La place Bellecour est une place du arrondissement de Lyon, en France.
Élément majeur de la ville, sa superficie de 63 000 mètres carrés en fait sa plus grande place, mais aussi la cinquième plus grande du paysAprès la place des Quinconces à Bordeaux (), la place de la Concorde à Paris (), le Cours Léopold et place Carnot à Nancy () et la place de l’hôtel de ville au Havre () ; elle est également plus grande que la place de la Constitution de Mexico () et que la place Rouge de Moscou ().. Elle serait aussi la .
Elle présente une forme trapézoïdale, avec une longueur de 300 mètres, et une largeur maximale de 220 mètres.
Elle est le kilomètre zéro des voies au départ de Lyon, lui valant d’être habituellement considérée comme le centre de la ville.
Description La partie nord de la place est un espace vide de la taille d'un terrain de football, la mairie préférant le conserver ainsi pour y organiser des manifestations. Une grande partie de la place est recouverte de gorrhe du Beaujolais, caractéristique pour sa couleur rouge-orangée.
En son centre se trouve une statue équestre de Louis XIV par François-Frédéric Lemot. Une autre statue, représentant Le Petit Prince et Antoine de Saint-Exupéry, est située à l'extrémité sud-ouest de la place.
Sur la partie sud de la place, on trouve deux pavillons qui abritent des services de l'office du tourisme, un petit parc pour enfants, des fontaines et des kiosques abritant brasseries et fleuristes.
La place est entourée de rangées de tilleuls et de marronniers.
Situation et accès Cette place se trouve aujourd'hui dans le deuxième arrondissement de la ville sur la presqu'île, entre la Saône et le Rhône. De la place Bellecour partent trois artères majeures de la Presqu'île de Lyon, côté nord pour le quartier des Terreaux et côté sud pour le quartier de Perrache, dont deux piétonnières : la rue de la République, menant à la place de la Comédie en passant par la place de la République, entre l'Hôtel de Ville et l'Opéra puis à la place Louis-Pradel ; la rue Victor-Hugo, qui mène à Perrache et la place Carnot côté sud ; la rue du Président Édouard Herriot côté nord, ouverte à la circulation automobile, où se concentrent les enseignes de luxe, et qui mène à la place des Terreaux.
La place est également située sur l'axe est-ouest permettant de relier la rive droite du Rhône à la rive gauche de la Saône. Le quartier du Vieux Lyon et de la cathédrale Saint-Jean se situent à l'ouest, de l'autre côté du pont Bonaparte sur la Saône, que l'on rejoint par la rue du Colonel-Chambonnet. Le quartier de La Guillotière se situe à l'est, de l'autre côté du pont de la Guillotière que l'on rejoint par la rue de la Barre.
Deux places de taille plus réduite viennent s'articuler avec la place Bellecour : la place Antonin-Poncet entre l'angle sud-est de la place et le Rhône ; la place Le Viste, dans l'angle nord-est de la place, à la jonction des rues de la République et de la Barre.
La place Bellecour constitue le point kilométrique 0 de Lyon : toutes les distances sont comptées à partir de ce point.
Elle est desservie par deux lignes de métro : les lignes A et D et de nombreuses lignes de bus. La station Bellecour est de ce fait la plus fréquentée du métro lyonnais.
Odonymie Le toponyme dont dérive le mot « Bellecour » apparaît dès le . Les terres agricoles que l'archevêque y possède sont appelées bella curtis (« beau jardin »). Au , ce qui n'est encore qu'un pâturage porte le nom de pré de Belle courtJean Pelletier, Connaitre son arrondissement, le , éditions lyonnaises d'art et d'histoire, . En 1715, devenue place publique, elle est baptisée place Royale, puis place Louis-le-Grand en hommage à Louis XIV.
