Le Quercy (en , prononcé ) est une région naturelle et ancienne province française dont l'étendue correspondait à celle du diocèse primitif de Cahors.
Le Quercy s'étendait sur les plateaux et pelouses calcaires des causses du Quercy, recoupées par des vallées internes et adjacentes. Cette région correspond à l'actuel département du Lot, à la moitié nord du département de Tarn-et-Garonne et à quelques communes de la Dordogne, de la Corrèze et de l'Aveyron.
En 1790, le Quercy forma en tant que tel le premier département du Lot. En 1808, sous l'Empire de Napoléon , une partie importante du Quercy blanc (dit Bas-Quercy) fut détachée de ce département pour créer le département de Tarn-et-Garonne.
Géologie Les Causses du Quercy se trouvent sur la bordure nord-est du bassin d'AquitaineJean-Michel Mazin, Thierry Pélissié, Pierre Hantzpergue et Carine Lézin, « Livret d'excursion : Le bassin du Quercy », Congrès de l'Association de paléontologie française, Toulouse, 10-12 avril 2013, dans Strata, 2013, (lire en ligne).Thierry Pélissié, Jean-Guy Astruc, « Tectonique Synsédimentaire et dissolution d'évaporites dans les dépôts du Jurassique moyen et supérieur des Causses du Quercy », , dans Géologie de la France, 1996, (lire en ligne).. Ils sont encadrés au nord-est et à l'est par le socle hercynien du Massif central, au sud par les contreforts des Pyrénées, à l'ouest par le bassin d'Aquitaine.
Le bassin quercynois se présente dans un triangle d'une centaine de kilomètres de long et d'une largeur variant entre 30 et , limité : au nord par la faille Condat-Meyssac, en limite du bassin permien de Brive-la-Gaillarde, au nord-est par les failles d'Argentat et de Cornac, à l'est par la faille de Villefranche-de-Rouergue, au sud par l'anticlinal de la GrésignePhilippe Fauré, Le Permo-Trias des dômes de la Grésigne. Stratigraphie et structure, Les amis des sciences de la nature, juin 2012 (lire en ligne).. Ses caractéristiques sont dues au remplissage de terrains sédimentaires essentiellement jurassiques. Ce remplissage s'est fait en bandes du Lias (ou Jurassique inférieur), à l'est, du Dogger connu sous le nom de Jurassique moyen, et du Malm connu sous le nom de Jurassique supérieur.
Ce remplissage a été affecté par trois fractures majeures correspondant aux trois grandes rivières : l'Aveyron, le Lot avec le Célé et la Dordogne. Les rivières ont entraîné la division des Causses du Quercy en : causse de Limogne, entre l'Aveyron et le Lot, causse de Saint-Chels, entre le Lot et le Célé, causse de Gramat, limité par le Célé, le Lot et la Dordogne, causse de Martel, au nord de la Dordogne.
L'évolution du bassin du Quercy depuis son origine jusqu'au Paléogène peut être résumée en huit étapes par une succession de submersions et de régressions marines, finalement d'émersion : plate-forme carbonatée au Lias inférieur, approfondissement du bassin quercynois et développement de failles avec des hauts fonds, développement d'une nouvelle plate-forme carbonatée au Toarcien avec création d'une nouvelle plate-forme à l'Aalénien, retour d'une plate-forme marine ouverte au Kimméridgien, diminution de la profondeur d'eau au Tithonien, première grande émersion pendant le Crétacé inférieur. Le Quercy est soumis à la dissolution karstique, nouvelle incursion marine au Crétacé supérieur avec de nouveaux dépôts marins. Les dépôts calcaires sont recouverts par des dépôts de calcaires argileux récifaux du Turonien, puis, au Sénonien, des calcaires pélagiques, crayeux à silex, dernière émersion à la fin du Maastrichtien. Au Cénozoïque se produisent des sédimentations d'origine fluviatile, lacustre ou palustre sur des formations du Mésozoïque ou par du remplissage de karsts (phosphatière du Cloup d'Aural).
