Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour et duchesse de MenarsL'acte de décès de Madame de Pompadour en date du 17 avril 1764 à Versailles, mentionne ses titres sans toutefois respecter l'ordre d'accession : ., dite Madame de Pompadour, née le à Paris et morte le au château de Versailles, est une maîtresse en titre du roi Louis XV.

Introduite à la cour par ses relations, Mme de Tencin notamment, elle est remarquée par le roi et devient sa maîtresse en titre pendant six ans, de 1745 à 1751.

lui fait construire le Petit Trianon ainsi que le château de Bellevue, comme résidence, et lui offre le domaine de Pompadour, ce qui lui permet de devenir marquise et d'acquérir la noblesse. Ses origines bourgeoises lui attirent des critiques de la part de l'aristocratie.

À partir des années 1750, la marquise n'est plus la maîtresse du roi, mais conserve un ascendant en tant que confidente et amie. En ce sens, elle encourage l'aménagement de la place Louis XV ou la création de la manufacture de porcelaine de Sèvres, proche de sa résidence de Bellevue. de Pompadour apprécie particulièrement l'architecture et les arts décoratifs. Elle acquiert d'ailleurs en 1753 l'hôtel d'Évreux à Paris, aujourd'hui nommé palais de l'Élysée. La marquise s'intéresse aussi à la littérature et encourage la publication des deux premiers tomes de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.

De santé fragile, elle meurt d'une congestion pulmonaire, âgée seulement de .

Biographie Jeunesse vignette|redresse=0.80|La marquise de Pompadour par François Boucher.

La future marquise de Pompadour voit le jour à Paris le mardi : .. Le baptême est célébré en l'église Saint-Eustache. Jeanne-Antoinette doit ses prénoms à son parrain, Jean Pâris de Monmartel, et à la nièce de ce dernier, Antoinette Justine Pâris, sa marraineL'acte de baptême original a été détruit dans l'incendie de l'hôtel de ville de Paris en , sous la Commune. Mais l'historien Auguste Jal (1795–1873) l'avait recopié à partir des registres de l'église Saint-Eustache : . François Poisson, fils de tisserands de Provenchères près de Montigny-le-Roi, s'est marié trois ans plus tôt, le à Saint-Louis des Invalides, avec Madeleine de La Motte qui appartient à une famille plus élevée socialement. De cette union naîtront deux autres enfants : Françoise-Louise, rue Thévenot le et baptisée en l'église Saint-Sauveur., ainsi qu'Abel-François, le en la paroisse de Saint-Jean-en-Grève à ParisLes registres paroissiaux originaux de Paris sont détruits lors de la Commune en 1871, mais la date et lieu de naissance du marquis de Marigny figurent dans son acte de mariage, le 11 janvier 1767 à Menars avec Marie Françoise Julie Constance Filleul. Celle-ci est née le 15 juillet 1751 en la paroisse de la Sainte-Trinité à Falaise, fille de Charles François Filleul et d'Irène du Buisson de Longpré, maîtresse de Louis XV. Source : registres paroissiaux de Menars-le-Château aux archives départementales de Loir-et-Cher..

Son père, François Poisson, a débuté comme conducteur dans le service des vivres. Remarqué par les frères Pâris, des financiers liés à la famille de La Motte, il a rendu de grands services en Provence, au moment de la peste de 1720.

Mais, chargé comme commissaire aux vivres du ravitaillement de Paris pendant la disette de 1725, il est accusé de trafics et ventes frauduleuses. François Poisson est contraint de quitter le pays et s'exile au Saint-Empire romain germanique. Le , une commission du conseil le déclare débiteur pour la somme de .. Le , une sentence du Châtelet de Paris décide la séparation de biens avec son épouse, mais leur maison rue Saint-Marc est saisie. Avant son départ, François Poisson confie sa fille Jeanne-Antoinette, qui a 5 ans, au couvent des Ursulines de Poissy en 1727. Ce couvent est connu pour l'éducation des jeunes filles issues notamment de la bourgeoisie. La santé de Jeanne-Antoinette est fragile. Mais elle souffre aussi moralement d'une double absence : celle de son père exilé, et celle de sa mère qui mène une vie pour le moins mouvementée.

