thumb|300px|alt=Matra 650 tdf|Les Matra 650 (ici une version 1970 lors d'une manifestation historique) ont dominé les éditions 1970 et 1971. Le Tour de France automobile est une compétition constituée de courses à étapes à travers la France en automobile. Cette épreuve fut créée en 1899 par l'Automobile Club de France et organisée par le journal Le MatinRécit et photos dans le Supplément illustré du Journal Le Matin (France) du 3 septembre 1899. La première édition se courut du 16 au 24 juillet 1899. Dix-neuf voitures au départ, neuf à l’arrivée. Vingt-cinq motos prennent également part à l’épreuve qui compte sept étapes sur . René de Knyff s’impose sur une Panhard & Levassor.
La course succède en 1951 sous le nom de Tour de France de Nice à Nice / Critérium International de Tourisme à 18 éditions du Grand Critérium international de tourisme Paris-Nice, étalées de 1921 à 1939 et également organisées par l'Automobile Club de Nice et Côte d’Azur.
Cette épreuve connaît des sommets de popularité quand les meilleurs pilotes sur les meilleures autos du moment s'y affrontent, suivis de creux abyssaux quand l'épreuve devient presque anecdotique.
De 1970 à 1974, le Tour de France automobile fut organisé en parallèle avec le « Grand National », épreuve réservée aux licenciés français, se disputant aux mêmes dates et sur le même parcours, quoique réduitLes grandes heures du Tour Auto, par Christian Courtel - Échappement hors-série - Société française d'édition et de presse, 2009.
Le Tour cesse d'exister dans sa version de l’époque en 1986. Il aura entraîné des déclinaisons belge et italienne.
Une nouvelle épreuve baptisée « Tour de France automobile historique » est mise en place de 1992 à 1998 par Peter Auto et l'Automobile Club de et Côte d’Azur. C'est une épreuve de véhicules historiques. Mais en 1998, Amaury Sport Organisation, organisateur du Tour de France cycliste, imposa l'abandon de l'appellation « Tour de France automobile », qui fut rebaptisé « Tour auto ». Cette épreuve réunit chaque année 230 voitures historiques, dont au moins un modèle du même type a participé au Tour de France automobile entre 1951 et 1973. En 2009, le Tour Auto prend le nom de Tour Auto Optic 2000.
Première édition (1899) Ce premier Tour de FranceL'Historique de la course automobile, par Edmond Cohin - Éditions Larivière, 1982 , disputé en sept étapes du 16 au , est considérée comme étant le Grand Prix automobile de l'ACF. Il est également ouvert aux motos, avec classements séparés. D'après Edmond Cohin, la distance à parcourir est de , à relativiser car le calcul des distances et des moyennes n'était pas très précis à cette époque. Certains historiens indiquent une distance inférieure (Détails du Tour de France automobile 1899 sur Teamdan.com), ou supérieure de l'ordre de en incluant les « kilomètres neutralisés ».
Parcours (Panhard remporte six des sept étapes, hormis Nantes - Cabourg pour Mors) Paris (Champigny) - Nancy (environ , hors neutralisation), le dimanche - vainqueur René de Knyff Nancy - Aix-les-Bains (Ambérieu) (environ ), le - vainqueur René de Knyff Aix-les-Bains - Vichy (environ ), le - vainqueur Fernand Charron Vichy - Périgueux (environ ), le - vainqueur René de Knyff Périgueux - Nantes (environ ), le - vainqueur le comte Gaston de Chasseloup-Laubat Nantes - Cabourg (environ ), le - vainqueur Alfred Levegh Cabourg - Paris (Saint-Germain) (environ ), le - vainqueur René de Knyff
Engagés (autos) 19 voitures sont vérifiées au pesage le : 8 Panhard & Levassor 4 Amédée Bollée Fils 4 Mors 1 Georges-Richard 1 Bolide 1 Vallée
Course Les Panhard & Levassor, en majorité au départ, dominent, et le franco-belge René de Knyff mène de bout en bout, enlevant trois des sept étapes. Il remporte l'épreuve à la moyenne de . Sur les neuf voitures à l'arrivée, trouve six Panhard, dont quatre aux quatre premières places.
