vignette|L'herbier de posidonies, endémique de la mer Méditerranée, est son écosystème majeur cumulant les fonctions de zone d'alimentation, de zone de frai, d'habitat pour la faune, de producteur d'oxygène et d'élément de stabilisation des fonds marins tout en participant également aux luttes contre l'érosion côtière et la turbidité de l'eau. vignette|Le coralligène est le second écosystème majeur de Méditerranée. Prenant le relais de l'herbier de posidonies à plus grande profondeur, il est composé de vastes récifs bioconstruits. La mer Méditerranée est une mer intercontinentale presque entièrement fermée, bordée par les côtes d'Europe du Sud, d’Afrique du Nord et d’Asie de l'Ouest, depuis le détroit de Gibraltar à l'ouest, à l'entrée de la mer de Marmara (Dardanelles) à l'est et au canal de Suez au sud-est. Elle s’étend sur une longueur d'environ et sur une superficie d’environ de kilomètres carrés, ce qui en fait la plus vaste mer semi-fermée au monde. Son ouverture vers l’océan Atlantique par le détroit de Gibraltar n'est large que de en son point le plus étroit.
Cette situation confère à la Méditerranée un fort taux d'endémisme basé sur la présence de deux écosystèmes particuliers qui font d'elle un point chaud de biodiversité : les herbiers de posidonies (Posidonia oceanica, espèce endémique protégée par les conventions de Berne et de Barcelone), photosynthétiques présents à faible profondeur, et le coralligène situé à une profondeur plus importante. C'est principalement au sein du coralligène que se développe le corail rouge aussi appelé « or rouge de la Méditerranée ».
Elle doit son nom au latin Selon Isidore de Séville au ., qui désigne une « mer au milieu des terres ». Durant l’Antiquité, la Méditerranée était une importante voie de transports maritimes permettant l’échange commercial et culturel entre les peuples de la région . L’histoire de la Méditerranée est importante dans l’origine et le développement de la civilisation occidentale.
Alors que la Méditerranée est un poumon économique pour nombre de pays de la région« Méditerranée : le plastique au centre des attentions au congrès de la nature » par l'Agence France-Presse le . mais aussi une des mers les plus polluéesSelon Danielle Milon, vice-présidente du Parc national des Calanques, situé aux portes de la ville de Marseille, citée dans « Méditerranée : le plastique au centre des attentions au congrès de la nature » par l'Agence France-Presse le ., notamment par la pollution plastique, la nécessité de promouvoir un « tourisme durable » notamment dans les zones côtières est de plus en plus mise en avant par ses riverains.
Toponymie vignette|Le détroit de Gibraltar et la mer d'Alboran à l’extrême ouest de la Méditerranée vue depuis un satellite.
Le terme de Méditerranée (prononcé ) vient du latin qui veut dire « au milieu des terres », sous-entendu « du monde connu » ( pour milieu et pour terre).
