Les Pistons de Détroit sont une franchise de basket-ball de la National Basketball Association (NBA) basée à Détroit dans le Michigan. Les Pistons participent à la NBA en tant que membre de la division Centrale de la conférence Est de la ligue, et joue ses matchs à domicile à la Little Caesars Arena, situé à Midtown.

L’équipe a été fondée à Fort Wayne, sous le nom de Pistons de Fort Wayne en 1941, en tant que membre de la National Basketball League (NBL) où la franchise a remporté deux titres NBL : en 1944 et 1945.

Les Pistons ont rejoint plus tard la Basketball Association of America (BAA) en 1948. La NBL et la BAA ont fusionné pour devenir la NBA en 1949. En 1957, la franchise a déménagé à Détroit. Les Pistons ont remporté trois titres NBA en 1989, 1990 et 2004.

Historique de la franchise

De Fort Wayne à Détroit (1937-1981) Les Zollner Pistons de Fort Wayne sont fondés en 1937 à Fort Wayne (Indiana), par Fred Zollner, propriétaire d'une entreprise qui fabrique des pièces pour la General Motors. L'équipe appartient alors à la National Basketball League. À son entrée dans la Basketball Association of America (BAA) en 1948, la franchise est renommée les Pistons de Fort Wayne. Dès la saison suivante, Zollner engage son équipe dans le championnat NBA. Menés par George Yardley et Larry Foust, les Pistons de Fort Wayne sont un club populaire qui font une double apparition aux finales NBA en 1955 et 1956, en perdant à chaque fois, respectivement face aux Nationals de Syracuse et aux Warriors de Philadelphie. En 1957, les Pistons déménagent vers Détroit, une ville dont la dimension est plus en accord avec les ambitions de la franchise et qui n’a plus d’équipe professionnelle depuis le départ des Gems vers Minneapolis en 1947. L'équipe est hébergée dans le Olympia Stadium, et malgré de nombreuses apparitions en séries éliminatoires, les résultats restent globalement décevants, tout comme l’affluence de la salle. Pour la saison 1957-1958, les Pistons engagent Dick McGuire, un meneur de jeu expérimenté de 32 ans qui vient de passer huit saisons aux Knicks de New York. Il reste trois saisons comme joueur, avant d'entraîner l'équipe au début des années 1960.

En 1974, Zollner se sépare de la franchise au profit de Bill Davidson qui est toujours actuellement propriétaire. Mécontent de l'emplacement de l'équipe dans le centre-ville de Détroit, Davidson la déplace dans la banlieue de Pontiac en 1978, pour jouer dans l'immense Pontiac Silverdome, stade initialement construit pour le football américain.

La construction d’une équipe qui gagne (1981-1990) La franchise décolle finalement en 1981, lorsque, profitant du de la draft, les Pistons sélectionnent le meneur Isiah Thomas issu de l’université d’Indiana. Début 1982, Détroit acquiert le pivot Bill Laimbeer en provenance de Cleveland et l'arrière Vinnie Johnson de Seattle. Ces trois joueurs épaulés par d’autres choix de draft judicieux, à l’image de Joe Dumars ( en 1985) et Dennis Rodman ( en 1986), et des joueurs de talents comme Rick Mahorn et Mark Aguirre, forment le noyau d'une équipe qui compte rapidement parmi les meilleures de la ligue.