Au classement général final : René de Knyff (Panhard & Levassor), en 44 h 43 min 39 s (vainqueur de quatre étapes) Léonce Girardot (Panhard & Levassor), en 49 h 37 min 39 s Gaston de Chasseloup-Laubat (Panhard & Levassor), en 49 h 44 min 18 s Arthur Pinson (Panhard & Levassor), en 52 h 34 min 17 s Emmanuel Boileau de Castelnau (Amédée Bollée Fils), en 53 h 29 min 7 s George Heath (Panhard & Levassor), en 58 h 47 min 26 s Adolphe Clément-Bayard (Panhard & Levassor), en 75 h 45 min 35 s Alfred Levegh (Mors), en 80 h 14 min 58 s Camille Jenatzy (Mors), en 166 h 6 min 3 s
(vainqueur moto : Georges Teste, sur De Dion-Bouton, et Voiturettes Fernand Gabriel, sur Decauville devant son équipier Léon Théry; abandons notables Fernand Charron, Étienne Giraud, Georges Richard, Paul Jamin, Antony et Émile Voigt).
La période 1906-1914 Le Tour de France &utomobile verra sa deuxième édition en 1906, sur l'initiative de l'Auto-Cycle-Club de France par le biais du journal « Les Sports ». Grillet sur Fouillaron à moteur De Dion et Barriaux sur Vulpes y sont notamment distingués chacun dans sa catégorieAlbum photographique Jules Beau tome 32., et il se dispute sous la forme d'une épreuve de régularité. En 1907 a lieu un simple Critérium de France tourisme du 2 au grâce à la Commission des Concours de l'ACF (la Peugeot d'Eugène Regnaux se classe premièreAlbum photographique de Jules Beau tome 34.). Disputé à nouveau en 1908 (du 11 au grâce au Tour de France Autocycle club et à l’Automobile-Club, sur un parcours Paris-Dijon-Clermont-Limoges-Bordeaux-Tours-Paris avec une victoire de Grillet au classement général sur voiturette FouillaronLa Vie au grand air du 23 mai 1908, p.324., une autre victoire Clément-Bayard pour J. DacierClément-Bayard, sans peur et sans reproche (HydroRetro), les coureurs René Champoiseau sur Demeester, Schweitzer sur Sinpar, et Pellegrin sur Delage-Ducasble, n'ayant également aucun point de pénalitésAlbum photographique Jules Beau, tome 34, page 76 et deux suivantes.), puis en 1912 (vainqueur Joseph Collomb sur Corre La Licorne(carte postale d'époque).), 1913 (vainqueurs et médaillés d'or le marquis D'Avaray et l'ingénieur anglais Brown, ex æquo sans pénalité sur Anagasti après plus de 5 000 kilomètresBiographie d'Horacio Anasagasti, sur Pilotos-Muertos.) et 1914 (pas de classement car peu d'engagés : tous ex-æquosLe Tour Auto 1914, sur RendezVousdelaReine (theoloan/2012).) sous l'égide du journal « L'Auto », le Tour de France est alors plus considéré comme un « rallye promenade » que comme une véritable épreuve sportive.
La période 1922-1937 thumb|Césure, vainqueur du TdF automobile 1922 sur Quadrillette Peugeot . Toujours patronné par le journal L'Auto, le Tour reprend en 1922 en version Cyclecariste (0,75 à 1,1L., 30 partants, mais aussi présence de motos et sidecars), organisée par la Motocycle Club de France et disputé en douze étapes pour un total de . Les conditions météo rendront finalement cette épreuve de régularité très difficile, l'édition étant remportée par Césure sur Peugeot "Quadrilette" d'à peine 750cm, Philippe de Marne sur Bignan et Lombard et Bueno sur Salmson s'imposant en 1,1LLe Monde illustré du 22 avril 1922, p.300.
L'épreuve est de nouveau disputée sous cette formule de 1923 (année où les quatre cyclecars "Quadrillette" Peugeot 0.75L. trustent les quatre premières places et enlèvent toutes les coupes de cette catégorie, dont la Coupe Challenge du TdFLe Monde Illustré du 30 juin 1923, publicité., et où Berliet obtient les trois premières places des grosses voitures de plus de 2L. avec Jacquot, Redon et ChabaudLe Monde Illustré du 12 mai 1923, p.356.) à 1926 (victoire notamment d'Henri Stoffel en 1925 sur Chrysler-SixTrès Sport du juillet 1925, p.IV.), puis de 1929 à 1937, mais ne connaît pas un franc succès.
La renaissance : 1951-1964 Après guerre, le Tour de France automobile est relancé grâce à l'Automobile Club de Nice Côte d’Azur. Il est désormais réservé aux voitures, et adopte la formule qui fera son succès, avec de réelles épreuves de vitesse. D'ailleurs, l'édition 1951 sera désignée sous le nom de Tour de France automobile : Critérium internationalRevue L'Automobile - octobre 1969 (en fait le quinzième en comptant les épreuves d'avant-guerre).
