Ommadawn est le troisième album studio du musicien britannique Mike Oldfield, paru en chez Virgin Records. Il clôt la trilogie amorcée avec Tubular Bells (1973), qui fut un succès critique et commercial colossal, et poursuivie avec Hergest Ridge (1974), qui s'est bien vendu mais a reçu de sévères critiques. Comme ces deux opus, Ommadawn se compose de deux suites d'environ vingt minutes, qui occupent chacune une face du disque. En novembre, il se hisse à la quatrième place des charts britanniques.
La majeure partie de l'album est enregistrée au Beacon, la maison d'Oldfield dans le Herefordshire, où il a installé un studio. Paddy Moloney, leader des Chieftains, est invité à jouer de la cornemuse irlandaise, tandis que le groupe sud-africain Jabula joue des percussions africaines. Ces influences celtiques et africaines permettent à Oldfield de créer une composition préfigurant la world music. Ommadawn est par ailleurs associé à la musique new age.
En , l'album est ressorti sous le label Mercury avec du contenu additionnel.
Historique Contexte Le premier album de Mike Oldfield, Tubular Bells, sort en 1973. C'est un succès inattendu qui, en plus de lancer véritablement le label Virgin Records créé par Richard Branson (et donc Virgin Group), place brusquement son jeune auteur sur le devant de la scène musicale. Complètement déstabilisé par cette soudaine notoriété, il se retire à la campagne dans une maison du Herefordshire, dans l'Ouest de l'Angleterre, près de la frontière galloise. Son second album, Hergest Ridge, du nom d'une colline avoisinante, se hisse à la première place des charts anglais à l'automne 1974, malgré des critiques négatives ., qui estiment qu'il se contente de reproduire la recette de son illustre prédécesseur. et que Mike Oldfield n'est en fin de compte qu'un one-hit wonder Livret de 16 pages fourni avec l'album réédité de 2010 (532 676-2). Le fait que l'album soit dépassé seulement trois semaines plus tard par , qui remporte en le Grammy Award de la meilleure composition instrumentale . . . ., tend à confirmer cette vision des choses.
En janvier, soit quelque temps après le début de l'enregistrement, Mike Oldfield apprend le décès de sa mère.. Par la suite, il affirmera que sa seule consolation durant cette période consistait à s'immerger totalement dans sa musique..
Enregistrement
L'enregistrement dOmmadawn débute en janvier 1975. Il s'effectue sur un magnétophone 24 pistes, installé par Virgin Records à la demande de Mike Oldfield dans sa maison du Herefordshire, The Beacon. Le studio étant situé sur une colline, l'acheminement des instruments, parmi lesquels un piano à queue, s'avère difficile. Plusieurs mois après le début de l'enregistrement survient un important incident : le magnétophone multipiste s'avère défectueux et, après les très nombreux overdubs effectués par Oldfield, il commence à en pâtir. . Virgin lui envoie un magnétophone identique, qui lui permet de travailler sur une copie de la bande maîtresse, et l'ingénieur du son Philip Newell est appelé en renfort mais le problème se répète. Alors que la première face de l'album est presque terminée, la qualité du son a tellement souffert de ces avaries que Mike Oldfield décide de tout recommencer en utilisant un enregistreur qui fonctionne correctement. Ces contretemps le découragent, mais lui permettent d'éviter de faire à nouveau les mêmes erreurs.
Oldfield rappelle donc Leslie Penning et Don Blakeson pour qu'ils ré-enregistrent leurs parties. Il fait aussi appel au violoncelliste David Strange et aux musiciens du Hereford City Band, dirigé par Penning. Pour les percussions africaines, Oldfield s'adresse, sur une suggestion de Simon Draper de Virgin, à Jabula, un groupe sud-africain de quatre percussionnistes conduits par Julian Bahula. Leurs parties sont enregistrées au Manor Studio, le studio de Richard Branson à Shipton-on-Cherwell dans l'Oxfordshire, car il n'y a pas assez de place au Beacon. Il ne faut qu'une journée d'enregistrement pour avoir une prise parfaite, obtenue par les musiciens sous l'influence de la marijuana.. Après l'avoir écouté au Beacon, Oldfield se rend compte qu'il serait « fabuleux » d'ajouter des chants à la fin de la première partie. Il appelle en conséquence Clodagh Simonds qui enchaîne plusieurs performances qui sont mixées les unes sur les autres. Il enregistre ensuite une partie jouée avec des marimbas en bois. La touche finale apportée à la première partie dOmmadawn correspond à l'apport des timbales de Pierre Moerlen, alors en contrat sous Virgin avec le groupe Gong. En tout, il faut plusieurs mois pour que la première face de l'album soit achevée.
