Hachette Livre, ou simplement Hachette, est un groupe d'édition français fondé en 1826 par Louis Hachette. Au fil de ses acquisitions, il est le premier éditeur en France depuis 2004, et le deuxième éditeur en Espagne.

Outre sa propre marque, Hachette contrôle les éditions Armand Colin, Calmann-Lévy, Chêne, Dunod, Harrap's, Hatier, Fayard, Foucher, Grasset, Larousse, JC Lattès, Stock, Marabout, Mille et Une Nuits, Pika Édition et LGF (à 60 %, Le Livre de poche et Audiolib).

Il fait partie des dix principaux conglomérats d'édition avec  d'euros de chiffre d'affaires annuel en 2020.

Hachette est détenu par Lagardère Publishing, une filiale du groupe Lagardère depuis 1981, lui-même détenu par Louis Hachette Group, le conglomérat issu de la scission de Vivendi, depuis . En 2023, la Commission européenne autorise le rachat de Lagardère par le groupe Bolloré, qui avait annoncé son intention de prendre le contrôle du groupe Lagardère en 2021 via une OPA. En revanche, la fusion prévue par Bolloré de sa filiale Editis avec Hachette pour créer un géant de l'édition est avortée, Bolloré étant obligé de céder Editis pour racheter Hachette..

Histoire

Un éditeur scolaire vignette|gauche|Affiche-catalogue de L. Hachette et Cie pour les livres d'étrennes de 1869. Alors qu'il désirait devenir enseignant, Louis Hachette rachète le brevet de libraire (et sous-entendu d'éditeur) et le fonds de Jean-François Brédif situé à Paris, au 1 rue Serpente, puis ouvre boutique au 12 rue Pierre-Sarrazin, qu'il nomme la « Librairie L. Hachette ». Située près de l’École de médecine, elle reçoit en 1832, des commandes du ministère de l’Instruction publique pour des manuels d'éducation élémentaire. À la suite de la loi Guizot, il est nommé en 1836, « libraire de l'Université ». En 1840, le notaire Henri Breton, devenu son beau-frère par alliance, injecte des capitaux dans l'entreprise. Il fonde ses premiers périodiques, la Revue de l'instruction publique, le Journal des Lycées et le Manuel général de l'instruction primaire. Il se positionne comme un éditeur scolaire par excellence.

Les « bibliothèques » pour tous Avant 1850, Louis Hachette, s'inspirant du modèle britannique, fait installer dans chaque gare ferroviaire un point de vente de livres, qui non seulement propose sa production mais aussi celles de ses concurrents : la « Bibliothèques des Chemins de fer » est née. Il met au point un premier système de messagerie et d'officeArchives de l'Imec : Les Nouvelles Messageries de la presse parisienne.. En 1855, il lance le Journal pour tous, périodique de littérature populaire en feuilletons illustrés qui connaît un succès immédiat. Il lance également des guides de voyages, en rachetant le fonds Joanne (1850), qui accompagne le développement du réseau ferré, puis dans cette lignée, en 1860, le périodique Le Tour du monde. En 1856, il signe un contrat d'exclusivité avec la comtesse de Ségur et fonde dans la foulée la Bibliothèque rose. En 1864, la librairie Louis Hachette devient le premier éditeur européen spécialisé dans l'ouvrage scolaire et les guides, mais l'édition de fictions commence à gagner du terrain. On doit notamment à Hachette de populariser les illustrations par Gustave Doré. En 1867, ses catalogues proposent près de quatre mille volumes écrits par huit cents auteurs, illustrés par cent trente dessinateurs et deux cents graveurs.

D'un monopole à l'autre vignette|La librairie Hachette à l'angle du boulevard Saint-Germain et de la rue Hautefeuille, Paris , 1909. Après la mort du fondateur, la « Librairie L. Hachette et Cie » est en situation de quasi-monopole pour les manuels scolaires, mais les lois Jules Ferry (1881-1882) l'obligent à se diversifier, ce qui permet à d'autres éditeurs scolaires d'émerger« Réseau de bibliothèques de gare et du métropolitain, et messageries Hachette dans l’aire parisienne (1870-1914) » par Karine Taveaux, In: Christian Delporte (dir.), Médias et villes (), Tours, Presses universitaires François-Rabelais, 1999, ..

