Rouïba ou Rouiba (en arabe : الرويبة, en berbère : ⵔⵡⵉⴱⴰ) est une commune de la wilaya d'Alger en Algérie, située dans la banlieue Est d'Alger. Ses habitants s’appellent les Rouibéens.
Arrosée par le Bouriah, affluent de l'oued El Hamiz, Rouiba est située dans un carrefour de routes très importantes, notamment l'autoroute Est-Ouest et la RN5.
Capitale de la Mitidja OrientaleDictionnaire des communes de l'Algérie, villes, villages, hameaux, douars, postes militaires, bordjs, oasis, caravansérails, mines, carrières, sources thermales et minérales, Piere Fontana, Imprimeur-Éditeur, 1903, ., de vocation agricole, Rouiba fut caractérisée par une faible urbanisation jusqu'au début du où elle devient, après la Seconde Guerre mondiale, une ville industrielle avec sur son territoire la première et la plus grande zone industrielle du pays qui s'étend sur Revue de géographie de Lyon, , 1980, .. Passant de 4115 en 1911 à 16254 en 1959, la population atteint les 65000 habitants en 2008 ce qui est expliqué par le mouvement des populations des quartiers centraux d'Alger vers ceux de la périphérie, notamment orientale à partir de 1987.
Rouiba est l'une des communes les plus riches d'Algérie.
Géographie Toponymie Rouïba est le nom utilisé par les habitants avant et après la colonisation française. « Ce qui est incontestable c'est que son origine provient de l'arabe ou du berbère ; quant à sa traduction les avis divergent »..
L'origine pourrait être une déformation de « petit bois »: Gustave Léon Niox définit : Rouiba, diminutif de Raba (Ghaba), petit boisGustave Léon Niox, Algérie, Géographie physique, , Paris, L. Baudoin (Paris), 1884. Élisée Reclus définit : Ghaba, bois.- Diminutif: Ghouiba. Ex: Rouiba (banlieue d'Alger), le Bosquet (lambert)Élisée Reclus, Nouvelle géographie universelle : la terre et les hommes, , Paris, Hachette, 1876-1894..
Localisation Rouïba est située à à l'est du centre d'AlgerJournal officiel de la République algérienne du , , délimitation du territoire de la commune de Rouïba..
Topographie La commune de Rouïba est entièrement dans la partie orientale de la plaine de Mitidja à une altitude d'environ et qui peut aller jusqu'à près de l'oued El-Biar à l'extrémité Est et au nord, près de la ride de H'raoua, qui marque une exception de la nature plate de Rouiba. À l'ouest, la commune est limitée par l'oued El Hamiz caractérisé par ses faibles pentes ce qui augmente le risque d'inondation.
Hydrographie La commune est traversée par trois oueds[Programme d’aménagement côtier (PAC) "Zone côtière algéroise" Activité : Gestion intégrée des zones côtières, Action pilote : Site du lac de Réghaïa, avril 2005]. : Oued El-Biar : Il limite la commune à l'Est. Oued Bouriah : affluent de l'oued El Hamiz. Il prend sa source au niveau de Rouïba et draine les eaux de ruissellement de la Mitidja Nord-Est. Oued El Hamiz : qui limite la commune à l'Ouest.
Voies de communication et transport Voies routières Routes nationales (RN) A1, autoroute Est-Ouest : Deux branches de l'autoroute Est-Ouest rejoignent Rouïba, une première au niveau de l'échangeur d'El Hamiz et la deuxième au niveau de la zone industrielle. rocade sud d'Alger : Rouïba est reliée avec la rocade sud d'Alger. RN5 : Rouïba est traversée par la RN5, la reliant à la localité d'El Hamiz dans la commune de Dar El Beida à l'Ouest et la commune de Reghaïa à l'Est. RN11 : Route d'Oran. RN24 : Rouïba est bordée au Nord par la RN24 qui la limite avec la commune de Ain Taya.
Chemins de Wilaya (CW) CW121 : Rouïba est traversée par le CW121 qui relie Ain Taya au Nord à Khemis El Khechna au Sud. CW149 : Rouïba est traversée par le CW149 qui relie Bordj El Bahri au Nord à Hammedi au Sud.
