L'Établissement public de télévision (en ), dont le sigle usuel est EPTV et anciennement Établissement national de télévision (ENTV, en ), est la société nationale qui gère les activités de la télévision publique en Algérie, de la production à la diffusion. Il opère 9 chaînes de télévision qui sont TV1 : la principale chaîne généraliste, TV2 : à dominante francophone, TV3 : une chaîne d'information en continu, TV4 : une chaîne berberophone, TV5 : chaîne religieuse, TV6 : chaîne axée sur la jeunesse, TV7 : chaîne de savoir et enseignement, TV8 : chaîne d'histoire et TV9 : chaîne parlementaire. Une web TV émet des programmes sur le web et diffuse des évènements sportifs sur les réseaux.

Membre actif de l'Union de radiodiffusion des États arabes (ASBU) et de l'Union européenne de radio-télévision (UER), l'EPTV est également actionnaire dans Euronews SA.

Histoire RTF Télévision

1956–1962 : RTF Télévision Alger L'histoire de la télévision en Algérie remonte à l'émanation de la Radiodiffusion-télévision française (RTF) dans le pays..

Le , la Radiodiffusion-télévision française (RTF) met en place dans les départements français d'Algérie son premier émetteur de télévision. au standard VHF 819 lignes, installé à Tamentfoust, à à l'est d'Alger. L'émetteur, qui a couté francs était d'une puissance de avant de passer à en 1957. Il couvre presque toute la ville d'Alger et une grande partie de la Mitidja.

Une astuce technique permet la diffusion simultanée du son en deux langues (français et arabe) pour certaines de ses émissions. La RTF Télévision en Algérie est ainsi la première au monde à être bilingue et à émettre des spectacles français et arabes commentés dans les deux langues. Les speakerines francophones et arabophones se partagent à tour de rôle la présentation des programmes, les unes apparaissant en direct à l'écran pendant que les autres font la traduction en voix off, et inversement le lendemain.

Utilisée comme moyen de propagande et porte-parole de la minorité européenne en Algérie, cette station utilisait dont cinq cadreurs. de programmes sont diffusés chaque semaine en 1957, composés d'information, de films, de théâtre, de musique et d'œuvres lyriques, de variétés, de magazines, de reportages sportifs et d'émissions pour la jeunesse. Des dramatiques sont également programmées, dont la dernière étant diffusée était L'Épreuve de Marivaux. La télévision métropolitaine fournit de programmes sur ces , essentiellement du théâtre, des variétés et des ouvrages lyriques.

Le journal télévisé est diffusé à et rediffusé à et est présenté par Jean Luc, Jean Lanzi, Jean-Claude Narcy et Jean-Pierre Elkabbach. Il est réalisé entièrement sur place à l'aide de bandes envoyées par United Press et France Vidéo auxquelles s'ajoutent deux ou trois reportages tournés localement chaque jour avec des commentaires en français et en arabe pour une diffusion simultanée sur les deux canaux sonores.

De nombreux programmes (émissions musicales, folkloriques, enfantines, concerts, théâtre, et courts-métrages) sont spécialement créés pour alimenter la grille des émissions arabophones placées sous la direction de Fathallah Benhassine, déjà responsable des émissions en langues arabe et kabyle à la radio France V.. Dès sa naissance, la Télévision d'Algérie a donc eu une activité intense et a souhaité s'adresser à toutes les composantes de la population algérienne susceptibles de la recevoir. À la fin de l'année 1957, le nombre des téléspectateurs, quasi exclusivement européens, est estimé à environ.

1958–1962 : RTF Télévision Oran Un second émetteur de télévision est inauguré par le Directeur Général de la RTF, Gabriel Delaunay, pour desservir Alger le .. Oran est la seconde ville équipée d'un émetteur de télévision, installé sur l’immeuble Perret qui dresse ses quinze étages au carrefour de la rue Mostaganem et de la route du Port, et qui rayonne très correctement sur toute l'étendue de l'agglomération dès le . Le réseau s'étend avec la construction d'un émetteur de télévision à la station de ski de Chréa en .

1960–1962 : RTF Télévision Constantine Le se réalise la mise en service de l'émetteur de Constantine.. vignette|L'inauguration de la station de télévision de Constantine en 1960.

La RTF présente sa dernière édition en direct du journal télévisé le , veille du référendum d'autodétermination.

1962–1986 : Radiodiffusion télévision algérienne (1962-1986)

thumb|Écran de la RTA, montrant les frères Rachid et Fethi (1975).

Quelques mois à peine après la déclaration d'indépendance de l'Algérie le , la Radiodiffusion-télévision algérienne (RTA) se substitue à la RTF dont elle était une antenne régionale, le dans ses prérogatives et attributions en Algérie (infrastructures, bâtiments…). Un accord de coopération technique entre les deux organismes de radiodiffusion est signé le .. La RTA opère à cette époque trois programmes télévisuels régionaux à Alger, Constantine et Oran. L'État lui a consacré plus de de DA au budget d'équipement. Dans la même année, la Radiodiffusion s'ouvre à la publicité.

Un investissement réalisé en deux décennies (70–80), un temps relativement court, a entraîné l'extension et la modernisation des réseaux nationaux de la télévision dont la couverture du sud du pays par transmission satellite, l'équipement des centres de production en matériel moderne, et par la suite l'introduction de la couleur à la télévision. L'unification de la diffusion du programme national de télévision au nord du pays par faisceaux hertziens est achevée le , acheminant le programme de télévision en noir et blanc. Le sud du pays s'est vu doté d'un réseau d'émetteurs radio et télévision recevant les programmes d'Alger via le satellite Intelsat. Un programme unique pour l'ensemble du pays est diffusé de Tlemcen à Souk Ahras. Parallèlement, la RTA a aussi entrepris la construction de nouvelles maisons de radio et de télévision dans les centres régionaux à Constantine, Oran et Ouargla.

