Michel Fourniret, né le à Sedan (Ardennes) et mort le à Paris, est un violeur, pédocriminel et tueur en série français auteur de crimes commis principalement sur des jeunes filles en France et en Belgique.
Surnommé par les médias dans un premier temps le « Forestier des Ardennes », il s'est prétendu forestier auprès des policiers, un métier qu'il n'a jamais exercé, puis « l'Ogre des Ardennes », « le Tueur des Ardennes », « le Monstre des Ardennes », il est arrêté en Belgique pour une tentative d'enlèvement d'une fillette en . Après enquête des faits qu'il a pu commettre en Belgique et la découverte des crimes commis en France, il est extradé vers la France le .
Plusieurs fois reporté, son procès se conclut par sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour cinq meurtres et deux assassinats de jeunes filles en France et en Belgique, les justices française et belge s'étant mises d'accord pour un procès unique. Des enquêtes se poursuivent pour d'autres affaires. Il avoue 11 meurtres et il est suspecté dans 21 autres affaires de disparition de fillettes et jeunes femmes.
En plus des sept meurtres à l'origine de sa condamnation, il en a avoué trois supplémentaires dont l'un pour lequel l'enquête se poursuit. Il est en outre soupçonné d'en avoir commis plusieurs autres. Certains de ses actes ont visé des filles mineures, dont quatre âgées de moins de quinze ans, avec une de douze ans, ce qui le fait entrer dans la catégorie des crimes pédocriminels. Son épouse, Monique Olivier, née le , est accusée de complicité de meurtre et de non-dénonciation de meurtre, dont elle avait connaissance. Elle est jugée en même temps que lui et condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 28 ans.
Biographie Enfance et adolescence Michel Fourniret est né le dans un milieu ouvrier à Sedan, où il a passé son enfance. On sait très peu de choses à ce sujet, car il n'a pas voulu détailler cette période de sa vie auprès des enquêteurs.
Aux psychiatres qui l'interrogent sur sa mère, fille de paysan. décrite par lui comme caractérielle., Michel Fourniret recommande les lectures de Jules Renard et Hervé Bazin : dans Poil de Carotte, le petit François, victime de la haine et des humiliations maternelles, prend plaisir à massacrer de petits animaux ; dans Vipère au poing, Jean, maltraité par sa mère tyrannique, trouve les femmes dégoûtantes. L’année de sa naissance, elle faisait des ménages à la Kommandantur de l'armée allemande qui occupait les Ardennes. Des rumeurs d'adultère avec un officier allemand ont circulé mais on ne sait si cette relation a réellement été consomméeletemps.ch. Il aurait été victime d'inceste dans son enfance, du fait de sa mère20minutes.fr, quand il avait quatre, cinq ansFrance 5 - C dans l’air - 28 mars 2008 ou six ans, Gérard Chemla Avocat de familles de victimes de Michel Fourniret – C dans l’air – France 5 – 28 mars 2008. De la prison de Fleury-Mérogis, il écrit à Monique Olivier : , ce qui fut par la suite démenti par son frère André.
Il a eu une sœur et un frère, tous deux plus âgés que lui : Huguette (morte en 2002.) et André20minutes.fr. Il aurait été très marqué par la vision de sa sœur déféquant dans un seau et a plus tard déclaré : .
Son père travaille comme ouvrier métallurgiste à Sedan. Il est décrit comme alcoolique et absent.. Il divorce de sa femme à la santé mentale défaillante et obtient la garde de ses trois enfants.
Michel Fourniret est décrit par ses camarades de classe comme fourbe, voleur de stylos, de portefeuilles et de livres. qui lui vaudront d'être battu par ses camarades ou les surveillants de son écoleAlain Hamon, Michel Fourniret-Monique Olivier, les diaboliques face à leurs juges, Éditions du Rocher, Paris..
Vie d'adulte Joueur d'échecs et passionné par la littérature, il est décrit comme cultivé, citant Dostoïevski, Rilke, Camus. Il sert dans les commandos de l'Air en Algérie puis se tourne vers des métiers techniques et devient ouvrier-fraiseur et menuisier.
