Le surmoi (en allemand Über-Ich) est un concept psychanalytique élaboré par Freud. Il est, avec le Ça et le moi, l'une des trois instances de la seconde topique freudienne. En tant qu'héritier du complexe d'Œdipe, il représente plutôt une instance morale.
Le surmoi dans la seconde topique de Freud
La notion de surmoi apparaît dans la seconde topiqueLe mot topique signifie lieu (du grec ) et désigne des lieux psychiques distincts.Chemama R., Vandermersch B., Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Larousse, 2009, freudienne comme l'une des trois instances de l'appareil psychique, les deux autres étant le moi et le ça. Selon Jean-Luc Donnet, le surmoi résulte essentiellement de l'intériorisation de l'autorité parentale. Il faut rappeler que pendant une dizaine d'années, « surmoi » et « idéal du moi » ne sont pas deux entités distinctes pour Freud.
Selon Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, le surmoi Dans Le Moi et le Ça (1923), encore mal différencié de l'idéal-du-moi, le surmoi est toutefois considéré comme inconscient à l'instar d'une grande partie du moi.
Pour Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, Freud Ces deux auteurs rappellent que classiquement
Le surmoi et l'impératif catégorique kantien
En assimilant à l'impératif catégorique kantien (1915, avant-propos de Totem et Tabou), Freud a commencé de penser que l'impératif catégorique en question de Kant est (1924, Le problème économique du masochisme). Selon Paul-Laurent Assoun, il se confronte , non sans manifester envers le philosophe, auteur de la sentence . Freud rétorque : (1933, trentième des Nouvelles Conférences d'introduction à la psychanalyse), ou encore : (1933, trente-cinquième des Nouvelles Conférences). D'après Assoun, Freud voit dans le masochisme moral qui est un vecteur de la pulsion de mort . On verrait les effets de ce surmoi dans , à rapprocher de ce fait de l'impératif catégorique kantien élevant en loi .
Après Freud : le surmoi kleinien Melanie Klein voit le surmoi à l’œuvre dès les stades pré-œdipiens.
Plus tard, elle ajoute à cette approche œdipienne et post-œdipienne de Freud une dimension précoce du surmoi, à laquelle Jacques Lacan rend hommage : En effet, Melanie Klein désigne différentes couches dans la formation du surmoi, dont certaines liées à la toute première enfance, quand l'enfant craint les parents qui mordent et dévorent tout autant qu'il a lui-même envie de mordre et dévorer, ou craint d'être sali tout autant qu'il a envie de salir, et ainsi de suite.
Le surmoi chez Lacan Jacques Lacan a mis en avant la face pulsionnelle du surmoi, à partir de la lecture du ‘Malaise dans la civilisation’, texte de Freud de 1929-1930. Le renoncement pulsionnel nécessaire, à la faveur du lien social dans la civilisation, alimente la sévérité du surmoi, ce que Lacan épingle comme la gourmandise du surmoi. Ce concept gagne ainsi un nouveau relief permettant de donner une lecture aux enjeux cliniques contemporains, en lien avec le malaise dans la civilisation, qu’il considère structurel.
Sous cet aspect, le concept de surmoi peut être considéré parmi les concepts les plus fondamentaux en psychanalyse, voire l’un des noms de l’inconscients (13). Il véhicule, par son accointance avec la pulsion de mort, l’idée propre à la psychanalyse de la division du sujet contre lui-même, c’est-à-dire, qu’il n’est pas gouverné par le principe de son propre bien. Le surmoi serait dans ce sens la mise en évidence de la division constitutive du sujet, propre à la psychanalyse. Dans les sillons de la perspective lacanienne du concept de surmoi, Adriana Campos reprend cette double dimension du surmoi, à la fois civilisateur et féroce dégagé par Freud et Lacan.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
Textes de référence Sigmund Freud : Le Moi et le Ça (1923) in Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse T. XVI 1921 - 1923, PUF, 1991, « Le Problème économique du masochisme » (1924), Inhibition, symptôme et angoisse (1925), Malaise dans la civilisation (1930), Moïse et le monothéisme (1937) Sandor Ferenczi : Mots obscènes. Contribution à la psychologie de la période de latence, in Psychanalyse I, Payot, 1990. L'Adaptation de la famille à l'enfant, in Psychanalyse IV, Payot, 2007. Confusion de langue entre les adultes et l'enfant, Payot, 2004. Melanie Klein, « Les stades précoces du conflit œdipien », in Essais de psychanalyse, traduction de l'anglais par Marguerite Derrida, préface de Nicolas Abraham et Maria Torok, Paris, Payot, 1978,
Études sur le surmoi
Cléopâtre Athanassiou, Introduction à l'étude du surmoi : Une révision théorique et clinique, Césura Lyon, 1995, . Le Surmoi, PUF, 1995, . Collectif, Le Ça, le Moi, le Surmoi, Sand & Tchou, 1997, . Jean-Luc Donnet, Surmoi, PUF - Monographie de la Revue française de psychanalyse, 1995, .
Francis Pasche, Du surmoi ambivalent au surmoi impersonnel, in Le Passé recomposé, PUF, 2000.
[Saverio Tomasella, Le Surmoi : il faut, je dois, Eyrolles, 2009, .
Articles connexes Complexe d'Œdipe Idéal du Moi Le Moi et le Ça Malaise dans la civilisation
Catégorie:Métapsychologie