John Gilbert « Jack » Layton, né le à Montréal (Québec) et mort le à Toronto (Ontario), est un homme politique canadien. Il dirige le Nouveau Parti démocratique du Canada (NPD) de 2003 à sa mort et il est chef de l'opposition officielle à la Chambre des communes du Canada du à sa mort.

Fils de Robert Layton, et de Doris Steeves, une femme réservée descendante d'un père de la Confédération., Jack grandit à Hudson (Québec) et termine ses études à Toronto (Ontario), où il s'installe. Quand il arrive sur la scène publique municipale de Toronto comme échevin et conseiller municipal, pendant les années 1980 et 1990, il est une des voix de gauche les plus fortes, aux conseils municipal et métropolitain de la ville. En 1991, il se présente sans succès à la mairie de Toronto, mais devient par la suite le chef de la Fédération canadienne des municipalités.

En 2003, c'est dès le premier tour de scrutin qu'il est élu chef du Nouveau Parti démocratique du Canada (NPD), un parti politique considéré « de gauche » au Canada, le parti auquel il adhère depuis alors trente-deux ans. Sous sa direction, le parti agrandit son soutien électoral de façon considérable : ses appuis doublent lors de l'élection de 2004, lui donnant ainsi la balance du pouvoir. Layton, alors nouveau député fédéral, représente la circonscription de Toronto-Danforth et obtient pour le NPD des amendements majeurs, de teneur socio-démocrate, au budget de 2005, qui sera surnommé « le premier budget néo-démocrate », mais fait chuter le gouvernement libéral de Paul Martin, sur un vote de non-confiance, à la suite du scandale des commandites. Le NPD acquiert encore plus de votes en 2006 et en 2008, frôlant ses sommets historiques atteints sous le chef Ed Broadbent durant les années 1980. Mais, en 2011, le parti surpasse de loin cette réussite, mettant fin de façon spectaculaire à sa faiblesse historique au Québec et, avec un total de 103 sièges au Canada, devient l'opposition officielle. Ce succès fait de Jack Layton le chef qui a le mieux réussi en fait d'appui électoral de toute l'histoire du NPD au fédéral.

Cependant, moins de quatre mois après cette victoire, après le congrès du NPD célébrant le cinquantième anniversaire de sa fondation, il meurt des suites d'un cancer, à l'âge de 61 ans. Jack n'a siégé qu'un mois comme chef de l'opposition officielle lors du début de la nouvelle session parlementaire en .

Il a été élu personnalité de l'année 2011 au Canada. Son successeur à la tête du NPD et de l'opposition officielle est Thomas Mulcair élu en au congrès du leadership néo-démocrate. Nycole Turmel a assuré l'intérim.

Enfance et famille Layton est né à Montréal en 1950, et il a grandi dans la ville d'Hudson, au Québec. Sa famille était très active sur la scène publique.

Son arrière-grand-père était aveugle et militant : accompagné de sa femme, il a mené la campagne sur les pensions d'invalidité à l'intention des aveugles, dans les années 1930.

Son grand-père paternel, Gilbert Layton, a été élu député en 1936 dans la circonscription provinciale de Montréal–Saint-Georges. Il fut ministre dans le gouvernement québécois, du parti de l'Union nationale, de Maurice Duplessis, mais a démissionné de son poste ministériel provincial sur un point de principe.

Son père, Robert Layton, était député conservateur du gouvernement de Brian Mulroney dans la circonscription de Lachine et Lachine—Lac-Saint-Louis. Ses parents ont consacré d'innombrables heures au bénévolat.

Il a eu deux enfants, Michael, conseiller municipal à Toronto, et Sarah, issus de sa première femme, Sally Halford, et une petite-fille de deux ans, Béatrice, fille de Sarah, qui est enceinte de son deuxième enfant.

Sa dernière femme, épousée en 1988, est Olivia Chow, ex-conseillère municipale de Toronto et députée fédérale néo-démocrate de la circonscription de Trinity-Spadina.