Histoire Antiquité Le Quercy correspond au territoire autrefois occupé par le peuple celtique des Cadurques (parfois Cadourques) ou Cadurci qui forma après la conquête romaine la civitas gallo-romaine du même nom. Les limites de la cité se retrouvent dans l'ancien diocèse de Cahors dont le nom vient d'ailleurs aussi de Cadurci.
Moyen Âge Le territoire de la cité est ensuite intégré dans la Guyenne, partie septentrionale de l'Aquitaine détachée pour la soustraire aux interventions carolingiennes contre les révoltes vasconnes. Mais il réapparaît presque aussitôt en Cadurcensis pagus car il est en effet érigé en comté vers 780François Aubel, « Les comtes de Quercy (fin -début ) », , dans Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, 1997, Volume 109, (lire en ligne).. Il est englobé en 849 dans le comté de Toulouse. À partir de 950, le nombre et la turbulence des seigneurs féodaux, retranchés dans leurs places-fortes et érigeant leur donjon, dominium de prestige, entravent le droit suzerain de Toulouse. L'ouverture féodale est indéniablement tournée vers le nord alors que la souveraineté des comtes de Toulouse l'a arraché à l'Aquitania.
La cohésion du Quercy se maintient par la puissance retrouvée et incontestée de l'évêché de Cahors. Il commande le pays et encourage de nombreuses fondations d'abbayes et de prieurés, évoluant en autant de seigneuries religieuses. Prolongeant l'ouverture aux multiples influences du nord, Moissac est ainsi à l'origine du style roman languedocien. Montauban est une bastide fondée en 1144 par Alphonse Jourdain, comte de Toulouse. L'essor de la ville est rapide et sa richesse et son organisation devient modèle, au point qu'elle initie un mouvement d'émancipation municipale, imitée ensuite par Toulouse et son consulat.
vignette|La cité médiévale de Rocamadour au cœur du parc naturel régional des Causses du Quercy.
En octobre 1214, Simon de Montfort réunit à Figeac pour la première fois les États du Quercy à la demande de Philippe Auguste pour recevoir la soumission des routiers de Capdenac, le . Le s'est tenu à Rocamadour une assemblée pour lutter contre le brigandage. Le vicomte de Turenne, Bertrand de Gourdon, l'abbé de Tulle, les consuls de Cahors et de Figeac, un abbé, un prieur, dix-sept seigneurs et autant de communes signèrent un pacte d'associationM.-J. Baudel, Notes pour servir à l'histoire des États provinciaux du Quercy, , Imprimerie de A. Layto, Cahors, 1831 (lire en ligne)..
Roc Amadour, filiale de l'abbaye de Tulle, est le grand lieu de pèlerinage quercynois. À son apogée médiéval, sa population dépasse . L'extirpation de l'hérésie cathare suscite la croisade contre les Albigeois. Dans une répression d'une violence disproportionnée, elle frappe le Quercy arrimé au comté de Toulouse et justifie l'intervention royale, protectrice. Une armée croisée vient alors en Quercy pour combattre les cathares. L'expédition est menée par le comte Guy II d'Auvergne en compagnie de l'archevêque de Bordeaux...
le confisque en 1228. À la mort de Jeanne de Toulouse, en 1271, le Quercy se retrouve au cœur des querelles et guerres franco-anglaises. C'est pour les belligérants un morceau de la Guyenne, au point que Quercy et Haute-Guyenne soient synonymes. Supposé acquis par le royaume de France, le Quercy devait être rendu à la couronne anglaise par le traité de Paris en 1259 si Jeanne de Toulouse mourait sans héritier. En 1271, Philippe III s'est emparé de tous les domaines de Jeanne de Toulouse, y compris le Quercy. Des négociations entre Édouard et Philippe le Hardi ont abouti au traité d'Amiens de 1279 qui a entraîné le retour de l'Agenais et de la Saintonge à la Couronne d'Angleterre, mais laissa la souveraineté sur le Quercy en suspens. Finalement il est resté en possession de Philippe le Bel en 1286 contre le paiement d'une rente annuelle. Entre 1290 et 1360, les royaumes de France et d'Angleterre se disputent les confins de l'Aquitaine. En 1360, le Quercy subissant les affres de la peste noire depuis onze années est rendu à l'Angleterre par le traité de Brétigny-Calais. Mais la reconquête française ne tarde pas, orchestrée par Bertrand Du Guesclin pour le roi Charles V de 1373 à 1380.
