La Part-Dieu est un quartier situé dans le de la ville de Lyon, en France. La Part-Dieu est considéré comme le deuxième centre-ville de Lyon après la Presqu'île et est le second quartier d'affaires français après La Défense. Conçu initialement comme une alternative au centre-ville ancien, ce quartier est devenu alors le premier quartier d'affaires de France hors Île-de-France. Il est essentiellement composé d'immeubles bas et de tours. C'est le « centre névralgique » de l'agglomération lyonnaise en tant que métropole d'équilibre en France ; important pôle d'échanges multimodal en France (et européen), ce quartier nouveau comporte les facilités d'accès à Lyon par l'avion, son accès direct par le train, l'accès à toute l'agglomération-département (métro-tramway-bus).
La combinaison initiale du projet de 1960 habitation-commerces-activité dans le tertiaire est toujours actuellement de circonstance pour garder le quartier « vivant » (économiquement actif et patrimoine architectural récent valorisé).
Situation Situé sur la rive gauche (à l'est) du Rhône, ce quartier abrite notamment le centre commercial de La Part-Dieu et la gare de Lyon-Part-Dieu. Il est délimité à l'ouest par la rue Garibaldi, au sud par le quartier de la Buire, à l'est par la rue de la Villette et au nord par le cours La Fayette.
Histoire vignette|Octroi de 1203 cédant le domaine de la Par-deu. vignette|Casernes de la Part-Dieu dans la première moitié du .
Origine du nom La Part-Dieu apparaît pour la première fois dans un accord de 1203 entre l'abbaye de Saint-Irénée de Lyon et un certain Jean Blanchard, qui reçoit le « dominium » d'une terre « au-delà du port du Rhône » qui est dite « a la part Deu », orthographe ancienne pour l'actuelle « Part-Dieu », que l'on peut comprendre comme la « propriété de Dieu » ou le « don de Dieu ». Une hypothèse de ce nom semble renvoyer à la nature marécageuse de la zone qui s'étend du quartier des Brotteaux (le « broteau » est une terre basse et inondable) à l'axe actuel du cours Lafayette : un homme pieux du aurait vu, dans la partie sud épargnée par les eaux et rendue fertile, un don du Ciel..
Chronologie Les terrains constituant actuellement le quartier de la Part-Dieu furent longtemps composés de champs et de terrains insalubres soumis aux inondations du Rhône. D'après un inventaire des biens de l'Hôtel Dieu, la terre aurait été donnée aux moines de Saint-Irénée, en 1150, par Guillaume de FuerGuillaume de Fuer laissa son nom à un ruisseau disparu en 1861., d'une famille attestée du patriciat lyonnais.. Humbert de Forez, abbé de Saint-Irénée, et ses moines, confient le domaine à des gestionnaires, comme Jean Blanchard en 1203Parchemin manuscrit rédigé en latin à l'encre noire. Il porte deux autres numéros d'inventaire : 2007.01954.M (ancienne cote au musée des Hospices civils de Lyon), AC/1/Z/5 (nouvelle cote dans un inventaire des pièces isolées en provenance du musée)..
À la fin du , ces terres sont rassemblées sous l'égide d'une famille noble, les Rousselet, qui les cède en 1571 à Jean Le Mort, secrétaire ordinaire de Catherine de Médicis. Jean Le Mort transforme la demeure qui existait déjà en une véritable maison forte. En 1620, l'ensemble est cédé à Amable de la Pelonce, noble et chevalier, qui la lègue en 1649 à Genis Dumas. En 1670, la seigneurie est la possession de Marc-Antoine Mazenod, ancien échevin de Lyon, qui la lègue par son testament de 1679 à sa fille Catherine, devenue en 1694 Madame de Servient. Les bâtiments sont situés à proximité de l'angle des rues André Philip et Chaponnay (noms en vigueur depuis les années 1970)Jean Pelletier, Connaître son arrondissement, le , éditions lyonnaises d'art et d'histoire, 2000, . Note : il s'agit d'une section de la rue Boileau qui a été renommée en rue André Philip dans les années 1970.. Catherine de Servient les vend en viager aux Hospices civils de Lyon qui les récupèrent en 1737. En 1831, dans le cadre de la 1ère ceinture fortifiée de Lyon une petite fortification est édifiée, le fort ou redoute de la Part-Dieu à l’emplacement du boulevard Vivier-Merle. Des vestiges de la ferme de la Part-Dieu présente sur ce plan de 1550 persistaient au 101 rue de la Part-Dieu, vers la rue André Philip, et furent détruits en 1982. Les Hospices civils les cèdent à leur tour en 1844 pour construire les casernes de la Part-Dieu, qui resteront en activité pendant plus d'un siècle.