Layton était membre de l'Église unie du Canada.

Études et débuts en politique Alors qu'il était étudiant à l'Université McGill, de Montréal, Jack Layton milite pour la construction de coopératives de logements pour étudiants. Il poursuit toute sa vie cette lutte pour le logement abordable pour tous. Inspiré par la position de Tommy Douglas à l'égard des droits de la personne pendant la Crise d'Octobre, Jack adhère au NPD en 1970. Il poursuit ses études en investissement étranger et en politique publique à l'Université York, de Toronto, y obtenant un doctorat en 1984, pour ensuite enseigner dans trois universités. Plus récemment, il a enseigné comme professeur adjoint au département de géographie de l'Université de Toronto.

Politique municipale Jack Layton est élu six fois au Conseil municipal de Toronto, la première fois en 1982 : il compte donc plus de vingt ans d'expérience au sein de l'administration d'une métropole. Il devient vite connu comme l'une des étoiles montantes de l'aile gauche du conseil David R. Hayes, « A new star rising over left field », The Globe and Mail, 8 janvier 1983, p. F3.. Il s'oppose au projet du SkyDome Robert MacLeod, « Layton urges SkyDome inquiry », The Globe and Mail, 12 septembre 1991, p. A11., et promeut les droits de la communauté gaie et des sidéens Laurie Monsebraaten, « Alderman proposes $2.1 million AIDS team », Toronto Star, 6 mai 1987, p. A6.. En 1984, accusé d'intrusion par Eaton durant une grève, il est blanchi pour des motifs de liberté d'expression Tom Spears, « Alderman wins appeal for handing out leaflets at Eaton's during strike », Toronto Star, 27 mai 1986, p. A18..

Le , il épouse Olivia Chow, alors commissaire scolaire Tom Spears, « Busy trustee keeps to a hectic schedule », Toronto Star, 10 juillet 1988, p. A10., qui le suit en se faisant élire au conseil municipal de Toronto puis au Parlement fédéral canadien.

Layton améliore l'image qu'il projette (portant désormais veston, cravate, cheveux courts, verres de contact), à l'occasion d'une élection à la mairie de Toronto en 1991, mais perd aux mains de Jim Byers, « Jack Layton's trim new look triggers rumor mill at city hall », Toronto Star, 5 février 1987, p. A6.. Il retourne alors à l'académie et fonde le Green Catalyst Group Inc., une firme d'experts-conseils en commerce écologique Jack Lakey, « The mellowing of Jack Layton », Toronto Star, 4 janvier 1999, ..

En 1993, il se présente pour la première fois à la Chambre des communes dans le comté de Rosedale sous la bannière du NPD, mais finit quatrième. En 1994 il réassume son rôle proéminent dans la vie municipale, devenant conseiller au Conseil métropolitain de Toronto et chef de la Fédération des municipalités canadiennes « Layton launches bid to lead NDP: Outspoken T.O. city councillor », The Province, 23 juillet 2002, p. A22..

Politique fédérale

Layton brigue la direction du NPD en 2002-2003. Il est considéré comme un candidat de gauche, donnant suite aux revendications de la New Politics Initiative, et est appuyé notamment par Svend Robinson, l'un des leaders de cette initiative. Lors du congrès à la direction, le , qui marque la première course au leadership soumise au suffrage universel de tous les membres du NPD, il l'emporte dès le premier tour, avec 53,5 % des voix, sur Bill Blaikie, , Joe Comartin, Pierre Ducasse et Lana Haight, « Layton surprises locals: Supporters 'blown away' by win over Blaikie, Nystrom », Star - Phoenix, 27 janvier 2003, p. A1..

