Le Parti démocrate (en serbe cyrillique : ; en serbe latin : ; en abrégé : DS) est un parti politique serbe. Sous sa forme actuelle, il a été fondé en 1990. Il a son siège à Belgrade et est présidé par Srđan Milivojević.

Membre observateur du Parti socialiste européen et membre de plein droit de l'Internationale socialiste, il se présente comme l'héritier et le continuateur de l'ancien Parti démocrate du royaume des Serbes, Croates et Slovènes, créé en 1919 et dissous en 1945..

C'est le parti du précédent président de la république de Serbie Boris Tadić et de l'ancien Premier ministre serbe et maire de Belgrade Zoran Đinđić, assassiné le . En 2026, il est représenté par sur 250 à l'Assemblée nationale de Serbie, au sein de la principale coalition d'opposition Serbie contre la violence.

Histoire Fondation thumb|left|upright=0.6|Ljubimir Davidović, premier président du parti.

Le Parti démocrate yougoslave (DS) est créé le à Sarajevo, après la formation du royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Il naît de la fusion du Parti radical autonome avec des partis croates et slovènes ; cette alliance crée le Parti démocrate, dans la ligne de pensée du social-libéralisme. Le premier président du parti est Ljubomir Davidović (1863-1940), qui, en 1901, a été un des fondateurs du Parti radical autonome et qui l'a dirigé à partir de 1912Dušan T. Bataković, Histoire du peuple serbe, L'Âge d'Homme, 2005 , . ; qui est aussi président de l'Assemblée nationale (en serbe : et ) et maire de Belgrade.

Ljubomir Davidović est premier ministre en 1919 et 1920, le Parti démocrate remportant le plus grand nombre de voix (19,9 %) aux élections de 1920Dušan T. Bataković, Histoire du peuple serbe, L'Âge d'Homme, 2005 , . ; Davidović occupe une nouvelle fois ce poste de mai à juillet 1924. Lors des élections de 1927, qui sont les dernières élections libres du royaume des Serbes, Croates et Slovènes, le Parti démocrate obtient 16,5 % des voix, contre 31,9 % pour le Parti national radical. Le , le roi abolit la constitution et exerce le pouvoir en monarque absolu, changeant le nom du pays en royaume de YougoslavieDušan T. Bataković, Histoire du peuple serbe, L'Âge d'Homme, 2005 , .. Ljubomir Davidović devient alors un des chefs de l'opposition.

Après la mort de Davidović, en 1940, Milan Grol (1876-1952) lui succède à la tête du Parti démocrate. Grol, qui a été député de 1925 à 1929 et ministre de l'Éducation en 1928 et 1929, exerce ensuite diverses fonctions ministérielles, dont celle de ministre des Affaires étrangères (de juin à août 1943) et celle de vice-Premier ministre (de mars à août 1945) ..

En 1941, le royaume de Yougoslavie est occupé par les puissances de l'Axe. La plupart des chefs du Parti démocrate se réfugient alors en Angleterre. Ceux qui restent en Serbie se battent contre l'occupant, soit dans le camp des tchetniks, soit avec les Partisans communistes de Tito.

En 1945, le Parti appelle au boycott des premières élections de la nouvelle république fédérative socialiste de Yougoslavie. Après les élections, il est dissous par les communistes et ses membres sont poursuivis, notamment Milan Grol, qui est arrêté et condamné à une lourde peine de prison.