La mer Méditerranée a été connue à travers l'Histoire sous de nombreux noms : chez les Égyptiens anciens, la « Grande Verte » (wȝḏ-wr), Wadj-wer (en hiéroglyphes : 𓇅𓅨𓈗), aurait pu désigner la Méditerranée ou plus probablement la mer Rouge ou les grands lacs du delta du Nil ; dans l’Ancien Testament, sur la côte ouest de la « Terre sainte », elle s’appelait la « mer de l’Ouest » (Dt. 11,24 ; 34,2 ; Joel, 2,20 ; Za 14,8), ou la « mer des Philistins » (Ex. 23,31), car ce peuple occupait une grande partie des côtes situées près d'Israël. Cependant, il s’agissait parfois de la « grande Mer » (Nb.34,6-7 ; Jos.1,4 ; 9,1 ; 15,47 ; Ez. 47,10..15..20), ou simplement « la Mer » (1 Rois 5,9 ; 1 Macc. 14,34 ; 15,11) ; on retrouve l'appellation de « grande Mer » chez les populations autochtones du Levant : en araméen Yammāʾ rabbā (ܝܡܐ ܪܒܐ), littéralement « grande Mer », en hébreu ancien Hayam hagadol (הַיָּם הַגָּדוֹל), et en phénicien Yamm rbm (𐤉𐤌 𐤓𐤁𐤌) ; certaines populations limitrophes reprennent, comme en latin, la notion de mer entre les terres ou de mer du milieu. Ainsi, en grec elle est appelée Mesogeios thalassa (Μεσόγειος Θάλασσα), soit la mer au Milieu des terres. En amazigh elle est appelée ilel Agrakal (ⵉⵍⴻⵍ ⴰⴳⵔⴰⴽⴰⵍ), (littéralement « mer d'entre terre »), ilel signifiant « mer » et agrakal provenant de (a)ger « entre » + akal « terre » ; une autre appellation, certes moins courante, est l'appellation de mer blanche : et en al-bahr al-Abyad al-muttawasit, « mer Blanche du milieu » ; enfin, on trouve quelques appellations plus rares et marginales comme Mer romaine () ; les Grecs, depuis le , la surnommaient « la mer située en deçà des Colonnes d'Hercule » ; chez les Romains, Jules César la nomme Mare nostrum (« notre mer ») et Pline l'Ancien (« mer intérieure ») ; au de notre ère, l'évêque Isidore de Séville emploie pour la première fois le terme latin de « mare Mediterraneum » ; le nom propre « Méditerranée » apparaît au Anne Ruel, L'invention de la Méditerranée, Vingtième Siècle, Revue d'histoire, , octobre-décembre 1991, .. Avec la découverte d'autres mers méditerranées, au sens géographique du terme, la mer Méditerranée désigne plus précisément la mer Méditerranée eurafricaine..
Histoire humaine
thumb|Carte de l'Empire romain en 118 après J.-C. Le bassin méditerranéen est riche d’une histoire complexe et ancienne. Elle est le berceau de l'agriculture, et de nombreuses civilisations, moyen-orientales mais aussi européennes, africaines et asiatiques. L’Antiquité connaît un foisonnement de civilisations diverses comme les Égyptiens, Mésopotamiens, Hébreux, Hittites, Grecs ou Phéniciens. Puis, de grands empires se constituent et luttent pour prendre le contrôle des côtes de la mer Méditerranée : la Grèce, Carthage et Rome sont bien connues pour la domination exercée par leurs vastes empires autour du bassin méditerranéen ; cependant l'Empire romain sera le premier (et le seul) à unifier l'intégralité du bassin méditerranéen dans une seule entité politique, lui faisant gagner une certaine homogénéité culturelle, scientifique et technique. Ces empires contribuèrent également, par la mise en communication des peuples des différentes rives du bassin, au développement du commerce maritime. Après la division de l'Empire romain vers 395, le bassin occidental entre rapidement en décadence et se retrouve divisé entre plusieurs tribus goths plus ou moins fédérées (notamment les vandales), tandis que le bassin oriental, soumis à l'Empire byzantin, subit la concurrence à partir du du califat arabo-musulman. Mais ce sont les croisades des Francs qui mettent fin à la prospérité de Byzance avec le en 1204 : l'empire ne s'en relèvera pas, et après avoir été encore plus affaibli par la concurrence des républiques maritimes de Venise et Gênes puis des épidémies de peste, Constantinople cède au siège des Turcs en 1453, et devient bientôt la capitale du nouvel empire ottoman.
thumb|La Méditerranée en 1375, représentée dans l'Atlas catalan. En Méditerranée occidentale et centrale, Venise reprend progressivement le flambeau maritime de l'Empire d'orient, puis monte en puissance au , lorsque la « Bourse du Rialto » facilite l'échange des parts de navires, le développement d'une flotte commerciale, et le quadruplement de la superficie de l'Arsenal de Venise, mené par les autorités de la ville. La rivalité avec Gênes, autre grande cité maritime, favorise aussi le commerce, avant que la découverte des Amériques puis la nouvelle Route des Indes (contournant l'Afrique) ne déplacent progressivement le centre de gravité commercial de l'Europe plus à l'Ouest, entraînant un déclin de l'importance géostratégique de la Méditerranée pendant plusieurs siècles.
