Le Gâtinais est un ancien comté et une région naturelle française s'étendant sur le territoire des départements du Loiret (région Centre-Val de Loire), de Seine-et-Marne et de l'Essonne (Île-de-France) et de l'Yonne (Bourgogne-Franche-Comté). Le Gâtinais s'étend entre la Seine et la Loire, et comprend notamment les villes de Fontainebleau, Nemours et Montargis.
La région est traditionnellement divisée entre le Gâtinais français, qui dépendait du gouvernement d'Île-de-France sous l'Ancien Régime, et le Gâtinais orléanais, qui dépendait du gouvernement de l'Orléanais. Le premier avait Nemours pour capitale, le second Montargis.
Bien que la province ait perdu toute existence politique à la Révolution, elle donne encore son nom à un parc naturel régional, à plusieurs communes et communautés de communes.
Toponymie Attestations anciennes Le Wastinensis pagus est d'abord cité vers l'an 638 lorsque Dagobert , roi des Francs, donne à la basilique de la dame sainte Colombe [Abbaye Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens] et du seigneur saint Loup de Sens sa villam Grandem campum in Gaustinensi ; ensuite In comitatu Wastinense en 840 (Du Plessis, II, p. 4) ; In pago Guastinensi vers 1000 (Archives nationales, K 18, n° 95) ; Pagus et comitatus Wastinensis en 1006 (Cart. N.-D. de Paris, I, 223)Henri Stein et Jean Hubert, Dictionnaire topographique de Seine-et-Marne, Paris, 1954, p. 248 (lire en ligne sur DicoTopo) ..
Étymologie Le toponyme Gâtinais est issu du gallo-roman , dérivé en -ensis, suffixe latin de provenance et d'origine > gallo-roman (> suffixes français -ois, -ais), de > ancien français gastine « terrain inculte, mauvaise terre » > français gâtine. Ce susbtantif est issu d'un croisement entre le latin vastus (voir vaste et dévaster) et le vieux bas francique *wôstinna (du germanique occidental *wōstini « terre inculte, sans ressource, stérile ; terre dévastée »), d'où les microtoponymes du nord de la France du type Wastine, Watine, parfois passés ultérieurement à Vatine.
Ce pays est vaste au sens de « vide » et « désert » ; ou encore, autre préconception courante, un pays qui possède un sol « inculte » et « gâté », plus ou moins stérile. Ces deux aspects sont la définition classique de la gâtine.
L'abbé Crespin, curé de Cepoy, considérait qu'il faudrait peut-être retenir comme origine de cette désignation l'acception de « pays dévasté » après les grandes invasions des ; comme preuve le fait que, parmi les cinq pagi se rattachant à la cité de Sens (Sens, Melun, Provins, Étampes et Gâtinais), seul ce dernier ne serait pas nommé d'après un nom de ville, ce qui pourrait signifier l'inexistence de la moindre ville sur le territoire correspondant au bassin du Loing et de ses affluentsAbbé Crespin, article « Évolution religieuse du Gâtinais au premier millénaire », resté inédit après le décès de l'auteur en 1961, jusqu'à sa publication en novembre 1995, dans le du Bulletin de la Société d'Émulation de Montargis..
Remarque : le passage de W- à G(u)- est une évolution phonétique qui a régulièrement affecté les mots d'origine germanique (et les mots issus du latin vulgaire influencés à l'initiale par le germanique) dans les langues d'oïls centrales et occidentales, alors qu'au nord (Normandie septentrionale, Picardie, Champagne, Basse-Lorraine, Wallonie), elles conservent leur W- initialJacques Allières, La formation de la langue française, Presses universitaires de France, 1988, pp. 117 à 122., parfois passé à V- postérieurementFrançois de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 56, n° 4.
Histoire À l'époque gauloise et gallo-romaine, le futur Gâtinais recouvre une partie du territoire sénon, limité par celui des Carnutes (Chartres) à l'ouest et celui des Tricasses (Troyes) à l'Est.
L'époque mérovingienne voit l'émergence d'un Wastinensis pagus, un pagus franc qui s'étend sur les deux rives du Loing et sa ville principale est Château-Landon.
