Charles-Victor Prévost d'Arlincourt, appelé Vicomte d'Arlincourt, né à Magny-les-Hameaux, au château de Mérantais, le La plupart des sources le font naître en 1789. L'acte de baptême, consultable en ligne sur le site des Archives départementales des Yvelines, est daté du 27 septembre 1788 et indique que la naissance a eu lieu la veille. . et mort à Paris le Paris, État civil reconstitué, vue 5/51., est un romancier, poète et auteur dramatique français. Chevalier de la légion d'honneur, Grand croix de François Victor de Naples et de Constantin de Parme, Commandeur de l'ordre de St Grégoire de Rome, Chevalier de St Louis, de Malte, de l'Étoile polaire etcArchives de la ville de Paris V2E / 9559 Acte de mariage.

La popularité de cet écrivain, surnommé « le Prince des romantiques » avant de tomber peu à peu dans l'oubli, rivalisa au début des années 1820 avec celle de Victor Hugo.

Famille Sa mère est Marie-Jeanne Gourgon de Precy (1749-1813). Son père, Louis-Adrien Prévost d'Arlincourt, né en 1744, est guillotiné le en même temps qu'Antoine Lavoisier et vingt-six autres fermiers généraux. Son grand-père Charles-Adrien Prévost d'Arlincourt, né en 1718, lui aussi ancien fermier général, est guillotiné le .

Il épouse en premières noces le , Marie Thérèse Joséphine Laure Cholet (1788-1847), fille du sénateur Impérial, le Comte François-Armand Cholet (1747-1826) et en secondes noces le , Albérie Elisabeth Contenot de Laneuville (1797-1864). Ils n'ont pas d'enfants.

Vie et œuvre Au commencement de l'Empire, sa mère plaide sa cause auprès de Napoléon, qui le nomme écuyer de Madame Mère. À l'âge de dix-neuf ans, il compose une tragédie, Charlemagne, qui est refusée par le Théâtre-Français. En 1811, Napoléon le nomme auditeur au Conseil d'État, puis intendant de l'armée d'Espagne. Il participe à la campagne espagnole et assiste à la prise de Tarragone.

Après la déchéance de l'empereur, il parvient à s'insinuer dans les bonnes grâces de Louis XVIII, qui le nomme maître des requêtes. Il s'achète alors un château et se proclame vicomte. En 1818, il orchestre à grand renfort de publicité la publication d'un poème épique, Charlemagne ou La Caroléide, et se présente à l'Académie française, où sa candidature n'obtient qu'une voix. Déçu, mais nullement découragé, il se met à rédiger un roman dont il espère qu'il fera de lui l'égal de Chateaubriand.

Succès Le Solitaire paraît en 1821 et connaît aussitôt « une vogue extraordinaire, colossaleAlfred Marquiset, op. cit., p. 87. ». En l'espace de quelques mois, le livre est réimprimé une douzaine de fois ; il est traduit en dix langues ; on en tire pas moins de sept opérasNotamment ceux de Victor Ducange, Eugène de Planard et Rodolphe Kreutzer. et le double de pièces dramatiques ; il fait l'objet d'innombrables chansons, parodies, peintures et lithographies.. Le succès des trois romans qui suivent, Le Renégat en 1822, Ipsiboé en 1823, L'Étrangère en 1825, est presque aussi grand.

Adulé en tout premier lieu par le public féminin, qui voit en lui « le nouvel OssianAlfred Marquiset, op. cit., p. 109. », il se fait harponner par la critique. Ses intrigues sont jugées invraisemblables, ses caractères faux, ses images grotesques. Son goût pour les inversions dont il émaille sa prose le fait surnommer « l'inversif vicomteIbid., p. 102. » et si Balzac fait de cette manie une parodie mémorable dans Illusions perduesPar exemple : « Le Solitaire en province, paraissant, les femmes étonne. » « Chez les sauvages, le Solitaire expliqué, le plus succès brillant obtient. » « Lu à l'envers, étonne le Solitaire les académiciens par des supérieures beautés. » Honoré de Balzac, Un grand homme de province à Paris, 1839., il a néanmoins été très influencé, à ses débuts, par le style gothique d'Arlincourt<ref>Notamment dans ses œuvres de jeunesse, telle L'Héritière de Birague, 1822. Pierre Barbéris, Le Monde de Balzac, Artaud, 1973, réédition Kimé, 1999, p. 257 </ref>. L'académicien Charles-Marie de Feletz écrit : « Le Solitaire a été traduit dans toutes les langues, excepté le françaisCité par Alfred Marquiset, op. cit.,, p. 107. ». Les jugements plus tardifs enfoncent le clou : « Le style n'appartient qu'à l'auteur ; jamais on n'avait écrit la langue française d'une manière aussi extraordinairePierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIX siècle, 1866-1877. ». Les romans du vicomte sont assimilés aux romans gothiques, que l'on appelle alors « frénétiques » : « Toujours une intrigue mystérieuse ayant pour centre quelque illustre et coupable infortuné qui se traîne à travers mille violentes péripéties vers une catastrophe sanglanteAlfred Marquiset, op. cit., p. 108. ».

