Le 36, quai des Orfèvres est le bâtiment où se trouvaient avant déménagement le siège, l'état-major et les services communs de la direction régionale de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris. Attenant au palais de justice de la capitale, il est situé au numéro 36 du quai des Orfèvres, sur l'île de la Cité, face à la rive gauche, dans le . Il héberge actuellement la Brigade de recherche et d'intervention.
Tout au long de son histoire, ce lieu est associé aux grandes enquêtes criminelles, comme la poursuite de Jacques Mesrine par le commissaire Robert Broussard, celle de Guy Georges, et le suicide de Richard Durn Diffusé dans 13 h 15, le dimanche le .
Historique Le bâtiment a été construit entre 1875 et 1880, sur les plans des architectes Émile Jacques Gilbert et son gendre Arthur-Stanislas Diet, à l'emplacement de l'ancien hôtel du premier président de la cour d'appel de Paris, qui fut détruit par l'incendie volontaire survenu lors de la Commune le , et qui détruisit également une bonne part du Palais de justice mitoyen. La préfecture de police de Paris a donc dû quitter son ancien emplacement, et fut installée dans de nouveaux locaux, par Jules Ferry, dans une partie des bâtiments du palais de Justice qui venait d'être reconstruit au 36, quai des Orfèvres.
La Sûreté, ancêtre de la police judiciaire, s'installe sur le lieu au début de la période où Marie-François Goron, son premier locataire, dirige le service (1887-1894).
À l'époque, les policiers se déplaçaient à cheval ou à vélo, et se faisaient narguer par la bande à Bonnot qui conduisait des automobiles déjà plus rapides. Cela obligea les forces de l'ordre à elles aussi se doter d'automobilesAudrey Vautherot, Le 36, Quai des Orfèvres, histoire d'un lieu mythique. Le Gralon. Publié le 8 août 2013.. La police judiciaire du Quai des Orfèvres, menée à ses débuts par le magistrat Henri Mouton, se donne alors pour mission la répression des crimes et des délits.
Déménagement de la PJ
En , les derniers services de la police judiciaire ont déménagé au Bastion dans la cité judiciaire de Paris près du nouveau tribunal de Paris, porte de Clichy. Seule la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), nommée aussi l'« antigang », reste dans les locaux pour « intervenir plus vite en cas d’attaque terroriste »Paris : la police judiciaire dit adieu au 36, quai des Orfèvres, sur leparisien.fr, consulté le 8 novembre 2017.
La nouvelle construction de la porte de Clichy offre supplémentaires par rapport aux anciens locaux du 36 quai des Orfèvres, est haute de neuf étages (10 étages imposant le respect des normes sur les IGH), et dispose de plusieurs niveaux en sous-sol pour accueillir entre 200 et 300 places de parkings consacrées notamment aux voitures sérigraphiées ou banalisées. L'édifice est ultramoderne et très sécurisé, la façade du rez-de-chaussée est bétonnée pour prévenir une attaque kamikaze et le vitrage, renforcé à l'épreuve des balles. Un maillage de caméras de vidéo surveillance et des hommes en faction protègent les abords. Ce bâtiment est doté d'un stand de tir, ainsi que d'une salle de sport. Il jouxte le nouveau tribunal de Paris qui accueillera le tribunal de grande instance de Paris et les tribunaux d'instance jusqu'à présent répartis dans chacun des 20 arrondissements de la capitale. Le bâtiment s'étendant du 24 au 38 de la rue du Bastion, il a ainsi pu garder le numéro mythique de « 36 » comme adresse.
L'avenir du 36 quai des Orfèvres après le déménagement n'a pas été précisé. Cependant, il est envisagé de transformer une partie du site pour accueillir les collections de l'actuel musée de la préfecture de police, qui se trouvent à l'étroit au dernier étage du commissariat du arrondissement situé au 4, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Une étude de faisabilité associant le ministère de l'Intérieur va être lancéeArticle sur le site du ministère français de l'intérieur.
Surnoms thumb|« La tour pointue ».
Sur le quai de cet hôtel se tenait un marché aux volailles et des rôtisseries, d'où le sobriquet de « poulet » donné aux policiers « Poulet » dans le Dictionnaire d'argot de Bob sur www.languefrancaise.net/bob/. Une autre version mentionne que Jules Ferry affecte à titre provisoire au préfet de police la caserne de la Cité (qui en est toujours le siège) à la suite de l'incendie, cette caserne ayant été bâtie sur l'emplacement de l'ancien marché aux volailles de Paris, d'où l'expression de pour désigner le 36 quai des Orfèvres.
On fait parfois également référence aux bâtiments sous le surnom de « la tour pointue » (en argot parisien) en raison de son clocheton.. On surnomme aussi ce lieu « le 36 ».