Un événement redynamise cependant le commerce maritime en Méditerranée à partir de 1869 : le percement du canal de Suez, qui permet à la Méditerranée de reprendre l'ascendant sur le commerce entre Europe et Asie par rapport au fastidieux contournement de l'Afrique. Cependant, les navires de cette époque, beaucoup plus autonomes, ont besoin de moins d'escales, et contribuent nettement moins à la prospérité des cités portuaires méditerranéennes, même si l’Égypte, qui perçoit une taxe sur le canal, est la grande gagnante de cette innovation (d'où une longue guerre d'influence entre France et Angleterre sur ce pays, puis la nationalisation du canal par le président Gamal Abdel Nasser en 1956).
L'empire ottoman s'écroula au cours de la Première Guerre mondiale et ses possessions furent rapidement partagées entre la France et la Grande-Bretagne, ne laissant que la Turquie, sous la forme d'un nouvel État. C'est alors brièvement l'Angleterre qui est la première puissance méditerranéenne, rivale de la France, grâce à ses possessions au Moyen-Orient, à Gibraltar, ainsi qu'aux îles de Malte et Chypre. Ces empires coloniaux ont constitué les derniers exemples d’États transméditerranéens, faisant la gloire éphémère de cités comme Marseille, porte de l'Empire.
Mais avec la vague des décolonisations qui suit la Seconde Guerre mondiale, la Méditerranée redevient une mosaïque d’États-nations beaucoup plus repliés sur eux-mêmes (à l'exception de l'Union européenne, mais dont le centre de gravité est plutôt atlantique), et la mer se voit réduite à l'état de simple couloir de circulation, désormais l'une des principales voies de navigation commerciale de la planète, qui voit défiler un quart du trafic commercial et un tiers du trafic pétrolier mondiaux, cependant rarement destinés à ses propres ports.
Géologie vignette|upright=1.3|Relief de la mer Méditerranée. vignette|upright=1.3|Carte tectonique de la Méditerranée.
La mer Méditerranée se divise en deux bassins bien individualisés, séparés par des hauts fonds situés entre la Sicile et la Tunisie : le bassin occidental méditerranéenGéodynamique de la Méditerranée occidentale : une série de bassins d’arrière-arc dans un environnement montagneux, Géodynamique méditerranéenne (Dossier), Géochronique, , co-édition Société géologique de France, Bureau de Recherches Géologiques et Minières, mars 2019, . et le bassin oriental méditerranéenLa Méditerranée orientale : subduction égéenne et héritage téthysien, Géodynamique méditerranéenne (Dossier), Géochronique, , co-édition Société géologique de France, Bureau de Recherches Géologiques et Minières, mars 2019, ., eux-mêmes nettement compartimentés. Le premier recouvre une superficie d’environ de kilomètres carrés tandis que le second recouvre environ de kilomètres carrés.
La Méditerranée se trouve à la limite entre deux plaques : les plaques africaine et eurasienne. Ces deux plaques se rapprochent à cause de la subduction de la lithosphère océanique de la Téthys, ce qui est à l'origine de collisions continentales. Cela explique la forte activité sismique dans cette région et le volcanisme (Vésuve, Etna, Stromboli, Santorin…).
Le fond du bassin occidental est constitué d'une lithosphère océanique relativement récente, qui a commencé à se former au Miocène. Le bassin oriental méditerranéen est aussi constitué de lithosphère océanique mais d'âge plus ancien datant du Mésozoïque (de l'ère secondaire). C'est le vestige d'un ancien océan : la Téthys. Cette lithosphère océanique ancienne s'enfonce (subduction) sous l'Italie, la Sicile, la mer Égée, ce qui est à l'origine de la remontée du continent africain, mais aussi de l'étirement de la lithosphère dans la mer Égée et le bassin algéro-provençal et la mer Tyrrhénienne. Les séismes récents en Italie ont pour origine cet étirement de la croûte.
Histoire géologique