Refondation Fin 1989, un groupe de 13 intellectuels qui pensent qu'il est possible de transformer la Yougoslavie communiste en une démocratie à l'Occidentale, décide de refonder l'ancien Parti démocrate. Ce comité fondateur tient une première conférence de presse le , dans laquelle il affirme son intention de recréer l'ancien parti et invite tous les citoyens favorables à la démocratie à se joindre à cette entreprise. Parmi les treize signataires de cette première déclaration figurent Kosta Čavoški, professeur de droit à l'université de Belgrade, l'écrivain Milovan Danojlić, mais aussi Zoran Đinđić, qui est docteur en philosophie, le poète et dissident Gojko Đogo, l'économiste Vladimir Gligorov, le sociologue Slobodan Inić et le journaliste Marko Janković. Vojislav Koštunica, Dragoljub Mićunović, l'écrivain Borislav Pekić, le philosophe Miodrag Perišić, le juriste Radoslav Stojanović et le poète Dušan Vukajlović font également partie de ce comité .. Fin décembre 1989, ils sont rejoints par neuf autres personnalités de premier plan : Vida Ognjenović, écrivain et directrice de théâtre, Ljubomir Tadić, philosophe, père du président Boris Tadić, Mirko Petrović, Đurđe Ninković, Nikola Milošević, écrivain et philosophe, Aleksandar-Saša Petrović, réalisateur et auteur du film J'ai même rencontré des Tziganes heureux, Aleksandar Ilić, professeur de littérature à l'université de Belgrade, Vladan Vasilijević, spécialiste de droit criminel, et Zvezdana Popović.

L'assemblée fondatrice se réunit dans la salle du Dom omladina à Belgrade le . Elle désigne Dragoljub Mićunović comme premier président du parti ..

Années 1990 En 1990, le Parti démocrate participe aux premières manifestations anti-gouvernementales et, aux élections législatives du , les premières élections libres depuis 1945, il obtient , soit 3,8 % des suffrages., ce qui lui vaut sept sièges de députés sur 176 candidats présentés. En revanche, quelques jours avant les élections, un groupe de dix membres, conduits par l'académicien Nikola Milošević, quitte le parti pour créer le Parti libéral serbe.

Début 1992, le Parti démocrate lance une pétition demandant la démission du président Slobodan Milošević. En trois mois, cette pétition recueille environ .. Aux élections législatives de 1992, provoquées par la dissolution de la république fédérative socialiste de Yougoslavie, le parti démocrate obtient , soit 4,16 % des suffrages, ce qui lui permet d'envoyer six députés au Parlement. Mais un certain nombre de désaccords existent au sein du parti, notamment au sujet de la question nationale dans l'ex-Yougoslavie. Dans le contexte de la guerre de Croatie, commencée en août 1991, et de la guerre de Bosnie, commencée en avril 1992, certains dirigeants du parti considèrent que la question nationale ne constitue pas un problème de fond, qu'il s'agit surtout d'une manipulation politique servant les intérêts des hiérarchies locales. Pour d'autres, comme Vojislav Koštunica, il s'agit au contraire d'une question fondamentale, engageant la survie de la nation serbe. D'autre part, le Mouvement démocratique de Serbie (DEPOS), une coalition politique, a été créée pour rassembler les forces d'opposition au régime en place. Pour le Parti démocratique, la question se pose de savoir s'il doit rejoindre ou non le Mouvement ; le Congrès de décide de maintenir le parti à l'écart de la coalition. Vojislav Koštunica quitte la formation politique et, en juillet 1992, il crée le Parti démocrate de Serbie, entraînant avec lui des personnalités importantes, comme Vladeta Janković, Đurđe Ninković, Draško Petrović, Mirko Petrović et Vladan Batić. À l'élection présidentielle anticipée du , provoquée par les crises politiques que traverse le pays, le Parti démocrate, comme d'autres partis d'opposition, soutient la candidature de l'homme d'affaires Milan Panić, ce qui n'empêche pas Slobodan Milošević de se faire réélire.