La seconde partie est terminée plus rapidement. Mike Oldfield invite Paddy Moloney, membre des Chieftains, à jouer de la cornemuse irlandaise. Sa partie a probablement remplacé celle enregistrée par un certain « Herbie », vraisemblablement un musicien local, crédité pour les Northumbrian bagpipes . (cornemuses du comté de Northumberland). Enfin, Oldfield enregistre , une chanson écrite avec son ami photographe William Murray, inspirée de randonnées équestres avec lui et Leslie Penning. Il est accompagné au chant d'Abigail, Briony, Ivan et Jason Griffiths, les enfants d'un ami restaurateur local.
Épilogue thumb|Vue de Througham Slad.
Alors quOmmadawn atteint les sommets des charts, et après avoir hésité à faire appel à un architecte pour une construction, Oldfield déménage à Througham Slad, une maison en pierre des Cotswolds, près du petit village de Througham dans le Gloucestershire, dont certaines parties datent du , et qui lui a coûté . L'endroit lui paraît idéal : il n'y a pas de voisins à moins d'un demi-mille. Il effectue des travaux, fusionne plusieurs pièces pour obtenir de grandes salles et surtout, installe un studio.. Il retourne au Manor afin d'enregistrer une nouvelle version de la pièce traditionnelle In Dulci Jubilo, en utilisant les bases d'un enregistrement précédent sorti sur la face B d'un single en février 1975. La nouvelle version, ajoutée à , paraît en single en novembre 1975 sous le numéro de catalogue Virgin VS 131 et atteint la quatrième place du UK Singles Chart. En janvier 1976, il travaille dans son nouveau studio où il enregistre les morceaux traditionnels Portsmouth et Argiers avec Leslie Penning. En octobre, Virgin sort , une compilation regroupant la trilogie composée de , Hergest Ridge et Ommadawn, ainsi qu'un disque présentant des collaborations avec Leslie Penning et David Bedford. Le , Portsmouth sort en single. Il atteint la troisième place des charts au Royaume-Uni et est un succès à travers toute l'Europe.
En 1976, Mike Oldfield commence à suivre une thérapie pour exorciser une enfance difficile et apprendre à vivre en société. Il en sort physiquement et psychologiquement transfiguré.. En 1977, il entame dans son nouveau studio, désormais achevé, l'enregistrement dIncantations, qui sort en 1978. The Beacon devient brièvement une maison d'hôtes ..
Caractéristiques artistiques Dans une interview accordée en juin 1980, Mike Oldfield déclare s'être inspiré pour et Ommadawn des albums (1969) de King Crimson et (1969) de Terry Riley, ainsi que du guitariste John Renbourn, sans plus de précisions ..