Layton attend les élections fédérales de 2004 pour se présenter au Parlement. Entretemps, il désigne un ancien opposant à la direction, Bill Blaikie, pour le représenter comme chef parlementaire. Lors de ces élections, il s'attire une attention considérable des médias Carol Goar, « He makes it look too effortless », Toronto Star, 5 novembre 2003, p. A26. Bill Curry, « NDP's Layton accused of hogging the microphones », National Post, 25 février 2003, p. A11. par sa dénonciation des politiques du premier ministre libéral Paul Martin, comme étant trop conservatrices. Il déploie également des efforts pour redresser la faiblesse historique du parti au Québec, sa province natale, où le parti n'a jusqu'alors jamais gagné de siège lors d'une élection générale fédérale Andrew Chung, « », Toronto Star, 26 avril 2003, p. E02.. Il nomme un autre de ses ex-opposants, Pierre Ducasse, comme lieutenant et porte-parole québécois Bill Curry, « NDP counting on Ducasse: Popular Quebecer to run in Manicouagan », The Gazette, 5 janvier 2004, p. A10..

Élections de 2004 Sous Layton, le NPD commence la campagne en obtenant de très fortes intentions de vote dans les sondages Kim Lunman, « NDP inching past conservatives, poll indicates », The Globe and Mail, 5 décembre 2003, p. A4.. Au début de la campagne, Layton sème la controverse en rejetant sur le premier ministre Martin la culpabilité pour le décès de plusieurs personnes sans-abris, à cause du manque de financement pour le logement social Jack Aubry, « Layton's line starts a storm », Times - Colonist, 28 mai 2004, p. A4. et en considérant ouvertement la possibilité d'abroger la Loi sur la clarté référendaire, concernant un éventuel référendum sur la souveraineté du Québec Steven Chase, « Layton would axe Clarity Act », The Globe and Mail, 29 mai 2004, p. A1.. D'autres candidats, tels l'ex-chef Alexa McDonough et le chef parlementaire Bill Blaikie, désavouent cette position de leur chef de parti.

Pour une première fois au cours des années récentes, le NPD fait des efforts importants au Québec. Toutefois, les appuis sont clairsemés dans cette province : le parti n'y gagne aucun siège. Le jour du scrutin, le NPD obtient son vote populaire le plus élevé des dernières 16 années, 15 %, mais ne gagne que 19 sièges, bien en deçà de la quarantaine que Layton prédit à la veille du vote. — On y attribue une fuite d'électeurs progressistes vers le Parti libéral dans le but d'éviter une victoire conservatrice. Layton remporte de justesse son siège de Toronto-Danforth, contre le libéral , mais son épouse, Olivia Chow, perd sa course dans Trinity-Spadina.

Gouvernement minoritaire libéral Le Parti libéral arrive premier mais minoritaire, lors de cette élection. À la suite des révélations du scandale des commandites, le Parti conservateur et le Bloc québécois visent à défaire le gouvernement sur un vote budgétaire et profiter de leur avantage en déclenchant une élection-surprise. Le NPD détient alors la balance du pouvoir, et exige l'annulation de baisses d'impôt aux sociétés, et la hausse des investissements en logements abordables, transports en commun et enseignement post-secondaire. Le gouvernement se plie à ces revendications et le NPD appuie le gouvernement lors d'une série de votes dramatiques en . Ce tour de force politique au cours de cette législature houleuse est remarqué.

Aussi en 2005, Layton se démarque lors du débat sur le mariage entre conjoints de même sexe au Canada. À différence des chefs des trois autres partis, il impose à ses députés de tous voter en faveur du projet de loi, le considérant un enjeu des droits humains fondamentaux.

En mi-, les libéraux étant toujours en baisse dans les intentions de vote, conséquence du rapport de la Commission Gomery, Layton leur propose de nouvelles conditions, entre autres l'interdiction de soins de santé « privés », au Canada. Les libéraux refusent et le NPD se range avec les autres partis d'opposition lors d'une motion de non-confiance, ce qui déclenche les élections de 2006.

Campagne de 2006 thumb|Point de presse durant la campagne de 2006.