Jusqu'en 1896, Hachette possédait de gare, soit un quasi-monopole, mais là encore, le Gouvernement français, via Adolphe Turrel, intervient et oblige les compagnies privées de chemin de fer à ne pas renouveler leurs contrats avec Hachette, qui décide alors de renforcer son pôle distribution, et fonde les Messageries Hachette, devenant en quelques années, après avoir racheté ses principaux concurrents, le plus gros distributeur français d'ouvragesArchives de l'Imec , notice en ligne.. En 1900, la maison reprend à Armand Colin ses collections scolaires. En 1902, c'est le lancement de La Vie heureuse, un magazine très inspiré des productions de l'éditeur Pierre Lafitte, et qui va donner naissance au prix littéraire du même nom« Discours pour les du Femina » , sur Culture.gouv.fr. En 1914, la maison de Pierre-Jules Hetzel, l'éditeur de Jules Verne, est intégrée au groupe. Le chiffre d'affaires atteint de francs-or. Les locaux s'étendent entre la rue Pierre-Sarrazin, les boulevards Saint-Germain et Saint-Michel (ces bâtiments existent toujours mais ont changé de propriétaires). En 1917, le rachat d'une partie des actifs des Éditions Pierre Lafitte est entériné : Hachette devient alors un acteur important de l'édition de journauxPascal Fouché (dir.), Chronologie de l'édition française (Kéo, 2023), moteur de recherche en ligne..

L'entre-deux-guerres En 1919, Hachette devient une société anonyme, puis, en 1922, grâce à Paribas, entre en bourse avec un capital émis de . Durant les années 1920-1930, la production de livres triple, car Hachette investit la littérature générale et le secteur jeunesse, puis reprend la distribution en exclusive de Gallimard (1932) et de Fasquelle (1935), à travers un département de plus en plus central, les Messageries Hachette, qui comprend également des titres de presse. En 1934, l'éditeur s'associe à Paul Winkler pour le lancement du Journal de Mickey. Durant la Seconde Guerre mondiale, la famille Hachette perd le contrôle de ses filiales à l'étranger et de sa distribution, mais reprend la tête de son groupe en 1945, ainsi que du monopole de distribution, pourtant brisé par le Gouvernement provisoire : avant 1950, les NMPP passe sous le contrôle du groupe HachetteJean-Yves Mollier, « Chapitre 9. La naissance des Nouvelles messageries de la presse parisienne », in: L'Âge d'or de la corruption parlementaire (1930-1980), Perrin, 2018, ..

L'expansion mondiale

Surnommé « la pieuvre verte », en raison de la couleur de son logo d'alors., Hachette assume, depuis la fin du , la distribution des livres et de la presse en France. En 1953, en créant avec Henri Filipacchi la collection « Le Livre de poche » à travers sa filiale la Librairie générale française, elle fédère les fonds de plus de d'éditions jusqu'au début des années 1970. Elle finit par racheter Tallandier, puis Grasset (1954), Fayard (1958), Fasquelle (1959) et Stock (1961). En 1972, Gallimard décide d'assurer sa propre distribution et pocketisation. Dans les années qui suivent, le cours de l'action Hachette s'effrite. En , l'un des derniers héritiers de Louis Hachette, Ithier de Roquemaurel (1914-1996)« Décès d'Ithier de Roquemaurel, ancien PDG d'Hachette » , Libération, ., quitte la présidence, et est remplacé par Jacques Marchandise-Franquet (1908-2002)« Jacques Marchandise », Nécrologie, Les Echos, .. Après une vague de licenciements, Hachette est racheté en par un groupe industriel d'armement, Matra, ce qui est une première en France, puis passe sous la direction de Jean-Luc Lagardère en 1981, qui baptise le nouveau groupe Matra-Hachette. En 1987, ce dernier crée l'entité Groupe Livre Hachette, et entame une reconversion de la holding en la spécialisant dans les médias.. Jean-Louis Hachette (1925-2014) est le dernier des Hachette à co-administrer la société jusqu'en 1980.

