Hugh Caswall Tremenheere Dowding (, Moffat en Écosse – , Tunbridge Wells en Angleterre), Dowding, est un officier britannique qui a participé aux deux guerres mondiales. Il fut le chef du Fighter Command durant la bataille d'Angleterre, et fut incontestablement le principal artisan du succès de cette bataille d'un genre particulier puisque si celle-ci ne permit pas à l'Angleterre de vaincre l'Allemagne nazie, elle lui permit de ne pas être vaincue par elle. Sa vie fut retracée par deux biographesÀ noter qu'après la première biographie (B.Collier, 1957), Hugh Dowding laisse davantage les auteurs donner de détails, si tant est qu'il y en ait de disponibles, au sujet de son éviction., Basil CollierBasil Collier a servi dans la Royal Air Force durant la seconde guerre mondiale puis a travaillé au service historique de l'armée de l'air (Air Historical Branch) (B.Collier, 1957, de couverture). puis Robert WrightRobert Wright fut l'assistant personnel de Hugh Dowding durant la bataille d'Angleterre (R.Wright, 1969, de couverture).. Hugh Dowding était un homme d'une grande pudeur et d'une grande dignité qui le faisait passer à tort auprès de ceux qui l'approchaient pour un personnage un peu guindé et sans humourLors de sa visite aux États-Unis en janvier 1941, alors qu'il était interrogé par des journalistes américains sur ses impressions concernant les États-Unis, Hugh Dowding répondit "Your sunday papers are too thick and your lavatory paper are too thin" (Vos journaux du dimanche sont trop épais et votre papier toilette trop fin) cf. V.Orange (2008, ). Voir également B.Collier (1957, . D'un autre côté, B. Collier (1957, ) souligne que l'opiniâtreté que met Hugh Dowding à défendre ses opinions, le fait parfois passer, à tort, pour un rebel.. D'une grande humanité, il se montra très soucieux de la sécurité de ses pilotesIl est à l'origine de nombreuses améliorations en matière de sécurité à bord des avions (pare-brise à l'épreuve des balles etc.) ; "If Chicago gang-sters can have bullet-proof glass for the windows of their motor-cars, why can't my pilots have it for their windscreens" (B.Collier, 1957, ). et en retour il était très apprécié d'eux. Pourtant il est probable que cette humanité joua contre luiEn particulier Hugh Dowding aurait certainement dû démettre de ses fonctions Trafford Leigh-Mallory en septembre 1939 pour ses graves erreurs d'appréciation (V.Orange, 2008, ) à la fois dans sa carrière et dans la reconnaissance qu'il était en droit d'attendre des plus hautes autorités britanniques.

Biographie Hugh Dowding est né en 1882 à Moffat en Écosse où il passe sa jeunesse. Il déménage avec sa famille en 1897 en Angleterre, où il se passionne pour les débuts de l'aviation. Il étudie au Winchester College puis entre à l'Académie militaire royale de Sandhurst, d'où il sort officier, puis sert dans l'artillerie.

La Première Guerre Mondiale - l'opposition Dowding Trenchard

Après avoir obtenu son brevet de pilote en , Dowding rejoint le Royal Flying Corps (RFC). C'est à partir de cette période que son entourage lui donne affectueusement le surnom de « Stuffy » (« Vieux jeu »)Cf. V.Orange, 2008, . Ses proches le décrivaient comme un homme à l'allure et aux manières "rétro" (victoriennes). Par ailleurs, bien qu'il fût anglais, de par son lieu de naissance, il avait un accent écossais. Il apprit également le français Cf. V. Orange.. Il est envoyé en France et en 1915, il est promu chef de la . Après la bataille de la Somme, il est en conflit avec le général Hugh Trenchard, commandant du RFC, à propos de la nécessité d'accorder aux pilotes exténués par des missions non-stop, un peu de repos. Il en résulte le renvoi en Angleterre de Dowding, bien qu'il soit promu brigadier-général. Il n'est plus en service actif jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale.

