L'Université Concordia (dérivé de la devise de Montréal, Concordia salus en latin, ou en français « la prospérité par la concorde ») est une université publique québécoise anglophone située à Montréal. Celle-ci est scindée en deux campus majeurs distant de sept kilomètres : le campus Sir-George-Williams dans le centre-ville de Montréal (station de métro Guy-Concordia), et le campus Loyola dans le quartier résidentiel de Notre-Dame-de-Grâce (station de métro Vendôme). Même si cette institution est officiellement bilingueEn accord avec les lois québécoises en matière d'éducation, les élèves jouissent du droit de remettre leurs travaux ou de faire leurs examens en français ou en anglais., Concordia représente, avec l'Université McGill, une des deux universités majoritairement anglophone de Montréal. L'université compte en 2018/2019 précisément et étudiantes avec un total de ..
Histoire L'Université Concordia est le fruit d'une fusion du collège Loyola, fondé par les Jésuites, et de l'Université Sir-George-Williams, fondée par le YMCA. Les deux institutions fusionnèrent en 1974. La nouvelle université tire son nom de la devise de Montréal : Concordia salus (« la prospérité par la concorde »).
Collège Loyola (1899-1974)
Le Collège Loyola (en l'honneur d'Ignace de Loyola, fondateur de la société de Jésus) fut, à l'origine, un programme d'anglais instauré en 1888 par le Collège Sainte-Marie de Montréal. Par la suite, cette section se sépare du collège en 1896 pour s'installer à l'angle des rues Bleury et Sainte-Catherine. Le , l'institution est incorporée par le gouvernement du Québec et devient un collège à part entière. La même année, à la suite d'un incendie, les installations sont déménagées, plus à l'ouest, sur la rue Drummond, au sud de la rue Sainte-Catherine. C'est en 1903 que les premiers diplômes sont remis. À l'époque, c'est l'Université Laval qui accrédite la collation des grades.
vignette|gauche|Le collège Loyola en 1937.
Le collège s'établira à l'emplacement actuel du campus de Notre-Dame-de-Grâce en 1916. L'école de sociologie ouvre ses portes en 1918. En 1920, l'institution s'affilie à l'Université de Montréal pour la remise des diplômes ; le Collège Loyola ne parviendra pas à obtenir de charte universitaire, donc à émettre elle-même des diplômes universitaires, avant sa fusion avec l'Université Sir George William en 1974.
L'entre-deux-guerres est marquée par le changement d'orientation de l'enseignement dans l'institution ; l'enseignement collégial classique est remplacé par l'éducation humaniste (Liberal Arts College). La théologie et la philosophie seront des matières enseignées à tous les étudiants jusqu'en 1972.
Dans les années 1940, la faculté des sciences et le département de génie, qui deviendra une faculté en 1964, sont créés. En plus de donner les mêmes programmes de premier cycle que n'importe quel autre collège, l'institution offre également des champs d'études novateurs pour l'époque, comme les sciences de l'exercice et les communications. Les programmes de majeurs font leur apparition en 1953 et les programmes de honours en 1958. Les étudiants diplômés de Loyola poursuivent alors leurs études supérieures dans des universités et certains bénéficient même des bourses Rhodes.
C'est également en 1958, que l'établissement offre ses premiers cours du soir pour les étudiants ne pouvant pas faire d'études à temps plein. De nouveaux cours sont donnés : la bibliothéconomie et les soins infirmiers communautaires.
Accueillant principalement, depuis ses débuts, les jeunes hommes de l'élite anglophone et catholique de Montréal, le Collège Loyola devient mixte en 1959, puis de moins en moins homogène avec le nombre toujours croissant d'étudiants étrangers inscrits.
L'obtention d'une charte d'université fut un enjeu important des années 1960. Bien que plusieurs projettent l'Université Loyola, le gouvernement du Québec propose plutôt une annexion à l'Université Sir George William. Les négociations débutent en 1968 et se terminent avec la création, le , de l'Université Concordia.
Université Sir-George-Williams (1926-1974) vignette|Henry F. Hall Building, qui deviendra le pavillon principal de l'Université Sir-George-Williams.
Les premiers fondements de l'Université Sir-George-Williams (en l'honneur de George Williams, fondateur de la première YMCA à Londres) reposent sur l'établissement de la première YMCA en Amérique, en 1851, dans le centre-ville de Montréal. Afin de permettre à la classe ouvrière anglophone de s'instruire tout en travaillant le jour, cet organisme offre, dès 1873, des cours du soir.
Ces écoles des YMCA, s'affilient en 1926 pour devenir le Sir George Williams College, une institution mixte situé sur la rue Drummond. Les premiers cours universitaires y sont donnés à partir de 1929. La Grande Dépression, et le regain économique qui s'ensuivit, contribuent tous les deux à augmenter le nombre d'inscriptions. Dès 1932, les premiers cours de jour font leur apparition.
En , le collège obtint ses chartes d'université du gouvernement du Québec mais demeure toujours sous la tutelle de la YMCA de Montréal et ce, jusqu'en 1967. La reconnaissance de cette toute nouvelle université permet un financement supplémentaire qui favorise une expansion plus rapide de l'institution qui s'installa au Norris Building en 1956. Avant la construction de ce pavillon, le campus, constamment en pénurie de locaux, ne possède aucun des bâtiments qu'il occupe. Le collège change de nom en 1959 pour devenir officiellement l'« Université Sir-George-Williams ».
