En économie, la productivité entend mesurer le degré de contribution d'un ou de plusieurs facteurs de production (facteurs matériels consommés ou facteurs immatériels mis en œuvre) à la variation du résultat final dégagé par un processus de transformation. La productivité est en lien avec les notions de , d'efficacité, et d'efficience.

La productivité a un rôle clé dans la compréhension de la façon dont les actions humaines (à l'échelon micro ou macro) contribuent au progrès, au développement et à la croissance économique. Historiquement, les gains de productivité les plus forts ont coïncidé avec les périodes de très forte croissance économique.

Perception de la productivité Jean Fourastié, dans son ouvrage La productivitéJean Fourastié, La productivité, , , PUF, Paris, 1952., note que « la notion de productivité est à peu près la seule notion admise à la fois par les théories économiques marxistes ou libérales ».

Selon cet auteur, c'est depuis un très petit nombre d'années que la productivité est apparue sous son jour essentiel, c'est-à-dire comme une mesure du progrès technique.

« Les enjeux de la productivité se sont révélés en 4 étapes, pour mettre successivement en évidence : D'abord les liens du progrès technique avec le volume global de la production nationale et avec le niveau de vie Ensuite les liens du progrès technique avec la durée du travail, l'enseignement, l'élévation des âges scolaires et le phénomène général de la répartition de la population active Ensuite, une prise de conscience des inégalités foncières manifestées par le progrès technique dans les diverses professions Enfin, plus récemment, l'action du progrès technique sur les prix et par conséquent le pouvoir d'achat »

Gain de productivité Le gain de productivité se mesure comme la différence entre deux productivités à deux dates données. Ce gain peut être évalué en valeur absolue (gain absolu par travailleur) ou en valeur relative (taux de variation exprimé en pourcentage). Il y a gain de productivité lorsque la croissance de la production est supérieure à celle de ses facteurs ; sinon, ces gains sont nuls.

Le gain de productivité donne lieu à la création d'un surplus qui peut être distribué aux salariés (hausse des salaires, prime, promotion, baisse de la durée du travail, congés payés…), à l'entreprise (augmentation des profits et des fonds propres, autofinancement des investissements), aux actionnaires (hausse des dividendes), aux consommateurs (baisse des prix, augmentation des garanties…) ou à l'État (augmentation des recettes fiscales…).

Traditionnellement, on considère que les gains de productivité sont inégaux selon les secteurs, en particulier dans certains services (où ces gains sont en général plus faibles que dans le secteur des biens matériels), ce qu'avait déjà constaté Adam Smith en donnant l'exemple des coiffeurs, et qu'a généralisé l'économiste William Baumol, sous l'appellation « maladie de Baumol ». Certains services sont toutefois susceptibles de connaître des gains de productivité importants notamment du fait de l'informatisation.

Le concept de productivité s'applique mieux aux produits agricoles ou industriels standardisés et à qualité constante (par exemple : le blé, l'acier, le container…) et moins bien aux services ou aux produits où l'innovation est constante (par exemple : l'informatique), et ce, pour deux raisons : le service rendu n'est pas assimilable à un nombre d'actes (nombre de visites médicales, de cours donnés) et la productivité physique est difficile à évaluer ; le coût des services est calculé en fonction du coût salarial : toute augmentation de cet élément répercutée sur son prix apparaît comme une augmentation de la productivité en valeur.

Il existe toutefois des exceptions comme les prestations au forfait (par exemple : honoraires d'expert comptable). Effectivement, les gains de productivité réalisés par un employé sur un dossier (petits dossiers aux tâches récurrentes toutes choses égales par ailleurs) peuvent être mesurés entre deux périodes (et ce, à prix équivalent, puisque la facturation se fait au forfait).

Caractéristiques de la productivité Mesure de la productivité La productivité peut être exprimée sous la forme d'un ratio rapportant le résultat obtenu (extrant) à la consommation constatée des facteurs intrants. Il s'agit donc d'une mesure de rendement, comme l'intensité énergétique du PIB, le rendement par hectare d'une production agricole

En science économique, la productivité est le rapport de la production de biens ou de services à la quantité de facteurs de production ou intrants (parmi lesquels le capital et le travail) utilisés pour produire ces biens ou services : la productivité du capital est le rapport de la valeur ajoutée (VA) au capital fixe productif en volume ; la productivité du travail est le rapport de la VA au nombre d'heures travaillées ; la productivité globale des facteurs est le rapport de la VA au volume des deux facteurs capital et travail.

La productivité est un ratio obtenu en divisant la production par l'un des facteurs de production employé pour l'obtenir. On peut ainsi calculer la productivité du travail, la productivité du capital, des investissements, des matières premières Le terme productivité employé seul sous-entend le plus souvent « productivité du travail ».

La recherche de la productivité par action sur l'efficience relève de l'analyse de la valeur et de la gestion de la qualité, et de l'utilisation intelligente du temps travaillé.