Déclin Le vicomte, qui pose entre-temps pour Robert Lefèvre et Jean-Baptiste Isabey, se défend. Ce qui lui tient à cœur, écrit-il à propos du « roman-poème » qui succède à L'Étrangère, c'est de « spiritualiser toutes les impressions de l'existenceIsmalie, ou la Mort et l'amour, préface, 1828. ». Désireux de se renouveler, il fait représenter une œuvre de jeunesse, Le Siège de Paris, au Théâtre-Français en 1826, mais la pièce est promptement taillée en pièces par les critiques. Parfois injustement : les vers les plus ridicules que l'on reproduit dans toutes les anthologies ne sont en fait pas de luiPar exemple : « J'habite la montagne et j'aime à la vallée », « Sur le sein de l'épouse, j'écrase l'époux », « Seigneur le Roi s'avance avec vingt mille Francs »..

À l'époque des Trois Glorieuses, il se lance dans la rédaction de romans historiques, lesquels sont perçus comme des attaques plus ou moins déguisées contre le pouvoir. Lassé des critiques qui continuent à pleuvoir sur lui, il fait deux longs voyages à travers l'Europe, en 1841 et 1844, et se console chez les princes en exil. De retour en France, il fait jouer une nouvelle pièce, La Peste noire, accueillie tout aussi froidement que la première. En 1848, indigné par les journées de Juin, il publie Dieu le veut !, pamphlet qui lui vaut d'être poursuivi en cours d'assises en même temps qu'il lui donne un regain de popularité. En 1850, il rapporte d'un voyage en Italie un récit, L'Italie rouge, où il dépeint ce que sont pour lui les horreurs du Risorgimento. Pendant les dernières années de sa vie, toujours « insatiable de réclameHippolyte de Villemessant, Le Corsaire, 3 février 1852, cité par Alfred Marquiset, op. cit., p. 228. », il se fait l'ornement des salons.

Charles-Victor Prévost d'Arlincourt est inhumé dans le cimetière de Montmartre..

Ouvrages RomansUne Matinée de Charlemagne, fragmens tirés d'un poëme épique qui ne tardera point à paraître (1810)Charlemagne, ou La Caroléide, poème épique en vingt-quatre chants (1818). Texte en ligne 1 2Le Solitaire (2 volumes, 1821). Réédition : Slatkine, Genève, 1973. Texte en ligne 1 2Le Renégat (2 volumes, 1822). Texte en ligne 1 2Ipsiboé (2 volumes, 1823) t1 t2L'Étrangère (2 volumes, 1825) t1 t2Ismalie, ou la Mort et l'amour, roman-poëme (2 volumes, 1828)Le Chef des Penitens noirs, ou le Proscrit et l'Inquisition (5 volumes, 1828)Les Rebelles sous Charles V (3 volumes, 1832)Les Écorcheurs, ou l'Usurpation et la peste, fragmens historiques, 1418 (1833)Le Brasseur roi, chronique flamande du quatorzième siècle (2 volumes, 1834) t1 t2Double Règne, chronique du treizième siècle (2 volumes, 1835) t1 t2L'Herbagère (2 volumes, 1837)Les Trois Châteaux, histoire contemporaine (2 volumes, 1840)Ida et Nathalie (2 volumes, 1841) t1 t2Les Anneaux d'une chaîne (2 volumes, 1845)Les Fiancés de la mort, histoire contemporaine (1850) La Tache de sang (5 volumes, 1851)Le Château de Chaumont (1851) ThéâtreLe Siège de Paris, tragédie en 5 actes, Paris, Théâtre-Français, . La Peste noire, ou Paris en 1334, drame en 5 actes et 7 tableaux dont 1 prologue, Paris, Théâtre de l'Ambigu-Comique, . Récits Le Pèlerin. L'Étoile polaire (2 volumes, 1843) t1 t2Les Trois Royaumes (1844)L'Italie rouge, ou Histoire des révolutions de Rome, Naples, Palerme, Messine, Florence, Parme, Modène, Turin, Milan, Venise, depuis l'avènement du pape Pie IX, en , jusqu'à sa rentrée dans sa capitale, en (1850) PamphletsDieu le veut ! (1848) Suite à Dieu le veut, par le Vte d'Arlincourt. Place au droit. Première partie. La Révolution et l'Élysée. Seconde partie. La Royauté et Frohsdorf (1850)

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Études . . . .

Témoignages d'époque .

Liens externes

Roger Musnik, Le vicomte d'Arlincourt (1788-1856), sur Le Blog Gallica'',

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