Sous les Carolingiens, il a toujours Château-Landon comme centre et un territoire délimité par Châtillon-Coligny à l'est, Boiscommun au sud, Milly à l'ouest et Montereau au nord.
Le Gâtinais constitue l'un des cinq archidiaconés relevant de l'archidiocèse de Sens.
En 1068, le roi Philippe fait entrer le Gâtinais dans le domaine royal français.
Le roi Philippe Auguste repousse les frontières au-delà de la forêt d'Orléans, avec l'idée d'en faire un apanage pour son fils.
Étendue historique thumb|upright=2|La province du Gâtinais dans ses limites du , avec les communes et départements actuels.|gauche La capitale historique du Gâtinais, jusqu'à la création des gouvernements, était Château-Landon. Par la suite, les deux « capitales » ont été Montargis (pour le Gâtinais orléanais) et Nemours (pour le Gâtinais français).
Au , Jean-Joseph Expilly précise dans son dictionnaire les limites de la province. Le Gâtinais français est séparé au nord de la Brie par la Seine, tandis qu'à l'est il est bordé par la Champagne et au nord-ouest par le Hurepoix. Il comprend la forêt de Fontainebleau dans sa totalité. Le Gâtinais orléanais est séparé au sud du Berry par la Loire. Il est également entouré par le Hurepoix, la Champagne, le pays chartrain et l'Orléanais propre..
Les divers auteurs s'accordent en général sur le fait que la partie dite par commodité Gâtinais orléanais correspondrait approximativement à l'ancien arrondissement de Montargis et une fraction notable de l'arrondissement de Pithiviers, dans le département du Loiret, tandis que la partie dite Gâtinais français correspondrait à l'arrondissement de Fontainebleau dans le département de Seine-et-Marne.
Une partie du sud du département de l'Essonne, autour de Milly-la-Forêt, se revendique également comme faisant partie du Gâtinais, tandis que certains auteurs considèrent nombre de communes du nord-ouest du département de l'Yonne (Puisaye et tout ce qui relevait de l'archevêché de Sens à l'ouest de la rivière Yonne) comme faisant aussi partie du Gâtinais. Ses limites naturelles seraient ainsi la Seine au nord, l'Yonne à l'est, la forêt d'Orléans au sud et l'Essonne à l'ouest.
Depuis le , la nouvelle division administrative du Pays du Gâtinais regroupe 81 communes essentiellement rurales dont la carte correspond approximativement au Gâtinais montargois. La région de Bellegarde en est exclue, ainsi qu'une partie de l'agglomération de Montargis qui est soumise à un contrat d'agglomération""Le patrimoine du Gâtinais - Extraits de la Charte de développement du "Pays du Gâtinais". Sur le site gatinais.histoire..
La majorité des communes du canton de La Chapelle-la-Reine, à l'exception de deux : Larchant et Recloses, se sont réunies en communauté de communes : la communauté de communes des Terres du Gâtinais.
Seize communes portent aujourd'hui le nom du Gâtinais, quatorze dans le Loiret et deux au sud de la Seine-et-Marne (Maisoncelles-en-Gâtinais et Beaumont-du-Gâtinais). Feins-en-Gâtinais est la plus méridionale. (la commune de Perthes est également appelée couramment Perthes-en-Gâtinais).
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Géographie
Étendue géographique
D'un point de vue strictement géographique, le Gâtinais est délimité. : au nord, par la région naturelle du Hurepoix et la Seine ; à l'est, par la Seine et la région naturelle de la Brie ; au sud, par la région naturelle de la Puisaye et la forêt d'Orléans ; à l'ouest, par la région naturelle de la Beauce.
La partie occidentale du Gâtinais, voisine de la Beauce, s'étend sur un large plateau calcaire. Sa partie orientale, plus vallonnée, est constituée de sols calcaires recouverts d'argiles et de sables. Le nord de la région repose sur un plateau sableux et argileux et sur des grès dans la forêt de Fontainebleau.
