La cathédrale de Lausanne, anciennement cathédrale Notre-Dame de Lausanne.., est l'un des principaux monuments gothiques en Suisse. Vouée au culte protestant depuis 1536, elle domine la ville vaudoise de Lausanne, en Suisse. La paroisse fait partie de l'Église évangélique réformée du canton de Vaud.
Pendant de nombreuses années, la cathédrale de Lausanne a été pourvue d'orgues de faible qualité par rapport à l'importance de l'édifice. Pour remédier à cette lacune, les Grandes orgues Fisk sont inaugurées en . Orgue moderne, conçu pour jouer les différents styles du répertoire pour orgue et dont le buffet est imaginé par Giorgetto Giugiaro, les Grandes orgues de la Cathédrale sont le plus grand orgue de Suisse.
De manière continue depuis , la cathédrale abrite un guet dans le beffroi. Historiquement chargé d'assurer une surveillance de la ville (ex : incendie) et d'annoncer les heures à la criée, ce service est toujours en activité (visites et annonces des heures). En , la première guette est nommée officiellement par les autorités municipales.
Histoire
Fondation Remplaçant plusieurs édifices religieux successifs antérieurs (dès le ), la cathédrale de Lausanne est un bâtiment édifié en pierre de taille (grès tendre dit molasse), de style gothique, commencé vraisemblablement sous l'épiscopat de Landry de Durnes (1160 à 1174), et achevé vers le milieu du ., soit à l'époque où la région, excepté la ville qui dépendait de l'évêché, était rattachée au comté de SavoieCanton de Vaud : site officiel : Cathédrale de Lausanne. Elle fut consacrée à la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie sous le vocable « Notre-Dame » le . en la présence du pape Grégoire X, de l'évêque de Lausanne Guillaume de Champvent et de l'empereur Rodolphe de Habsbourg.
Au Moyen Âge, elle devint un haut lieu de pèlerinage marial : environ s'y rendaient chaque année pour vénérer la statue miraculeuse de la Vierge, alors que Lausanne ne comptait que quelque . thumb|redresse|Portail occidental, ou portail Montfalcon, dès 1515 (entièrement restauré et complété en 1892-1909, avec trumeau à niche vide, la statue de la Sainte-Vierge n'ayant pas été acceptée par la ville). |alt= Grand Portail, ou portail de Montfalcon, entièrement restauré en 1892-1909. Porte principale à double battant avec trumeau à niche vide, créé à cette époque. La construction de la cathédrale de Lausanne eut lieu de 1170 à 1235 environCanton de Vaud : site officiel : Le monument. C'est la grande époque des constructions de cathédrales en Europe occidentale : l'une des plus célèbres, celle de Chartres (1194-1220), est ainsi contemporaine de la cathédrale de Lausanne. Si les premiers travaux furent effectués dans le style roman, les maîtres d'œuvre successifs adoptèrent très rapidement pendant les décennies qui suivirent le style gothique, plus conforme à l'évolution de l'architecture du temps. Le chevet est ainsi daté de la fin du -début du et serait l'œuvre du Maître de Lausanne, attesté dans les sources d'archives. La nef et le portail peint sont achevés vers 1230, alors que le massif occidental est sans doute terminé, avec moins de moyens, pour la consécration solennelle de 1275. La dernière étape est attribuée au maître d'œuvre Jean Cotereel, d'origine anglo-normande sans doute, qui importe des formes caractéristiques du style gothique anglais.. Elle connut au cours de son histoire deux incendies importants, le premier le et le second peu avant 1320, qui engendrèrent dans les deux cas des dégâts considérables.
L'antipape Félix V y est intronisé le .
Peu avant la Réforme, l'évêque Aymon de Montfalcon entreprend de grands travaux. Il supprime le passage routier qui « perçait » l'église transversalement, afin de relier la Cité-Dessus et la Cité-Dessous et qui divisait l'édifice en deux parties distinctes (massif occidental / nef et chœur), dorénavant réunis en un seul espace.. L'ancien porche occidental, largement ouvert, est fermé par un grand portail de style gothique flamboyant, édifié dès 1515 mais reste inachevé à la Réforme (la statuaire en particulier est lacunaire). Dans son état actuel, il date en grande partie de la restauration intégrale de 1892-1909. Nouvelle restauration avec nettoyage en douceur en 2017..