Part One {|class="wikitable alternance droite" width="20%" style="font-size:85%; text-align: center;" |colspan=2|Structure dOmmadawn Part One selon Ryan Yard |- | Premier thème, sans introduction x || width="30%" | 0:00 – 1:08 |- | Descente chromatique vers le second thème x 1 || 1:16 – 1:45 |- | Répétition de l'exposition du premier thème avec élaboration et rubato x 3 || 1:45 – 2:36 |- | Descente chromatique vers le second thème x 2 || 2:43 – 4:11 |- | Pont musical vers une nouvelle clé (Fa mineur) || 4:11 – 4:26 |- | Développement (sous forme de variations) Variation 1 nouvelle clé (Mi mixolydien) || 4:26 – 6:10 |- | Variation 2 nouvelle clé (Mi majeur) || 6:10 – 6:58 |- | Variation 3 nouvelle clé (Mi majeur / La majeur) || 6:58 – 8:16 |- | Variation 4 nouvelle clé (Fa# majeur) || 8:16 – 9:47 |- | Variation 5 nouvelle clé (Mi mixolydien) || 9:47 – 11:08 |- | Récapitulation en nouvelle clé (Mi mineur) premier thème x 2 || 11:08 – 11:46 |- | Échelle descendante vers le second sujet x 1 || 11:57 – 12:28 |- | Coda étendu basé sur un refrain principal x 7 (avec percussions africaines) || 12:28 – 15:48 |- | Pont musical vers le final || 15:48 – 16:53 |- | Premier thème, tutti, en nouvelle clé (Sol# mineur) || 16:53 – 18:28 |- | Percussions africaines s'effaçant progressivement || 18:28 – 19:23
Bien qu'Oldfield n'ait pas suivi de formation classique et bien qu'il n'ait pas nécessairement pris cette décision de manière raisonnée, malgré son goût pour les œuvres de Frederick Delius et Jean Sibelius, la première partie d'''Ommadawn évoque une sonate, même si elle n'en présente pas strictement les caractéristiques. Le développement se fait sous la forme de cinq variations faites sous divers modes et instrumentations.
À partir de 12:28 débute une coda. Le même thème est entendu sept fois. À chaque répétition, un nouvel élément est ajouté afin de se rapprocher du climax émotionnel. En avril 1979, Oldfield aurait déclaré au Melody Maker, à propos de la fin du morceau, qu'il s'agissait du .
À partir de 12:28 et jusqu'à 15:48, un chœur féminin répète sept fois les mêmes paroles en irlandais, transcrites phonétiquement par . C'est Clodagh Simmonds, irlandaise, qui a écrit ses paroles avant de les chanter. La première chose qui lui vint en tête fut () et quelqu'un d'autre, peut-être sa mère, s'est occupé de la traduction. Après avoir vu les paroles écrites ., Oldfield est intéressé par le terme Ommadawn et trouve qu'il ferait un bon titre pour l'album, jusque-là intitulé (Cornichons sur mon Glockenspiel). En gaélique irlandais, Ommadawn s'écrit correctement et signifie « idiot », « sot » ou « fou ». Ce sont des êtres féeriques, qu'il faut éviter : si on est touché par l'un d'entre eux, on est paralysé, possiblement définitivement. La seule protection envisageable consiste à faire appel à Dieu ..
Il est possible qu soit une sorte de message caché. Mike Oldfield utilise ce procédé au moins une fois dans sa carrière, avec Amarok, lorsqu'il insère un message en morse, En français : « Va te faire foutre, RB » . (en référence à Richard Branson, avec qui Oldfield est alors en mauvais termes).
Part Two thumb|left|Promenade équestre, Hergest Ridge.
La deuxième partie commence par des arpèges, plus calmement que la première. Elle ressemble à un anti-climax, qui se rapproche de l'ambiance pastorale de Hergest Ridge. Paddy Moloney, qui joue des uilleann pipes, s'approprie presque la mélodie du morceau.
Les paroles de la deuxième partie se concentrent toutes sur , écrite par Mike Oldfield et William Murray, qui fait référence à leurs randonnées équestres avec Leslie Penning. Elle se termine d'ailleurs par les termes (), leitmotiv du morceau. Selon Ryan Yard, la musique et les paroles d reflètent bien le caractère de Mike Oldfield à l'époque : jeunesse, naïveté, innocence, face à un monde dans lequel il ne se sent pas en sécurité.
Au troisième couplet, la phrase () a longtemps été un point de discorde entre fans, le mot « chaos » étant confondu avec « cars . » (« voitures »).
Pochette La photographie de la pochette représente Mike Oldfield derrière une fenêtre par temps pluvieux .. Elle a été prise par le photographe anglais David Bailey. Près de quinze années plus tard, William Murray tente de suivre son exemple pour la pochette dAmarok mais il est forcé d'admettre que ce n'est pas une tâche facile et reconnaît que la photographie originale, malgré son apparente simplicité, montre à quel point David Bailey est un photographe talentueux Richard Carter. ..
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