L'orientation de l'enseignement sera modifié dans les années 1960 en remplaçant, dès 1961, les cours généraux par des cours de départements, permettant ainsi la spécialisation des étudiants dans les différentes facultés créés à partir de 1963. Les programmes Honours sont introduits en 1961, les maîtrises en 1965 et les doctorats en 1968. De nombreuses annexes sont également construites dans le voisinage du Norris Building pour pallier le nombre toujours croissant d'étudiants. Parmi ceux-ci, on compte le Henry F. Hall Building, construit en 1966.
Au fil des ans, les étudiants du campus développent une réputation de militants politiques. La meilleure démonstration de cette caractéristique est l'émeute des locaux d'informatique de , dénommée « Sir George Williams Computer Riot ». À la suite d'accusations de racisme d'un professeur envers six étudiants étrangers et des mesures disciplinaires envers le professeur, jugées insatisfaisantes par les étudiants, une grève, suivie de la plus grande émeute étudiante au Canada éclata dans le Hall Building. Toutefois, c'est surtout les locaux d'informatique du neuvième étage qui sont victimes de vandalisme. La police fait, en tout, 97 arrestations. Le personnel de l'école rend compte, à la suite des événements, de l'ampleur des dommages infligés aux ordinateurs; les pertes sont évalués à canadiens.
La fusion avec le collège Loyola, en 1974, suivra de près ces événements qui donneront aux étudiants, grâce à la création d'organismes les représentants, un plus grand pouvoir sur les décisions administratives de Concordia.
Université Concordia (1974 à aujourd'hui) vignette|droite|Emplacement des campus Sir George William et Loyola dans Montréal.
Fusion des établissements L'éventualité de la fusion entre l'Université Sir George William et le collège Loyola, proposée par le gouvernement du Québec, est discuté à partir de 1968 par le Loyola - Sir George William Joint Steering Committee, un comité visant à analyser toutes les formes de regroupement possible des deux institutions. Dès 1969, on proposa une fédération universitaire permettant aux étudiants de suivre des cours dans les deux campus sans payer de frais additionnels. On y fait également mention d'un service de navette pour établir un lien entre les établissements distant de .
Critiquée pour les difficultés encourues par la cohésion des différents départements et facultés, cette option fut mise de côté mais pas totalement rejetée par le comité. Le Joint Committee of Representatives of the Board of Trustees of Loyola and the Board of Governors of Sir George Williams University fut formé en décembre 1971 et produisit dès l'automne 1972 un document décrivant les bases d'une université en deux campus fonctionnant à partir de la charte de l'Université Sir George William. À la suite de révisions en novembre 1972, le document devint le plan de la fusion et il fut accepté par les deux établissements qui débutèrent alors le processus de regroupement de leurs activités.
Au début de 1973, les deux institutions annoncèrent la fusion pour l'automne cependant, ceux-ci devront patienter encore une année supplémentaire. Cette attente fut causée par la longueur des procédures légales et administratives découlant du regroupement des entités.
Le , le gouvernement du Québec reconnaissait officiellement la nouvelle Université Concordia.
Concordia
vignette|gauche|Complexe EV : génie, informatique et arts visuels.
L'intégration des différentes facultés des deux établissements en un ensemble cohérent prendra plusieurs années. Les cinq facultés de la nouvelle université seront une combinaison des facultés et des départements existant avant la fusion ; la faculté de commerce, des sciences et des arts de l'Université Sir George William, la faculté des arts et sciences du collège Loyola ainsi qu'une faculté de génie déjà combinée avec celles des deux établissements.
La faculté des beaux-arts est créée en 1976.
La première phase de combinaison des facultés des arts et sciences débutèrent en 1977 pour se terminer en 1985.
À la fin des années 1980, la bibliothèque Vanier du campus Loyola est agrandie, tandis que celle du campus Sir George William emménage, en 1992, dans le tout nouveau J.W McConnell Building. Le Norris Building est fermé la même année.
L'année 1992 fut également le théâtre d'un drame à l'université. Le , un professeur en génie mécanique, Valery Fabrikant, tua quatre collègues de travail au neuvième étage de l'édifice Henry F. Hall.
À partir de 1998, la poussière est retombée sur l'université qui entre dans une phase majeure d'expansion pour répondre au nombre de plus en plus élevé d'étudiants. En août 2003, l'Université Concordia inaugura le complexe des sciences .
En 2005, l'université lança un projet de réaménagement urbain majeur : le quartier Concordia. Cette même année, c'est le complexe de génie, sciences informatique et arts visuels qui ouvrira ses portes.
L'ouverture du nouvel édifice de l'école de gestion John-Molson se fit officiellement en septembre 2009. Première mondiale : l'installation de génération solaire combinée (électrique-thermique) intégrée au bâtiment et qui utilise la technologie d'entrées d'air distribuées de haute efficacité et, à ce moment, la plus grande installation photovoltaïque au Québec.
Structure administrative Même si elle possède deux campus, l'Université Concordia est gérée comme une seule unité administrative. Cette gestion est scindée pour chaque secteur d'activité, faculté et département.
Fonctionnement vignette|L'édifice J.W McConnell.
Opérant à partir la charte universitaire de l'Université Sir-George-Williams émise en 1948 par le gouvernement du Québec, l'Université Concordia est née de deux amendements adoptées par le Joint Committee of Representatives of the Board of Trustees of Loyola and the Board of Governors of Sir George Williams University le ; la loi C, qui change le nom de l'Université Sir George William (Sir George William University) pour Université Concordia (Concordia University), et la Loi D qui fixe la gouvernance et la structure administrative du nouvel établissement. Ces amendements à la charte furent enregistrés par le gouvernement du Québec le .