Le Leopard 1 est un char de combat allemand. Il s'agit du premier char conçu par l'Allemagne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Historique Développement vignette|gauche|Un Leopard 1 de la Bundeswehr ouest-allemande en 1983. En , la Bundeswehr engage un processus afin de se doter d’un char de combat moderne pour remplacer ses M47 et M48 obtenus des États-Unis et obsolètes face aux nouveaux chars soviétiques, qui sont non seulement supérieurs en nombre, mais également très performants. Dans cette optique, une première série de spécifications est émise en 1957. Elle est suivie en juin de cette année par un accord entre la France et l’Allemagne pour développer en commun le nouveau char, auquel se joint l’Italie en .
Le programme compte deux équipes allemandes et une française, qui sont mises en concurrence. En Allemagne, l’équipe A est composée des entreprises MaK, Luther & Jung et Porsche, sous la direction de cette dernière, tandis que l’équipe B est dirigée par Ruhrstahl et comporte également Rheinstahl-Hanomag et Henschel. Parallèlement, la décision est prise de développer une tourelle commune à l’ensemble des projets, dont la conception est confiée à Wegmann et Rheinmetall. Côté français, le développement est confié aux Ateliers de construction d'Issy-les-Moulineaux.
L’équipe A est la première à réaliser des maquettes, en 1959, puis deux prototypes, livrés en . De son côté, l’équipe B prend du retard, Hanomag rencontrant d’importantes difficultés dans la conception de la motorisation et de la suspension. Finalement, elle parvient à produire deux prototypes en , mais les essais réalisés en en compétition avec les véhicules de l’équipe A amènent à privilégier ces derniers, ce qui met fin au projet B. L’équipe A produit alors une deuxième série de prototypes, qui sont testés à l’automne 1962 avec différentes variantes de la tourelle. En parallèle, les Français produisent la même année le premier prototype de ce qui deviendra plus tard l’AMX-30, en vue des essais comparatifs entre les deux modèles. Ceux-ci se déroulent entre août et à Mailly-le-Camp, Bourges, Satory et Meppen, sous contrôle italien, et donnent un net avantage au modèle allemand. Immédiatement après, les Français annoncent ne pas être en mesure d’acheter un nouveau char, ce qui met fin au programme commun de développement. Les Français et Allemands poursuivent chacun le développement de leur côté, tandis que les Italiens se tournent vers l’acquisition de M60A1 américains.
Le , les Allemands donnent au nouveau char le nom de « Leopard » et les cinquante exemplaires de présérie, dite « série O », sont envoyés à partir de à Münster, dans le , pour essais par les troupes. Avant même cette date, le Bundestag avait passé commande le de , qui commencèrent à sortir des chaînes d’assemblage de Krauss-Maffei le .
Histoire opérationnelle vignette|gauche|Un Leopard 1A5 DK danois de l'IFOR écrasant un canon antiaérien Zastava M55 A4 B1 de calibre en Bosnie-Herzégovine, en août 1996. La bataille de Saraci-Kalesija en Bosnie, qui opposait une unité des forces armées danoises de la FORPRONU aux bosno-serbes en 1994, a été le baptême du feu du Leopard 1.
Après leur retrait du service, plusieurs dizaines sont revendues à des musées ou des acteurs privés. Le prix d’un Leopard 1A5 démilitarisé en état de marche plafonnait à en 2016..
Le , à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, les ministres de la Défense de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Danemark annoncent que l'Ukraine va recevoir .. Le gouvernement allemand autorisant l'exportation de 178 de ces chars en dépôt chez des entreprises privées à remettre en état.. L'entreprise en possède 99 et Rheinmetall 88.. En , 58 ont été remis à l’armée ukrainienne sur les 155 promis dans un effort concerté avec les Pays-Bas et le Danemark. Rénovés en 2025, les Leopard 1 ukrainiens reçoivent une nouvelle tourelle Cockerill 3105 plus légère, composée de systèmes optiques modernes qui permettent la détection de cibles à des distances pouvant aller jusqu’à 18 km le jour et 15 km la nuit. Elle peut tirer les mêmes obus que les chars Leopard 1, mais aussi le missile antichar ukrainien Falarick 105Guerre en Ukraine : « Véritablement indestructible », un char Leopard 1 modernisé fourni à Kiev par une société belge.
