine révolution industrielle, Liévin Bauwens installe la première machine à tisser mécanique sur le continent, à partir de plans copiés en Angleterre. Il devient également maire de la ville. Le , Napoléon Bonaparte crée officiellement le corps des pompiers de Gand.
Le , le traité de Gand met formellement un terme à la guerre de 1812 entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Pendant les Cent-Jours, le roi de France, et ses partisans se réfugièrent à Gand, ce qui fit surnommer le roi Notre père de Gand par les satiristes.
Période néerlandaise vignette|La citadelle de Gand, construite à partir de 1822, lors du régime du royaume uni des Pays-Bas.
En 1815, les puissances européennes vainqueurs de Napoléon Bonaparte, réunies lors du congrès de Vienne, créent un État tampon entre la France et la Prusse : le royaume uni des Pays-Bas. Ce dernier unifie l'ancienne république des Provinces-Unies, majoritairement protestante, aux Pays-Bas méridionaux, majoritairement catholiques, dont fait partie Gand. Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande fait alors pression pour que soit érigée la barrière Wellington, qui comprend de nombreuses forteresses disposées le long de trois lignes de défense contre la France. L'une d'elles est la citadelle de Gand, construite à partir de 1822.
Le roi Guillaume Ier fonda trois universités dans l'actuelle Belgique. L'une d'elles à Gand, celle-ci en mémoire de l'éphémère université de Gand à l'époque protestante, lorsque le prince d'Orange y résidait. Le roi Guillaume Ier fit construire l'université de Gand, inaugurée le , où les cours étaient dispensés en latin. Il fait également creuser un nouveau canal reliant la ville à l'Escaut et à la mer du Nord : le canal Gand-Terneuzen, construit entre 1824 et 1827. Lors de sa visite dans la ville en 1829, un bal est donné en son honneur au château des comtes de Flandre dans la nuit du 30 au lorsqu'un important incendie se déclare et ravage la filature de coton « Hendrickx Couvreur » qui s'y trouve.
Révolution belge vignette|Les pompiers de Gand combattants les rebelles dans la Gouvernementstraat, lors du coup d'état orangiste de 1831 à Gand.