vignette|Récupérateur Can(n)ette sur le parking de la Baie-d'Authie à Fort-Mahon-plage Un déchet est un objet en fin de vie ou une substance ayant subi une altération physique ou chimique, qui ne présente alors plus d'utilité ou est destiné à l'élimination. Le mot vient de l'ancien français déchiet ou déchié, soit « la quantité perdue dans l'usage d'un produit », ce qui en reste après son utilisation..

Le déchet est de plus en plus considéré, au début du , comme un héritage problématique de la révolution industrielle et de l'urbanisation.. Les possibilités d'élimination montrent leurs limites et l'accent est davantage mis sur la réutilisation et le recyclage. On parle parfois de « recyclat » quand il y a réutilisation de ces « matières premières secondaires ».

Dans le monde, en 2015, sept à dix milliards de tonnes de déchets urbains ont été produites.. Selon le PNUE, en Asie-Pacifique, 90 % des déchets solides urbains finissent en décharge sauvage et ils sont une des premières sources de maladies. À Bombay, plus de 12 % des déchets solides urbains sont brûlés en pleine ville ou en dépotoirs, polluant gravement l'air et le sol. Dans le monde, de personnes subissent la pollution de cinquante des plus grandes décharges ; en Europe, la quantité de déchets continue à croître et les experts estiment que le volume de déchets urbains pourrait encore doubler en Asie et Afrique en . 99 % des ressources prélevées dans la nature sont reléguées au rang de déchet en moins de . D'autres déchets sont abandonnés dans la rue ou dans la nature.

vignette|Déchets dans un sac poubelle. Pour faciliter leur recyclage, la bouteille en plastique en PET et la canette en aluminium auraient pu être jetées dans deux bacs spécifiques. vignette|Certains déchets comme le polystyrène expansé, souvent souillés, ne sont en pratique pas recyclés. Ils prennent beaucoup de place pour un faible poids et leur brûlage sauvage est très polluant. thumb|Les huiles-moteur, très polluantes, sont jetées, recyclées ou incinérées, souvent dans de mauvaises conditions (ici un centre de tri, en Thaïlande). vignette|Les cyclones tropicaux, tsunamis ou autres catastrophes naturelles génèrent des afflux brutaux de déchets qui déstabilisent parfois les filières. vignette|La gestion des déchets ménagers est de plus en plus centralisée, avec des approches variées privilégiant le tri sélectif ou l'incinération ou la mise en décharge, selon les régions. La part du recyclage ne cesse de croître. vignette|La plupart des anciennes décharges devraient être suivies, car la méthanisation et le risque éventuel de pollution perdureront. vignette|Le transport des déchets génère de plus en plus de dioxyde de carbone. C'est aussi un des enjeux du développement durable. Le transport fluvial, très économique, est une alternative qui se développe localement. vignette|Transport quotidien de déchets en containers superposés sur deux niveaux (ici la Deûle canalisée à Lille, dans le nord de la France). vignette|Amoncellement en bordure de rue à Bamako (Mali). vignette|Déchets transportés par une charrette à Ouagadougou (Burkina Faso).

Histoire

« Dechoit » ou, suivant la prononciation normande, « dechet », ancien participe du verbe déchoir : « ce qui est tombé, perdu » (Littré, 1873), le mot déchet (« empiranc« » est un synonyme) décrit anciennement la diminution d'une chose Le Dictionnaire de l'Académie française, 1694.. Thresor de la langue francoyse tant ancienne que moderne, 1606.. « Déchets » se dit de ce qui tombe d'une matière qu'on travailleLe Dictionnaire de l'Académie française, 1932.. L'étymologie de « », mot en anglais pour « déchet », est la même que pour « gâter » (gast), qui signifie « endommager, mettre en mauvais état, détériorer, donner une mauvaise forme ». « Déchet » ne prend son sens actuel, par exemple de partie d'une matière, ., qu'à la révolution l'industrielle..