De retour en play-offs en 1984 après sept années de disette, les Pistons sont éliminés dès le premier tour par les Knicks de New York malgré une farouche résistance. En 1985, Détroit rencontre les Celtics de Boston, champions en titre, au deuxième tour. Les Pistons sont battus 4 à 2. La saison 1985-1986 s’achève amèrement avec une élimination dès le premier tour des play-offs face aux Hawks d’Atlanta de Dominique Wilkins qui ont imposé un combat physique auquel les Pistons ont été incapables de répondre. Chuck Daly, alors entraîneur, et Isiah Thomas comprennent que le seul moyen d’arriver à leurs fins dans une Conférence Est relevée est d’adopter un style de jeu plus agressif basé sur une défense de fer. Dès 1987, les Pistons, surnommés les « Bad Boys » de la ligue, récoltent les fruits de ce changement. Ils atteignent en effet pour la première fois depuis l’arrivée à Détroit la finale de Conférence. Les Pistons tiennent les champions en titre Celtics en respect à 2 manches partout au moment de se déplacer au Boston Garden pour le match 5, tournant de la série. Menant au score à quelques secondes du terme de la partie, les Pistons pensent réaliser un gros coup en récupérant un ballon perdu par les Celtics. Voulant jouer rapidement la mise en jeu, Thomas ne voit pas Chuck Daly qui lui ordonne de demander un temps mort. Malheureusement pour les Pistons, la passe du meneur est interceptée par Larry Bird qui offre à Dennis Johnson le panier de la victoire. Détroit a laissé passer sa chance et s’incline 4 à 3 dans cette série. La revanche a lieu dès la saison suivante et au même stade entre les deux meilleures équipes de la Conférence Est. Les « Bad Boys », fidèles à leurs principes, ne laissent aucune chance aux Celtics qui sont sortis en six manches. Pour la première fois depuis 1956, les Pistons atteignent les NBA-Finals.

Leurs adversaires en finale se nomment Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar et James Worthy qui évoluent sous le maillot des Lakers de Los Angeles, couronnés l’année précédente. Menant la série 3 à 2, les Pistons sont en mesure de remporter le premier titre de leur histoire dans un match que Thomas éclabousse de sa classe en inscrivant 25 points dans le seul troisième quart-temps malgré une blessure à la cheville. Hélas, une faute peu évidente sifflée contre Bill Laimbeer dans les dernières secondes remet les Lakers dans le match qu’ils remportent 103 à 102. Privé de leur meneur pour le match décisif, les Pistons s’inclinent et laissent le trophée prendre une nouvelle fois le chemin de la Californie.

À l’orée de la saison 1988-1989, les Pistons investissent le Palace d’Auburn Hills. Ils réalisent d’emblée des prouesses dans leur nouvelle salle, récoltant le meilleur bilan de la franchise avec 63 victoires. Après 2 premiers tours sans le moindre souci, les Pistons éliminent ceux qui se présentent comme leur plus sérieux rivaux à l’Est : les Bulls de Chicago de Michael Jordan. La finale face aux Lakers est une formalité puisque Détroit n’a besoin que de 4 matchs pour plier l’affaire. À la suite d’une saison qu’ils ont maîtrisée de bout en bout, les Pistons remportent le premier titre de leur histoire. Bien qu’aucun joueur de la franchise ne soit honoré par la ligue pour la saison régulière, Joe Dumars est élu meilleur joueur de la finale.

La saison 1989-1990 se présente comme une redite de la précédente. Les Pistons réalisent une excellente saison régulière et passent les deux premiers tours des phases finales sans encombre. Ils retrouvent également les Bulls de Chicago en finale de Conférence pour ce qui reste comme une des séries les plus mémorables de l’histoire entre les ennemis jurés de l’Est. Après sept matchs disputés dans un climat très tendu, les Pistons obtiennent le droit de participer à leur consécutive face aux Trail Blazers de Portland de Clyde Drexler et Terry Porter. Alors à une manche partout, les 2 équipes se retrouvent à Portland, où les Pistons n’ont pas gagné depuis 1974, pour les trois parties suivantes. Et pourtant, deux victoires plus tard, les Pistons arrachent la victoire sur un ultime tir à longue distance de Vinnie Johnson dans la dernière seconde du match 5. Détroit réalise le « back-to-back » en défendant victorieusement son titre, Isiah Thomas est élu meilleur joueur de la finale et Dennis Rodman meilleur défenseur de l’année.

