L'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) (en russe : ()) est une organisation intergouvernementale à vocation politico-militaire fondée le , dont les objectifs affichés sont « le renforcement de la paix, internationale et régionale », la sécurité et la stabilité, la protection sur une base collective d'indépendance, l'intégrité territoriale et la souveraineté des États membres. Ces objectifs doivent être atteints principalement par une coopération étroite dans les domaines de politique étrangère, des affaires militaires, de la recherche de nouvelles technologies militaires et de la lutte contre les menaces transfrontalières des terroristes et extrémistes. Elle regroupe l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie et le Tadjikistan. Dans les faits, la coalition est largement dominée par la Russie.
États participant aux activités du traité vignette|300px|Décollage d'un Dnepr.
États signataires Arménie (1992), État membre fondateur : Forces armées arméniennes (le , le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé suspendre la participation de son pays à l'OTSC. puis, le , avoir l'intention de se retirer de l'organisation.) ; Biélorussie (1992), État membre fondateur : Forces armées biélorusses ; Kazakhstan (1992), État membre fondateur : Forces armées kazakhes ; Kirghizistan (1992), État membre fondateur : Forces armées kirghizes ; Russie (1992), État membre fondateur : Forces armées de la fédération de Russie ; Tadjikistan (1992), État membre fondateur : Forces armées tadjikes.
néant|vignette|Schéma des alliances inter-étatiques dans l'espace eurasiatique - décembre 2017
États observateurs à l'assemblée parlementaire Serbie ()..
Anciens États signataires du traité de sécurité collective [TSC] n'ayant pas adhéré à l'OTSC (voir détails et enjeux plus bas). Azerbaïdjan (membre de 1992 à 1999, membre du GUAM depuis 1997) ; Géorgie (membre de 1993 à 1999, membre du GUAM depuis 1997 et négocie son entrée à l'OTAN) ; Ouzbékistan (1992-1999/2006-2012), État membre fondateur de 1992 à 1999, membre du GUAM de 1999 à 2005 et membre de l'OTSC de 2006 à 2012.
Objectifs L'OTSC affiche plusieurs objectifs. : Garantir la sécurité collective des États membres de la CEI ; Coopération militaire entre les États membres ; Défendre la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale des États membres ; Maintenir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ; Lutter contre le terrorisme ; Lutter contre la prolifération d'armes de destruction massive ; Lutter contre la criminalité transnationale (trafic d’êtres humains et immigration clandestine, trafic d’armes et de narcotiques) ;
Dans les faits, du point de vue de Moscou, trois enjeux stratégiques sont centrauxFrost, A. (2009, October). The Collective Security Treaty Organization, the Shanghai Cooperation Organization, and Russia's Strategic Goals in Central Asia. In China & Eurasia Forum Quarterly (Vol. 7, No. 3). : Positionner Moscou comme un pôle de pouvoir et d'influence dans la région. Maintenir les régimes pro-Moscou de la région. Exclure ou limiter les influences américaines et chinoises dans la région
Origines, création et évolution Contexte politico-militaire au sein de la CEI de la création de l'Organisation du traité
Le 8 et , les traités de Minsk et d'Alma-Ata donnent corps à la CEI.
En 1991, à la chute de l'URSS, l'armée soviétique fut démantelée entre les différents nouveaux États selon l'origine nationale des contingents. C'est alors qu'un commandement militaire commun à tous les membres de la CEI fut instauré. Ce commandement unifié avait sous ses ordres l'ensemble des anciennes troupes soviétiques. En 1992, les derniers reliquats de l'armée soviétique stationnés dans les républiques indépendantes avaient été dissous et les dernières forces ex-soviétiques basées en Allemagne orientale, en Hongrie, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Bulgarie, en Lituanie, en Lettonie, en Estonie, en Mongolie et à Cuba furent retirées progressivement de 1992 à 1994.