L'entre-deux-guerres - le rôle de Dowding dans le développement de l'aviation de chasse

Il rejoint la toute nouvelle Royal Air Force où il acquiert de l'expérience dans les départements de la formation, de l'approvisionnement, de la recherche et développement. Il est à l'origine du développement des liaisons radio air-solAu Squadron 9, dit "wireless Squadron" (B.Collier, 1957, ) puis le procédé "air-to-ground radiotelegraphy" est adopté dès 1915 (B.Collier, 1957, ).. Il préconise par ailleurs l'élimination du bois dans les avions, arguant du fait qu'en cas de conflit majeur, les ressources en bois saisonniers seraient insuffisantesB.Coller (1957, )..

Contrairement à d'autres pilotes britanniques tels que Keith Park, Hugh Dowding ne s'est pas fait un nom au combat. Pourtant, il a manifesté d'excellentes qualités de pilotage, en particulier lors de certaines manifestations sportives et ce, alors qu'il était proche de ses quarante ansCf. V.Orange . Entre autres sports, Hugh Dowding pratiquait le ski (V.Orange, ).. En 1929, il est promu vice-maréchal de l'air. Envoyé en Palestine mandataire en tant qu'observateur, il prend pleinement conscience de la complexité du problème politique local (l'opposition entre les Sionistes et les Arabes) et de la position délicate de l'Angleterre dans cette affaireCf. R.Wright, 1969, . D'autant plus que les autorités britanniques n'ont pas honoré leur parole vis-à-vis des Arabes. Le gouvernement britannique avait en effet promis l'autonomie politique aux Arabes de Palestine en échange de leur aide pour combattre l'Empire ottoman (V.Orange, ).. L'année suivante, il rejoint le . Dans l'entre-deux-guerres, sa femme meurt, le laissant seul pour élever son fils, Derek. Hugh Dowding se réfugie alors dans le travail.

En 1933, il est promu au grade d'Air Marshal, et est anobli en 1934.

La Seconde Guerre Mondiale : Dowding, l'artisan de la victoire de la bataille d'Angleterre

Durant la bataille de France en 1940, il s'oppose à l'envoi d'avions de chasse pour soutenir l'armée françaiseIl avait déjà fait part au Ministère de l'Air de son inquiétude à ce sujet dès le 16 septembre 1939 (B.Collier, 1957, ), pressentant la future bataille d'Angleterre. Il eut à ce propos une entrevue le avec Winston Churchill au cours de laquelle il fit valoir ses argumentsCf. R.Wright, 1969.. Alors que Winston Churchill voyait dans cette aide apportée aux Français, une aide à la fois matérielle et psychologique (il avait pu constater que le moral des Français était sérieusement atteint après les premiers jours de l'offensive allemande), Hugh Dowding y voyait un risque de gaspillage inutile des forces britanniquesIl évalue de 52 à 53 le nombre minimum d'escadrons nécessaires à la défense du territoire britannique (B.Collier, ).. Son audition au Cabinet de Guerre se passa très mal. Ne parvenant pas à convaincre les membres du cabinet, Hugh Dowding jette son crayon d'exaspération puis il met ses graphiques sous les yeux de Winston Churchill en lui disant

Pour appuyer sa position, il adresse le lendemain une lettre officielle au Sous-secrétaire d'État de l'air, Sir Harold Balfour - lettre devenue un document historique - dans laquelle il conclut :

Quelques jours plus tard, le , Winston Churchill prétendra avoir mal compris les chiffres de Dowding ; il pensait que 25 escadrons étaient nécessaires pour assurer la sécurité du territoire britannique et non 52Ni John Colville ni Winston Churchill dans ses mémoires de guerre ne rapportent cette divergence de vue entre les deux hommes.. Quoi qu'il en soit, plus aucun escadron ne devait quitter le sol britannique à partir de cette dateCf. B.Collier (1957, )..

La stratégie des « petits paquets » qu'il préconisa pour la RAF face à la chasse allemande, assortie de l'emploi tactique des Spitfire contre les chasseurs et des Hurricane, plus lents, contre les bombardiers, permit d'éviter aux forces aériennes britanniques l'anéantissement que la Luftwaffe visait pendant les deux premières phases de la bataille (kanalkampf et attaque des terrains d'aviation)"La mission des chasseurs est d'abattre des bombardiers, pas des chasseurs" Hugh Dowding, 12 février 1940 (V.Orange, )..