Pourtant, une fois oubliées les brutalités de la guerre, les ravages de la peste noire plus dévastateurs encore, et avec un serein apaisement chrétien, les Occitans du comté de Toulouse soutiennent Charles VII, réfugié en Touraine et Berry, alors que les Parisiens, les Normands et les seigneurs influents du nord de la Seine suivent l'alliance d'intérêt anglaise et bourguignonne. Mieux, "l'Occitanie" fait pencher la balance du côté du pouvoir régalien français, qui entreprend timidement mais inexorablement la reconquête du nord.
En 1472, le Quercy ou Haute-Guyenne est réuni définitivement au domaine royal.
Période moderne Le Bas-Quercy est marqué par la Réforme, se signalant comme ces Pays-Bas du Sud-Ouest. Le Haut-Quercy reste hésitant sur la Réforme puis finit par demeurer dans le catholicisme. Les fureurs paysannes quercynoises seront dévastatrices, aussi soudaines que violentes, ainsi les Croquants en 1594 et en 1624.
La généralité de Montauban est créée en 1637. Le Bas-Quercy, qui prend alors son nom des premières divisions administratives françaises, devient prépondérant avec la cité montalbanaise. Le Bas-Quercy est alors un pays de minières, de fer, de bois et de vin.
La pauvreté générale et souvent la misère et la disette, aggravées par la guerre de Cent Ans et les guerres de religion, ont engendré de fréquentes révoltes populaires en Quercy, aux , toujours déclenchées contre l'excès de l'impôt : une des plus fameuses celle des « croquants » en 1624, puis celles de 1635-1637 en Guyenne et en 1707 la Révolte des « Tard avisés ».
L'étude du Chanoine Eugène Sol sur « La vie économique et sociale en Quercy aux », évoque en détail cette pauvreté générale : ..
La Révolution en Quercy : La région a été particulièrement agitée par les soulèvements paysans de la Révolution: dès l’automne 1789, .. En Quercy comme ailleurs en France: -, -, juin-.
Pour Albert Soboul, .
Par ailleurs, .
Le Chanoine Sol dans son ouvrage sur « La Révolution en Quercy », souligne l'importance de la question religieuse, qui a "dominé la politique locale" et beaucoup divisé la population, comme la dictature jacobine.
Le découpage départemental de la Révolution en 1790 a approximativement respecté le Quercy. Il correspond au territoire du Lot tel que découpé à l'origine mais dont une partie a été intégrée au Tarn-et-Garonne lors de la création de ce dernier en 1808.
L'histoire paysanne du Quercy est évoquée dans le musée de plein air de Cuzals, sur le causse à de Figeac. On y trouve entre autres des vestiges de l'importante culture du safran dans la régionContribution d'une approche ethnohistorique de la culture du safran dans le Quercy, Sandrine Helfer, mémoire..
Blasonnement 100pxQuercy D'argent au lion de gueules. Le Quercy possède les mêmes armoiries que le comte Géraud IV « Trancaléon » d'ArmagnacBlason du pays de Quercy..
100pxDépartement du Lot De gueules au pont de six arches d'argent, maçonné de sable, posé sur des ondes d'azur mouvant de la pointe, sommé de cinq tourelles aussi d'argent, maçonnées de sable, ouvertes du champ, surmontées de cinq fleurs de lys d'or. Ces armes remontent au : il s'agit d'une création de Robert Louis.
Subdivisions Le Haut-Quercy est une subdivision administrative d'ancien régime préservée essentiellement aux environs et au nord de son chef-lieu, Cahors. Il inclut des pays fort singuliers, tels les Causses, les vallées du Lot et de la Dordogne, la Bouriane, la Limargue et enfin le Châtaignal qui annonce le Ségala rouergat. Le Bas-Quercy est également une subdivision administrative d'Ancien Régime, placée sous l'égide de Montauban.