En , Madame de la Motte-Poisson reprend sa fille à Paris, rue Neuve des Bons-Enfants. Jeanne-Antoinette reçoit alors une éducation soignée et l'enseignement des arts d'agrément, tels que le dessin, la musique, la peinture, la gravure, la danse, les cours de chant donnés par Pierre de Jélyotte, mais aussi de déclamation par Jean-Baptiste de La Noue.

Dans ce cadre, elle découvre le salon littéraire de Madame de Tencin, une amie de sa mère, qui deviendra la marraine de sa fille, puis se lie d'amitié avec la jeune voisine de celle-ci, Marie-Thérèse de La Ferté-Imbault. C'est dans ce cercle que la jeune fille va apprendre l'art de la conversation et les valeurs de l'esprit..

Pendant l'éloignement de François Poisson, son épouse Madeleine de la Motte-Poisson a entre autres amants le riche fermier général Charles François Paul Le Normant de Tournehem, célibataire et amateur d'art.

L'infidélité notoire de son épouse Madeleine a fait naître l'hypothèse d'une liaison plus précoce avec Jean Pâris de Monmartel ou Le Normant, d'où la suspicion que Jeanne-Antoinette soit leur fille naturelle..

Une légende raconte qu'à neuf ans, elle serait allée consulter avec sa mère une voyante qui se serait exclamée : . Toujours est-il que, lorsque le testament de la future marquise est ouvert, on découvre qu'une dame Lebon, voyante parisienne, s'est vu allouer une pension de par an, le passage cité figure p. 402. Consulté le .. Consulté ..

Mariage vignette|redresse=1.2|Madame de Pompadour par François Boucher, vers 1758, Édimbourg, National Gallery of Scotland.

Après avoir veillé à l'éducation des deux enfants, Jeanne-Antoinette et Abel-François, Le Normant de Tournehem, leur tuteur légal, fait épouser Jeanne-Antoinette Poisson, 19 ans, le en l'église Saint-Eustache, son neveu et héritier Charles-Guillaume Le Normant d'Étiolles, âgé de vingt-quatre ans. Le contrat fut signé, le , en la maison du 50 rue de Richelieu, actuel hôtel Washington, restaurée en 1738 par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne pour le compte de sa mère..

Le couple marié Charles-Guillaume Le Normant d'Étiolles et Jeanne-Antoinette Poisson a un fils, Charles Guillaume Louis, né le , baptisé à l'ancienne paroisse Saint-Paul, qui est mort dans sa première année.

Le est née une fille, appelée Alexandrine, du prénom de sa marraine Mme de Tencin. Elle fut baptisée dans l'église Saint-Eustache.

Le lieutenant des chasses de Versailles considère Jeanne-Antoinette Le Normant d'Étiolles comme assez belle, ..

La beauté de Jeanne-Antoinette et son esprit la font connaître et elle devient l'hôtesse des salons cultivés et mondains de Paris. Mme de Tencin la présente à Madame Geoffrin et à sa fille, la marquise de La Ferté-Imbault..

Elle donne des représentations dans le petit théâtre qu'elle a fait construire dans son château d'Étiolles, à côté de Sénart où le couple s'est installé. Cette propriété se situe dans la forêt royale et le roi vient fréquemment chasser aux abords. Madame d'Étiolles a le droit statutairement d'assister à ces chasses en phaéton (calèche) et se fait accompagner par un des lieutenants de la vénerie royale qui l'informe précisément sur les passages du roi pour qu'elle puisse attirer son attention.. C'est au cours de l'une d'elles, durant l'été 1743, que le roi Louis XV l'a remarquée.

Favorite royale vignette|gauche|redresse=1.2|Le peintre Charles-Nicolas Cochin immortalise la « rencontre » entre le roi Louis XV, dissimulé sous un if, et d'Étiolles en Diane chasseresse, au cours du célèbre bal masqué, donné en l'honneur du mariage du dauphin, Louis de France. vignette|La Marquise de Pompadour par Maurice Quentin de La Tour (1748–1755), Paris, musée du Louvre.