Le Tour sera disputé treize fois lors de cette période, seule l'édition de 1955 étant annulée pour cause d'interdiction du sport automobile en France, après la catastrophe du Mans.
Tour de France automobile : 1951 thumb|1951 : Boncompagni/Barraquet, Ferrari 212 Export. Avec un parcours global de divisé en six étapes, le Tour Auto 1951 part de Nice le . Il comprend seulement d'épreuves de classement. Sur 97 engagés au départ, ils seront 77 à rallier l'arrivée à Nice le , avec un triplé pour les Ferrari 212, « Pagnibon » (de son vrai nom Pierre BoncompagniPierre Abeillon, « Les Talbot en course », dans revue Le Fanauto, no 241, novembre 1988.) s'installant rapidement en tête sur sa barquette 212, dominant la 212 berlinette de Péron, la Porsche 356 de Picard et la Jaguar de Crespin..
Au classement général finalsur www.wspr-racing.com, consulté le mars 2009. :
Pierre « Pagnibon » - Alfred Barraquet (Ferrari 212 Export) Jacques Péron - R. Bertramnier (Ferrari 212 Export) Elio Checcacci - Harry Schell (Ferrari 212 Export) François Picard - Farge (Porsche 356) M. Hache - Marceau Crespin (Jaguar XK120) Paolo Butti - Butti (Fiat 1100)
Coupe des dames : Hammersley - Hammersley (Peugeot 203), au général.
Tour de France automobile : 1952 Légère augmentation de la distance pour cette deuxième édition sous cette forme, en trois étapes seulement, avec sept épreuves spéciales. L'instauration d'un classement à l'indice donne toutes leurs chances aux petites cylindrées, et permet à Gignoux d'imposer sa DB, devant le précédent vainqueur PagnibonToute l'histoire D-B par François Jolly - Éditions E.P.A. 1984.
108 équipages au départ de Nice, 58 à l'arrivée au terme de cette boucle. Le parcours Du 9 au , 3 étapes (environ ), avec 7 épreuves de classement ()Revue L'Automobile - octobre 1952 :
Nice - La Baule (environ ), comprenant 2 épreuves chronométrées : Col de Peyresourde (), Le Mans () La Baule - Reims (environ ), comprenant 2 épreuves chronométrées : La Baule (), Roubaix () Reims - Nice (environ ), comprenant 3 épreuves chronométrées : Reims-Gueux (), Nancy () et La Turbie ()
Classement
Au classement général final :
Marc Gignoux - Françoise Gignoux (DB 750) Pierre "Pagnibon" - Adolfo Macchievaldo (Ferrari 225 S) Jean Rédélé - Paul Moser (Renault 4 CV 1063) Jean-Louis Armengaux - René Chaix (O.S.C.A. MT4) Raymond Stempert - Georges Schwarz (Panhard Dyna X86) Charles Plantivaux - Claude Mazalon (Panhard Dyna X86)
Coupe des dames : Pochon- Trott - Boucher (Renault 4 CV 1063), au général
Tour de France automobile : 1953 Lors de cette édition, création de deux classements séparés : un pour les voitures de sport ou « haute performance », un pour les voitures de série. Jean Behra sur Gordini est le plus rapide dans la catégorie Sport, remportant huit des neuf épreuves chronométrées, mais le classement général tient compte de la cylindrée et la victoire finale revient à l'O.S.C.A. de Péron. Condrillier sur Renault 4CV l'emporte dans la catégorie « Voitures de série ». 114 équipages au départ, 59 à l'arrivéeRevue L'Automobile - octobre 1953.
Parcours Du 6 au , 3 étapes (environ ), avec 9 épreuves de classement :
Nice - Brest (environ ), comprenant 2 épreuves chronométrées : Col de Peyresourde, Le Mans () Brest - Nancy (environ ), comprenant 4 épreuves chronométrées : Brest (), Roubaix (), Reims (), côte de Boufflers () Nancy - Nice (environ ), comprenant 3 épreuves chronométrées : Nancy (), La Turbie () et Nice ()
Classements
Au classement général final :
En catégorie Sport et Haute Performance :
Jacques Péron - R. Bertramnier (O.S.C.A. MT4) Jean Behra - Alfred Barraquet (Gordini T24S) Jean Lucas - Marceau Crespin (Gordini T16S) Charles Plantivaux - Rougier (Panhard Dyna X86) Marc Gignoux - Claude Storez (DB HBR)