Le Leopard 1 en service dans l'armée belge
Le contrat d'achat de trois-cent-trente-quatre chars Leopard fut signé le par les ministres ouest-allemand Gerhard Schröder et belge Charles Poswick. Le premier exemplaire a été remis le à l'escadron de démonstration des troupes blindées et treize chars participèrent au défilé du 21 juillet. C'est le centre d'instruction des troupes blindées de Bourg-Léopold qui se chargea de la reconversion des équipages de M47 Patton sur le nouveau matériel. La première unité à recevoir les Leopard fut le de Soest qui reçut ses trois premiers chars le . Le trois-cent-trente-quatrième et dernier exemplaire était livré en 1971.
En 1974, les Leopard belges reçurent un système de stabilisation du canon Add On conçu par la firme américaine Cadillac Gage, produit sous licence en Allemagne de l'Ouest par Feinmechanische Werke Mainz GmbH et monté en Belgique dans les ateliers de l'arsenal de Rocourt. vignette|gauche|La conduite de tir AVLS au poste du tireur d'un Leopard 1 SCT belge. La même année, une première tranche de 120 Leopard ont vu leur télémètre optique et leur calculateur balistique mécanique d'origine être remplacés par une conduite de tir intégrée AVLS (Automatisch VuurLeidingsSysteem) conçue par la SABCA avec l'aide de Hughes Aircraft. Appelé initialement Cobelda, ce système permettait de doubler les chances de coup au but dès le premier tir, il fut d'abord testé en 1968 sur un M47 de la force terrestre. Il intégrait un télémètre laser à rubis et un calculateur balistique électronique à fonctionnement analogique développés par Hughes Aircraft. La deuxième tranche subira cette modernisation entre 1980 et 1985. Ces Leopard revalorisés portent alors l’appellation Leopard SCT (Système de Conduite de Tir).
Le premier prototype du Leopard 1A5 (BE) fut officiellement remis à l'armée belge le et deux campagnes d'essais au camp de Bergen-Hohne s'ensuivirent. Le Leopard 1A5 (BE) possède une conduite de tir TFCS. modifiée par la SABCA en collaboration avec la firme belge OIP, elle intègre une caméra thermique permettant de détecter une cible à et de l'identifier à . Le char possède également un nouveau système de stabilisation du canon de la firme Honeywell, un arcuremètre Ernest Leitz Canada (ELCAN) comprenant entre autres un miroir de volée monté au bout du canon dont l'appellation est changée en L7A4, un nouveau camouflage trois tons OTAN et de nouvelles jupes latérales de protection renfermant des panneaux en matériau composite.
Cent-trente-deux Leopard 1 furent mis au standard A5 (BE) entre le et la mi-1997 tandis que les cent-vingt-huit Leopard 1 non revalorisés ont été revendus au Brésil entre 1997 et .
Du 11 au , le char Leopard tire ses derniers coups de canon sur le polygone de tir du camp de Bergen-Hohne.
Le , l'armée belge se sépare du char Léopard, sur les derniers quatre-vingt-trois exemplaires encore en service, quarante-huit sont mis en vente, vingt-quatre seront exposés, et onze autres serviront de cibles lors d'exercices..
Ceux mis en vente ont été achetés par l'entreprise OIP Land Systems (anciennement Sabiex), filiale de la multinationale israélienne Elbit Systems, implantée à Audenarde. Le , la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder affirme que mais le propriétaire de OIP Land Systems déclare le : soit un prix moyen de l’unité, il précise auprès d'un site spécialisé qu'il dispose d'un total de Leopard 1A5(BE), dont 17 sans tourelle, 20 pouvant être restaurés en quatre mois.. Alors que, depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, la Belgique est une des nations qui aident militairement l'Ukraine, le rachat de ces chars pour les envoyer dans ce dernier pays est débattu, la remise en état coûtant, selon OIP, de à un million d'euros l'unité. Prix déraisonnable selon le gouvernement belge..
