Agnès de Bohême (en tchèque Svatá Anežka Česká), aussi appelée Agnès de Prague, née le à Prague et morte dans cette même ville le , est une des filles du roi de Bohème et religieuse de l'ordre de Sainte-Claire.
Elle est entre autres un témoin des débuts du franciscanisme en dehors de l'Italie. Les lettres qu'elle reçut de sainte Claire d'Assise (fondatrice de l'ordre de Sainte-Claire) présentent un grand intérêt pour l'histoire de la spiritualité franciscaine.
Canonisée le par le pape , elle est la sainte patronne de la Bohême.
Sa fête est célébrée le .
Biographie Après sainte Ludmila de Bohême (+ 921), grand-mère de saint Venceslas (+ 935), Agnès est la deuxième sainte de la dynastie des Přemyslides qui règne alors sur la Bohême. Elle est la fille du roi et de Constance de Hongrie, sœur du roi de Hongrie, lui-même père de sainte Élisabeth de Hongrie. Elle est également la sœur du roi de Bohême Sainte Claire d'Assise, « Documents : biographie, écrits, procès et bulle de canonisation, textes de chroniqueurs, textes législatifs et tables », rassemblés, présentés et traduits par D. Vorreux, Paris, Éditions Franciscaines, 1983, ..
Née en 1211, elle est confiée, à l'âge de trois ans aux moniales cisterciennes de Trzebnica pour son éducation, et commence à faire l'enjeu de tractations matrimoniales. La même année, en effet, sa famille la fiance à Boleslas de Silésie, puis, en 1213, à Henri, fils de l'empereur du Saint-Empire, . Une fois les fiançailles rompues, elle est demandée, en 1227, par le roi d'Angleterre , et en 1228, par , veuf de Yolande de Brienne, lequel répétera sa démarche en 1233. Toutes ces tentatives semblent avoir été repoussées par Agnès. Après avoir écrit au pape pour bénéficier de sa protection et de son approbation, elle entre chez les clarisses en 1234Sainte Claire d'Assise, op. cit., ..
Les Frères mineurs franciscains sont arrivés à Prague, capitale de la Bohême, en 1232. Agnès leur construit une église, en même temps qu'elle fonde un hôpital dans la Vieille Ville. En 1233, elle établit, dans le quartier Na Františku, un monastère de clarisses, où elle fait profession religieuse à la Pentecôte de 1234. Elle partagera désormais sa vie entre la prière et le soin des malades et des malheureuxSainte Claire d'Assise, op. cit., .. Devenue abbesse, elle veillera à l'observance de la RègleH. Roggen, « L'esprit de sainte Claire », coll. Présence de saint François, 19, Paris, Éditions Franciscaines, 1969, .. Elle décède en , ayant inauguré la lignée de filles de maison noble ou princière qui se feront clarisses, comme Isabelle de France, sœur de A. Rotzetter, W. Van Dijck, T. Matura, « Un chemin d'évangile, l'esprit franciscain hier et aujourd'hui », Paris, Médiaspaul et Éditions paulines, 1982, ..
Un groupe de laïcs travaillant à l'hôpital Saint-François de Prague a été organisé par Agnès en 1238 comme un nouvel ordre militaire, destiné principalement aux soins infirmiers, suivant la règle de saint Augustin, connu sous le nom de chanoines réguliers de la Très Sainte-Croix de l'Étoile Rouge. L'année suivante, Agnès remit à ces chevaliers monastiques toute l'autorité sur l'hôpital qu'elle avait fondé. Ils furent reconnus comme un ordre par le pape en 1236-1237.
On a conservé quatre lettres authentiques que sainte Claire d'Assise lui a envoyées : la première serait antérieure à la Pentecôte de 1234; la deuxième aurait été écrite entre 1235 et 1239; la troisième au début de 1238; la quatrième entre janvier et , soit peu avant la mort de la fondatrice des clarisses. Par contre, les réponses d'Agnès sont perdues. Cette correspondance demeure d'une importance capitale pour la compréhension de la spiritualité de ClaireSainte Claire d'Assise, op. cit., ..
Vénération, souvenir et culte Un peu plus d'un siècle après sa béatification (1874), Agnès est canonisée par , le , quelques jours avant le début de la révolution de Velours. En effet, une rumeur courait à Prague que la canonisation de la sainte précéderait la libération du pays ; c'est pourquoi le pouvoir communiste refusait depuis des années cette canonisation. Elle est ainsi la première sainte d'Europe centrale à avoir été canonisée avant la chute du mur de Berlin.
En 1991, le cardinal František Tomášek lui confère le titre de sainte patronne des travailleurs de l'industrie gazière. De plus, elle a été proclamée sainte patronne de Bohême.
Le billet de 50 couronnes tchèques est à son effigie.
Le couvent des Clarisses, ou couvent Sainte-Agnès, sert désormais d'annexe de la Galerie nationale à Prague, consacrée à l'art gothiqueGuide vert de Prague, édition 2000 , 104..
Elle est commémorée le ...
Notes et références
Bibliographie Sainte Agnès de Prague, introduction A. Marini, traduction J. Gréal, R. Lebel, L. Mathieu, A. Ménard, coll. Sources franciscaines, Paris, Éditions Franciscaines, 2013. Sainte Claire d'Assise, Les lettres à Agnès de Prague, , dans Sainte Claire d'Assise, Documents : biographie, écrits, procès et bulle de canonisation, textes de chroniqueurs, textes législatifs et tables, rassemblés, présentés et traduits par D. Vorreux, Paris, Éditions Franciscaines, 1983.
Articles connexes Couvent Sainte-Agnès Ordre des Pauvres Dames Sainte Claire d'Assise
Liens externes
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