En 1790, sous la Révolution, les odonymes monarchistes disparaissent et la place devient place de la Fédération, pour perpétuer le souvenir de la Fête de la Fédération, dont l'anniversaire marque depuis lors la fête nationale française. Dès 1793, le lieu des manifestations politiques de la ville prend le nouveau nom de place de l’Égalité (en 1794, la place des Jacobins s'appelle place de la Fraternité). L'odonyme continue à évoluer avec les régimes politiques : en 1800 l'esplanade est la place Bonaparte et devient logiquement un peu plus tard place Napoléon (avant que, sous le Second Empire, ce ne soit la place Carnot à laquelle ce nom est attribué).
En 1814, sous la Restauration, la place redevient place Louis-le-Grand. Ce n'est que sous la Troisième République que la place prend son nom actuel de place Bellecour. Elle est renommée place du Maréchal-Pétain après une visite du chef du régime de Vichy à Lyon les 18 et . Elle reprend le nom de place Bellecour à la Libération.
Histoire
Antiquité À l’époque gallo-romaine, le quartier de Bellecour est une île ou une presqu'île formée de terres alluviales. Le quartier connait alors une activité romaine, militaire et marchande : on y a retrouvé des canabae, baraques qui servaient d’entrepôt aux négociants et aux nautes gallo-romainsJean Pelletier, Connaitre son arrondissement, le , éditions lyonnaises d'art et d'histoire, , la ville se situant alors sur la colline de Fourvière, avant qu'elle en descende en rive de la Saône au .
Moyen Âge À la fin du , l'archevêque de Lyon possède sur la presqu'île la bella curtis, composée de terrains où pousse notamment une vigne. Abandonné, l'endroit redevient marécageux.
En 1562, le baron des Adrets attaquant Lyon, installe ses hommes d'arme sur ce qui est alors « le pré de Belle-court ». Il y installe son artillerie pendant l'occupation protestante.
En 1604, Henri IV pousse le Conseil de la ville à acquérir le pré afin d'y aménager une place publique. Mais les héritiers de l'archevêque se disputent lors d'un interminable procès.
Construction de l’hôpital de la Charité L'Aumône générale achète le des terrains situés entre la place Bellecour et le Rhône afin d'y construire un hôpital. L'hôpital de la Charité de Lyon est construit de 1617 à 1622. L'église de l'hôpital s'ouvre sur la place Bellecour. La place de la Charité est aménagée entre l'angle sud-est de la place Bellecour et les quais du Rhône, le long du flanc nord de l'hôpital.
Visites des rois de France Le , Louis XIII s'installe dans un hôtel sur la place pour y négocier un traité avec la Savoie. Le , c'est au tour de son successeur Louis XIV d'y séjourner. Il en profite pour promulguer une ordonnance pour que la ville préserve cette place. La place est définitivement acquise par la ville en .
L'endroit est alors renommé place Louis-le-Grand, et orné d'une statue de bronze représentant le roi Louis XIV et réalisée par Martin Desjardins. Autour de la place sont construits des édifices, dont les façades sont dessinées par le premier architecte du roi Robert de Cotte. Louis XIV visite Lyon une seule fois, dans sa jeunesse, en 1658. Depuis l'installation à Versailles, le roi est présent en province surtout par ses statues équestres.
Aménagements Les parcelles côté Saône sont vendues par la ville, puis construites entre 1717 et 1723, donnant à la place ses contours définitifs.
A la veille de la Révolution française, la place se compose de deux jardins à la française symétriques sur ses moitiés est et ouest, composés de bancs, pelouses et fontaines.
Pendant la Révolution À la Révolution, un autel de la Liberté y est élevé le . On y installe une guillotine en 1792. La statue royale est détruite en 1793, fondue pour en faire des canons. Les façades est et ouest sont détruites à la suite du siège de Lyon la même année.
Consulat et Premier Empire Le , Bonaparte, de passage à Lyon après la victoire de Marengo, pose la première pierre des nouveaux édifices.
En , puis en , sur le trajet aller-retour pour se rendre à Paris, le pape Pie VII passe par la place Bellecour, où une plaque commémorative de l'événement est toujours visible au numéro 3.