Transport en commun Réseau de lignes de banlieue d'Alger, Ligne Alger-Thénia:
La gare de Rouïbainaugurée en 1887 est desservie par le train de banlieue de la SNTF, la fréquence est d'un train toutes les 15 minutes aux heures de pointe. Deux autres haltes desservent la Zone industrielle de Rouiba et l'entreprise SNVI.
Métro d'Alger:
L'Entreprise Métro d'Alger (EMA) avait consulté des bureaux d'études étrangers pour faire des propositions sur l'extension du métro d'Alger de Bab Ezzouar vers Dar El Beida, Rouïba et Reghaia.
Tramway d'Alger:
L’extension de la ligne du tramway d'Alger vers Ain Taya, Rouïba et Reghaïa est en étude.
Réseau de bus ETUSA:
Rouiba est desservie par la ligne 72 du réseau régulier de l'ETUSA (PLACE DES MARTYRS - ROUIBA).
Elle est desservie, également, par d'autres lignes du réseau d'affrètement de l'ETUSA : lignes 609, 623, 624, 625, 626, 627 et 628.
Les Stations de bus:
Il y a trois grandes stations de bus qui couvrent plusieurs destinations.
Urbanisme Morphologie urbaine L'ONS découpe la commune de Rouiba en deux agglomérations : Agglomération Chef-lieu Centre-ville; Agglomérations secondaires Hai Ennasr.
La commune de Rouiba, elle-même, avec celle de Réghaia forment une Agglomération urbaine intercommunale (AUIC) et une grande ville selon la terminologie employée dans les lois 2001-20 et 2006-06.
Logement De nombreuses constructions du existent encore. De 35 maisons en 1881 à 82 en 1901, Rouiba se développa pour donner naissance aux quartiers Borras et Berges en 1948, le quartier neuf et en 1955, les 36 chalets de castors Air-France et celui de l'AIA, composé de 36 pavillons de style moderne, le lotissement SCFC composé de 12 lots et celui du stade, ainsi que des immeubles collectifs. Ce n'est qu'en 1952 que le logement social fit son apparition à Rouiba (HLM du jardin public, cité évolutive, HLM de la Mitidja…) à la suite de l'implantation de la zone industrielle Rouiba-Réghaia.
La grande dynamique démographique de la périphérie orientale du littoral algérois (composé de l’ensemble Sahel-Mitidja) s'est traduit par un important développement du cadre bâti, à la suite de la saturation du tissu urbain d’Alger. Dès 1966, la proche région algéroise présente un taux d’urbanisation de l’ordre de 77 %. Les taux négatifs dans les communes centrales et positifs dans les communes de la daïra de Rouiba, traduisent une corrélation entre ces entités spatiales, résidant dans le report des populations des quartiers centraux vers ceux de la périphérie, notamment orientale à partir de 1987Les cahiers du CREAD , Fella Benbitat et Mostefa Guendouz, Une urbanisation linéaire, dynamique démographique et mutations spatiales dans la péripherie littorale algéroise : Cas de la commune de Heuraoua.
Histoire La région du littoral algérois de cap Matifou (que H. Marchand. lui a attribué comme limites : l’embouchure de l’Oued El Hamiz du côté occidental et l’embouchure de l'Oued Réghaïa du côté oriental) a connu une présence humaine dès la période préhistorique. H. Marchand en conclut que « ces régions du littoral algérois, où l'on a reconnu déjà des restes d'anciennes civilisations, phénicienne, romaine, turque, ont été habitées, au moins en partie, à une époque bien plus reculée qui est celle de la pierre taillée ».
Préhistoire et antiquité Plusieurs préhistoriens ont étudié la région : M. Piroutet a signalé la station préhistorique d'Ain Taya en 1930Maurice Piroutet, « La station préhistorique d'Aïn-Taya, près d'Alger », Bulletin de la Société préhistorique de France, , , 1930, .. G. Gaucher, pour sa part, a publié son article « Note sur l’existence de stations paléolithiques aux environs de Cap-Matifou, d'Aïn-Taya et de l’Alma-Marine » en 1932. où il s’est attaché à étudier « d’anciennes dunes et d’anciennes plages consolidées avec, par endroits, quelques affleurements de marnes, des terrains éruptifs et anciens, des alluvions anciennes, forment un ensemble de mamelons et de collines qui séparent la mer des plaines de Rouïba et de la Réghaïa » ; « C'est sur cette zone surélevée et sèche que l'on peut en plusieurs endroits rencontrer des pierres taillées » affirme-t-il. G. Gaucher cite, en particulier, les terrains qui entourent les Marabout de Sidi Ali et de Lalla Dergana, les terres travaillées qui se trouvent autour de Haraga (à Bordj El Kiffan) et le chemin de Ben-dali-Bey (localité située à l’extrême nord de la commune de Rouiba).