Proche du père de Jeanne-Antoinette, Joseph Pâris avait été exilé de 1726 à 1729 sous le gouvernement du cardinal de Fleury. La mort de celui-ci, en janvier 1743, donne l'occasion aux frères Pâris, au cardinal de Tencin, à sa sœur madame de Tencin et au maréchal de Richelieu de rentrer en grâce. Ce cercle dispose d'une occasion de se placer auprès du roi Louis XV. La jeune Jeanne-Antoinette, qui est très proche de la famille Pâris, paraît susceptible de plaire au roi. Le stratagème mis en place fonctionne et porte ses fruits en 1745.

Le est célébré le mariage religieux du fils du roi Louis XV, le dauphin Louis, avec l'infante Marie-Thérèse d'Espagne. Des fêtes sont organisées pendant huit jours pour cet événement.

Le dans la Galerie des Glaces, dans le château de Versailles, un bal masqué se déroule où est invitée Jeanne-Antoinette Le Normant d'Étiolles, née Poisson, déguisée en Diane chasseresse.

Le roi Louis XV et ses plus proches courtisans sont costumés en buissons, des ifs, les courtisans observent que l'un d'entre eux s'entretient longuement avec cette belle inconnue.. Les conversations se cristallisent autour de ce couple et l'on pense reconnaître le souverain. La scène est immortalisée par le peintre Charles-Nicolas Cochin et .

Trois jours plus tard, le 1745 au cours du bal offert à l'Hôtel de ville de Paris par le corps municipal, une nouvelle rencontre entre Madame Le Normant d'Étiolles et le roi Louis XV confirme l'intérêt que lui porte le roi..

Le , le roi lui fait don du domaine de Pompadour, acquis le par le roi auprès du prince de Conti, le roi relevant le titre tombé en déshérence faute d'héritier mâle., la nommant ainsi marquise, tandis que Jeanne-Antoinette obtient de son mari une séparation légale.

En effet, le châtelet de Paris prononce le , un jugement de séparation de corps et de biens de Charles-Guillaume Le Normant d'Étiolles et de Jeanne-Antoinette Poisson.

Jeanne-Antoinette était la maîtresse du roi, le le roi Louis XV l'a installée au château de Versailles dans un appartement situé juste au-dessus du sien, relié par un escalier secret..

La présentation officielle de la nouvelle maîtresse favorite du roi à Versailles, le , doit être faite par une princesse du sang. Pour cette cérémonie très protocolaire, la princesse de Conti accepte d'être la marraine de Jeanne-Antoinette, en échange de l'extinction de ses dettes.. Elle a 23 ans.

Pour l'initier aux « bonnes façons » de la Cour, on lui choisit deux maîtres de conduite, Charles-Antoine de Gontaut-Biron et l'abbé de Bernis.. Elle cherche progressivement à conquérir les différents cercles du roi, mais reste haïe par la famille royale, le fils du roi, le dauphin la surnommant « maman putain. ». Les milieux dévots d'une part et les milieux aristocratiques conservateurs d'autre part concentrent leurs attaques sur la marquise de Pompadour, nouvelle maîtresse du roi, certes pécheresse, mais surtout parvenue puisque issue de la haute bourgeoisie et non de l'antique noblesse comme l'étaient les précédentes favorites du roi.

La veille de Noël, le , sa mère Louise Madeleine de la Motte meurt à l'âge de quarante-six ans.

Le , Louis XV achète pour la somme de à Louis-Alexandre Verjus, marquis de Crécy, son château pour l'offrir à Madame de Pompadour. Elle charge l'architecte Jean Cailleteau dit « Lassurance » et le paysagiste Jean-Charles Garnier d'Isle d'embellir son domaine en remaniant le château et en redessinant tout le village. Elle commande au peintre François Boucher des trumeaux peints illustrant les arts et les sciences et fait apposer la façade en trompe-l'œil du moulin de la Bellassière, ayant une vraie vision paysagère d'ensemble.