Armand Lebrun, baron, puis comte de La Houssaye, né à Paris le , mort le , est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie Guerres révolutionnaires Armand Lebrun entre comme sous-lieutenant dans le d'infanterie le , passe en la même qualité au de dragons le , et est nommé capitaine à la légion de la Moselle et aide de camp du général en chef Beurnonville le suivant.

Il fait la campagne de 1792 à l'an IV aux armées du Nord et de la Moselle, est nommé chef d'escadron le , et cesse ses fonctions d'aide de camp le suivant pour passer avec son grade dans le de hussards. Il se fait remarquer aux combats de Carlsberg et de Kaiserslautern en l'an II. Le 2 nivôse de cette même année, à Froeschwiller, il commande le régiment et entre le premier à sa tête dans une redoute ennemie. À cette même affaire, il fait mettre bas les armes à grenadiers hongrois, prend 28 pièces de canon et est blessé d'un coup de biscaïen au pied droit.

Le an II il est élevé au grade de chef de brigade dans le même corps. Passé en l'an V à l'armée de Sambre-et-Meuse, il sert en l'an VI à celle d'Angleterre, fait partie en l'an VII de l' et de l'armée d'observation du Rhin, et prend part aux campagnes des ans VIII et IX avec les armées du Rhin et du Danube. Le 13 vendémiaire an VIII, à Hœscht, près de Francfort, il est blessé d'un coup de feu qui lui traverse le talon.

De l'an X à l'an XI, il est employé dans division militaire, et le 12 vendémiaire an XII nommé commandant et inspecteur des côtes de la Manche et du Calvados.

Guerres napoléoniennes Fait membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire suivant, il est promu le 11 pluviôse, () au grade de général de brigade, en conservant ses fonctions, et reçoit la décoration de commandeur de la Légion d'honneur le 25 prairial de la même année.

Désigné le 9 floréal an XIII pour présider une commission chargé d'un projet de règlement pour la cavalerie légère, il est employé le 25 messidor à la division de cavalerie de réserve, devenue division de grosse cavalerie de la Grande Armée. Il commande la pendant les guerres de l'an XIV à 1807, en Autriche, en Prusse et en Pologne, prend part à toutes les affaires qui ont lieu à cette époque, et obtient le grade de général de division par décret du . L'Empereur lui confie le suivant le commandement de la de dragons avec laquelle il continue la campagne jusqu'au traité de Tilsitt.

Créé baron de La Houssaye et de l'Empire en 1808, il reçoit plus tard (1819) le titre de comte.

Campagne d'Espagne Au mois d' il fait partie de l'armée d'Espagne avec sa division de dragons ; il contribue à la prise de Madrid le suivant, et s'empare de vive force de l'Escurial le lendemain .

Passé au de l'armée d'Espagne le , il sert avec distinction sous les ordres du maréchal-duc de Dalmatie. Le , à Ferreira, par une charge habilement conduite et vigoureusement exécutée, il empêche l'arrière-garde ennemie, qui se retire, de faire sauter le pont jeté sur la petite rivière qui coule en avant du village. Le , à l'affaire de la Rocca, il charge à la tête des 17 et de dragons, et fait perdre à l'ennemi 800 hommes tués et 600 prisonniers.

Vers cette époque, plusieurs bandes d'insurgés s'étant réunies dans la province de Cuenca sous les ordres d'un chef appelé don Juan Martin, le général La Houssaye marche sur elles avec une colonne d'environ tant infanterie que cavalerie. Son avant-garde surprit à Villa del Arnaud la bande dite de Guttières et la détruit presque en entier. Guttières et son lieutenant Ximenès sont faits prisonniers.

Le même jour, à quatre heures de l'après midi, la cavalerie française rencontre en avant de Cuenca les avant-postes de la masse des bandes réunies et les culbute. Les guerillas, au nombre de d'infanterie et de 400 chevaux, occupent une hauteur garnie de retranchements. Le général La Houssaye fait porter son artillerie sur un mamelon, à gauche, d'où elle bat d'écharpe la position ennemie, pendant que l'infanterie l'attaque de front à la baïonnette et que la cavalerie se dirige sur la route de Priego pour couper toute retraite aux Espagnols. ; un bataillon entier met bas les armes. Le reste ayant voulu traverser le Júcar est acculé à cette rivière par la cavalerie : plus de 500 hommes s'y noient. L'obscurité seule de la nuit permet à quelques-uns de s'échapper. 600 prisonniers, dont 20 officiers, ainsi que tous les bagages, les subsistances et les munitions, tombent au pouvoir La Houssaye.

La de dragons étant passée à l'armée du Centre, il joint à son commandement le titre de gouverneur de la province de Tolède au mois d'août de la même année.