En 1973, une autre étape a été franchie avec la coloration des studios de production et de diffusion télévisée. La RTA abandonne le standard français 819 lignes norme E pour la diffusion télévisée et adopte le système PAL 625 lignes norme B pour sa diffusion en couleur.. La diffusion de la télévision s'élargit dès 1975 avec l'inauguration de nouveaux centres de diffusion à Reghiss, Bouilef et Metlili à l'Est et Aïn N'sour, Tiaret, Nador, Hassi Dib, Aflou et Méchria à l'Ouest.

La RTA dispose également, depuis le , d'une couverture du Sud algérien en télévision grâce à l'acheminement du signal par satellite. Au , les stations suivantes ont été reliées par satellite à la Maison de la Radio d'Alger et reçoivent le programme national de télévision : Béchar, Ouargla, El Oued, Ghardaïa, In Salah, Tamanrasset, Djanet, Tindouf, Adrar, Béni Abbès, Timimoun et El Goléa. Le réseau des faisceaux hertziens comprend, à partir du Centre Nodal de Bouzaréah, intermédiaires terminales studios, émettrices radio et télévision, comme il existe également des circuits internationaux formant des connexions dans toutes les directions.

En 1982, la RTA entre de plain-pied dans le monde de la communication en s'équipant de façon conséquente, en participant à des expériences de pointe tel que le système d'échange d'informations et de programmes par satellite avec les pays arabes et européens et en formant de nouvelles générations de techniciens rompus aux technologies nouvelles.

1986–1991 : Entreprise nationale de télévision

À l'instar d'autres entreprises du pays, la RTA fait, à la suite du décret du , l'objet d'une restructuration séparant les activités qu'elle gère en la structurant en quatre organismes autonomes : l'Entreprise nationale de télévision (ENTV) chargée de la télévision, l'Entreprise nationale de radiodiffusion sonore (ENRS) chargée de la radio, l'Entreprise nationale de télédiffusion (ENTD) chargée de la télédiffusion et l'Entreprise nationale de production audiovisuelle (ENPA) dont monsieur MERAGHNI était chargé de sa structuration.

Depuis 1991 : Établissement public de télévision

Plus tard, la loi du érige l'ENTV en établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), administré par un conseil d'administration et astreint à un cahier de charges. Elle devient ainsi .

L'EPTV se développe une action plus offensive vis-à-vis de l'étranger et particulièrement vers la communauté nationale installée en Europe et dans le Monde arabe en privilégiant, au niveau de la programmation, le double aspect de l'information et de la culture. La première, ayant un but politique résidait dans le fait de donner une autre image du pays que celle de la violence et la seconde visait à mieux consolider l'encrage des publics ciblés. C'est ainsi que Canal Algérie, chaîne généraliste en langue française, orientée vers l'Europe, voit le jour en 1994. Elle sera diffusée selon le système analogique dès le et disponible sur le réseau câblé français Noos depuis . Une troisième chaîne, A3 (ou Algérie 3), en langue arabe, orientée vers le Monde arabe et utilisant le satellite Arabsat voit le jour le .

Les objectifs recherchés par la diffusion internationale de ces programmes obéissent à des considérations d'ordre politique et culturel auxquelles se greffent des intérêts de nature économique et commerciale. Mustapha Bennabi, l'un de ceux qui ont contribué au lancement de ces chaînes, résume bien ces objectifs :

Après la diffusion par le biais du satellite, les chaînes de l'EPTV commencent à émettre sur la télévision numérique terrestre (TNT), envisagée dès 2007 et installée début 2011. Cette dernière améliorant les qualités de son et d'image, permet également la multiplication des chaînes émises par voie hertzienne terrestre là où ne circulait que l'. Le processus de numérisation démarre dans certaines villes du pays (Alger, Constantine et Oran) avant de s'étendre sur tout le territoire national, signant alors l'arrêt de la diffusion hertzienne analogique. Le premier multiplex algérien présenté à la conférence de l'UIT, comprend six chaînes de télévision, à savoir le réseau EPTV, Canal Algérie et A3 avec les projets de trois chaînes thématiques (la culture, l'économie et le savoir). Une enveloppe de de dinars a été dégagée pour la réalisation de plusieurs projets dont la construction d'une maison de la télévision pour loger ces chaînes, ainsi que l'achat des équipements nécessaires à l'utilisation de la TNT.

Le , l'EPTV lance deux nouvelles chaînes de télévision : Chaîne 4, une chaîne généraliste berbérophone (kabyle, chaoui, mozabite, tamasheq ou chenoui) émettant par jour de à . et Coran TV, une chaîne thématique consacrée à la religion musulmane émettant par jour de à .

Lors d'un discours prononcé en , en plein Printemps arabe, le président Bouteflika promet de libéraliser le champ audiovisuel. Cependant, le gouvernement laisse se créer plusieurs chaînes privées émettant depuis l'étranger, mettant ainsi fin au monopole de l'EPTV.

Le , à l'occasion du anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale sur la radio et la télévision, l'EPTV lance sa première chaîne en HD. Il s'agit d'un simulcast d'A3 en haute définition, diffusé par la Télédiffusion d'Algérie (TDA) via Nilesat. Cette stratégie fait partie des premières opérations de restructurations techniques enregistrées dans le cahier des charges de l'EPTV..