Les hommes préhistoriques dispersaient leurs déchets dans la nature. Produits en petites quantités, essentiellement composés des restes de nourriture, ceux-ci se décomposaient selon le cycle naturel.

Les déchets sont devenus un problème avec le développement des villes, où les ordures s'entassent sur la voie publique (on parle alors plutôt de boue) et quand ils sont devenus toxiques et/ou moins dégradables.

Classification générale On distingue principalement deux types de déchets : les déchets dangereux et les déchets non dangereux. Il est également possible selon l'Ademe en France, de classer les déchets selon leur origine (ménages, services publics…).

Parmi les déchets non dangereux, on trouve généralement : les déchets biodégradables ou compostables (résidus verts, boues d'épuration des eaux, restes alimentaires…), parfois dits biodéchets, qui s'assimilent en première approche à une partie de la biomasse. Ces déchets peuvent être dégradés par les bactéries, champignons et autres micro-organismes et/ou par des réactions chimiques (oxydation, minéralisation). S'ils n'étaient pas contaminés (par des métaux et métalloïdes ou radionucléides par exemple), ils laissent des produits de dégradation identiques ou proches de ceux qu'on peut trouver dans la nature. Selon leur origine, le produit de dégradation peut cependant être contaminés par des résidus de pesticides, de métaux, dioxines, médicaments, perturbateurs endocriniens Ils peuvent être valorisés énergétiquement (bioénergie, biocarburants) ou revalorisés par le Compostage à fin d'amendements/engrais…) ; déchets pouvant être réutilisés : (matériaux de construction, métaux, matières plastiques) : ces matériaux peuvent être réutilisés tels quels (via des recycleries ou ressourceries) dans d'autres domaines ou recyclés : par exemple, les métaux sont refondus et réintégrés dans de nouvelles pièces, les plastiques sont hachés et servent de rembourrage ou de combustible…

Les déchets dangereux (parfois détruits, parfois enfouis ou recyclés) comprennent : les déchets ultimes qui « ne sont plus susceptibles d'être traités dans les conditions techniques et économiques du moment. » Eux seuls devraient encore pouvoir être mis en décharge (depuis le en France), après inertage le cas échéant, pour les plus dangereux ; Les déchets spéciaux et déchets industriels dangereux (DID) anciennement appelés déchets industriels spéciaux (DIS), à la différence du déchet banal peuvent entrer dans la catégorie des déchets dangereux, dont font partie les déchets toxiques et les déchets radioactifs qui doivent faire l'objet d'un traitement tout à fait particulier en raison de leur nocivité particulière liée à la radioactivité. Parmi les déchets nucléaires, on distingue les déchets radioactifs ultimes qui « ne sont plus susceptibles d'être traités dans les conditions techniques et économiques du moment ». On les classe aussi selon leur durée de d'activité radioactive..

Cas particuliers Ils nécessitent un traitement particulier. Ce sont par exemple les : déchets hospitaliers et déchets vétérinaires (déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés DASRIA) ; déchets agricoles ; déchets militaires ; déchets électroniques, informatiques électriques et de bureaux piles et batteries, toners, dont déchets électroniques (DEEE) faisant l'objet d'une filière particulière en Europe ; déchets VHU (véhicules hors d'usage), dont les batteries.

Les déchets du bâtiment et de la construction (avec ceux d'une démolition préalable parfois) sont générés localement et durant un temps relativement court. Ils varient selon les matériaux employés. Depuis le , leur quantité augmente, et ils sont pour partie non biodégradable ou toxiques pour l'environnement. Leur tonnage peut être fortement réduits par la préfabrication. En France en 2015 ce sont .. La construction compte pour 6 % du total, ce sont la démolition et la rénovation qui produisent 94 % de ces déchets, qui selon Recylum le projet Démoclès (2014-2015) a montré qu'ils pourraient être mieux valorisés (jusqu'à 80 % d'entre eux, sans surcoût). 2 % de ces déchets sont classés dangereux. En 2015, c'est la région Île-de-France qui en produisait le plus (, soit 24 % du total pour la France).

