Michel Tony-Révillon, né le à Paris et mort le à Paris, est un homme politique français.

Biographie Fils du journaliste, écrivain et député Antoine, dit « Tony », Révillon, proche de Clemenceau, Marie-Michel Révillon, qui prend le nom de Tony-Révillon, se retrouve orphelin de père à l'âge de sept ans.

Après des études menées au lycée Henri-IV de Paris, puis à l'école alsacienne et à la faculté de droit de la capitale, il devient avocat, au barreau de Paris.

Il s'engage en politique du côté des radicaux, tout en se réclamant de l'héritage de Camille Pelletan, auquel il consacre un ouvrage, publié en 1930.

Cette même année, il crée le journal La République de l'Ain, paraissant à Bourg-en-Bresse, et dont il est le directeur jusqu'en 1936. Cette publication sert de vecteur à son implantation électorale dans l'Ain, dont il devient le député en 1932, battant le sortant de droite Pierre de Monicault.

Pendant son court mandat, sa principale fonction est celle de rapporteur du projet de loi sur l'organisation douanière et fiscale des zones franches de Haute-Savoie et du pays de Gex, en 1933.

À la suite du décès d'Adolphe Messimy, Tony-Révillon est en effet candidat à l'élection sénatoriale partielle du , qu'il remporte. Il siège alors au groupe de la gauche démocratique.

Sénateur actif, notamment sur les questions coloniales et internationales, il n'apparaît cependant pas sur le devant de la scène parlementaire, si ce n'est par l'exercice de la fonction de secrétaire du Sénat, entre 1939 et 1940.

Réfugié à Bordeaux avec de nombreux autres parlementaires, il s'oppose à l'armistice et se prononce pour la poursuite de la guerre à partir des positions françaises en Afrique. Logiquement, il fait partie des 27 parlementaires qui s'embarquent à bord du Massilia avec l'objectif de rejoindre Alger. Arrêté et placé en résidence surveillé, il ne participe pas au vote des pleins pouvoirs à Philippe Pétain.

Opposé au régime de Vichy, il est alors proche de Paul Bastid, qui apporte en 1942 son soutien à Charles de Gaulle. Il participe aussi à l'organisation du congrès clandestin du parti radical, en cours de reconstitution, le .

Nommé membre de l'assemblée consultative provisoire pour représenter le Parti radical, il est membre de la Haute Cour de Justice qui juge Philippe Pétain, et siège aussi au procès de Jean-Pierre Esteva.

Elu de justesse, avec 17 % des voix, député de l'Ain à la première assemblée constituante le , il est réélu en , puis en , avec des scores légèrement supérieurs (18 %).

Très éphémère Ministre de l'éducation nationale, du 5 au , dans le gouvernement Schuman, il est nommé le 11 secrétaire d'Etat à la France d'Outre-Mer dans le gouvernement Queuille.

Tête de la liste du RGR dans l'Ain en 1951, il est facilement réélu avec 19 % des voix, grâce au large apparentement (incluant la SFIO, le MRP et les indépendants-paysans).

Député actif sur de nombreux dossiers techniques, il intervient peu sur les questions de politique générale. Il est pourtant élu président du groupe radical à l'assemblée en .

En , sa liste, apparentée à celle de la SFIO, obtient 16 % des voix, ce qui, compte tenu de la très forte concurrence, est suffisant pour lui permettre d'être réélu. Après la scission menée en par André Morice et Henri Queuille, qui fondent le Centre républicain, Tony-Révillon redevient président du groupe radical-socialiste de l'Assemblée.

Il meurt cependant trois mois plus tard, à l'âge de 65 ans. thumb|La tombe de Michel Tony-Révillon au cimetière du Montparnasse (division 28). Il est enterré avec son père au cimetière du Montparnasse ( Division).

Fonctions gouvernementales Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Schuman II du 5 au Secrétaire d'État à la France d'Outre-mer du gouvernement Queuille I du au Secrétaire d'État aux Affaires économiques du gouvernement Pinay du au

Fonctions électives Député radical de l'Ain de 1932 à 1935 et de 1945 à 1957 Sénateur de l'Ain de 1935 à 1940

Publications Camille Pelletan, 1846-1915 : quarante-cinq années de lutte pour la République, Paris : M. Rivière, 1930 Mes carnets (juin-),, documents et témoignages pour servir à l'histoire, PARIS Odette Lieutier, 1945, 240 p. La France équatoriale, 2e édition revue et augmentée, Paris : Société d'éditions géographiques, maritimes et coloniales, 1950 (Préface)

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Liste des députés de l'Ain Histoire de l'Ain

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