Une vague d'acquisition a lieu à l'international en 1988 : c'est d'abord le groupe espagnol , puis l'Américain Grolier, et enfin les Britanniques Orion, Cassell, et Octopus.

En 1992, la holding prend le nom de Lagardère. En 1996, Groupe Livre Hachette fusionne avec Hatier., le chiffre d'affaires monte à de francs, mais l'année suivante, Havas Publications Édition, via le groupe Presses de la Cité, devient le numéro un français du livre et de la presse.

En 2004, à la suite de l'éclatement de la holding Vivendi, Hachette acquiert les Éditions Larousse, Dunod, Dalloz, Armand Colin, le Britannique Hodder Headline, puis en 2006, l'activité d'édition papier de Time Warner.

Le , Hachette et Phoenix Publishing & Media Group (PPMG), un important éditeur chinois (son chiffre d'affaires dépasse d'euros en 2008), annoncent la mise en place d'une joint-venture commune en Chine détenue à 50 % pour PPMG, 1 % par Yilin (une filiale de PPMG) et 49 % par Hachette..

En , le projet d'achat de l'éditeur américain indépendant The Perseus Books Group est suspendu.

Hachette reste le premier distributeur de livres en France et dans le monde francophone. À partir de son Centre de distribution du livre (CDL) de Maurepas jugé « très performant »« La société Hachette au » par Philippe Schuwer, In: Dictionnaire encyclopédique du livre, Paris, Cercle de la librairie, 2005, tome II, ., et de ses centres régionaux à Nantes, Lyon et en Suisse, Belgique et Canada, il distribue environ de livres par an.

Ses archives, accessibles jusqu'en 1984 sont, fait rare, classées « archives historiques » depuis un arrêté du , JORF 85 du 11 avril 2002, 6406, texte 32, NOR MCCB0200244A, sur Légifrance. et sont conservées depuis 1995 à l'Institut mémoires de l'édition contemporaine..

Accords sur les contenus numériques Hachette, parmi d'autres éditeurs de livres numériques, est accusé de s'être entendu avec Apple pour « pouvoir fixer eux-mêmes les prix des livres numériques, par le biais du "contrat d'agence" » imposé à d'autres distributeurs comme Amazon.com augmentant le prix de chaque livre de 1 à pour l'acheteur. Le , Hachette trouve un accord avec le département de la Justice des États-Unis, permettant aux distributeurs de choisir leurs prix et imposant aux éditeurs de cesser leur accord avec Apple.

En 2011, Google et Hachette Livre annoncent la signature d'un accord sur la numérisation d’œuvres épuisées de la maison d’édition française par le géant américain.

Hachette Livre est signataire de la Charte de l’édition en format accessible de l’Accessible Books Consortium.

Acquisitions récentes

Le , Disney revend le catalogue de titres adultes et hors fiction de Hyperion à Hachette Book Group et reprend les franchises et publications internes Hachette To Buy Disney’s Hyperion Adult Trade Imprint , sur mediabistro.com..

En , Hachette annonce l'acquisition de l'activité édition de Perseus Books, le sixième éditeur généraliste américain., éditant par an pour un montant inconnu. En , Hachette abandonne l'acquisition de Perseus Books, dans un contexte de grande tension avec Amazon.com. En , une seconde tentative d'acquisition de cette entreprise réussit.

En , Hachette acquiert 24 % de l'éditeur russe Azbooka-Atticus, après avoir déjà acquis 25 % de cet éditeur en 2011..

Le , Hachette Livre quitte son ancien siège du quai de Grenelle pour emménager dans un nouvel ensemble conçu par Jacques Ferrier à Vanves (Hauts-de-Seine). Ce déménagement clôt la rationalisation des implantations immobilières du groupe démarrée en 2014 avec le déménagement d'Hachette Book Group USA à New York et celui de à Londres en 2015..

Le , Hachette Livre annonce la signature d'un protocole d'accord portant sur l’acquisition des Éditions Kero qui a publié plusieurs best-sellers depuis sa création en 2012..

En , Hachette Livre fait l'acquisition d'une participation majoritaire dans la société britannique d'applications mobiles Brainbow Ltd.