Un châtiment corporel est une forme de punition dont l'objectif est d'infliger une douleur physique, afin d'amener une personne reconnue coupable d'une faute ou d'un délit à un repentir, et à éviter la récidive.

Le châtiment corporel a été (et est encore) très largement répandu à travers le monde en tant que pratique dite éducative envers les enfants et les adolescents, dans le cadre familial et dans le cadre scolaire. Dans ces contextes, le châtiment corporel est généralement défini de façon plus précise : définition de Murray A. Straus, régulièrement utilisée telle quelle ou à peu près dans le champ de la recherche académique sur les châtiments corporels... : un châtiment corporel est constitué par , le critère d'absence de blessure aidant à distinguer le châtiment corporel de la .. définition du Comité des droits de l'enfant de l'ONU : .

vignette|280x280px|Une mère donne une gifle à sa fille, Les Petites filles modèles, Bertall, s.

Le châtiment corporel demeure dans plusieurs dizaines de pays une forme légale de condamnation judiciaire et/ou de mesure disciplinaire dans les lieux de privation de liberté, envers les personnes mineures et/ou majeures. Fin 2016., les châtiments corporels sont totalement interdits en droit : dans en tant que condamnation pénale ; dans en tant que mesure disciplinaire au sein des institutions pénales ; dans dans les institutions scolaires ; dans en tous lieux y compris dans le cadre familial.

Les châtiments corporels vont de formes généralement considérées comme légères (fessée donnée à main nue, gifle) jusqu'à des formes de torture, y compris des mutilations. La peine de mort n'est habituellement pas incluse parmi les châtiments corporels, bien que ..

Châtiment corporel : discipline ou torture ? Rapports et distinctions entre châtiment corporel et discipline vignette|Martinet à lanières de cuir vendu chez tous les marchands de couleur en France jusqu'au milieu du et servant à fouetter les enfants. Le Comité des droits de l'enfant de l'ONU distingue la discipline d'une part, les châtiments corporels (ou autres formes de châtiments cruels ou dégradants) d'autre part : .

Pour la Société canadienne de pédiatrie, . Cette position a été reconduite par la Société canadienne de pédiatrie le ..

vignette|Sinterklaas (Santa Klaus, futur père Noël ou père Fouettard) fouette un enfant pas sage, Contes de Saint-Nicolas pour la jeunesse, Pays-Bas, 1849

Rapports et distinctions entre châtiment corporel et torture Dans un rapport consacré au sort des enfants privés de liberté, le Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, affirme que

Pour la Cour Inter-américaine des Droits de l'Homme, .

Pour la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples, .

Châtiment corporel judiciaire

thumb|282 px|Châtiment falak fouettage public de la voûte plantaire d'un criminel. Photo d'Antoin Sevruguin.

Le châtiment corporel judiciaire désigne l'infliction d'un châtiment corporel en vertu d'une condamnation prononcée par un tribunal. Les formes de châtiments corporels judiciaires utilisées varient selon les époques et les sociétés considérées.vignette|Bastonnade en Chine, punition alors très courante, v. 1900 vignette|Délinquant subissant la bastonnade, Chine, 1801Les formes de châtiment socialement perçues comme corporelles ou non varient elles-mêmes en fonction des contextes culturels : dans son ouvrage consacré à l'histoire des châtiments corporels, l'historien Guy Geltner écrit ainsi que . Geltner ajoute que ..

Châtiment corporel judiciaire envers les personnes majeures Listes des États où le châtiment corporel est légal comme condamnation pénale des majeurs Cette liste, fournie par la Global Initiative to End All Corporal Punishment of Children, est basée sur des données de l'été 2014.. vignette|Rapport disciplinaire sur les châtiments corporels par flagellation, approuvés par le capitaine William J. McCluney, à bord de l'USS John Adams du 1er avril au 30 juin 1847. État châtiment corporelCatégories génériques. Le mot "flagellation" est ici utilisé dans un sens générique qui peut recouvrir l'emploi de toute une série d'instruments, tels que le fouet, la canne, le bâton, le martinet, etc. en public / en privé Afghanistan flagellation / amputation en public / en privé Antigua-et-Barbuda flagellation n/a Arabie saoudite flagellation / amputation en public / en privé Barbade flagellation en privé Botswana flagellation en privé Brunei flagellation n/a Birmanie flagellation n/a Dominique flagellation en privé Émirats arabes unis flagellation en public / en privé Érythrée flagellation n/a Grenade flagellation n/a Guyana flagellation en privé Iran flagellation / amputation en public / en privé Libye flagellation / amputation n/a Malaisie flagellation en privé Maldives flagellation n/a Mauritanie flagellation / amputation n/a Nigeria flagellation en privé Pakistan flagellation n/a Qatar flagellation / amputation n/a Saint-Christophe-et-Niévès flagellation en privé Saint-Vincent-et-les-Grenadines flagellation en privé Singapour flagellation en privé Somalie flagellation / amputation en public / en privé Soudan amputation / blessure n/a Tanzanie flagellation en privé Tonga flagellation n/a Trinité-et-Tobago flagellation en privé Tuvalu flagellation n/a Yemen flagellation / amputation n/a Zimbabwe flagellation en privé

Selon Druzin, l'application effective de châtiments corporels varie . Druzin indique que empêche d'être plus précis. Il estime qu'il y a .

Châtiment corporel judiciaire envers les personnes mineures vignette|Coups de canne sur les doigts des élèves. Légende : « Une stricte discipline doit être exigée, même si elle va jusqu'aux châtiments corporels. Aucune autre punition que la canne n'est plus économe en temps, ni autant stimulante », Queensland figaro, Australie, 1888En ,

. Au total, ce sont 78 États dans lesquels .

