vignette|Drapeau de la Nouvelle démocratie. La Nouvelle Démocratie (en grec : , ΝΔ ou ND) est un parti politique grec conservateur, fondé en 1974 par Konstantínos Karamanlís.
Historique
Création Deux mois seulement après être revenu au pouvoir après la chute de la dictature des colonels en , Konstantínos Karamanlís fonde la Nouvelle Démocratie, un parti en vue de canaliser le soutien dont il dispose dans la population. Celle-ci remporte largement les élections de novembre 1974 (). Le slogan durant ce scrutin est . L'organisation de jeunes du parti est fondée au même moment : c'est l'.
Konstantínos Karamanlis conçoit Nouvelle Démocratie comme un parti moderne et progressiste de centre-droit. Dans sa conférence nationale de 1979, la Nouvelle Démocratie définit son idéologie de « libéralisme radical », c’est-à-dire une double insistance : sur l'économie de marché d'abord, mais aussi sur l'intervention « décisive » de l'État pour maintenir la justice sociale.
La Nouvelle Démocratie regroupe également des personnalités d’extrême droite issues de la dictature des colonels.
Évolution politique
1974-1981 : Premières victoires et conduite du gouvernement Le parti remporte également les élections législatives de 1977 : s’il n’obtient que des suffrages, en revanche il obtient une confortable majorité au Parlement. Konstantínos Karamanlis est confirmé à son poste de Premier ministre. Il s’attache à redéfinir les relations de la Grèce avec l’OTAN, et tente de résoudre la question chypriote, à la suite de l’invasion de l’île par la Turquie. Il favorise l’entrée de la Grèce au sein de la Communauté économique européenne (CEE), effective en 1981. Konstantínos Karamanlis est très critiqué par les partis d’opposition (hostiles, par ailleurs, à l’intégration de la Grèce) pour n’avoir pas organisé de référendum sur cette question.
1981-1989 : Alternance En 1980, Konstantínos Karamanlis se retire au profit de Geórgios Rállis qui est défait par le PASOK lors des élections législatives de 1981.
1989-1993 : Retour au pouvoir en coalition En juin 1989, Nouvelle Démocratie revint au pouvoir au sein d’une coalition gouvernementale dirigée par Tzannís Tzannetákis et rassemblant notamment la Coalition de Gauche et de Progrès (gauche communiste et non communiste). Cette participation à un gouvernement de coalition est prolongée au sein du gouvernement de Xenophón Zolótas (novembre 1989-). Au lendemain de nouvelles élections tenues le , Nouvelle Démocratie est en situation de gouverner seule (gouvernement de Konstantínos Mitsotákis).
1993-2004 : Décennie à l'écart du pouvoir En 1993, Nouvelle Démocratie est évincée du pouvoir par le PASOK et connaît une longue période de défaites électorales (1996 et 2000).
Une scission emmenée par Geórgios Karatzaféris conduit à la création de l'Alerte populaire orthodoxe en 2000, une formation nationaliste, souverainiste, anti-immigration et antisémite.
2004-2009 : Gouvernement de Kóstas Karamanlís En , l’impopularité grandissante du gouvernement de Konstantínos Simítis conduit ce dernier à annoncer la tenue d’élections anticipées pour le . Nouvelle Démocratie remporte le scrutin face au PASOK. Kóstas Karamanlís devint Premier ministre et remporte de nouveau les élections en septembre 2007.
2009-2012 : Alternance, crise des subprimes et de la dette publique Après la défaite de ND lors des élections d', Antónis Samarás est élu comme chef du parti pour remplacer Kostas Karamanlis..
Au début de la crise de la dette publique grecque, de 2009 à 2011, le parti a tout d'abord une attitude hostile aux mesures proposées par le gouvernement de Giórgos Papandréou pour résoudre la crise. Il commence cependant à se diviser : plusieurs figurent marquantes du parti sont exclues ou le quittent en raison de leur opposition à la ligne d'opposition de Samaras (cinq députés en mai et ., dont Dóra Bakoyánni, qui réintègrera cependant le parti lors des ). Le parti subit la concurrence de plusieurs nouvelles formations du centre libéral, comme l'Alliance démocrate (DISY) et Drassi, tout comme celle, à droite, des partis eurosceptiques et anti-mémorandum comme les Grecs indépendants de Pános Kamménos (qui a fait scission de ND) et du LAOS. Le parti change cependant de ligne lors de la constitution en du gouvernement d'unité nationale dirigé par Loukás Papadímos. Il soutient alors les mesures de celui-ci, sans toutefois siéger au gouvernement.
2012-2015 : Gouvernement d'Antónis Samarás Après les élections indécises de , ND revient au pouvoir en juin 2012 à la tête du gouvernement Samarás, qui s'appuie sur une coalition ND-PASOK-DIMAR. Il le perd toutefois en janvier 2015 au profit de la gauche radicale de SYRIZA, dirigée par Aléxis Tsípras.
2015-2019 : dans l'opposition Ayant appelé à voter oui au référendum de sur le plan d'aide européen à la Grèce, où le non l'emporte avec des voix, Antonis Samaras démissionne de la présidence du parti. Le président par intérim, Evángelos Meïmarákis, ancien président du Parlement de 2012 à 2015, dispute les élections de , à l'issue desquelles il conserve sa place de leader de l'opposition. Il organise également l'élection du nouveau président du parti, où il se présente, laissant la direction par intérim à Ioánnis Plakiotákis.
Le , le premier tour de l'élection du nouveau président du parti oppose Evángelos Meïmarákis (), Kyriákos Mitsotákis (), Apóstolos Tzitzikóstas () et Spyrídon-Ádonis Georgiádis (). Les deux premiers (Meïmarakis et Mitsotákis) s'opposent lors d'un second tour, prévu le .