Restauration Lors de la Restauration, la place s'orne d'une nouvelle statue de Louis XIV, due au sculpteur François-Frédéric Lemot, inaugurée le . Celle-ci échappe de peu à la destruction lors des révolutions de 1848 et 1870.
En 1829, Madame Girard installe une buvette de renommée sur la place.
Second Empire
Autour de la place La place est indirectement concernée par les travaux de transformation de la Presqu'île menés par le préfet Vaïsse. vignette|Le bassin ouest en 2026. En effet, quelques immeubles sont démolis au nord pour permettre l'ouverture de nouvelles voies à partir de la place : la rue Impériale (actuelle rue de la République) vers la place de la Comédie, la rue de l'Impératrice (aujourd’hui rue Édouard-Herriot) vers la place des Terreaux, et la rue Gasparin à l'emplacement d'une partie de l'ancienne préfecture (ancien couvent des Jacobins). La place Le Viste adjacente à la place est à cette occasion élargie car précédant le début des rues Impériale et de l’Impératrice.
Sur la place La place se dote à cette époque de ses deux bassins-fontaines (est et ouest) et de marronniers. vignette|Joseph-Hugues Fabisch, Fronton avec le buste d’Apollon (1854), pavillon ouest. Les deux pavillons situés sur la place ont été construits en 1852 par Tony Desjardins. Celui qui est à l'ouest, à côté des jardins d'enfants, était, avant de devenir les bureaux de l'office de tourisme « Le Rectangle », une salle d'exposition nommée Maison de Lyon. C'était initialement un café, La gargote du Père Lathuille, avant de devenir un café-restaurant dansant nommé La Maison Dorée. Le bâtiment situé au sud-est de la place, dans lequel a été installé l'office du tourisme en 2008, était un pavillon militaire, plus tard transformé en poste de police, puis en Syndicat d'Initiative en 1924..
Création de la place Antonin-Poncet (1934) En 1934, l'hôpital de la Charité est détruit, à l'exception du clocher de l'église. La place de la Charité est alors agrandie et devient l'actuelle place Antonin-Poncet.
Seconde Guerre mondiale Pendant la Seconde Guerre mondiale, le maréchal Pétain vient passer des troupes en revue le . La Gestapo s'installe sur la place, au numéro 32, où de nombreux actes de torture seront commis. Le , un café de la place fréquenté par les nazis et la milice française est la cible d'une explosion ne faisant aucun blessé. En représailles, les soldats allemands exécutent cinq prisonniers résistants sur la place dans la journée.
Travaux de sous-sol
Parc à voitures souterrain En 1963, le maire Louis Pradel lance la construction d'un parc à voitures souterrain de sous la place Bellecour, remplaçant un parc de stationnement à ciel ouvert occupant la surface du lieu.
Ce projet va légèrement bomber cette même surface et engendrer le remplacement du gorrhe par du goudron sur sa moitié ouest.
Station de métro En 1978, une station de métro est créée, sur la ligne A, puis agrandie en 1991 lors de la construction de la ligne D.
vignette|250x250px|L’aire de jeux aménagée dans le cadre du réaménagement du sud de la place de 2013. Au second plan, les tilleuls plantés.
Réaménagement du sud de la place (2011-2013) Entre 2011 et 2013, la partie sud de la place est réaménagée. Le projet comprend :
le déplacement des deux fontaines du Second Empire, la rénovation des cinq kiosques du côté est, la construction d'un nouveau kiosque sur le côté ouest, la rénovation de l'aire de jeux, le renouvellement de l’éclairage, désormais constitué de réverbères géants à DEL économes en énergie, et la plantation de haies et d’arbres, avec le remplacement des marronniers malades par des tilleuls et des merisiers.
Il est à noter que l’aménagement végétal réalisé peut être qualifié de « retour aux sources », le tilleul étant la première essence plantée sur la place au .
Végétalisation de la place et œuvre d’art éphémère