Le franc Pacifique, officiellement le franc des collectivités françaises du Pacifique, ou simplement appelé franc dans l'usage courant, est, avec l'euro, une des deux monnaies officiellement utilisées au sein de la République française. Également connu sous le nom de franc CFP (Change Franc Pacifique, anciennement Colonies françaises du Pacifique), il a cours dans les collectivités d'outre-mer françaises de l'océan Pacifique : Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis-et-Futuna.

Histoire du franc Pacifique Le franc des Colonies françaises du Pacifique, dit franc CFP, a été créé en décembre 1945 en même temps que le franc CFA (colonies françaises d'Afrique), après les accords de Bretton Woods.

Avant cette date, ont circulé sur ces territoires, à partir des années 1890, principalement des francs français et des piastres indochinoises, lesquelles sont émises par la Banque de l'Indochine qui ouvre un comptoir à Papeete le , mais aussi, à différentes époques, circulent de nombreuses monnaies étrangères comme le peso chilien d'argent, etc. La première banque d'émission ouverte à Papeete est la Caisse agricole de Tahiti qui imprime, à partir du Second Empire, des bons de caisse ayant valeur de monnaie.. gauche|vignette|5,000 CFP Avant la Seconde Guerre mondiale, par manque de monnaie officielle, le troc est de retour sur les îles du Pacifique et des entreprises privées émettent leur propre monnaie, comme la Société Le Nickel (SLN) à Nouméa. En 1942 les troupes américaines arrivent dans le Pacifique et apportent le dollar sur les îles françaises, qui sera localement utilisé.

Après les accords de Bretton Woods en 1944 la France souhaite assainir la situation financière de ses colonies. C’est pourquoi le gouvernement provisoire crée par décret le le CFA signifiant « franc des Colonies françaises d'Afrique » et le CFP signifiant « franc des Colonies françaises du Pacifique ». Le CFP est alors émis par la Banque d’Indochine. Cette monnaie reçoit un bon accueil dans les territoires du Pacifique et apporte une stabilité économique.

Bien que l'appellation CFP ait évolué en « Communauté financière du Pacifique » puis en « change franc Pacifique », aucun texte officiel ne modifie l'appellation de 1945Article "Passage à l'euro : une année décisive pour la Calédonie", encadré "Pourquoi la Polynésie a dit oui à l'euro" paru dans Les Nouvelles Calédoniennes du 3 février 2006, page 3 et consultable dans les archives du journal avant 2022. L'ordonnance du , entrée en vigueur le , définit l'appellation franc CFP comme le « franc des collectivités françaises du Pacifique ».

Il a le code ISO 4217 de monnaie : XPF. L'Institut d'émission d'outre-merÀ ne pas confondre avec l'IEDOM qui est l'Institut d'émission des départements d'outre-mer, une division de la Banque de France intégrée dans la zone euro (IEOM) est la banque centrale des territoires français du Pacifique.

Parité La parité officielle du franc Pacifique a été dans un premier temps fixée par l'arrêté du NOR:ECOT9820119A, JORF du 3 janvier 1999, page 154, puis par le code monétaire et financierArticle D712-1 du code monétaire et financier, à : 1 000 XPF = (exactement) ; 1 XPF = 0,008 38 € ; 1 € ≈ 119,33174 XPF (environ).

Ainsi tout en conservant leur monnaie, les collectivités françaises du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et territoire des îles Wallis-et-Futuna) bénéficient notamment de l'accès sans risque de change aux marchés de la zone euro.

Bien que fixe, la parité du franc CFP a évolué depuis sa création. De 1945 à 1998, la parité du franc Pacifique était fixée par rapport à celle du franc français, mais depuis 1999 et l'adoption par la France de l'euro comme devise officielle, il n'y a plus de taux de conversion directe entre le franc Pacifique et le franc français, et c'est par rapport à l'euro que la parité du franc CFP est fixée.

Évolution des paritésSource de 1945 à 1960 à la page http://ieom.fr/presentation_historique.asp du site de l'IEOM : : 100 F CFP = 240 aFRF (aFRF = ancien franc français) ; : 100 F CFP = 432 aFRF ; : 100 F CFP = 531 aFRF ; : 100 F CFP = 548 aFRF ; : 100 F CFP = 550 aFRF (début de la parité fixe avec le franc, puis l'euro) ; : 100 F CFP = 5,50 FRF (passage au « nouveau franc » : 1 FRF = 100 aFRF) ; : F CFP = Lors du passage à l’euro et du gel de la parité FRF/€ à 1 € = 6,55957 FRF, le décret n° 98-1152 du 16 décembre 1998, publié au JORF du 18 décembre 1998, page 19123, a fixé les règles qui ont conduit à cette parité fixe entre F CFP et € soit 100 F CFP ≈ 5,497 FRFLe site officiel de l'IEOM a été corrigé tardivement pour fixer la parité exacte du franc CFP par rapport à l'euro et non par rapport au franc CFP

On constate que le passage de la parité avec le franc à la parité avec l'euro a très légèrement dévalué le franc Pacifique par rapport au franc français, puisque le taux de parité avec l'euro a été arrondi. Mais cela a l'avantage de conserver un taux de conversion exact avec l'euro, et de limiter les erreurs d'arrondis qui auraient été disséminées dans l'économie franc Pacifique par la transition à l'euro. La légère différence causée par cette dévaluation a été compensée par un apport de la Banque de France au fonds légal de l'IEOM garantissant la valeur du franc Pacifique auprès des banques et institutions monétaires internationales. Cette différence est également inférieure aux variations journalières de cotation de l'euro ou du franc CFP avec les autres devises sur les marchés internationaux.