En 1852, le quartier, alors dépendant de la Guillotière, est annexé à la ville de Lyon. Jusqu'alors, ⅘ du territoire de la rive gauche du Rhône sont encore occupés par les grandes fermes toujours en activité. L'évolution vers les pépinières et le maraîchage s'accentue, par exemple, autour de la place Danton actuelle, et son domaine de ChampfleuryJean Pelletier, Connaître son arrondissement, le , éditions lyonnaises d'art et d'histoire, 2000, .. En 1926, la municipalité de Lyon qui souhaite récupérer les terrains pour y construire un nouveau quartier, organise un concours d'architecture, dont le projet lauréat prévoit l'édification de deux tours. Ce projet ne voit cependant pas le jour, du fait de l'opposition de l'administration militaire.
Après la libération sous l'impulsion de Eugène Claudius-Petit et Laurent Bonnevay le quartier est le lieu de l'expérimentation d'urbanisme style « mouvement moderne » avec une architecture « corbuséenne ».. Au milieu des années 1950 s'engage l'opération « Brotteaux-Part Dieu », qui vise à assainir une large partie du troisième et du sixième arrondissements de Lyon.
En 1957, le ministère de la Défense vend les terrains de la caserne à la ville de Lyon, qui confie l'aménagement à la SERL (Société d’équipement du Rhône et de Lyon).. Au début des années 1960, le projet d'aménagement de la Part-Dieu se transforme pour réaliser un véritable « centre directionnel ». Le programme de ce « centre directionnel » est présenté en 1963 par l'architecte Charles Delfante, nommé urbaniste en chef par le maire de Lyon Louis Pradel.
De 1948 à 1958, le Groupement d'Urbanisme de la Région Lyonnaise élabore le plan directeur approuvé en 1962.. À l'origine, dans les différents projets, le centre a navigué entre l'ouest lyonnais (sur une côte trop éloignée), la Presqu'île (trop petite), et la Part-Dieu.
En définitive, le projet a été stabilisé à La Part-Dieu ; on y prévoit de réaliser un nouveau quartier central, qui comprendrait un pôle culturel (comprenant une bibliothèque, une salle de concert…), un pôle commercial, un pôle de bureaux privés (à la condition que les bureaux soient destinés à l'accueil du public), un pôle administratif (dont une annexe de la mairie de Lyon) et des logements.
Le pôle culturel se réduit à la Bibliothèque et à l'Auditorium, chacun à une extrémité du site. L'axe est-ouest est par le centre commercial qui enjambe la rue Servient. Une gare était envisagée dans les années 1960 à l'emplacement des terrains du PLM Marseille et Grenoble très utilisés en zone d'activité commerciale par la SNCF, mais le projet est abandonné avant de resurgir en 1971, par suite de la décision de construire un train rapide, le futur TGV, qui implique de remplacer l'ancienne gare des Brotteaux. La nouvelle gare ouvre ses portes en 1983, deux ans après l'inauguration de la ligne à grande vitesse reliant Paris à Lyon en 1981.
La Part-Dieu voit le jour., lentement. Un gigantesque centre commercial (, alors qu'il était prévu ) voit le jour. Il est inauguré le . Des immeubles se construisent péniblement jusqu'en 1972, puis rapidement l'ensemble des îlots trouvent preneur. Seuls les lots « R » et « J » restent vides. Le lot « R » accueille la tour Oxygène. en .
Achevée en 2015, la Tour Incity devient à son tour la plus haute tour de Lyon, et le plus haut gratte-ciel de France hors Paris ( haut en comptant Paris)..