Hydrographie
Le réseau hydrographique du pays du Gâtinais est dense. Il comporte sept rivières principales : le Betz, la Cléry, l'Ouanne, le Loing, le Vernisson, le Puiseaux et le Fusain ; ainsi que sept autres rivières plus petites : l'Aveyron, le Solin, le Limetin, la PoterieLa Poterie sur le site services.sandre.eaufrance., le Huillard, la Bezonde, le Petit Fusain, le Maurepas. Les rivières sont, généralement, gérées par des syndicats intercommunaux.
Ces cours d'eau sont sujets à des problèmes dont les principaux sont l'assèchement, l'irréversibilité de certains aménagements, les dégâts provoqués par les ragondins et la qualité médiocre des eaux.
Par ailleurs, le territoire comprend huit étangs et marais principaux et quelques plans d'eau moins importants aménagés par les communes. Il est traversé par les canaux de Briare, du Loing et d'Orléans. Le patrimoine bâti qui se rattache à ces canaux inclut entre autres les bains romains de Montbouy rattachés à un complexe sanctuaire-théâtre-thermes, les quatre écluses en échelle de Dammarie-sur-Loing.
Environnement Flore
Les forêts domaniales de Montargis et d'Orléans se situent sur le territoire du Gâtinais, ainsi que de nombreux bois, vergers principalement de pommiers, haies du paysage bocager au nord-est, arbres le long des cours d'eau, et quelques « arbres remarquables » tel celui du Gros chêne au Pilon à Louzouer. Malgré son manque de ressources du terroir, la forêt de Fontainebleau fait partie du Gâtinais et se compose essentiellement de chênes et de pins.
On y trouve aussi l'arboretum national des Barres, labellisé « jardin remarquable » et comptant près de dont 35 de collections rassemblant environ d’arbres.
Faune Le massif de Lorris abrite notamment le balbuzard pêcheur et l'aigle botté.
Classement
Le Gâtinais montargois comprend les zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) des vallées du Loing entre Dordives et la Cléry, du Loing de Conflans-sur-Loing à Montbouy, de la Cléry, du BetzFiche ZNIEFF du coteau du Betz au bois de Verdeau., de l'Ouanne, et de la végétation immergée et bois rivulaires de MontbouyFiche ZNIEFF de la chênaie-charmaie des Pertuiseaux.. On compte aussi de nombreuses zones plus petites : prairie tourbeuse de la Fontaine de Saint-Liphard à Mormant-sur-Vernisson, etcCartes interactive des zones protégées..
Certains plans d'eau sont aussi rattachés à des ZNIEFF : étang de CourcambonCarte de l'étang de Courcambon. (Montereau), marais de BeaudeninFiche ZNIEFF du marais de Beaudenin. (Nogent-sur-Vernisson), étang de Parc ThierryFiche ZNIEFF de l'étang de Parc Thierry. (Foucherolles), marais de Cercanceaux et marais du Château de MezFiche ZNIEFF des marais du château de Mez. (Dordives), étang de MarsinFiche ZNIEFF de l'étang de Marsin. (Montcresson), marais de MigneretteFiche ZNIEFF du marais de Mignerette et mare de Jariaux., étang de la Boine, du Piquereau du May et étang NeufFiche ZNIEFF de la chaîne des étangs du May et de Piquereau. (série d'étangs principalement sur la commune de Chailly-en-Gâtinais mais touchant aussi les communes de Coudroy, Beauchamps-sur-Huillard et Noyers).
De plus, on trouve trois zones du réseau Natura 2000 : le massif de Lorris en forêt d'Orléans, les pelouses calcaires du domaine des BarresFiche ZNIEFF des pelouses et ancien marais du domaine des Barres., les marais de Sceaux et de Mignerette.
Au-delà des limites du Gâtinais montargois, le parc naturel régional du Gâtinais français est un site important lié à la protection de l'environnement de la région.
Par ailleurs de la forêt d'Orléans au nord de la Loire sont classés en zone de protection spéciale Natura 2000Fiche Natura 2000 de la forêt d'Orléans, avec lien vers carte . et en ZNIEFF, avec 37 communes concernées et incluant l'étang de Courcambon, l'étang de Molandon (Dampierre-en-Burly) et l'étang et vallon de RavoirFiche ZNIEFF du massif forestier d'Orléans..