Le retour sur temps investi (ROTI) sert d'indicateur de la productivité, mesurant l'efficacité de la conversion du temps en résultats précieux. Une productivité élevée implique d'atteindre davantage dans le même laps de temps, augmentant ainsi le ROTI. Les stratégies pour augmenter la productivité, telles que l'automatisation, la délégation et les processus d'amélioration continue, contribuent directement à l'amélioration du ROTI.

Il existe également une notion de productivité globale des facteurs (PGF), qui vise à synthétiser la productivité d'ensemble du processus de production. Cette variable mesure approximativement le progrès technique. La part de la PGF dans la croissance économique est obtenue en retranchant du taux de croissance moyen annuel la part qui revient aux facteurs de production, capital et travail.

On peut mesurer également la productivité par quantité d'énergie utilisée ou la productivité d'une unité de production ou d'une chaîne de production.

Productivité du travail La productivité du travail est définie comme la production (quantité de biens ou de services produits) obtenue pour chaque unité du facteur de production « travail » utilisé.

Par exemple, si le travail est mesuré en nombre d'heures travaillées, la productivité sera égale au ratio entre la quantité produite sur une période temporelle (un jour, une semaine, une année) et le nombre total d'heures travaillées par les employés pendant cette période.

Un autre ratio est calculé en divisant la valeur des biens produits (chiffre d'affaires) par le coût de la main-d'œuvre.

Le premier ratio donne la productivité réelle (du latin res, la chose) qui mesure la relation entre deux quantités physiques. Le second fournit la productivité financière.

Le rapprochement des deux ratios calculés à des époques différentes, montre la dégradation ou la progression de la part des salariés dans la répartition du produit des firmes.

Lors de l'étude d'une éventuelle délocalisation vers un autre État, le ratio de productivité financière est usuellement privilégié.

Source des gains de productivité La hausse de la productivité est due à plusieurs facteurs : l'organisation du travail, la motivation, la performance du matériel, l'environnement de l'entreprise, le climat social, l'expérience et la qualification, la responsabilité et la confiance… Pour les économistes, le terme « technologie » est souvent utilisé, dans un sens large, pour englober tout ce qui détermine la productivité.

Les études de Garett Jones semblent indiquer que les gains de productivités ne peuvent être obtenus dans certains secteurs « O-ring » (qui demandant une très grande précision de la part du travailleur) que si ces secteurs sont accessibles aux personnes ayant un QI élevé.

Mais l'amélioration de la productivité provient essentiellement du progrès scientifique, que ce soit dans les sciences exactes (informatique, électronique…) ou humaines (gestion…)The Origins of Industrial Scientific Discoveries, NBER, 2008, p. 26-28.

Effet du management sur la productivité

L'effet du management sur la productivité des entreprises est généralement difficile à estimer. Dans une étude publiée en 2013 dans le Quarterly Journal of Economics, Nicholas Bloom et ses coauteurs présentent les conclusions d'une expérience contrôlée menée en Inde dans laquelle ils ont offert à un groupe d'entreprises tirées au hasard un service de conseil pour améliorer leurs pratiques managériales. En comparant, les performances de ces entreprises avec les entreprises appartenant au groupe de contrôle, ils peuvent identifier l'effet des innovations managériales sur la productivité. Cette étude montre que la productivité a augmenté de 17 % en un an dans les entreprises ayant bénéficié du conseil en management.

Une étude menée au sein de la banque américaine Bank of America visant à comprendre ce qui distinguait un salarié productif des « autres » a montré que la cohésion et le dialogue entre collègues améliorait le facteur productivité. Les salariés étaient amenés à porter un badge intelligent qui enregistrait leurs mouvements. Les résultats ont montré que les employés les plus efficaces sont ceux qui font partie d'une équipe soudée et échangent énormément avec leurs collègues. La banque, soucieuse d'optimiser sa productivité, développa une politique de cohésion d'équipe parmi ses collaborateurs ce qui fit augmenter la productivité de 10 %.

L'effet Hawthorne conduit à ce que la motivation, et en conséquence la productivité, augmente en phase d'expérimentation de nouvelles méthodes de management. Cet effet est donc à prendre en compte avant toute décision de généralisation desdites méthodes.

La loi de Baumol La productivité n'augmente pas à même vitesse dans tous les secteurs, en effet, la productivité du secteur tertiaire croît beaucoup moins vite que celle des secteurs primaire et secondaire. Or, cette hausse de la productivité dans le secteur des biens augmente l'offre, il faudra plus de main d’œuvre et donc le salaire des travailleurs augmentera, ce qui est compensé par la hausse de la productivité et donc la réduction des coûts de production ; cependant, le salaire des travailleurs des secteurs primaire et secondaire augmentant, ces emplois deviendront plus attractifs relativement à ceux du secteur tertiaire, ainsi, les entreprises du secteur tertiaire devront augmenter le salaire de leurs travailleurs, mais ayant une hausse de productivité plus faible, l'augmentation des salaires devra se répercuter sur les prix, qui augmenteront incessamment.

Femmes et productivité

Plusieurs inégalités entre les hommes et les femmes sont rencontrées dans le milieu des affaires. , démontrent qu'il pourrait exister un lien entre la productivité de l'entreprise et la présence des femmes dans celle-ci.

Phénomène des femmes au travail