Liste des États où le châtiment corporel est légal comme condamnation pénale des mineurs Afghanistan, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Bahamas, Bangladesh, Barbade, Botswana, Brunei, Colombie, Dominique, Émirats arabes unis, Équateur, Érythrée, Grenade, Guyana, Inde, Indonésie, Iran, Kiribati, Libye, Malaisie, Maldives, Mauritanie, Nigeria, Pakistan, Palestine, Qatar, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Singapour, Somalie, Tanzanie, Tonga, Trinité-et-Tobago, Tuvalu, Vanuatu, Yémen, Zimbabwe.

Liste des États où le châtiment corporel est légal comme mesure disciplinaire envers des mineurs en détention Afghanistan, Algérie, Angola, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Australie, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Bélize, Bénin, Botswana, Brunei, Burundi, Comores, Djibouti, Dominique, Érythrée, États-Unis, Gambie, Ghana, Grenade, Guinée, Guinée équatoriale, Guyana, Îles Cook, Îles Marshall, Île Maurice, Irak, Japon, Kiribati, Libye, Madagascar, Malaisie, Maldives, Mauritanie, États fédérés de Micronésie, Mongolie, Myanmar, Nauru, Népal, Niger, Nigeria, Oman, Pakistan, Palestine, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Pérou, République centrafricaine, république démocratique du Congo, république des Palaos, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sao-Tomé-et-Principe, Seychelles, Singapour, Somalie, Soudan, Sri Lanka, Swaziland, Syrie, Tadjikistan, Tanzanie, Trinité-et-Tobago, Tuvalu, Zimbabwe.

Châtiment corporel sur enfants

Châtiments corporels à l'école Niveau mondial thumb|right|280px|« Méchants garnements » : Caricature allemande de 1849 montrant un maître d'école faisant subir à ses élèves diverses formes de châtiments corporels.vignette|Punition falaka à l'école de Bakou en Tatare, Azerbaïdjan, 1896|242x242pxLa prévalence effective des châtiments corporels à l'école à travers le monde est mal connue car peu étudiée. Deux chercheurs spécialistes des violences à l'école écrivaient en 2005 que La première étude quantitative à avoir collecté de telles données semble avoir été menée en 1985 en Norvège..

En , les châtiments corporels sont totalement interdits en droit dans les institutions scolaires dans 129 États.

Cependant, comme le notait en 2006 le sociologue Éric Debarbieux, spécialiste des violences à l'école, ., ainsi que l'exemple de Taïwan permet de le constater.

Taïwan Taïwan interdit depuis 2006 les châtiments corporels dans toutes les institutions scolaires. Si plusieurs recherches mettent en évidence, dès les années suivantes, une baisse notable de la prévalence des châtiments corporels, ainsi qu'un recours amoindri aux formes les plus brutales, toutes continuent de révéler une prévalence importante des châtiments corporels..

Selon une étude de 2016, 27,8 % des élèves d'école primaire et 35,4 % des élèves de collège ont subi des châtiments corporels, des résultats marquant une nette résurgence par rapport à l'étude précédente menée en 2012..

France vignette|La maîtresse d'école, J.-B. Le Prince, France, 1789 Avant la création de l'École publique en 1886, l'interdiction formelle des châtiments corporels à l'école apparaît pour la première fois dans le règlement pour la police interne des écoles primaires, adopté par le Comité d'instruction publique le 24 germinal an III (), dont l'article 5 indique que . Cette interdiction est reconduite dans le Statut sur les écoles primaires élémentaires communales du avec pour exception autorisée ..

Une circulaire de 1991 stipule que Concernant l'école maternelle, cette circulaire précise que ; concernant l'école élémentaire, elle précise que ..

Concernant les collèges et lycées, une circulaire de l'année 2000 stipule que ..

En 1987, dans une étude consacrée à la prévalence des punitions constatable en pratique dans le système scolaire primaire français, le sociologue Bernard Douet indiquait : Son étude mettait en évidence qu'à cette époque, 44,2 % des maîtres déclaraient avoir « vu à l'école » l'usage de la fessée (17,3 % reconnaissant la pratiquer eux-mêmes), et 14,7 % déclaraient avoir « vu » pratiquer la gifle. En CM2 (dont les résultats sont jugés ), 33,8 % des élèves avaient vu donner des gifles ou fessées et 52,5 % avaient vu tirer les cheveux ou les oreilles, un type de châtiment pourtant absent des descriptions des maîtres. Selon l'étude, , 95 % des élèves de CP avaient vu donner des gifles ou fessées, et 75 % tirer les cheveux ou les oreilles..

En 1992, Éric Debarbieux écrivait : ..

En 1998, un peu moins de 2 % des élèves de collèges déclaraient avoir fait l'objet de châtiments corporels..

En 2004, Nicole Baldet, inspectrice de l’académie de Paris, a publié un rapport, commandité par le ministère de l'Éducation nationale, consacré aux . Baldet notait que la Défenseure des droits des enfants signalait l'année précédente . Dans son rapport, Baldet a tenté d'établir un état des lieux à partir des réponses à un questionnaire diffusé dans toutes les académies. Du fait du très faible nombre de réponses concernant le second degré, celui-ci n'a pas été inclus dans l'analyse. Concernant le premier degré, Baldet constatait . Sur les 81 cas signalés dans 26 départements, Baldet a relevé 18 situations collectives et 29 situations individuelles impliquant des brutalités physiques, souvent assorties d'autres formes de punition ou de violence (violence verbale, harcèlement psychologique)..

Controverses sur l'usage du châtiment corporel vignette|Fessée aux verges, La Fessée, Daumier, France, 1839