Quelques évêques importants de l'Église catholique Saint Maire d'Autun (Saint Maire ou Sanctus Marius) : 573-593. Saint Prex (Saint Protais ou Sanctus Prothasius) : vers 652. Henri de Bourgogne (985-1018) : restaurateur de l'église de l'An Mille. Saint Amédée de Clermont : 1145-1159. Landri de Durnes : 1160-1174.
Réforme protestante Les Bernois prennent le contrôle des terres de la principauté épiscopale de Lausanne en 1536. Ils y organisent en octobre de la même année une dispute théologique à laquelle ils convoquent l'ensemble du clergé catholique. Au terme de celle-ci, ils décrètent vainqueur le camp protestant et émettent des édits de réformation rendant illégal le culte catholique. La cathédrale passe ainsi à la Réforme et l'évêque, Sébastien de Montfalcon, en est chassé.
La cathédrale connut à cette époque des déprédations importantes dues aux Bernois, au grand dam des Conseils de la ville, dont notamment la destruction du cloître et de la plupart du mobilier précieux du chœur et des chapelles. Plus de cinquante statues de saints en bois et deux œuvres de première importance furent ainsi détruites ou vendues : le retable d'argent (env. ) en forme de triptyque du maître-autel (1474) de l'orfèvre Charles Humbeloz de Dijon, offert par l'évêque Georges de Saluces, rehaussé de couleurs par le peintre Pierre Spicre et surtout la statue miraculeuse en argent doré de la « Vierge trônant avec l'Enfant » debout sur ses genoux (), célèbre et vénérée dans toute l'Europe médiévale. Elle pesait environ et comportait des ornements en argent et une couronne en or et en pierres précieuses. Ces deux pièces majeures furent fondues en à Berne. L'église du Saint-Rédempteur à Lausanne possède cependant une copie assez fidèle du de cette statue, en bois polychrome., sauvée par les chartreux de la Valsainte.
Du riche trésor de la chapelle Notre-Dame de Lausanne, seuls deux angelots sculptés offerts par l'évêque Benoît de Montferrand (1476-1491) et . ont survécu (Musée d'histoire de Berne). Les manuscrits précieux, quant à eux, furent pour la plupart rachetés par la ville de Fribourg et sont déposés actuellement à la BCU de cette ville.
On déplore également la perte du maître-autel de calcaire noir poli de Saint-Triphon, emporté en hiver 1561 à la Collégiale protestante Saint-Vincent de Berne où il se trouve aujourd'hui encore. Les riches tapisseries du chœur furent également confisquées (conservées au Musée d'histoire de Berne). Notons que le jubé en calcaire noir (seules 7 colonnes ont subsisté) ainsi qu'une partie des stalles sculptées datant d'environ 1275 furent détruites dans le premier tiers du , après l'incendie de la tour-lanterne qui les dominait (1825).
L’évêque et historien Jacques Stammler écrivait en 1902 : "Le trésor qui tomba ainsi dans les mains des Bernois fut empilé dans des tonneaux et mené à Berne sur dix-huit chars. Les écrivains modernes du canton de Vaud estiment à 125000 louis d'or, soit à la valeur actuelle de Soit environ de francs suisses en 2022. l'importance de ce trésor, et cela sans les pierres précieuses, les tapisseries et les vêtements".
L'ensemble de la statuaire en pierre, hormis la statue décapitée de la Vierge avec l'Enfant en grès du narthex, fut par contre bien conservé. Il reste même d'importants fragments de polychromie architecturale à l'intérieur (notamment dans la chapelle Notre-Dame) et surtout sur les figures du « portail peint » () dont la restauration fut achevée en 2007. thumb|La chaire de 1633. L'époque bernoise verra la réalisation de la chaire monumentale (1633) due aux artistes bernois Daniel Heintz II et Jörg Freymund. Dans le déambulatoire, un important ensemble de monuments funéraires date aussi de cette époque..