La part des polymères a beaucoup augmenté depuis l'après-Guerre ; Selon la européenneÉtude commandée par PlasticsEurope (Association européenne des producteurs de matières plastiques rassemblant plus de 90 % des producteurs de tous les polymères de l'UE27, selon son site internet en 2012) sur la valorisation des déchets plastiques du bâtiment (en UE + Norvège et Suisse) ; résumé en anglais. a porté en 2012 sur le cas des déchets plastiques du bâtiment, en 2010, sur de tonnes de plastiques utilisés dans le secteur de la construction, 20 % auraient été recyclés parmi 56,2 % dits « valorisés » (incinération avec récupération d'énergie ou recyclage…), c'est 4 % de plus qu'en 2009, mais toujours avec de grandes différences selon les pays (96 % en Allemagne, alors qu'en Italie et Espagne, environ 80 % de ces déchets finissent en décharge). L'industrie française du bâtiment recycle 16,1 % de ses déchets plastiques et en incinère 43,2 %, le reste partant en décharge. En 2010, la France aurait produit de déchets plastiques (contre en Allemagne). Selon l'industrie, ont été recyclées, incinérées et enfouies. Parmi les plastiques, seuls les emballages dotés de la mention PETE ou HDPE sont recyclables, en l'état actuel de la technique. L'industrie se plaît à répéter qu'ils peuvent servir à fabriquer des vestes polaires, par exemple. Mais il faut bien savoir que ces dernières ne sauraient être recyclées, car le plastique ne se recycle qu'une seule foisJérémie Pichon, Nicolas Hulot (préf.), Bénédicte More (ill.), Famille presque zéro déchet, Thierry Souccar Éditions, Vergèze , et 80..

Il existe aussi une catégorie de déchets particulièrement difficiles à gérer et à suivre, souvent sans responsable identifié, dits déchets toxiques en quantités dispersées (DTQD).

Les déchets du passé plus ou moins lointain, sans responsables aux yeux de la loi, sont mal pris en compte.

C'est le cas des munitions immergées, des munitions non-explosées, ou encore des gaz à effet de serre émis par les avions, non pris en compte par le protocole de Kyoto.

Classification en France Dans le traitement de déchets solides, il y a des caractéristiques très spécifiques aux déchets qui sont déterminantes pour ce traitement : composition (type et nombre de fractions différentes) ; granulométrie ; humidité ; présence de particules fines ; conditionnement.

Économie

La gestion des déchets est devenu un enjeu de société fort, au coeur de la transition écologique et énergétique. Alors que ce sujet était, il y a quelques décennies encore, envisagé en termes de stockage et d'élimination, il intègre aujourd'hui une économie plus circulaire, qui pose des questions nouvelles en termes de valorisation, de réemploi et de recyclage.

En 2012., le volume total de déchets produits par l'ensemble des activités économiques et les ménages dans l'Union européenne des 28 s'est élevé à de tonnes, soit légèrement plus qu'en 2010 et 2008 ( de tonnes et de tonnes), mais moins qu'en 2004. Les chiffres variaient considérablement selon les États membres en ce qui concerne aussi bien le volume de déchets produits que les activités qui ont le plus contribué à leur production.

Dans les États membres de l'UE, la production de déchets, excluant les principaux déchets minéraux, variait, en 2012, d'une moyenne de par habitant en Croatie à par habitant en Estonie, où les déchets produits étaient constitués en majorité de déchets de combustion dangereux et de dépôts et résidus chimiques dangereux provenant du raffinage et de l'incinération de schistes bitumeux.

Les déchets dangereux : sur l'ensemble des déchets produits dans l'UE-28 en 2012, de tonnes (4,0 % de la production totale) étaient classées comme déchets dangereux, soit une moyenne de de déchets dangereux par habitant.