Dans la mythologie grecque, Érichthonios (en grec ancien ) est le quatrième roi légendaire d'AthènesChronique de Paros, 9..

Mythe Les textes sont souvent confus à son égard, mélangeant son mythe à celui de son petit-fils, Érechthée. Il est probable qu'il s'agisse d'un seul personnage ensuite dédoublé ou, de manière moins plausible, que les deux aient été confondus par la suiteGantz, .. Il est le fils de Gaïa et Héphaïstos.

Selon Homère, Érichthonios est le fils de Gaïa seule (la Terre)« Enfant de la terre du blé » : , , 548, trad. Philippe Jaccottet, ou « Érékhtheus que nourrit Athènè, fille de Zeus, après que la terre l’eut enfanté »... Dans une autre version, épris d'Athéna, Héphaïstos tente de la posséder alors que celle-ci se refuse à toute union. Au moment où il la tient presque, celle-ci réussit à s'échapper mais le dieu éjacule sur l'une des cuisses de la déesse (ou directement à terre) qui l'essuie avec un tissu de laine qu'elle jette à terre. La Terre, Gaïa, ainsi fécondée donne naissance à Érichthonios, nom qui explique les circonstances de sa naissance — , laine, et , la terreScholie du , 8 de l'Iliade ; Etymologicum Magnum, à l'article « Érechtheus ».. Ce fils d'Héphaïstos est probablement originellement un « feu fondateur »Jean Haudry, Le feu dans la tradition indo-européenne, Archè, Milan, 2016 , p. 311..

Gaïa confie l'enfant à Athéna qui le recueille et l'élève, une légende qui permet d'affilier les Athéniens à Athéna, sans qu'elle perde son précieux statut de déesse vierge.. Selon d'autres auteurs, Érichthonios est un autochtone, c'est-à-dire un enfant spontané de la TerreHarpocration citant la Danaïde (2 PEG) et Pindare (253 SM).. L'enfant a pour particularité d'être mi-homme mi-serpent, tout comme Cécrops. Selon Hygin, Athéna remet ensuite l'enfant, enfermé dans un coffre, aux filles de Cécrops : Pandrose, Aglaure et Hersé, tout en leur défendant formellement de l'ouvrir. L'ordre est respecté par Pandrose, mais pas par Aglaure et Hersé et les jeunes filles, terrorisées à la vue de l'enfant, se jettent du haut de l'AcropoleBibliothèque du Pseudo-Apollodore 3, 14, 6.. Selon Ovide 2, 558–560., Pandrose est elle aussi coupable car elle jette un œil dans la boîte sur l'insistance de sa sœur Aglaure. Euripide relate aussi le mytheEuripide, Ion 271–273.. Cet événement donne lieu à une fête en l'honneur d'Athéna et Aphrodite, la nuit du solstice d'été, l’Arrephoria.

Érichthonios prend possession du trône d'Athènes, et établit plusieurs cultes importants : les Panathénées, fête en l’honneur de sa mère putative ; le temple d’Athéna où il installe le premier xoanon représentant la déesse ; le culte à Gaïa Kourotrophe ; il crée aussi la canéphorie et la thallophore.

On lui attribue aussi l'invention du char à quatre roues, du jeu de l’apobate. C’est sur le char qu’il a inventé que Zeus l'enlève ensuite au ciel pour en faire la constellation du Cocher. Il épouse Praxithée, une naïade. Elle lui donne un fils, Pandion, qui lui succède sur le trône.

Culte

Érechthéion Érichthonios fait l'objet d'un culte héroïque à Athènes. Immédiatement à l'est du Pandroséion se trouvait l'Érechthéion, le sanctuaire dédié à Érechthonios H. A. Shapiro, "The Cult of Heroines: Kekrops' Daughters", 1995, in Pandora: Women in Classical Greece, ed. Ellen D. Reeder (Princeton, NJ: Princeton University Press, 1995), 41.. C'était un parvis en forme de quadrilatère à l'air libre. L'objet principal de l'Érechthéion était un olivier dédié à Athéna. Dans son ombre, un autel est dédié à Zeus Herkeios (« Zeus du Parvis »). Une porte dans le mur ouest donnait un accès direct à l'intérieur du Pandroséion. Une autre porte était aussi connectée directement avec le Pandroséion et le porche nord Jeffrey M. Hurwit, The Athenian Acropolis: History, Mythology, and Archaeology from the Neolithic Era to the Present (Cambridge: Cambridge University Press, 2000), 204..

Pandroséion Selon Pausanias, Ce rituel est fait chaque année ; ces vierges ne servent qu'une année à l'Acropole.

Iconographie Ce thème est traité par plusieurs maîtres de l'école d'Anvers, comme : Jacob Jordaens : Les Filles de Cécrops découvrant l'enfant Érichthonios, (1617), huile sur toile, 172 x 283 cm, Musée royal des beaux-arts, Anvers. Jacob Jordaens : Les Filles de Cécrops découvrant l'enfant Érichthonios (1640), huile sur toile, 150 x 208 cm, Kunsthistorisches Museum de Vienne. Willem van Herp : La Découverte d'Érichthonios par les filles de Cécrops (vers 1650), huile sur toile, 59 x 48 cm, collection privée. Jasper van der Lanen : Les Filles de Cécrops délivrent Érichthonios (1620), huile sur cuivre, 55 x 73 cm, collection privée. Rubens : Érichthonios découvert par les filles de Cécrops (1616), huile sur toile, 217,9 x 317 cm, Liechtenstein Museum, Vienne. Rubens : La Découverte d'Érichthonios (1632-1633), huile sur toile, 109,3 x 103,4 cm, Allen Memorial Art Museum, Oberlin (Ohio).

Sources (, 548). (, 14, 6-7). (v. 21). (, 2).

Références

Annexes Bibliographie

, . Nicole Loraux : Les Enfants d'Athéna. Idées athéniennes sur la citoyenneté et la division des sexes, Seuil, coll. « Points / Essais », Paris, 1990 , Né de la terre. Mythe et politique à Athènes, Seuil, coll. « La Librairie du », Paris, 1998 .

Liens externes

Catégorie:Autochtone grec Catégorie:Progéniture d'Héphaïstos Catégorie:Culte héroïque grec Catégorie:Roi d'Athènes Catégorie:Métamorphose céleste dans la mythologie grecque