Cathédrale contemporaine
vignette|La cathédrale vers 1873 avec la flèche d'Henri Perregaux, remplacée ensuite par celle due à Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc.
Dès 1874, l'édifice a fait l'objet d'une restauration conduite par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, dont ce fut le dernier chantier (l'architecte mourut d'ailleurs dans la ville en 1879).. Il restaura notamment le couronnement de la tour-lanterne, remplaçant l'ancienne flèche de 1825-1827, qui avait été construite par Henri Perregaux, la sauvant sans doute de l'effondrement. Un long chantier de restauration caractérise les années 1890-1910, réalisé en grande partie selon le programme de Viollet-le-Duc. Sur la façade occidentale, il faut signaler par ailleurs la reconstruction complète, entre 1892 et 1909, du grand portail, dit aussi portail Montfalcon, dont la sculpture a été réalisée par Raphaël Lugeon.
Au , les restaurations se succèdent avec régularité, sous la direction de la Commission technique de la Cathédrale, créée en 1898.. ; le beffroi est ainsi presque entièrement repris en pierre de Morlay dans les années 1940-1960 ; dans les années 1970-2000, les deux transepts, la nef et le portail peint sont l'objet de travaux d'envergure. La restauration de la tour-lanterne, entre 1989 et 1995, sera suivie par les spécialistes de l'Europe entière : il s'agit de l'une des premières « restauration des restaurations » à une époque où l'action de Viollet-le-Duc est réévaluée à sa juste valeur. Alors que les autorités vaudoises conservent cet apport, au même moment, on dérestaure les parties de la basilique Saint-Sernin de Toulouse dues au célèbre architecte, causant une polémique mémorable. Le cas de Lausanne est alors cité en exemple d'une nouvelle perception de l'histoire des restaurations. À cette occasion, un nouveau coq est dessiné par le sculpteur Gaspard Delachaux qui crée également huit mascarons pour remplacer les sculptures décorant la tour lanterne, créées par Viollet-Leduc, trop endommagées pour être restaurées...
Un nouveau cycle de restauration de l'édifice est lancé au début des années 2010 par l'État de Vaud pour une durée de cinq ans et un coût de vingt millions de francs ; la tour inachevée, le chœur et la toiture de la cathédrale sont en particulier concernés par ces travaux.
Rattachée désormais à la paroisse de Chailly-la Cathédrale, la cathédrale protestante accueille régulièrement des célébrations œcuméniques, ainsi que des manifestations culturelles (concerts). Quelques messes ont été également autorisées et célébrées ces dernières années.
Le , l'Église évangélique réformée du canton de Vaud met à jour le logo et le site internet de la cathédrale afin d'augmenter le rayonnement et la visibilité de cette dernière..
Le bâtiment est inscrit comme bien culturel suisse d'importance nationale.
Le , une délégation du Conseil d'État vaudois annonce la poursuite de rénovations ainsi que le remplacement des chaises en vannerie (en place depuis 1912) par des bancs au dossier réversible..
Dimensions
Longueur totale hors œuvre : Longueur du transept hors œuvre : Hauteur de la nef : . Hauteur de la tour du beffroi : Hauteur de la tour-lanterne : (restaurée par Viollet-le-Duc) Fouilles archéologiques La cathédrale de Lausanne a fait l'objet de diverses fouilles archéologique évoquées dans un ouvrage de synthèse paru en 1975..
Trouvailles archéologiques Amulette d’Abraxas. En 1910, l'archéologue Albert Naef découvre dans une tombe située sous le chœur, une curieuse amulette d’Abraxas, à savoir une croix en argent dont l’inscription évoque la formule magique « Abracadabra ». On la date du ...
Architecture
Description générale thumb|La voûte de l'abside et son décor peint (faux appareil de pierre) datant du .