Il se marie en 1964 avec Annette et a son premier enfant.. En 1967, il est condamné pour la première fois à de la prison avec sursis pour agression sur mineures. Son épouse demande le divorce. En 1970, il se remarie avec Nicole, mariage qui sera suivi de la naissance d'un fils, puis de jumelles.
Entre 1966 et 1973, il est condamné pour des faits de voyeurisme et de violence commis à Nantes et à VerdunL'Express, 5 juillet 2004, Michel Fourniret : un monstre sur la route.. Il est incarcéré le pour une dizaine d'agressions et viols sur mineurs en région parisienne mais les jurés de la cour d'assises de l'Essonne requalifient les chefs d'inculpation en attentat à la pudeur. et le condamnent le à sept ans de prison dont deux avec sursis, condamnation assortie de trois ans de mise à l'épreuve. Entre-temps sa seconde épouse demande le divorce.
Séjour dans l'Yonne et premiers meurtres Pendant son incarcération, il rencontre sa nouvelle compagne, Monique Olivier, par le biais d'une petite annonce dans Le Pèlerin, dans laquelle il écrit : . Après un échange de courriers, elle vient lui rendre visite régulièrement pendant son incarcération. Il est libéré pour . le à Fleury-Mérogis, par le jeu des remises de peine et des trois ans de détention provisoire déjà effectués avant le procès. Il va s'installer avec Monique Olivier à Saint-Cyr-les-Colons, dans l'Yonne, non loin d'Auxerre, le second mari de sa mère y possédant une maison.
Monique Olivier, née le à Tours, est elle-même séparée de son mari et a deux fils.. Elle épouse Michel Fourniret le et ils ont un fils, Sélim Fourniret, qui naît le . Ils projettent vaguement de monter un gîte rural. L'homme est discret dans le village, vivant de petits travaux au noir de maçonnerie, tandis que sa femme reste cloîtrée chez elle. Il commet son premier enlèvement suivi de viol et meurtre avec la complicité active de celle-ci en , moins de trois mois après sa libération et son installation dans le village icaunais. Il enlève, viole et tue une adolescente de 17 ans, Isabelle Laville. Le couple circule ensuite entre les Ardennes et l'Yonne, parcours ponctué de plusieurs viols, meurtres et assassinats. En , ils quittent l'Yonne pour s'installer à Floing, près de Sedan.
Récupération d'un magot thumb|right|Domaine du Sautou, commune de Donchery. En 1988, il est contacté par Farida Hamiche, la compagne d'un de ses anciens compagnons de cellule, Jean-Pierre HellegouarchLe Parisien, 24 novembre 2017, « Le trésor volé du couple Fourniret ».. Ce dernier, après avoir flirté avec les milieux d'extrême gauche (Action directe), avait été arrêté pour braquage et trafic de stupéfiants. En prison, il a sympathisé avec Fourniret. Par l'entremise de sa compagne, Hellegouarch lui demande d'aller avec elle chercher un magot caché dans un cimetière du Val-d'Oise et constitué de plusieurs dizaines de kilos de lingots et de pièces d'or, et de les transférer dans un appartement à Vitry-sur-Seine. La provenance de ce magot reste incertaine mais il semble que, via un braqueur italien nommé Gianluigi Esposito, Hellegouarch ait eu connaissance de cette cache abritant une partie du « trésor de guerre » du célèbre gang des postiches, dont l'un des membres, André Bellaïche, s'était évadé d'une prison italienne avec Esposito. Fourniret et Farida Hamiche procèdent au transfert. Mais une fois ce dernier terminé, Fourniret réussit à tendre à la femme un guet-apens. Sous prétexte d'aller chercher des armes, il l'attire dans une carrière de Clairefontaine dans les Yvelines et la tue. Ce qu'il décrira aux enquêteurs belges en ces termes froids : .