Le Parti démocrate participe également aux élections législatives anticipées du . Avec (11,6 % des suffrages), il enregistre une nette progression ; ce succès lui permet de remporter au Parlement. Mais au même moment, des rivalités se jouent à l'intérieur du parti. Au Congrès de janvier 1994, Dragoljub Mićunović est écarté de la présidence et remplacé par Zoran Đinđić. Mićunović quitte alors le parti et, avec un groupe d'intellectuels de premier plan, il crée le Centre pour la démocratie, une organisation non-gouvernementale, qui a comme but de favoriser le développement de la société civile et l'éducation civique, en vue de préparer des réformes politiques et sociales et, en 1996, il crée le Centre démocratique, un nouveau parti dont il est élu président. De son côté, Đinđić est élu maire de Belgrade le , après plusieurs semaines de manifestations et de marches pacifiques qui fustigent les fraudes électorales de Slobodan Milošević et de ses amis ; il devient ainsi le premier maire non communiste de la capitale serbe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Années 2000 Lors des élections législatives de 2000, le Parti démocratique intègre la coalition Opposition démocratique de Serbie, qui a pour objectif principal de renverser démocratiquement le régime de Slobodan Milošević. Après la révolution des bulldozers qui suit la proclamation des résultats et provoque le départ du pouvoir de Slobodan Milošević, le parti est l'une des forces principales menant la transition politique. Zoran Đinđić, son leader, devient président du gouvernement en 2001. Il reste à ce poste jusqu'à son assassinat en mars 2003. En décembre 2003, aux élections parlementaires, DS obtient au Parlement, ce qui en fait le troisième parti par ordre d'importance, derrière le Parti radical serbe de Vojislav Šešelj et le Parti démocrate de Serbie de Vojislav Koštunica.

Après les élections législatives serbes de 2007, avec sur 250, actuellement le second parti en sièges du Parlement de Serbie, après le Parti radical serbe de Vojislav Šešelj.. Il détient douze portefeuilles ministériels, dont ceux de la Défense, de la Justice et des Affaires étrangères, dans le second gouvernement Koštunica, en fonction de 2007 à 2008.

À la suite de la démission du gouvernement, consécutive à la crise politique provoquée par l'indépendance unilatérale du Kosovo, le Parti démocrate fait partie de la coalition « Pour une Serbie européenne » (en serbe : et ) aux élections législatives anticipées qui ont lieu le .. La coalition remporte les élections avec 39,25 % des voix et obtient , un nombre insuffisant pour gouverner seuls. Un accord de coalition est trouvé avec plusieurs autres partis politiques et l'indépendant Mirko Cvetković devient président du gouvernement, poste qu'il occupe jusqu'en 2012.

Années 2010 Lors des élections législatives de 2012, la coalition pro-européenne est battue par Donnons de l'élan à la Serbie, une coalition attrape-tout de droite populiste formée autour du Parti progressiste serbe et emmenée par Tomislav Nikolić. Le Parti démocratique doit quitter le pouvoir. DS perd également la mairie de Belgrade, occupée par Dragan Đilas jusqu'en 2013.

Après la défaite aux élections parlementaires de 2012, un conflit interne éclate alors au sein du Parti démocratique. Les cadres s'accusent mutuellement d'être responsable de l'échec électoral. Une lutte s'installe entre la faction menée par Dragan Đilas et celle de Boris Tadić, ancien président de la Serbie. Boris Tadić est souvent critiqué et vu comme le principal coupable, après avoir concentré trop de pouvoir entre ses mains au sein de la formation politique. En novembre 2012, Dragan Đilas reprend le contrôle du parti, mais Boris Tadić tente de maintenir son influence. Le , il quitte finalement DS pour former son propre parti.

Par la suite, les mauvais résultats se poursuivent pour le Parti démocratique, dont la coalition n'obtient que 5,9 % des suffrages et de députés lors des élections législatives de 2014. Un congrès est organisé fin mai 2014 et Dragan Đilas est contraint de céder la présidence à Bojan Pajtić. De nouvelles élections parlementaires anticipées ont lieu en avril 2016, poussant DS à former la coalition Pour une Serbie juste. Elle échoue à nouveau, se classant en position avec , à égalité avec le mouvement « Ça suffit ». À l'intérieur de la coalition, 12 de ces sièges sont occupés par des membres du Parti démocratique. La défaite donne lieu à un nouveau congrès, qui élit Dragan Šutanovac comme président du parti.