Le traité de sécurité collective (TSC ou encore traité de Tachkent) a été signé le par six États membres de la CEI sur onze (l'Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan). Cependant, il ne remporte pas un réel succès. En effet, ce traité ne fait pas l'unanimité parmi les membres de la CEI.
En 1993, le commandement militaire commun de la CEI est aboli. À la suite de cette abolition du commandement militaire de la CEI et au rapatriement des troupes anciennement sous commandement de la CEI (troupes russes comprises), la Russie continue à disposer d'un potentiel militaire (bases, hommes, chars, avions, navires, etc.) réparti surtout dans les pays issus de l'ancienne Union soviétiqueGabriel Wackerman, La Russie en dissertations corrigés et dossiers, Paris, Ellipses, 2007, p. 77.
À partir de cette date, le TSC regroupe presque l'ensemble du contenu politico-militaire de la CEI, à l'exception des missions de maintien de la paix de la CEI étant en cours. Moscou propose alors la mise en place de quatre « zones de sécurité » sur le territoire de la CEI, tandis que sont relancées les propositions destinées à coordonner l’activité des services de sécurité des membres de la Communauté. Le but du TSC est d'améliorer l'intégration militaire au sein de la CEI.
Par la suite, l'Azerbaïdjan (), la Géorgie () et la Biélorussie () se joindront aux signataires.
Le traité de sécurité collective entre en vigueur le .
Le , la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Arménie et la Géorgie signent à Minsk un traité de défense commune des frontières extérieures. L'Ouzbékistan, le Turkménistan, l'Azerbaïdjan, la Moldavie et l'Ukraine s'opposent à la présence de gardes russes sur leurs frontières.
Le , seuls six pays membres du TSC ont signé le protocole de renouvellement du traité pour cinq ans. En effet, l'Azerbaïdjan, la Géorgie et l'Ouzbékistan ont préféré se retirer du traité plutôt que de le proroger. Dans le même temps, l'Ouzbékistan a rejoint le GUAM, largement considéré comme ayant l'intention de contrer l'influence russe dans la région.
Création de l'Organisation du traité droite|vignette|300px|Les dirigeants des États membres de l'OTSC (2006).
Le , à l'occasion des réformes de la CEI, les pays signataires du TSC signèrent une Charte à Chisinau, en Moldavie. La Charte stipulait la création de l'OTSC, créée afin de reprendre l'application du TSC et donc la quasi-totalité du contenu politico-militaire de la CEI. Le , l'organisation devient effective.
Aujourd'hui, et malgré le déclin de la CEI, l'OTSC reste cependant très active en Asie centrale et apparaît désormais comme le complément politico-militaire de la Communauté économique eurasiatique. L'OTSC regroupe désormais la Russie, la Biélorussie, l'Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. L'OTSC est une organisation à l'Assemblée générale des Nations unies.
PaysMembre de la CEIRatification du Traité de sécurité collectiveStatut actuel au sein de l'OTSC (depuis 2002)Participation à l'Eurasec, complément économique de l'OTSCParticipation au GUAM, dont les objectifs sont opposés à ceux de l'OTSC OuiMembre fondateurÉtat observateur (depuis 2003)Non OuiMembre fondateurMembre fondateur (depuis 2000)Non OuiMembre fondateurMembre fondateur (depuis 2000)Non OuiMembre fondateurMembre fondateur (depuis 2000)Non OuiMembre fondateurMembre fondateur (depuis 2000)Non OuiMembre fondateurMembre (depuis 2000)Non Oui, puis annulation en 1999 - - Membre (depuis 1999) Non (depuis ), puis annulation en 1999 - - Membre (depuis 1997) OuiMembre fondateur (1992-1998), puis État auto-suspendu (1998-2006) et État membre (2006-2012), avant de, à nouveau, s'auto-suspendreMembre (2006-2008), puis État membre auto-suspendu (depuis 2008)Membre (1999-2005), puis ancien membre (depuis 2005) OuiNon ratifié - État observateur (depuis 2002)Membre fondateur (depuis 1997) Non (depuis )Non ratifié - État observateur (depuis 2002)Membre fondateur (depuis 1997) État associé (depuis 2007)Non ratifié - - -
Institutions Assemblée parlementaire
Comité des chefs d'état-major
Comité des secrétaires des Conseils de sécurité
Conseil des ministres de la Défense
Conseil des ministres de l'Intérieur
Conseil des ministres des Affaires étrangères
Conseil des Situations d'urgence
Conseil permanent de Sécurité collective vignette|gauche|200px|BTR-80 arméniens.