Affaires judiciaires pour des faits commis dans les locaux
Affaire de viol d'avril 2014
Dans la nuit du 22 au , une touriste canadienne de 34 ans affirme qu'elle a été violée par trois policiers dans les locaux de la BRI au 36, quai des Orfèvres, après une soirée dans un bar ; quatre policiers sont placés en garde à vueLaurent Borredon, « Quatre policiers soupçonnés de viol au Quai des Orfèvres » sur Le Monde, 24 avril 2014. Le , deux policiers (un major et un capitaine) sont mis en examen et le troisième sous le statut de témoin assisté, pour et , puis remis en liberté sous contrôle judiciaireLaurent Borredon, « Deux policiers mis en examen pour viol au 36, Quai des Orfèvres » sur Le Monde, 28 avril 2014. Condamnés en première instance à une peine de sept ans de prison ferme pour viol en réunion et incarcérésPascale Égré, « Viol au 36 : sept ans de prison ferme pour les policiers » sur Le Parisien, 31 janvier 2019. Ils sont acquittés en appel en 2022.
Affaire de vol de cocaïne dans les locaux
Le , un vol de de cocaïne a lieu dans un coffre du 36 quai des Orfèvres. Jonathan Guyot, un policier de la brigade des stupéfiants âgé de 34 ans, est immédiatement soupçonné après avoir été filmé par les caméras de surveillance ; ce dernier nie les faits. En , à l'issue du procès, Jonathan Guyot est reconnu coupable et condamné à dix ans de prison. Plusieurs membres de la famille de l'ex-policier sont en outre reconnus comme complices.
Fictions
Littérature
Le commissaire Maigret, personnage de fiction créé par Georges Simenon, était commissaire au 36 dans les ouvrages de l'auteur. Le prix du Quai des Orfèvres, prix littéraire français créé en 1946. La traduction de Patrick Couton des romans du Disque-monde de Terry Pratchett situe le siège de la police (le « Guet ») de la ville d'Ankh-Morpork dans « l'ancienne maison des Orfèvres » ; le second roman dont les hommes du Guet sont les personnages principaux s'intitule Le Guet des orfèvres. Affaires étranges au quai des orfèvres de Jean-Michel Roche, éditions Pavillon noir. Ce polar maçonnique présente trois enquêtes criminelles menées par un couple improbable : Fabienne Quinot, officier de police et Pierre Couvreur, journaliste. Le commissaire de police Franck Sharko, aujourd'hui commandant, et sa compagne Lucie Henebelle, lieutenant, nés sous la plume de l'écrivain Franck Thilliez, travaillent à la brigade criminelle du 36. Le sang de la trahison (Prix du quai des Orfèvres 2014) d'Hervé Jourdain est un polar se déroulant quasiment entièrement dans ce lieu. Le commissaire Erwan Morvan dans Lontano, polar écrit par Jean-Christophe Grangé, travaille à la brigade criminelle du 36. Les dessous du 36, Matthieu Frachon, Éditions du Rocher, 160 pages.
L’inspecteur Ganimard, personnage créé par Maurice Leblanc, y travaille. On fait référence à ce lieu à plusieurs reprises dans les diverses aventure d’Arsène Lupin. Les enquêtes du commissaire San Antonio, romans policiers écrits par Frédéric Dard. Les enquêtes du Commissaire Nico Sirsky, chef de la brigade criminelle au 36, sous la plume de Frédérique Molay, prix du quai des Orfèvres 2007.
Cinéma
1947 : Quai des Orfèvres de Henri-Georges Clouzot 1957 : Le rouge est mis de Gilles GrangierIsabelle Blondel, Olivier Delacroix, Alice Develex, Nicolas d'Estienne d'Orves, Bertrand Guyard, Colette Monsat, Marie-Noëlle Tranchant et Florence Virerron, « Si le Paname d'Audiard m'était conté », Le Figaroscope, semaine du 10 au 16 mai 2017, pages 8-10. 1958 : Maigret tend un piège de Jean Delannoy 1967 : Le Samouraï de Jean-Pierre Melville« Le Samourai | 1967 », movie-locations.com, consulté le 23 août 2024. 1968 : Le Pacha de Georges Lautner 1978 : Tendre Poulet de Philippe de Broca 1980 : Inspecteur la Bavure de Claude Zidi 2004 : 36 quai des Orfèvres d'Olivier Marchal 2009 : Banlieue 13 : Ultimatum de Patrick Alessandrin 2014 : 24 Jours d'Alexandre Arcady (c'est le tout premier à avoir pu tourner quelques scènes dans les vrais locaux du 36, quai des Orfèvres) 2014 : L'Affaire SK1 de Frédéric Tellier 2015 : Flic tout simplement d'Yves Rénier (ce film retrace les crimes de Guy Georges)
Séries télévisées
Engrenages Alice Nevers Commissaire Moulin Sœur Thérèse.com La Crim' Les Cinq Dernières Minutes Les Enquêtes du commissaire Maigret
Références
Voir aussi Bibliographie . Claude Cancès, Histoire du 36 quai des Orfèvres, Éditions Jacob-Duvernet, 2010, rééd. Mareuil 2023. Julien Laurent, Histoires insolites du 36, quai des Orfèvres, City Éditions, 2012. Patrick Baudot, Alias Cristal 18 - 34 ans au 36 Quais des Orfèvres'', Robert Laffont, 2023.
Articles connexes
Police judiciaire en droit français Préfecture de police de Paris Le Bastion | Cité judiciaire de Paris Rue de Jérusalem (Paris)
Liens externes
Site du tribunal de Paris
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