Le suivant il bat et disperse à Tarancón et à Veler guérilleros qui, ayant voulu attaquer l'escorte d'un convoi destiné pour Torija, ont été mis en déroute par le général Hugo au Val de Sas, cinq jours auparavant. Ils perdent dans ces deux rencontres près de 400 hommes tués, et le général La Houssaye leur fait en outre une centaine de prisonniers.

Gouverneur de la province de Cuenca en , il y maintient l'ordre et la tranquillité. La junte de Valence ayant ordonné au général Zayas de se mettre à la tête de tous les partis réunis de la province de Cuenca, ce général fait le un mouvement sur Jadraque. Le général Hugo, informé de ce mouvement, se met en mesure de le chasser de ses positions et de le rejeter sur la rive gauche du Tage, pendant que le général La Houssaye se porte avant pour couper la retraite aux Espagnols. Mais Zayas ne les attend pas : il évacue ses positions avec la totalité de son corps, fort d'environ . Le général Hugo le poursuit dans la direction du Tage. Parti le de Guadalaxara, le général La Houssaye s'avance de son côté à marches forcées sur le pont d'Auton, dans l'intention de fermer le passage aux Espagnols, mais ceux-ci qui ont déjà passé le Tage, sont en position à Val de Olivar. Le général La Houssaye passe le fleuve le , et au débouché du pont son avant-garde tombe sur la cavalerie commandée par (), et la poursuit jusqu'à Sacedón. Les Français et le gros des troupes de Zayas se rencontrent entre Alcober et Val de Olivar. 3 bataillons et 2 escadrons espagnols qui occupent une position avantageuse opposent d'abord une vive et longue résistance, mais la cavalerie française parvient à les enfoncer. Tout ce qui n'est pas sabré sur la place est pris : 600 morts, prisonniers, un drapeau, tous les bagages, un parc considérable de bestiaux, 209 chevaux et l'ambulance, tombés au pouvoir des Français, sont les résultats de . Zayas, avec les débris de son corps, se retire en désordre sur Valence et fuit, vivement poursuivi par le général La Houssaye qui lui fait encore éprouver quelques pertes.

Déclin de l'Empire Appelé au commandement de la du de cavalerie de la réserve le , il commande momentanément le pendant l'expédition de Russie.

Le , à la Moskowa il est grièvement blessé. Le suivant l'armée française évacuait vilnius, abandonnant dans cette ville plus de isolés, malades ou blessés, dont un grand nombre d'officiers de tous grades, parmi lesquels se trouve le général La Houssaye. Tous sont faits prisonniers à l'entrée des Russes dans Vilnius.

Restauration française Rentré en France après le traité de Paris en 1814, La Houssaye est nommé chevalier de Saint-Louis le de cette même année et mis en non-activité le suivant. Commandant la de cavalerie du le et disponible le suivant, il est de nouveau mis en non-activité à la seconde Restauration.

Il figure comme disponible dans le cadre d'organisation de l'état-major général de l'armée le , et le gouvernement royal lui confie le commandement de la militaire (Caen) le . Depuis le jusqu'au , il demeure sans fonction et, à cette dernière époque, il est nommé inspecteur-général de gendarmerie. Disponible de nouveau le , il est membre de la commission d'examen des armes à percussion depuis le jusqu'au .

Compris dans le cadre d'activité de l'état-major général le , le général La Houssaye est admis dans le cadre de réserve le , mais il est replacé dans le cadre d'activité comme disponible le , et enfin admis à la retraite à compter du suivant.

Son nom est inscrit sur le côté nord de l'arc de triomphe de l'Étoile.

Récapitulatifs 200px|thumb|right|Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Nord, et .

Titres Baron de La Houssaye et de l'Empire (décret du , lettres patentes signées à Burgos le ).

Décorations + Rubans des décorations106px|Commandant de la Légion d'Honneur106px|Chevalier de Saint-Louis106px|Décoration du Lys Légion d'honneur : Légionnaire (), puis, Commandant de la Légion d'honneur () ; Chevalier de Saint-Louis () ; Décoration du Lys (d'après le portrait en début d'article) ;

Hommages Le nom de LAHOUSSAYE est gravé au côté Nord () de l’arc de triomphe de l’Étoile, à Paris.

Armoiries Image Armoiries Armes du baron de La Houssaye et de l'Empire

D'azur; au chevron d'or, surmonté de deux têtes de cheval d'or, et en pointe d'un sabre de hussard d'argent à poignée d'or, accompagné de trois étoiles d'argent une et deux; quartier des barons militaires, brochant sur le tout. Livrées : les couleurs de l'écu.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Armorial des barons militaires de l'Empire (F-Z) ; Liste des membres de la noblesse d'Empire ; Liste des commandeurs de la Légion d'honneur ;

Liens externes

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