Les historiens considèrent que la stratégie d'attrition tenue par Dowding a permis à la R.A.F. de tenir le choc sur la durée, et donc de réduire les espoirs d'invasion nazis pour la phase de débarquement. Là encore, Hugh Dowding avait dû aller à l'encontre de la doctrine militaire en vigueur, la meilleure défense est l'attaqueCf. B.Collier (1957)..

Après l'abandon de Seelöwe, les bombardiers Heinkel et Dornier furent concentrés sur les bombardements de masse de Londres.

La stratégie de Dowding était résolument défensive, bien que Trafford Leigh-Mallory, pourtant sous ses ordres, ait prétendu être en mesure de développer une stratégie offensive basée sur ses "Big Wings" (grandes escadres)Cf. R.Wright, .. "Peut être perdrons nous cette guerre, mais notre objectif est d'empêcher les Allemands de débarquer en Angleterre" (en substance)Cf. R.Wright, .

Lors de la dernière phase, le Blitz sur Londres et les grandes villes de Grande-Bretagne, il fut désavoué par l’Air Chief Marshal Charles Portal, en faveur d'une tendance divergente au sein du Fighter Command. Portal nomma Sholto Douglas en , qui augmenta la taille des escadrilles, appliquant la stratégie diamétralement opposée dite du .

Cette croyance dans la supériorité des bombardiers sur les chasseurs datait de l'année 1930, bien qu'elle ne fît pas l'unanimitéHugh Trenchard n'y adhérait pas (V.Orange, 91).. La faiblesse de cette stratégie fut mise en évidence quelques mois plus tard. Le , alors que Trafford Leigh-Mallory était à la tête du Groupe 11, au cours d'un exercice de simulation d'attaque qu'il supervisait, non seulement les bombardiers allemands ne furent pas interceptés, mais les aérodromes de Kenley et de Biggin Hill furent bombardés alors que les chasseurs étaient toujours au sol. Interrogé par sa hiérarchie sur cet échec cuisant, Trafford Leigh-Mallory répondit "Je ferai mieux la prochaine fois."Cf. V.Orange (2008, )..

La Seconde Guerre Mondiale : Dowding victime des combinaisons politiques

Dowding fut écartéWinston Churchill se montra surpris de l'éviction de Dowding (B.Collier, 1957, ). par cette autre faction (Sholto Douglas et Trafford Leigh-Mallory notamment) et mis en retraiteSon incapacité à endiguer les raids de nuit des Allemands a pesé fortement dans la balance. Pourtant, ses successeurs ne se sont ensuite montrés guère plus efficaces que lui (V.Orange, 2008).. Lors d'une rencontre avec Winston Churchill, ce dernier lui affirma qu'il n'était pour rien dans sa mise à la retraiteCf. B.Collier (1957, () et R.Wright (1969, ).. Hugh Dowding reçut une mission liée à l'industrie de l'armement aux États-Unis jusqu'en 1942.

Il fallut attendre le , pour que soit officiellement reconnue la contribution décisive du maréchal de l'Air Hugh Dowding dans la victoire de l'Angleterre contre les Allemands lors de la bataille d'Angleterre, quand il fut proposé à la pairie avec le titre de baron "en vue de vos services mémorables à ce pays pendant la bataille d'Angleterre" à quoi Winston Churchill ajouta en commentaire "Je voudrais que vous sachiez que lorsque j'ai présenté cette proposition pour la première fois, elle a reçu les acclamations chaleureuses de vos collègues de la Royal Air Force et du ministère de l'Air"It was to tell him that it had been proposed that his name should be put forward for the honour of a barony, 'in view of your evermemorable services to this country during the Battle of Britain'. Winston Churchill added the comment : 'I should like you to know that when I first mooted this proposal it received the warm acclamation of your colleagues in the Royal Air Force and in the Air MinistryCf. R.Wright, 1969, .