Présidence tournante vignette|droite|100px|Le président actuel de l'OTSC est de facto le président biélorusse Alexandre Loukachenko.
Secrétariat général permanent gauche|vignette|Imangali Tasmagambetov, secrétaire général de l'OTSC. Dates Pays Nom 1 2003-2016 Nikolaï Bordiouja — 2017-2017 Valeri Semerikov (intérim) 2 2017-2018 Iouri Khatchatourov — 2018-2019 Valeri Semerikov (intérim) 3 2020-2022 Stanislav Zas 4 2023-en cours Imangali Tasmagambetov
Domaines de coopérations gauche|200px|vignette|S-300 en parade.
Défense antiaérienne commune À l'instar de la DCA russo-biélorusse (premier exemple de DCA commune dans l'espace post-soviétique), le projet de défense anti-aérienne commune a été élargi à l'ensemble des membres de l'OTSC.
État-major unifié
Forces de maintien de la paix vignette|100px|gauche|Soldat russe. Un accord portant sur la création d'une force de maintien de la paix dans le cadre de l'OTSC est entré en vigueur le .
Les pays membres ont signé l'accord le à Douchanbe. La Biélorussie, le Kazakhstan et l'Arménie ont ratifié le document en 2008. L'accord est entré en vigueur à la suite de sa ratification par la Russie.
La force de maintien de la paix participera sur décision du Conseil de sécurité de l'ONU aux opérations de maintien de la paix lancées sur le territoire de l'organisation ou dans d'autres régions du monde. Le but de cette initiative est également d'augmenter l'importance de l'OTSC sur le plan international.
Forces d'intervention rapide vignette|droite|Les vozdouchno-dessantnye voïska ou VDV (« troupes aéroportées ») en manœuvre au Kazakhstan.
Le , la création d'une force d'intervention rapide (parfois appelée force de réaction rapide) de l'OTSC est décidée par la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l'Arménie, le Tadjikistan et le Kirghizistan, son premier élément est créé le pour l'Asie centrale dont l'état-major est basé à Bichkek. Au début de 2006, l'Ouzbékistan a réintégré l'OTSC.
Autres coopérations Coopération dans la libre-circulation des personnes et des capitaux
La Communauté économique eurasiatique et l'Organisation du traité de sécurité collective ont comme projet de créer un régime propice à la libre circulation des personnes et des capitaux des pays membres (l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan).
Traités de non-agression
Zones de sécurité de la CEI Ces zones de sécurité furent créées lorsque le TSC était encore dépendant de la CEI. Désormais, c'est l'OTSC qui reprend ces zones de sécurité de la CEI.
Zones de sécurité est-européenne Espace commun de sécurité entre la Russie et la Biélorussie Défense commune anti-aérienne (DCA) vignette|Quatre Soukhoï Su-27 Flanker, exemple d'avion de combat russe. La Russie et la Biélorussie signèrent, le , un accord intergouvernemental de protection conjointe de la frontière extérieure aérienne de leur « Union », et de création d'un « Système unique de défense antiaérienne ». Cette information fut annoncée par l'assistant du président russe Sergueï Prikhodko. D'après ce dernier, .
200px|vignette|gauche|Le système radar et de tir du missile surface-air S-300.
Potentiel militaire russe en Biélorussie Sur le sol biélorusse, la Russie dispose de la station radar Volga (près de Hantsavichy).
Potentiel militaire russe en Crimée