Dans les décennies 2010-2020, le quartier de la Part-Dieu est l'objet d'importants travaux, comme ceux autour de la gare, visant à adapter ce lieu à l'afflux de voyageurs, ou encore comme les travaux de l'extension du centre commercial... Au printemps 2025, la place Charles-Béraudier devant la gare de la Part-Dieu voit la construction de la « place basse » se terminer, créant un espace en sous-sol incluant un dépose-minute et un important parking à vélo..
Urbanisme vignette|Le quartier d'affaires de la Part-Dieu (Lyon ), et ses immeubles de grande hauteur en 2021 : de gauche à droite, la tour Silex 2, la tour To-Lyon en travaux, la tour Part-Dieu, dit « le crayon », la tour Incity et la tour Oxygène. vignette|Le quartier d'affaires de la Part-Dieu vu depuis Fourvière, pendant la construction de la tour To-Lyon.
Ce quartier voué au tertiaire possède peu de logements et est caractéristique de l'urbanisme sur dalle, en vogue durant les Trente Glorieuses. Les architectes en sont Jacques Perrin-Fayolle, Jean Sillan et Jean Zumbrunnen sous la direction de Charles Delfante. L'un des objectifs de cet emploi d'une dalle consiste notamment à créer une nette séparation des flux motorisés et du stationnement par rapport aux autres modes de déplacement. Cette technique est aujourd'hui considérée comme la source de nombreuses difficultés de fonctionnement et de perception de la ville : création en sous-sol et en terrasse de zones désertées et peu sûres, déconnexion de la ville de la réalité du terrain, de son histoire, de son relief, transition souvent ratée avec les quartiers voisins, dangerosité constatée des « raccourcis » (pris au niveau circulation automobile) utilisés par les piétons.
De fait, la réalisation du niveau piétons ne put atteindre ses objectifs, parce que la Cité administrative d'État fut construite d'emblée en dérogation aux règles devant permettre une circulation globale sur tout le quartier.
Cependant après la destruction des passerelles et la mise à niveau du sol des circulations piétons et vélos, le toit du « Crayon » illuminé, la devanture du centre commercial et les enseignes publicitaires sur la gare soulignent la modernité du quartier. Elle suit l'évolution de la notion de « ville-lumière » avec la mise valeur du patrimoine, une conséquence de la technique (led) et de la tradition de la Fête des Lumières. Les éclairages du boulevard Vivier-Merle (néons bleus sur les bâtiments, lampadaires de même couleur) et de la bibliothèque (illuminée par un faisceau dirigé vers le ciel), sont particulièrement remarquables. Mais on peut souligner également le sommet de la Tour Oxygène éclairé par un défilement de plusieurs couleurs.
Depuis 2010, la Métropole de Lyon a lancé un projet urbain destiné à renouveler le quartier et faire de Lyon Part-Dieu une référence internationale en matière d'innovation urbaine et de performance économique d'ici 2030. Il repose sur la coproduction entre acteurs privés et publics. Depuis 2015, le projet est conduit par une Société Publique Locale (SPL), outil d'aménagement de la Métropole et de la Ville de Lyon sur un périmètre de .
À noter ces chiffres-clefs de 2015 : Près de d’activités tertiaires dans une ville qui en compte de m² et . de plus de . de moins de . Plus de et près du double en comptant sa proche périphérie d’hôtel de stationnement public par jour en moyenne au centre commercial de visiteurs par an au centre commercial de visiteurs aux Halles Paul Bocuse par jour transitant à la gare, de voyageurs par an quotidiens dans le quartier et .
Déplacements urbains Les déplacements urbains sont facilités sur le site de la Part-Dieu par le maillage du réseau des TCL : de nombreuses lignes de bus ont un terminus à la Part-Dieu ; la ligne B du métro et les tramways T1, T3 et T4 y passent ; le quartier est aussi desservi par les lignes fortes de trolleybus C1, C2 et C3.
Depuis le , le tram-train Rhônexpress, géré par SYTRAL Mobilités et exploité par une filiale de Transdev, relie la Part-Dieu à l'aéroport Saint-Exupéry.
Lignes de transports en commun desservant le quartier
Gare Part-Dieu - Vivier Merle
Gare Part-Dieu - Villette