Depuis 2019 : Gouvernement de Kyriákos Mitsotákis En , après sa « victoire écrasante » lors des élections européennes sur la gauche du Premier ministre Aléxis Tsípras, la ND remporte les mairies d'Athènes et de Thessalonique ainsi que la quasi-totalité des régions grecques.. Il remporte également les élections législatives anticipées de avec 39,8 % des voix (contre 31,5 % pour son principal adversaire, Syriza). Kyriákos Mitsotákis devient Premier ministre le .
La Nouvelle Démocratie est notamment parvenue à attirer les personnalités et électeurs d’extrême droite. Une partie de l'électorat d'Aube dorée s'est tournée vers elle, mais aussi les principales figures de l'Alerte populaire orthodoxe, dont son ancien dirigeant Spyrídon-Ádonis Georgiádis (nommé ministre de la Croissance et des investissements dans le nouveau gouvernement de Kyriakos Mitsotákis) ou encore Mavroudís Vorídis (devenu ministre de l'Agriculture et porte-parole de Nouvelle démocratie). L'historien Dimitris Kousouris indique que « le parti veut créer un bloc assez large avec toutes les forces conservatrices et nationalistes, et on y retrouve plusieurs politiciens d'extrême droite. »
Le gouvernement dirigé par Kyriakos Mitsotákis fait face au scandale du Predatorgate, qui implique l'utilisation présumée d'un logiciel espion par son gouvernement pour surveiller ses opposants politiques. Mitsotákis a qualifié ces actions d' « erreurs »et a prétendu ne pas avoir eu connaissance de celles-ci. Les révélations de cette affaire ont conduit à la démission de deux membres proches de Mitsotákis : Panagiotis Kontoleon, chef de l'Organisation nationale de renseignement (EYP), et Grigoris Dimitriadis, secrétaire général du bureau du Premier ministre et également son neveu
Nouvelle Démocratie sort renforcée des élections de avec 40,8 % des suffrages. Le premier ministre Kyriakos Mitsotákis appelle toutefois à de nouvelles élections législatives en pour lui permettre d'obtenir la majorité absolue (à cinq sièges des 146 obtenus).
Une vingtaine de responsables politiques de Nouvelle démocratie, dont onze députés et trois ministres, sont mis en cause par le parquet européen pour des faits de corruption en 2026. Selon les enquêteurs, les mis en cause auraient détourné des dizaines de millions d'euros de subventions européennes.
Idéologie Le positionnement politique de la Nouvelle Démocratie va du centre droit à l’extrême droite. Les principales idéologies du parti ont été décrites comme libérales-conservatrices, démocrates-chrétiennes. et pro-européennes..
Le parti dénonce l’accord de Prespa, passé en 2018, sur la reconnaissance de la Macédoine du Nord et accuse le Premier ministre Aléxis Tsípras d'avoir « trahi la nation », adoptant une rhétorique nationaliste.
En vue des élections législatives de , il promet de baisser la TVA, les impôts sur les bénéfices des entreprises, l'accélération des privatisations, l'externalisation de certains services publics et la mise en place d'un programme d’« évaluation » des fonctionnaires.
L'universitaire Filippa Chatzistavrou relève qu'à l'issue des élections parlementaires de 2019, la chute d'Aube dorée et l'ouverture de la Nouvelle Démocratie sur sa droite « ont permis de réunir une droite xénophobe, une droite populiste-nationaliste et un centre-droit libéral. Ce mélange politique s'articule autour de trois pôles : Une forme d'autoritarisme dans la gestion de l'État ; un agenda très libéral sur le plan économique ; un populisme nativiste qui met en avant les politiques identitaires. » Le journaliste Dimitris Psarras, spécialiste de l’extrême droite grecque, note également que « Nouvelle Démocratie a des liens forts avec l’extrême droite ».
Identité visuelle
Dirigeants
Konstantinos Karamanlis (1974-1980) Geórgios Rállis (1980-1981) Evángelos Avéroff (1981-1984) Konstantínos Mitsotákis (1984-1993) Miltiádis Évert (1993-1997) Kóstas Karamanlís (-) Antónis Samarás (-) Evángelos Meïmarákis (intérim, -) Ioánnis Plakiotákis (intérim, du au ) Kyriákos Mitsotákis (depuis le ).
Résultats électoraux Élections parlementaires Année Voix % Rang Sièges Gouvernement1974 54,37 Konstantínos Karamanlís VI1977 41,84 Konstantínos Karamanlís VII1981 35,87 Opposition1985 40,85 Opposition06/1989 44,25 Tzannetákis11/1989 46,19 Zolótas1990 46,89 Konstantínos Mitsotákis1993 39,30 Opposition1996 38,12 Opposition2000 42,74 Opposition2004 45,36 Kóstas Karamanlís I2007 41,84 Kóstas Karamanlís II2009 33,47 Opposition (2009-2011), Papadímos (2011-2012)05/2012 18,85 Gouvernement interimaire06/2012 29,66 Samarás01/2015 27,81 Opposition09/2015 28,09 Opposition2019 39,85 Kyriákos Mitsotákis I05/2023 40,79 Gouvernement interimaire06/2023 40,55Kyriákos Mitsotákis II centré|vignette|464x464px|Evolution des résultats électoraux de Nouvelle Démocratie au Parlement Grec.
Élections européennes Année Députés Voix % Rang Groupe 1981 31,34 PPE 1984 38,05 PPE 1989 40,41 PPE 1994 32,66 PPE 1999 36,00 PPE 2004 43,01 PPE 2009 32,39 PPE 2014 22,72 PPE 2019 33,12 PPE 2024 28,31 PPE
Notes et références
Voir aussi Liens externes
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