Passage à l'euro Les autorités des territoires d'outre-mer français de Wallis-et-Futuna et de Polynésie française se sont déclarées favorables pour adopter l'euro, en remplacement du franc CFPLa Polynésie française passera-t-elle à l'euro ?Le franc CFP, c'est l'euro sans les contraintes même si le gouvernement français a assuré qu'il ne mettait pas en cause l'existence du franc PacifiqueAvenir du franc Pacifique.

Cependant, la Nouvelle-Calédonie n'a pas encore pris sa décision qui considère le Franc Pacifique comme un symbole d'indépendance vis à vis de la métropole. En effet, trois consultations sur l'accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie ont eu lieu le , le et le 12 décembre 2021 ; et les opinions diffèrent sur l'adoption de l'euro dans le futur. Le gouvernement français a exigé que ces trois territoires se déclarent en faveur de l'adoption de l'euro dans les trois collectivités simultanément. Si les trois entités se mettent d'accord en faveur de l'adoption de l'euro, le gouvernement français fera une demande en leur nom au Conseil européen et le passage à l'euro aura lieu quelques années plus tard.

Émissions monétaires Pièces de monnaie (avant 2020) Deux jeux de pièces sont émis actuellement : le premier circule en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna, le second en Polynésie française. Ils comprennent tous deux des pièces de 1, 2, 5, 10, 20, 50 et 100 francs Pacifique.

Les pièces de 1 à 5 francs sont en aluminium ; les pièces de 10 à 50 francs en nickel ; après 2005, en cupronickel ; celle de 100 francs est en alliage de nickel, cuivre et aluminium.

L'avers commun représente Minerve (gravure de Lucien Bazor) sur les pièces de 1 à 5 francs et Marianne (gravure de Raymond Joly) sur les pièces de 10 à 100 francs.

Type Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna Le revers porte le nom du territoire, la valeur faciale et une illustration : Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna : Pièces de 1, 2 et 5 francs : un cagou aux ailes déployées ; Pièces de 10 francs : une pirogue à voile devant un paysage côtier ; Pièces de 20 francs : trois têtes de zébus d'élevage ; Pièces de 50 et 100 francs : une case kanak entourée de trois pins colonnaires et d'un cocotier.

Type Polynésie française Le revers porte le nom du territoire, la valeur faciale et une illustration : Polynésie française ; Pièces de 1, 2 et 5 F CFP : un paysage côtier ; Pièces de 10 F CFP : deux Tiki dos-à-dos (représentation d’esprits polynésiens) ; Pièces de 20 F CFP : un uru, fruit de l'arbre à pain ; Pièces de 50 et 100 F CFP : un paysage côtier et de relief (Mou'a Roa sur l'île de Moorea) avec maison sur pilotis et pirogue à balancier.

Pièces de monnaie (depuis 2021) À partir du , une nouvelle série de pièces vient remplacer les deux types antérieurs. avec les changements suivants : La série est commune aux trois territoires ; Le design est modernisé ; Les pièces sont allégées ; Les pièces de 1 et 2 francs sont supprimées ; Une pièce de 200 francs, bimétallique, est frappée.

Billets de banque Évolutions techniques vignette|Une danseuse à Wallis lors de la fête de l'Assomption le 15 août 2019. Les meilleures prestations sont récompensées en billets épinglés dans la coiffure ou coincés dans les vêtements.

Jusqu'en 1992, les billets étaient distingués par le chef-lieu du territoire d’émission (Nouméa ou Papeete). Par la suite, cette distinction a été supprimée, d'abord pour les billets de 500 F CFP puis progressivement pour l'ensemble des autres valeurs.

Jusqu'en 2001, les billets étaient imprimés en utilisant la technique de la taille-douce, d'abord sur du papier de au mètre carré jusqu'en 1994 puis sur du au mètre carré de 1994 à 2001. De 2001 à 2014, la taille-douce est toujours utilisée pour le recto (ou « face polynésienne »), mais cette technique est remplacée par celle de l'offset pour le verso (ou « face néo-calédonienne »).

Le , de nouveaux billets entrent en circulation. De taille réduite, mieux sécurisés, les nouveaux billets sont aussi plus facilement reconnaissables par les malvoyants. Par leurs motifs et graphismes, conçus en concertation avec les autorités des trois collectivités françaises du Pacifique (et notamment répondant à une loi du pays néo-calédonienne de 2010 ayant adopté trois des cinq signes identitaires de cet archipel prévus par l'accord de Nouméa), ils reprennent des éléments du patrimoine culturel, artistique et naturel de Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et, dans une moindre mesure, de Wallis-et-FutunaF.A.Q des nouveaux billets, site officiel de l'IEOM. Les anciens billets restent valables durant une période de transition allant jusqu'au .

Ancienne graphie (2001-2014)