En , grâce à l'argent tiré des lingots qu'il a revendus à Bruxelles, il achète pour 1,2 million de francs un petit manoir du isolé et entouré par la forêt, le château du Sautou, situé à Donchery, dans les Ardennes, et un studio à Sedan. Quelque temps plus tard, Hellegouarch sort de prison et se rend immédiatement auprès de Fourniret pour obtenir des explications. Mais ce dernier, par peur des représailles, s'est installé dans un taudis près de Sedan et joue la comédie. Il dit ne rien savoir de la disparition du magot ni de celle de Farida Hamiche. Hellegouarch repart convaincu que son « ami » n'a rien à voir avec ces disparitions.
Cependant, en raison d'une affaire de faux-papiers, la police s'intéresse de nouveau à Fourniret et à Hellegouarch. Elle procède à une perquisition dans le château de Sautou, révélant ainsi son existence à Hellegouarch, qui repart dans les Ardennes. Mais Fourniret arrive à lui échapper et revend précipitamment le manoir en 1991..
Pour ces faits, Fourniret est mis en examen dans le cadre d'une instruction diligentée par un juge d'instruction de Versailles. Son avocat, , soulève la prescription des faits qui ont été commis plus de dix ans avant qu'un acte de poursuite ait été entrepris.
Vie en Belgique Michel Fourniret s'installe avec sa femme et son fils en Belgique, à Sart-Custinne, à une dizaine de kilomètres de la frontière françaiseLe Parisien, 17 octobre 2007, Un terrible manipulateur. En 1999, Hellegouarch, renvoyé en prison pour une autre affaire, porte plainte contre Fourniret pour la disparition de son épouse, mais l'enquête s'enlise et n'aboutit pas. Fourniret effectue des petits boulots (bûcheron, maçon et carreleur) et trouve un emploi comme surveillant dans l'école communale de Gedinne.
Arrestation Le , à Ciney, non loin de Namur, en Belgique, Michel Fourniret enlève en camionnette Marie-Ascension, 13 ans, sur le chemin d’un commerce de proximité. Comme pour ses autres crimes, il utilise la ruse, indiquant à la fille qu'il cherche l'école. La fillette lui montre la direction mais refuse de monter dans le véhicule. Fourniret prend une moue indignée et avec un air de professeur, lui dit : Cette phrase et le ton employé convainquent Marie-Ascension, qui finit par monter à bord. Il démarre, passe devant l’école, accélère. Sur le chemin, Fourniret s’arrête dans un parking, ligote la jeune fille, la déplace à l’arrière de la fourgonnette puis redémarre.
Alors que le véhicule marque un stop à un carrefour, à Beauraing, à une dizaine de kilomètres du lieu de l'enlèvement, Marie-Ascension réussit à ouvrir la porte arrière et à s'échapper. Elle est prise en charge par une automobiliste. Alors qu’elle croise la fourgonnette de Fourniret qui avait fait demi-tour, probablement pour retrouver la fille., l'automobiliste note la plaque d'immatriculation de la camionnette C 25, ce qui permet l'arrestation du criminel. Il a 61 ans.
Lors de l'enquête, les policiers belges apprennent par la police française les antécédents de Fourniret.. Ils relancent les enquêtes sur les disparitions récentes d'enfants en Belgique. Après un an d'interrogatoires sans succès, le couple ayant organisé sa défense pendant les séances (enregistrées) du parloir, Michel Fourniret est sur le point d'être relâché. Mais Monique Olivier, après quelque 120 interrogatoires, craque et révèle en une partie du parcours criminel de son mari. Le , elle est placée sous mandat d'arrêt pour non-assistance à personne en danger et, le , son mari confesse six assassinats lors d'aveux filmés.
Meurtres avoués par Fourniret Isabelle Laville, 17 ans, enlevée par le couple Fourniret à Auxerre le , alors qu'elle marche du lycée à sa maison.. Son corps a été découvert en , 19 ans après les faits, au fond d'un puits à Bussy-en-Othe dans la campagne auxerroise après des recherches de la gendarmerie à partir de quelques indications de l'emplacement données par Fourniret. La gendarmerie a dû procéder à un déblaiement sur de profondeur, le puits ayant entretemps été comblé par la commune. Ce meurtre fut un temps attribué à Émile Louis, autre tueur en série de la région.