Caractéristiques techniques Conduite de tir et moyens d'observation Le tireur dispose de : TEM-1A, ce viseur télémétrique est présent uniquement sur les modèles de présérie et le premier modèle du Leopard 1. TEM-2A, un viseur télémétrique d'une base de , traversant le toit de la tourelle sur toute sa largeur, il a une capacité de grossissement de × 16. Le TEM-2A peut déterminer des distances comprises entre et . La télémétrie peut s'effectuer de deux façons : par coïncidence ou par stéréoscopie, le premier mode à l'avantage de calculer la distance rapidement, le second opérant plus lentement offre une meilleure précision sur la mesure de la distance. Par rapport au TEM-1A, le TEM-2A est monté sur un support antichocs. TZF 1A, un viseur télescopique articulé de secours, conçu par Zeiss, il possède un grossissement de × 8 et est gradué avec des lignes stadimétriques. Il est monté dans le masque, à droite du canon.
Le chef de char possède : TRP-1A, un viseur périscopique monoculaire présent uniquement sur les modèles de présérie et le premier modèle du Leopard 1. TRP-2A, ce viseur périscopique monoculaire est utilisé par le chef de char pour la détection d'objectifs. Ce périscope panoramique est capable de pivoter sur 360° et possède deux grossissements × 4 et × 20. Le viseur intègre un dispositif contrarotatif permettant de rester aligné sur l'objectif pendant que le chef de char rallie la tourelle sur ce dernier. Conçu par Steinheil-Lear-Siegler, il a également été copié par les Israéliens pour servir sur les premiers modèles de chars de combat . PERI R12, ce viseur panoramique binoculaire est exclusivement monté sur les Leopard 1A4, conçu par la firme Carl Zeiss, il possède deux grossissements : × 2 et × 8, afin d'autoriser le tir en marche, il est stabilisé en site et en gisement, il incorpore également un intensificateur de lumière de deuxième génération permettant l'observation et le tir de nuit. TRP-5(A), ce viseur périscopique binoculaire possède deux grossissements × 6 et × 20, il est rétrofité sur les Leopards mis au standard A5.
Un projecteur XSW–30–U peut éventuellement être monté sur le masque, au-dessus du canon. Le faisceau de la lampe halogène peut éclairer jusqu'à une distance de . Il peut aussi fonctionner en émettant un éclairage invisible infrarouge pour la vision de nuit.
Mobilité Le groupe motopropulseur (GMP) est constitué du moteur Diesel à quatre temps MTU MB 838 Ca M500 accouplé à la boîte de mécanismes ZF type 4HP250.
Le MB 838 Ca M500 est un moteur Diesel à dix cylindres en V possédant une suralimentation par deux compresseurs centrifuges montés en parallèle et entraînés par le vilebrequin. Il développe une puissance maximale de à un régime de , un couple maximal est atteint au régime de . Sa cylindrée est de pour un poids à sec de .
La boîte de mécanismes 4HP250 comprend une boîte de vitesses automatique possédant quatre rapports en marche-avant et deux en marche-arrière. La direction est de type « régénérative » à double différentiel et fournit deux rayons de braquage par rapport.
Protection Les exigences émises par la Bundeswehr en 1957 spécifiaient que le futur char de combat allemand de 30 tonnes devait résister à des obus perforants de 20 mm tirés à proximité et tout autour du char.
La caisse du Léopard 1 est faite d'un assemblage de plaques en acier laminé, son glacis, épais de 70 mm présente une inclinaison de 60°, faisant doubler l'épaisseur à traverser.
La tourelle est moulée d'une seule pièce à l'exception de la partie du toit supportant les deux trappes d'accès. Elle peut recevoir un surblindage Zusatzpanzerung de chez Blohm & Voss.