Le H. Marchand a complété le travail de ses prédécesseurs en se concentrant sur les falaises du cap Matifou proprement dit et l’embouchure de l’Oued Réghaïa et aboutit à la même conclusion : « La plupart des falaises escarpées que l'on rencontre sur cette immense étendue littorale ont été plus ou moins occupées par l'humanité primitive, et celles du cap Matifou n'échappent pas à cette règle ».
Période romaine La partie nord de la ville, en particulier la localité de Ben Dali Bey, vue sa proximité de l'antique Rusgunia a fait l'objet de découverte archéologique. A. Berbrugger, dans la Revue africaine, explique qu’elles seront décrites avec celles de Rusgunia : « Rusgunia - Dès l'embouchure de l'Hamise, on commence à trouver des ruines qui annoncent Rusgunia, la colonie romaine, dont les restes couvrent, sur un assez grand espace, les approches du Cap Matifou. Au-dessus de cette embouchure, vers le gué de Hadjira, il y a des traces très apparentes d'un pont antique. Mais ces vestiges et ceux qu'on remarque à Haouche Ben Dali Bey, seront décrits en même temps que Rusgunia »Revue africaine, , , Société historique algérienne.. Stéphane Gsell cite dans son Atlas archéologique un pont antique sur l’Oued Bouriah à Rouiba : « Il y avait un autre pont sur le Bourïa, afflut du Hamiz, à l’endroit appelé El Kounitra (le petit pont). Berbrugger l.c. ; Chardon, l.c. »Atlas archéologique de l'Algérie : édition spéciale des cartes au 1/200000 du Service géographique de l'armée : avec un texte explicatif / réd. par Stéphane Gsell, 1864-1932, .. En effet, l’occupation romaine a touché plusieurs parties de la Mitidja et a pénétré à l’intérieur de la plaine et ne s’est pas limitée par des colonies sur la côte.
Période ottomane Rouïba faisait partie de l'Outhan de Khachna dans la province d'Alger. Il existait quelques fermes (Haouch)Pierre Caratéro, Lorsque notre drapeau flottait sur Rouïba, Aubière (37, rue du Prat (63170)), 1987, 239 p. , ..
Période française Introduction La conquête française du territoire algérien a été accompagnée par la destruction, la dévastation et le pillage des biens, la Mitidja et les environs immédiats d’Alger, ne faisant pas exception. La population a été soumise à des massacres, comme le montre le témoignage d'un capitaine d'état-major juste après le débarquement des Français sur la côte algéroise :
La genèse de Rouïba Les localités de Haouch Rouiba, Sbaat et Ben Choubane existaient déjà avant l'arrivée des Français. Il n’y avait que le chemin de Dellys à Alger et Rouiba n'était accessible que par le chemin qui passe devant le cimetière musulman (El Guedhia). La commune originelle de la RassautaLes différentes composantesCréation des communesLe plein exerciceAu départ, celle-ci s'appelle Ras el Outa et le nom sera francisé en domaine de la Rassauta.
Le , La Rassauta devient commune de plein exercice.
Par décret du 5 juin 1882, la Rassauta est divisée en deux communes : Fort-de-l’Eau et Maison-Blanche.
centré|vignette|Organigramme des composantes de la Ras El Outa (Rassauta).centré|vignette|Plan du domaine de la Ras El Outa (Rassauta).Fort de l'Eau (Bordj El Kiffan)La commune est créée le .Elle devient commune de plein exercice le .Maison-Blanche (Dar El Beïda)La commune doit son origine à la propriété de Charles Muller, établi depuis 1840. Le centre de population créé dans les années 1850 devient commune lorsque La Rassauta est divisée en deux par décret du 5 juin 1882.Elle devient commune de plein exercice par décret du 2 juin 1882.Maison-Carrée (El Harrach)En 1861, le village de Maison-Carrée, qui compte alors 216 habitants, est érigé en centre-annexe de la commune de la Rassauta.