Une décennie de transition (1990-2000) En lice pour un triplé, les espoirs des Pistons s’évanouissent après la défaite en finale de Conférence 1991 face aux Bulls. Dans les années qui suivent, la retraite sportive ou le départ de joueurs clés vont plonger le club dans une période difficile. Chuck Daly renonce à son poste en 1993 au moment où Bill Laimbeer se retire, tous deux suivis dès l’année suivante par Isiah Thomas. Dennis Rodman, alors meilleur rebondeur de la ligue, rejoint Vinnie Johnson chez les Spurs de San Antonio en 1993 pendant que John Salley s’engage avec Miami. L’année suivante c’est Mark Aguirre qui quitte Détroit pour les Clippers de Los Angeles. Abandonnée au seul Joe Dumars, l’équipe s’effondre au point de ne remporter que vingt matchs au cours de la saison 1993-1994.

Les résultats remontent progressivement au cours des saisons suivantes, mais des choix peu judicieux vont venir perturber la reconstruction d’une équipe compétitive. La politique de recrutement d’agents libres, parmi lesquels Christian Laettner ou Cedric Ceballos, s’avère peu efficace tout comme l’échange conclu avec les Spurs entre Dennis Rodman et Sean Elliott ou la perte d’Allan Houston au profit des Knicks. De nombreux entraîneurs se succèdent sans pouvoir ramener la franchise au niveau atteint à la fin des années 1980. Malgré un Joe Dumars qui parvient à maintenir son niveau et l’éclosion de Grant Hill, toutes les aventures en phases finales se soldent par une élimination dès le premier tour.

Joe Dumars, l’homme providentiel (2000-2003) Après une nouvelle défaite sévère au premier tour des play-offs 2000 face à Miami, le jeune retraité Joe Dumars se voit confier un poste dans l’équipe dirigeante. Dès son entrée en fonction, Dumars se met les fans à dos en échangeant la star de l’équipe Grant Hill contre Chucky Atkins et Ben Wallace en provenance du Magic d'Orlando. L’équipe ne remporte que trente-deux victoires mais le coup de poker de Dumars porte ses fruits dès la saison suivante.

Durant l’été 2001 et après avoir remercié George Irvine, Dumars recrute Rick Carlisle, connu pour être un des meilleurs assistants de la ligue, pour lui offrir son premier poste d’entraîneur en chef. Carlisle ne déçoit pas et guide l’équipe vers le titre de la Division Centrale dès sa première saison à la tête des Pistons, récoltant au passage le titre de meilleur entraîneur de l’année. Dans la foulée, Détroit remporte face aux Raptors de Toronto sa première série de play-offs depuis 1991. « Big » Ben Wallace qui mène les classements aux rebonds et aux contres est élu meilleur défenseur de la ligue, un prix qu’il reçoit d’ailleurs trois fois en quatre ans. L’ailier remplaçant Corliss Williamson se voit quant à lui décerner le prix de meilleur . Le banc des Pistons est alors considéré comme le plus performant de la NBA pendant que Grant Hill, blessé, vit un calvaire à Orlando.

Afin de renforcer les postes arrière de l’équipe, Dumars recrute l’agent libre Chauncey Billups et échange Jerry Stackhouse contre Richard Hamilton des Washington Wizards. Tayshaun Prince est sélectionné en de la draft 2002 après une bonne carrière universitaire dans le Kentucky. Sous les ordres de Carlisle, les Pistons réalisent une seconde saison à 50 victoires et atteignent les finales de Conférence en 2003. Les Nets de Jason Kidd ne leur laissent aucune chance et bouclent la série en quatre manches sèches. Durant l'intersaison 2003, les Pistons limogent Rick Carlisle et embauchent Larry Brown, désireux de quitter les 76ers de Philadelphie qui, en dépit de son incroyable palmarès et de son entrée au Hall of Fame, n'a jamais remporté le titre NBA.

La dynastie Pistons (2003-2008) 400px|center Une montée en puissance progressive